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France-Marie Watkins (Traducteur)
ISBN : 2070498360
Éditeur : Gallimard (03/07/2002)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 118 notes)
Résumé :
Adjoint du shérif de Central City, Lou apprend que le fils Conway, cet idiot d'Elmer, s'est amouraché de Joyce, une prostituée installée à l'orée du canton. La bourgade texane est sous la coupe du père Conway, patron d'une grosse entreprise du bâtiment. Lou garde une dent contre lui : il le soupçonne d'avoir ordonné la mort de son frère Mike et maquillé le meurtre en accident.

Aussi lorsque le vieux Conway le charge de faire déguerpir Joyce moyennant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
jeranjou
  08 février 2013
Si "Le démon dans ma peau"… était un chocolat ?

Offert pour les fêtes de fin d'année, surpris, je déballe le roman de Jim Thompson «L'assassin qui est en moi» inconnu pour ma part. Après la déception certes relative de « 1275 âmes », je souhaitais lire un autre classique du polar noir de ce même auteur «Le démon dans ma peau». Quelque temps après, je découvre en fait que «L'assassin qui est en moi» (traduction mot à mot du titre original en anglais) n'est autre qu'une réédition de ce dernier sous la forme d'une première traduction intégrale du roman (environ une dizaine de pages en plus). Il s'agit également pour l'éditeur de surfer sur l'adaptation du roman au cinéma « The killer inside me », avec Casey Affleck et Jessica Alba, très violent et fidèle au livre, parait-il.

Pour le roman, Jim Thompson confie la narration à Lou Ford, shérif adjoint à Central City dans le Texas. Il nous fait pénétrer ainsi dans l'esprit de son personnage principal et se permet même de narguer le lecteur à plusieurs reprises durant le récit afin de captiver complètement son attention. On apprend alors que Lou Ford partage sa vie entre sa future femme, Amy Stanton et une jolie prostituée nommée Joyce Lakeland qu'il devrait théoriquement chasser de la ville compte tenu de ses activités. En outre, les circonstances du décès de son frère Mike et les relations difficiles avec son père médecin, sont autant de traumatismes qui pèsent terriblement sur Lou depuis son enfance. de longues années plus tard après ce drame, Lou Ford peut-il toujours maitriser cette haine qu'il a réussi à contenir envers Chester Conway, un magnat local de la construction, qu'il suspecte d'être responsable de la mort de son frère ?
Pour ma part, après avoir terminé ce roman, j'envisageai de me lancer dans une explication un peu alambiquée sur la difficulté d'appréhender un tel livre à la fois noir, glaçant et maitrisé de bout en bout. Et puis non…

Pour illustrer ma pensée, pourquoi ne pas établir un parallèle, certes subjectif et personnel, entre le polar et le chocolat? Important, je précise que les exemples que je donne se réfèrent à un chocolat de bonne qualité ! Je commence par le chocolat le plus tentant pour les jeunes et les moins jeunes d'ailleurs : le chocolat blanc, très sucré, sans la saveur du cacao et pas vraiment conseillé à haute dose pour la santé. Dans mon esprit, je l'assimile à un roman comme Et si c'était vrai... de Marc Lévy, facile à lire et au plaisir instantané. Vient ensuite le chocolat au lait, familier et apprécié par tout le monde comme le sont les polars de Connelly ou Mankell. Evidemment, dans certains cas, rien n'empêche ce genre d'auteurs à réduire la part de lait au minimum comme, par exemple, mon coup de coeur « le poète ». Différent, le chocolat noir, dont les adeptes sont moins nombreux, s'apparente à ces romans plus torturés et forts, comme « Ténèbres, prenez-moi la main » ou «encore « Gone, baby gone » du talentueux Lehane. Enfin, à l'extrémité, le chocolat très noir, au-delà de 65 % de cacao, amer et long en bouche, à déguster à petite dose, correspond évidemment à notre fameux polar «Le démon dans ma peau» ou encore à «La griffe du chien». Pour savourer ce roman de Thompson, il est donc préférable d'avoir gouté et apprécié d'autres polars, du plus facile à lire au plus troublant et complexe, sans bruler les étapes. Sauter d'un Marc Levy à un Jim Thompson relève de l'ascension de l'Everest, en espadrille et sans entrainement. Vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenu !

