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Jean-Paul Gratias (Traducteur)
ISBN : 2869306970
Éditeur : Payot et Rivages (02/10/1993)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Un criminel c'est utile à tout le monde. Qu'il soit coupable ou non importe peu. La presse s'en sert pour augmenter ses tirages. Les politiciens l'utilisent en vue des élections. Les habitants de la ville peuvent ressasser leur haine tranquillement. Et les avocats trouver une cause à publicité. Quant à l'accusé lui-même, dans quel état en sortira©t©il ? Le criminel est un roman très sous-estimé de Thompson, alors qu'il s'agit d'une oeuvre magistrale, qui aborde de m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
koalas
  12 novembre 2015
Qui se soucie de la vérité et de la justice? A priori, pas grand monde ...
Jim Thompson tire un portrait au vitriol de l'Amérique des années 50
Un coupable idéal, ici Bob Talbert, adolescent de 15 ans désigné comme le meurtrier et violeur présumé de sa jeune voisine. Qu'importe qu'il soit coupable ou innocent du moment qu'il joue son rôle...
La construction est originale, l'auteur pas avare donne la parole et le droit à un chapitre à tous les protagonistes qui gravitent autour de l'affaire : la famille du criminel, un couple d'américains moyens dépassés par l'évènement, l'inculpé, un ado déboussolé, le patron et le rédacteur en en chef du journal le Star focalisés sur les tirages, le journaliste qui mène l'enquête à sa façon, l'avocat au procureur attiré par les feux de la rampe puis le policier dubitatif et versatile "Ma foi, il était tout aussi possible qu'il soit coupable ou qu'il ne le soit pas. Je n'aurais pas affirmé qu'il l'était, mais je n'aurais pas non plus affirmé qu'il était innocent". En récoltant la moindre parcelle de leur opinion, il ne se prive pas de leur tailler au passage un costard sur mesure.
Il n'épargne personne, la justice corruptible (pots-de-vin), la presse à sensation qui s'engraisse avec les tirages, les politiciens girouettes un oeil rivé sur les élections qui suivent l'opinion, ni, les habitants qui en profitent pour verser leur bile...Au final Il n'en ressort qu'un tas de boue immonde.
Du pur Jim Thompson... tout craché et cynique à souhait.
Le criminel, le procès noir et sans concession d'une l'Amérique blanche lâche, raciste et très individualiste.
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greg320i
  10 décembre 2014
Première question : Pourquoi n'y-a t-il pas de résumé , de quatrième de couverture relatant le déroulement , l'action ou les noms des personnages ?
De qui, de quoi s'agit-il ici, qui va donc s'agiter à nous décrire l'histoire ?
Totalement libre et porté sur la curiosité ,c'est ainsi qu'il faut entrer, non foncer, dans " le criminel" pour en savourer sa géniale originalité de lecture .
Un très bon point d'ancrage donc que cette édition Fayard Noir 1981, pas fayot pour un sou sur le déroulement (4è de couv.) et donc -reconnaissons-le- le fort bon goût de laisser notre suspense tranquille.
Très plaisant quand subreptissement dans un moment de recherche à se mettre quelque chose sous le nez nous n'avons pas forcément envie d'être déjà 50 % informé de ce qu'il va se passer.

Faire le bilan de l'histoire ici ne sera donc pas question , mais lisez si vous en avez envie mon suivi d'intérêt, allez c'est parti les amis !

Original, se démarquant des codes habituels de la lecture, ' le criminel ' sait passionner son électorat : celui des lecteurs policiers, axé noir, typé ancien , style un peu terroir. Normal vu qu'il se déroule sur le territoire de l'Amérique du siècle dernier .
Année 1953 pour sa parution original ,le récit divisé en 14 parties assez courtes pour un total de 190 pages prend le témoignage de chacun des protagonistes, soit 9 versions des faits vécus ici pour un final même pas obtenu :ni révélation, ni jugement, ni sentence, l'importance étant ailleurs .

Ailleurs ? Oui dans la morale, dans la forme et la classification de ce type de roman : celui qui prend le parti d'étudier comment la société fabrique des criminels.
Sans trop vous avouez les ficelles,, ( et votre suspense alors ? ) un gamin pris au piège dans les mailles de la justice ne sera rien de plus ici qu'une poupée de cire , une poupée de son : avoue ceci , avoue cela ... L'ambiance sonore habituelle dans les commissariats .

Voilà donc où veut en venir l'auteur : revoir par l'entremise de différents point de vue comment un 'simple' fait divers ( un crime n'étant rien de + dans cette période noire ) passe pour être utilisé et revu pour l'obtention de gains, de revenu ,de manque-à-gagner pour les uns, de tout-à-perdre pour les autres.

