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1024 pages
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (24/10/2019)

Note moyenne : 4.61/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Kansas, 1945, la paix n'arrange pas tout le monde. Jack a quinze ans, une mère qui tapine, un beau-père en taule, un passé inimaginable — entre violences et vices — et surtout un rêve : échapper à la misère en s'engageant dans l'Armée. Lui aussi veut dézinguer du Jap, connaître la gloire et s'envoyer en l'air. De Wichita à Shanghai, de l'Allemagne à la Corée, Jack trimballe un désir infini au cours d'une odyssée existentielle où, gifle comme caresse, tout est bon à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
JIEMDE
  06 décembre 2019
Quand tu as été, comme je le fus, profondément marqué par la lecture d'Un jardin de sable de Earl Thompson, autant te dire que la sortie de sa suite, Tatoo -traduit par Jean-Charles Khalifa-, est un Noël avant l'heure ! Il a donc rapidement grillé la politesse aux autres prétendants de ma PAL et ce ne sont pas ses 1011 pages qui m'ont arrêté.
Comment ne pas dire tout d'abord le plaisir de lire un livre aussi bien édité : typo, papier délicat, couverture gaufrée à tomber… N'en déplaise aux puristes qui ne jurent que par le fond, la qualité du travail de forme de Monsieur Toussaint Louverture m'a ravi avant même l'entame du pavé. Et après l'entame, le plaisir de retrouver Jack était là, intact, dès les premières pages.
L'adolescence déjà bien entamée, Jack vit toujours à Wichita avec ses grands-parents dans l'insupportable promiscuité de leur caravane crade, loin de sa mère retournée en prison et sous l'influence de ses potes dont l'occupation première est d'alterner bagarres, saouleries et culbute de filles à l'arrière des bagnoles. Pour notre p'tit gars du Kansas, se sortir de sa condition et de la misère qui le poursuit depuis sa naissance va devenir une obsession.
Tour à tour, la guerre et l'armée -en Chine, en Allemagne puis en Corée-, les études, les premiers boulots et même -et surtout- les femmes vont lui fournir les occasions d'échapper à sa destinée solitaire et misérable d'Américain de dernière zone. Pour autant d'échecs…
« Vous valez rien, et vous vaudrez jamais rien, répétait le choeur antique de ses proches ». Tatoo, c'est l'anti-rêve américain, c'est la désespérance faite littérature, c'est le réalisme choc du never happy ending. L'écriture d'Earl Thompson cogne et touche souvent, en écoeurera beaucoup dans ses scènes de violence ou de sexe, omniprésentes et indissociables de la quête de Jack. C'est hard, c'est cru, c'est triste, c'est désespérant… C'est juste magnifique !
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gilles3822
  03 mai 2020
Après Un jardin de sable, une suite s'imposait. La peinture des moeurs de la société américaine de l'avant-guerre, l'entrée en guerre elle-même et celle de Jack, ratée, nous y sommes. L'homme, l'adolescent, on ne sait tant que ce garçon brûle les étapes dans sa soif de vivre et d'apprendre, dans son désir instinctif de sortir de sa condition. Il met toute l'énergie de son jeune âge, apprend vite, désapprend tout aussi vite, remet le couvert, prend des coups et sa conscience se forge à l'épreuve d'une condition sociale éprouvante, que l'injustice est partout et qu'il est né du mauvais côté du manche. Il a mieux que l'instinct de survie, propre à l'enfant des rues, une certaine idée de lui-même, qu'il peut dépasser sa condition, transgresser le fatalisme propre à ses frères d'armes. le personnage est attachant, insupportable dans son obsession des femmes, moments crus, débridés, femmes qui le sauvent et le perdent dans la foulée, succession de Grands amours, à la vie, à la mort, coeur d'artichaut dirions-nous, excessif, ce qui plaît à ces dames et jeune, si jeune, fougueux, si fougueux, ce qui satisfait le beau sexe. La qualité d'un roman de ce type tient à l'authenticité des personnages, la parfaite intégration de ceux-ci dans les situations les plus improbables, cocasses ou tragiques. Retrouver Jack, notre héros, à Shanghaï, à l'âge de quinze ans, paraîtrait inconcevable mais la préparation de cet engagement dans la Navy, sa conviction profonde emportent l'adhésion, des recruteurs et des lecteurs que nous sommes. La description du Shanghaï de 1945/46 est une leçon d'histoire, l'indescriptible chaos qui y règne, l'armée de va-nu-pieds de Tchang-Kaï-Tchek allant droit au désastre nous annonce l'inéluctable marche en avant de ce qui va suivre, l'incursion à Tsing-Tao est un condensé de la Chine d'alors, le tout sous les yeux d'un pauvre hère originaire du Kansas. L'extraordinaire précocité du gamin, sa maturité d'adolescent sans enfance suscite la sympathie, nous avons envie de l'aider dans sa quête de respectabilité.