En résumé, ce roman est un bijou de maitrise à tous les niveaux : l'écriture employée par l'auteur place le lecteur en prise directe avec l'assassin ; l'intrigue est dévoilée étape par étape jusqu'à l'apothéose finale ; enfin, la précision des dialogues entre les personnages permet de comprendre la démarche implacable du tueur. Pour finir, je retiens la scène avec l'avocat dans la deuxième partie du roman, écrite tout en humour, subtilité et justesse.
Un très grand roman glaçant et passionnant à la fois, de moins de trois cent pages, à lire et à relire, qui me donne envie de voir le film « The killer inside me » et de découvrir également le roman « Rage noire» du même auteur.
Je vous souhaite une excellente dégustation… même si tous, c'est certain, ne goûteront pas le même plaisir qu'a été le mien.
PS : Amis lecteurs, je suis toujours preneur de vos meilleurs chocolats, noirs de préférence !
PS2: critique postée pour être en visibilité des lecteurs du "démon dans ma peau" plus nombreux que pour la nouvelle édition.
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SMadJ
  15 avril 2014
Glacial, clinique et cynique. Jim Thompson frappe fort avec son flic psychopathe.
Une vraie plongée dans les méandres de la folie "maîtrisée".
Car Lou Ford, shérif adjoint de son état, est un tueur en série allumé dont la respectabilité établie trompe le monde. D'un premier abord, paternaliste, tranquille et séduisant, il va s'avérer machiavélique dans la gestion de sa folie et de sa relation à l'autre. Tout ce que l'Amérique produit de mieux depuis des décennies.
Écrit à la première personne pour garantir à l'ami lecteur une immersion immédiate dans ce cerveau dérangé, Jim Thompson manipule. Il nous fait croire au début que son héros est bon et sympathique puis pas tant que ça puis finalement pas du tout.
Quand on pense qu'il ne peut pas aller plus loin, hé bien si, il y va !
Les montées de violence sont fulgurantes comme un crotale qui frappe. Rapides comme l'éclair. Aiguisées comme des couteaux. Lou Ford a un problème avec les femmes. du coup, les femmes ont un problème avec Lou Ford. Et le problème est vite réglé.
La construction littéraire est menée de main de maître. Sèche et nerveuse. Sans gras ni temps morts. Les échanges entre les personnages retranscrivent l'ambiance glaciale du bouquin. Pas d'amour. Pas de tendresse. Pas de bons. Pas de gentils. Juste des gens qui sont prêts à tout pour survivre et dominer. La chaîne alimentaire dans tout son art. Que Lou Ford, loufoque, ne dominera pas. Car étonnamment, il fait preuve d'une intelligence simple, basique. du coup, le personnage peine à fasciner, si ce n'est par sa capacité à se penser plus malin que les autres tout en prenant le risque de tout foirer à chaque impulsion de furie non-maîtrisée. le paiera-t-il ? 3/5
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Allantvers
  21 septembre 2016
Un pur concentré de noirceur et de cynisme que ce "démon dans ma peau", narration glaçante à la première personne d'un psychopathe ultra violent et omnipotent, car flic.
A ne pas mettre entre toutes les mains; ceux qui sont passés par les siennes ne sont plus là pour s'en souvenir...
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PiertyM
  10 juillet 2015
Comme l'indique le titre le démon dans ma peau, dans les personnages ici ont du démon dans leur peau commençant par le principal le chérif Lou, un psychopathe, alors lui, il a vraiment un gros démon dans sa peau, un démon à 10 cornes que la plume de l'auteur est également entichée de tous ces démons
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Titine75
  05 octobre 2011
Attention, ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains. C'est un roman noir, extrêmement noir, sans doute l'un des plus sombres que j'ai lus.
Lou Ford est adjoint du shériff dans une petite ville du Sud des Etats-Unis, à Central City. On y vit surtout grâce au pétrole et à l'entreprise de Chester Conway qui l'exploite. Ici tout le monde connaît tout le monde et tous apprécient Lou. C'est vrai que c'est un chic type, toujours prêt à rendre service, un peu benêt mais avec un bon fond. En tout cas, Lou se donne beaucoup de mal pour que les autres pensent du bien de lui. Parce que Lou est loin d'être stupide, il joue les péquenots à l'accent du Sud traînant pour mieux se fondre dans le décor. Il a quelque chose à faire oublier, un incident arrivé dans sa jeunesse. Mais Lou semble insoupçonnable, il joue bien, très bien la comédie. “J'en remettais un peu, mais je ne pouvais pas me retenir. Assommer les gens de cette façon-là, c'est presque aussi agréable que de l'autre, la vraie. Celle que je m'étais donné tant de mal à essayer d'oublier. J'y étais même presque arrivé ; mais il a fallu que je fasse la connaissance de cette sacrée fille…” Oui le sympathique Lou a juste un petit problème : c'est un dangereux psychopathe qui aime battre les femmes…