Les rouages de la justice ne sont pas ici de mise, comme je l'ai déjà préciser: le but de cette histoire étant d'ouvrir les yeux sur les manipulateurs, les journalistes, la presse et l'expression selon laquelle c'est un mal nécessaire.
le véritable criminel ne serer-t-il donc pas le média lui-même ..
Une mise en forme génial , un chapitrage qui joue le jeu des visages, un ton bon enfant avec humour en prime ,, bref l'auteur excelle , son style plait et ce n'est pas un secret si à son époque ce type de réflexion dans le roman fascina déjà les meilleurs éditions d'antan.
Retour dans le passé, nous sommes bien loin des contemporains modernes ,, et c'est tant mieux .
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JIEMDE
  07 juillet 2019
Je poursuis mon rattrapage de l'oeuvre du grand Jim Thompson avec le criminel - traduit par Jean-Paul Gratias - délectable petit opus sur la culpabilité et l'opportunisme.
Thompson s'y livre à un exercice de style totalement maîtrisé : 1 crime, 1 coupable désigné ou 1 innocent ignoré, et une dizaine d'intervenants aux raisons égoïstes de soutenir ou d'enfoncer l'impétrant.
Dans un registre toujours précis et drôle, la plume de Thompson se révèle féroce contre le journaliste sensationnaliste, l'avocat cupide, le procureur carriériste ou le témoin misérable. Et plus généralement contre cette Amérique des années 50 à la vue courte, aux relents racistes et à la justice manipulable.
C'est court, c'est brillant, c'est Thompson !
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Renod
  06 décembre 2016
Bob est en pleine crise d'adolescence : il parle moins à ses parents, se braque rapidement et sèche le lycée. Josie, une voisine du même âge, le poursuit avec assiduité. Les deux jeunes gens se retrouvent un matin sur un terrain vague et ont une relation sexuelle au terme de laquelle ils se brouillent. Par malheur, le corps sans vie de l'adolescente est retrouvé quelques heures plus tard au même endroit. Il n'existe pas de preuve contre Bob et le procureur compte le relâcher sous peu. Seulement, un patron de presse relève le fait divers et y voit une « affaire criminelle idéale » qui peut faire sensation : « Il n'y manquait rien. L'amour, la jeunesse, le sexe, le meurtre, le mystère. » Voilà la justice sous pression d'autant plus que le procureur doit prendre en compte des enjeux électoraux. Quant à l'entourage de Bob, une fois passée une première circonspection, il exprime des considérations acides. Et oui, l'opinion publique lit elle aussi les journaux. Et puis dans une ville, il y a les intouchables et ceux dont la parole a peu de poids, il est important d'avoir les bons alliés de son côté.
Alors, Bob est-il innocent ou coupable ? le verdict sera lié aux intérêts de chacun des personnages, mais aussi à leur lâcheté.
Si j'ai retrouvé dans ce roman la noirceur et le cynisme de Jim Thompson, j'ai été surpris par sa construction. Il est composé de quatorze chapitres répartis entre différents narrateurs : le père, la mère, le procureur, le journaliste, l'avocat, etc. Soit autant d'angles et d'interprétations qui permettent de traiter du thème de la culpabilité. Un texte percutant sur une justice bien précaire et qui tord le cou de l'éternel : "Je fais confiance à la justice de mon pays..." lancé par tous les mis en examen du monde.
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HORUSFONCK
  10 juillet 2017
Le génial et puissant auteur de 1275 âmes, ne pouvait décevoir ses fans dont je suis!
Jim Thompson ne s' embarrasse pas de longs discours: A travers le récit de certains protagoniste d'une affaire criminelle du début des années cinquante, Il nous brosse un tableau parfois terrifiant mais toujours d'actualité.
Le crime, dans ce livre, n'est qu'un prétexte à creuser dans la noirceur humaine et à fouiller les immondices d'une société à l'amalgame facile et paresseux. Les magouilles, petites et grandes, affleurent au fur et à mesure que parlent les personnages... Leurs frustrations émergent et trouvent une sorte d' exutoire. Personne n'est épargné par la violence et l'égarement que provoque l'affaire.
Le récit ne manque d'ailleurs pas, parfois, d'un certain humour.
Jim Thompson au côté de James Cain, Horace Mac Coy ou Don Tracy ont magnifié le roman noir d'une Amérique aux aspects parfois peu ragoutants.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
miladomilado   14 juillet 2013
- Je pense qu'il n'y a rien de plus ridicule que de voir une femme de quarante ans qui essaie de s'affubler comme une adolescente.
Je lui adressai un large sourire, les yeux braqués sur son tricot tendu à craquer, puis je laissais lentement plisser mon regard sur son pantalon moulant.