Le poids d'origines et d'habitudes socialement connotées le plombe dans cette recherche éperdue, jusqu'au bout, vouée à l'échec. L'humanité qui se dégage de cet ouvrage prend aux tripes, sans coup férir, avec ses excès de langage, ses moments d'égarement, si invraisemblables soient-ils.
La mère, les grands-parents sont autant d'êtres cabossés, trimballés dans un monde sans pitié, ayant protégé Jack à leur manière.
Il est le fruit de cet amour.
Formidable livre, lisez les deux.
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Sovane
  14 avril 2020
A 15 ans, Jack rêve d'intégrer l'armée pour fuir sa famille et l'avenir sordide qui l'attend. Il vit dans un quartier pauvre, dans un mobile-home avec ses grands parents, et les sorties avec ses petites frappes d'amis le conduisent inexorablement vers la délinquance. Son seul espoir pour monter dans l'ascenseur social est de partir à la guerre. Il parvient à tromper les recruteurs sur son âge et s'engage dans la Navy. Commence alors une vie d'aventure, qui le mène en Chine, puis sur un navire hôpital. Mais la fin de la guerre met un coup d'arrêt à ses rêves de gloire, et il se retrouve à changer des ampoules au lieu de charger des armes. Avec la lecture comme seul horizon il dénote parmi ses camarades, et reste solitaire, profitant de chaque escale pour voir du pays. Une année plus tard son statut de vétéran lui permet d'intégrer l'université à 16 ans seulement, occasion qu'il va mettre à profit. Mais le bon comme le meilleur semble toujours arriver trop vite, et le jeune homme trop pressé de grandir risque de voir sa vie lui passer sous le nez. Un très beau roman d'apprentissage, une chronique de la jeunesse d'après-guerre, de ses folles ambitions et des ses illusions déçues, que l'on dévore comme un feuilleton.
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Clair-De-Lune
  31 mars 2020
Entre le Jardin de Sable et Tattoo, il y a un total de 1856 pages. Deux immenses pavés et cette suite, encore plus longue que le premier tome, est tout autant captivante.
L'histoire reprends quelques temps après la fin du premier à Wichita. Retour à la case départ pour notre petit Jacky qui n'est plus tout à fait petit maintenant, il à une quinzaine d'année et il est de retour chez ses grands-parents, cela faisait un bon moment qu'on ne les avait pas revus ces deux loustiques ! Ils vivent désormais dans un vieux mobil-home. Les relations entre Jack et ses grands-parents ne changent pas, ce sont les mêmes discussions politiques avec son grand-père qui rage toujours autant de ce que devient l'Amérique. Pendant tout ce long chapitre de Tattoo, on va suivre la vie de Jack. Il retrouve ses amis d'enfance. Mais il veut changer de vie. Il veut faire parti de l'armée dans les Marines. Et il va y réussir. Mais comme la vie n'est pas un long fleuve tranquille, on va le voir galérer à de très nombreuses reprises pendant sa vie d'adolescent.
Avec un vécu pareil avec sa mère et son beau-père qui sont de très mauvaises fréquentations pour lui quand il était plus jeune, c'était difficile à ce qu'il ne tourne pas comme eux. Il va profiter de sa jeunesse pour sortir avec un nombre incalculable de filles, avec pour plus des 3/4 juste une question de relations intimes. C'est de nombreuses sorties avec les potes, de qui va en avoir le plus que l'autre. On ne peut pas l'envier d'avoir une vie comme la sienne.
Pendant un long moment on va le voir à la Navy avec ses collègues. Ses premiers vrais amours. Ses premiers métiers. Gérer son argent. Et puis plus tard, il va commencer à être dans une descente aux enfers. Tout s'écroule autour de lui. On pourrait presque prendre ce roman comme une biographie. La description de la vie de Jack est impressionnante et passionnante du début à la fin ! L'auteur nous écrit une histoire qui est à des années lumières du « rêve américain ». On peut aussi y trouver beaucoup de courage et de tempérament à Jack. Malgré ses nombreux échecs en tout, il continue d'y croire avec une énorme volonté. Il ne lâche rien pour réussir et surtout pour ne pas devenir exactement comme sa mère et son beau-père. Alors qu'il aurait très bien tomber dans la « facilité » et continuer de voler pour se faire de l'argent. Mais non, que ce soit pour une vraie relation avec une femme, avoir un vrai boulot, oublier les potes pour ne pas tourner mal comme eux, il ose.Il est difficile d'en parler plus sans spoiler, c'est vraiment la continuité de le Jardin de Sable et il serait dommage que je vous gâche l'expérience.