La grande force du livre de Jim Thompson c'est que le narrateur est Lou Ford. Tout le long du livre le lecteur partage son point de vue, sa violence, ses pulsions meurtrières. Thompson nous plonge dans un cerveau malade, ce qui nous met dans une position extrêmement inconfortable. Lou nous annonce ses prochains crimes sans que l'on puisse l'en empêcher. Nous sommes totalement impuissants devant ce déchaînement de brutalité. le livre est très dur, très cru. Puisque nous voyons l'histoire par les yeux de Lou, rien ne nous est épargné, nous assistons à tous les meurtres. Et il y en aura plus d'un. Lou s'était contenu durant de longues années et la rencontre avec une prostituée, Joyce, va rompre toutes les barrières. Plus rien ne peut retenir Lou, même pas son intelligence perverse, et son déferlement de violence l'entraîne vers sa propre fin.
Et il le sait. A travers les monologues intérieurs, c'est tout une psychologie qui se dessine. Lou Ford s'analyse très bien. C'est un épisode traumatique de son enfance qui dérangea son esprit. Comme souvent, Lou ne fait que revivre ce qu'il a vécu et son moteur est avant tout la vengeance. Mais Jim Thompson ne cherche pas à justifier les actes de Lou Ford. Comme à son habitude, il sonde les tréfonds les plus noirs de l'âme humaine. Et à aucun moment il ne nous fait ressentir de l'empathie pour ce monstre. Ce qui est bien différent de la série ”Dexter” où le héros est également un psychopathe mais pour qui le lecteur ou le spectateur éprouve de la sympathie.
“Le démon dans la peau” est un roman noir implacable, terrible, qui remue son lecteur. Jim Thompson est un grand maître du thriller que je recommande à tous ceux qui n'ont pas l'âme trop sensible. J'en profite pour rappeler qu'il existe une adaptation récente de ce livre réalisée par Michael Winterbottom. le film est très fidèle au livre donc très violent par moments. Je tenais à souligner l'incroyable performance de Casey Affleck qui incarne un Lou particulièrement glaçant.
Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
SMadJSMadJ   07 avril 2014
Tu vas dire : à cœur vaillant, rien d'impossible. Tu vas dire : un vainqueur ne s'avoue jamais vaincu, et un vaincu ne vaincra jamais. Tu vas sourire, mon garçon, tu vas leur montrer ce bon vieux sourire du combattant qui monte à l'assaut. Et puis tu vas monter sur le ring, et tu vas les frapper, fort, et vite, et au-dessous de la ceinture, et... Tu vas te BATTRE ! Hourrah !
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StupidGRINStupidGRIN   25 décembre 2010
Je me suis mis à rire en plaignant un peu le pauvre connard. C’est curieux, la façon dont ces gens-là cherche toujours à avaler leur acte de naissance. Ils se cramponnent, même si on fait tout pour les décourager ; pour un peu ils vous expliqueraient bien comment ils voudraient être ratatinés ! Pourquoi fallait-il qu’ils s’adressent tous à moi pour se faire tuer ? Ils ne pouvaient donc pas se faire ça eux-mêmes ?
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lastmadeleinelastmadeleine   04 août 2013
- Vous voyez cette ouverture, derrière vous ? Eh bien, c'est une porte, Howard, au cas où vous ne le sauriez pas, et je ne vois pas du tout ce qui peut vous empêcher, vous et votre M. Plummer de la prendre.
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SirennaSirenna   10 août 2015
J'avais peur de ce qui risquait de se passer entre nous.
Elle était trop fier; ça aurait blessé son amour-propre.Sans compter qu'elle m'aimait.
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SirennaSirenna   10 août 2015
J'avais touché juste.Je l'avais atteinte en plein orgueil,au point sensible.
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Videos de Jim Thompson (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Thompson
Bande annonce de "Coup de torchon" réalisé par Bertrand Tavernier, adaptation du roman "Pop 1280" ( "1275 âmes" ) de Jim Thompson
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