- À propos, repris je, ça me fait penser que je dois absolument acheter une nouvelle lessive. Celle que j'utilise en ce moment fait rétrécir tout mon linge.
- Mais, ma chère, fit-elle, ne me dîtes pas que vous venez de laver cette ravissante robe ! Et moi qui pensais que vous aviez pris quelques kilos.
Elle sourit, fixant ma robe comme si c'était la première fois qu'elle en voyait une.
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miladomilado   21 juillet 2013
- Je parie que vous allez vous faire faire une permanente, dit-elle. Pourquoi n'attendez-vous pas qu'il fasse un peu plus froid, Martha ? Vos cheveux épaissiront peut-être, d'ici là, et la permanente tiendra mieux.
- Non, je crois que je ne me ferai plus faire de permanentes, répondis-je. Vous allez dans un salon et vous tombez sur une coiffeuse qui vient juste de teindre les cheveux d'une vieille bonne femme, et qui s'occupe de vous tout de suite après. Comme la dernière fois, vous vous souvenez ? Non, je ne crois pas que nous étions ensemble; vous sortiez du salon au moment où je suis arrivée. En tout cas, ils venaient juste de terminer la teinture d'une cliente, je ne sais pas qui c'était, puis ce fut mon tour. Mon Dieu, Fay ! Quelle puanteur ! Il m'a fallu des jours pour me débarrasser de cette odeur affreuse que j'avais dans les cheveux.
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koalaskoalas   11 novembre 2015
Sacré patron ! Il fallait au moins lui reconnaître cette qualité, à ce vieux requin décadent. Il n'avait pas plus de principes que les vers blancs qui lui bouffaient la cervelle, mais il s'y connaissait en journalisme. Il savait ce qui faisait vendre du papier.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   17 décembre 2014
Le petit Talbert ressemblait à la majorité des adolescents que j'ai rencontrés. Il n'ont l'air ni spécialement éveillé ni vraiment renfrogné. Ils donnent une impression d'espoir résigné: comme s'ils s'imaginaient qu'il ne pouvait rien leur arriver de bon, bien qu'ils soient tous prêts à saisir la moindre chance qui pourrait leur être donnée, et qu'ils mériteraient sans aucun doute .
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mgeffroymgeffroy   05 janvier 2008
La journée avait été plutôt bonne, dans l'ensemble, c'est pourquoi j'aurais dû me douter qu'elle finirait mal. Si vous avez lu les journaux, ces derniers temps, vous savez sans doute déjà de quoi je veux parler. Ça se passe toujours comme ça, chez moi, on dirait. Aussi loin que je me souvienne, ça n'a jamais manqué. Je me réveille en forme, un matin, je me sens capable d'avaler mon petit déjeuner, pour une fois, et j'arrive même à trouver une place assise dans le train de huit heures cinq. Et ça continue de la même façon toute la journée — aucun problème, tout marche comme sur des roulettes (...)
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Videos de Jim Thompson (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Thompson
L?action se déroule sur une journée, un samedi de Pâques. Tôt le matin, la foudre s?abat sur Richard Weatherford, pasteur respecté d?une petite communauté de l?Arkansas. Son jeune amant vient lui réclamer le prix de son silence : 30 000 dollars. Marié, cinq enfants, prêcheur intégriste, toujours prompt à invoquer la figure de Satan pour stigmatiser les homosexuels, embarqué dans une croisade pour la prohibition de l?alcool, Richard va tout faire pour préserver la façade de respectabilité qu?il a patiemment construite. A n?importe quel prix. Au nom du bien. Au bout de ce samedi noir, la petite ville sera à feu et à sang, mais Richard Weatherford aura réussi à sauver sa réputation?
Fils d?un prêcheur baptiste, Jake Hinkson continue à régler ses comptes. Après L?Enfer de Church Street et Sans lendemain, Au nom du bien enfonce le clou avec une rage jouissive. Admirateur de Flannery O?Connor et de Jim Thompson, Hinkson livre un texte polyphonique, radicalement noir, portrait au tranchoir d?une petite communauté étouffante, prisonnière de valeurs hypocrites et d?une morale d?un autre âge. En bon auteur du Sud, il pousse le jeu jusqu?à son paroxysme. La fin, qui se déroule un an plus tard et montre le pasteur dans son prêche de Pâques, droit devant l?armée des âmes bien pensantes, est un monument de cynisme ravageur. Entre-temps, Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche. Michel Abescat Dry County, traduit de l?anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides, éd. Gallmeister, 320 p., 22,60 ?.
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