L'auteur Earl Thompson continue avec une écriture percutante, vulgaire et choquante. Un roman comme il est rare d'en lire. Je conseille ces deux livres.
Je sais qu'il y a un troisième et dernier roman de cette histoire. J'espère que l'éditeur Monsieur Toussaint Louverture va l'éditer un jour. Je souhaite vraiment découvrir comment elle se termine.
Lien : https://culturepassions.word..
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manonballetti
  12 avril 2020
On ne croyait pas ça possible, et ben si: Tattoo est pire que Un Jardin de Sable !!!
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
StockardStockard   22 décembre 2019
Ce pays, il a complètement perdu ses repères. Les amis se font plus confiance entre eux. Plus personne aide personne. Tout le monde s'en fout. C'est chacun pour sa poire et le diable pour tous. Tout ça à cause de Rockefeller et sa clique. A cause des pétroliers. Des banquiers et leurs taux d'intérêt. Y tueraient père et mère sans hésiter, y mettraient n'importe qui en taule, y z'achèteraient tout un Congrès, tout un pays, y feraient n'importe quoi et y diraient que c'est l'intérêt national. Mon cul, oui ! C'est des bons à rien d'enculés, tous ! Et personne fait rien. La prochaine fois, on élirait un Hitler que ça m'surprendrait pas. Un putain de pays qui donne même plus les moyens aux vieux d'aller en ville ou à la campagne. C'est ça, l'histoire de ce pays, si tu lis un peu. Pas besoin de bouquins d'école. C'est dans les journaux, pour peu qu'on ait assez de cervelle pour le lire. J'ai pas l'impression qu'on t'apprend ça à la fac, hein ?
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StockardStockard   09 décembre 2019
Sur le navire, y compris chez ceux qui parlaient d'étudier à la fac en rentrant, la lecture relevait soit du pur divertissement, soit de la source d'informations à ingurgiter dans le but de trouver un meilleur boulot, et certainement pas des idées ou des scènes qui pouvaient éventuellement leur électriser l'esprit et leur ouvrir les yeux. Les romans qui racontaient autre chose qu'une histoire de flics ou de cow-boys étaient une perte de temps aussi dangereuse pour la santé que pour la virilité. Même ses meilleurs amis lançaient des coups d'oeil sceptiques sur les livres qu'il lisait, avec ce même air de désapprobation silencieuse qu'ils affichaient lorsqu'un des infirmiers les plus efféminés faisait des bonds de cabri accompagnés de petits cris en recevant une main au cul dans la file d'attente du mess.
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StockardStockard   17 décembre 2019
Il avait demandé à étudier le chinois, des fois qu'il serait amené à devenir un de ces soldats de fortune, mais la fac ne proposait pas cet enseignement. Bizarre, il avait toujours cru qu'une université, ça savait tout. Une femme qui avait l'air d'exsuder un produit hydratant pour la peau l'avait alors regardé droit dans les yeux par-dessus la rampe de lancement de ses petits seins pointus comme des obus, et l'avait convaincu : « La langue internationale, c'est le français », sur ce ton qui laissait entendre qu'il lui suffirait de l'apprendre pour qu'elle et lui vivent une histoire torride.
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StockardStockard   15 novembre 2019
Ok, résumons : son beau-père était un gibier de potence et sa mère une pute ; sa grand-mère et son grand-père avaient toujours été à l'assistance ; mais bon, ça ne voulait pas dire qu'il allait forcément mal tourner. Il était certain d'une chose, cependant : avant de se retrouver avec un boulot de merde toute sa vie, à devoir quand même quémander de l'aide, il prendrait une arme et irait faire des braquages.
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StockardStockard   01 décembre 2019
Son visage était un masque coquin de cosmétique qui lui fit penser à ces petites filles qu'on nommait sam-san, d'à peine trois ans parfois, qu'on voyait traînées de bar en bar par leurs parents, un frère ou un parrain qui les avait achetées et formées à jouer de cet instrument à corde unique dont le son, pour une oreille occidentale, n'était pas sans évoquer un chat qu'on torture.
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Dans les années 70, Earl Thompson a vécu en France.
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