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ISBN : 9791090724426
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (18/01/2018)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Un Jardin de sable est le cri de rage des laissés-pour-compte et des âmes médiocres à qui on ne tend jamais la main, mais qu'Earl Thompson [1931-1978] embrasse dans la brume du sordide et de l'impur. Jacky, né au Kansas à l'aube de la grande dépression, porte le désespoir et la misère comme une seconde peau. Témoin malgré lui de toutes les turpitudes, il se nourrit d'un monde où prévalent la brutalité, le sexe et le mépris. Sa jeunesse est un combat dans les bas-fon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
cardabelle
  08 juin 2018
Une immersion des plus violentes qui soient au coeur de la misère lors de la Grande Dépression au Kansas et dans le Mississippi .
Une descente aux enfers ? c'est peu dire ...
Quels que soient les termes choisis pour tenter de définir ce roman social autobiographique , aucun ne semble vraiment approprié pour en qualifier l'ensemble .
On va suivre pas à pas le jeune Jacky et vivre les étapes de sa survie près de ses grands-parents pauvres ou de sa mère paumée .
Et, peu à peu, on s'enfonce lentement au coeur du sordide .
Dans un monde où on survit par le vol, la prostitution, les
trafics, les combines sans scrupules , l'enfant n'a aucun repère : il est souvent noyé dans un océan de violence .
Il est entouré d'adultes immatures ou désabusés et très vite la promiscuité devient malsaine : inceste et amour filial se confondent .
Et là, on a droit à des scènes très crues , parfois insoutenables et bien détaillées !
Après la lecture, j'ai hésité à en parler : ne me venaient que des impressions personnelles négatives dans un premier temps : ce fut, je crois , un électrochoc et dire qu'il est dérangeant est une évidence .
Mais, c'est bien écrit et à présent la force du propos domine malgré la lecture éprouvante .
Le roman est long, long comme un jour sans pain !
Un pavé fellinien de 820 pages mais qui, je crois , peut s'imprimer à vie dans la mémoire .

Une oeuvre salutaire pour l'auteur à l'époque , je suppose , une petite révolution en littérature dans une période ( 1970 ) où se revendiquaient la liberté d'expression et l'abolition des tabous ! Alors, à fond la provoc !
Du bien salace pour choquer les masses !
Réussi .
Bien qu'ayant pris connaissance du thème avant , je suis quand même tombée de ma chaise !
Pourtant , en filigrane , il y a beaucoup de sensibilité, de l'amour mal fait mais de l'amour quand même .
Une fleur sur un tas de fumier .



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JIEMDE
  19 janvier 2018
Une seconde, je reprends mon souffle… Voilà. J'en avais besoin après 830 pages prises en pleine face, sans un seul temps mort, sans un seul moment de lassitude, sans un seul début de commencement de volonté de sauter une simple ligne. Car Un jardin de sable est un monument de littérature, de ceux qui vous marquent un lecteur et qui honorent à jamais sa bibliothèque.
Un préalable : âmes prudes, s'abstenir. Earl Thompson nous entraîne dans un monde de misère, de violence, de sexe, de stupre, de transgressions en tout genre. Et d'amour aussi…
On suit ainsi Jacky, gamin du Kansas dont la mère Wilma n'a rien trouvé de mieux pour père qu'un suédois rapidement décédé, la laissant seule alors que la crise de 29 puis la grande dépression frappe sans pitié les américains les plus pauvres. Des pauvres gens frôlant peu à peu la frontière qui les sépare des paumés, exaspérés par les discours de Roosevelt les appelant au sursaut. Tu sursautes sur quoi toi, quand tu n'as plus rien ?
Période 1 : la jeunesse de Jacky démarre dans une cellule familiale où les grands-parents Mac Deramid tentent de tenir le cap, la tête et l'honneur hors de l'eau. Tant mieux, car Wilma est loin d'être une mère parfaite, suivant le premier fêtard disposant de quelques dollars pour oublier l'espace de quelques temps sa vie misérable. Jusqu'à partir pour suivre Bill, alcoolo méprisable, laissant Jacky seul avec ses grands-parents. C'est le temps de l'apprentissage de la débrouille, ponctué d'incessants déménagements sonnant comme autant de dégringolades sociales vers les frontières de la misère. Et pourtant, malgré une certaine forme d'indifférence de la grand mère Mac Deramid, malgré la rudesse du langage du grand-père Mac Deramid, ces grands-parents seront salvateurs pour Jacky !
Période 2 : Wilma refait surface et entraîne Jacky dans un nouveau semblant de cocon familial avec Bill. Mais du Kansas au Mississippi puis au Texas, difficile d'échapper à l'inévitable descente aux enfers. Bill boit toujours plus, ne travaille toujours pas, est de plus en plus violent, de moins en moins lucide. Alors, de piaule en piaule, de bouge en bouge, vient l'heure de la débrouille : entre deux baffes, le corps de Wilma vaut bien quelques dollars ; le repas du soir vaut bien quelques larcins ; la rue, les voisins, les bars, les rencontres improbables servent d'éducation à Jacky, chantier naturel abandonné par sa mère immature.
Et puis il y a l'amour, le beau, le sublime ! Celui incroyablement généreux des grands-parents pour Jacky ; celui de Jacky pour sa mère ; celui de Wilma pour ce fils qu'elle voudrait aimer. Mais quand on ne sait pas…
Et puis il y a l'amour, le charnel ! Celui que découvre Jacky quand sa sexualité s'éveille, seul, dans la rue, dans un bar, auprès d'une voisine, d'une vision, d'un fantasme.
Et puis il y a l'amour, le sordide. Celui de la violence, du viol, de l'inceste. Celui des repères qui disparaissent quand seul l'instinct de survie commande. Celui qui seul, une fois assouvi, peut conduire au sursaut voire à la rédemption.
Earl Thompson fait le pari d'aller au bout de l'infâme, au plus profond du côté sombre de l'âme humaine, pour mieux démontrer que, même à ce niveau, on peut encore lutter, survivre, rester debout, conserver ce minimum de dignité pour rebondir et se construire un avenir.
Son écriture est simple, belle et fluide, se permettant de faire 5 pleines pages sur un simple détail qui aurait fait deux lignes chez tant d'autres. Sans jamais en faire trop. Même si chez Thompson, une bite est une bite, une chatte est une chatte et le reste est à l'avenant. C'est aussi ce qui fait la force du livre. C'est aussi ce qui choqua tant de lecteurs aux États-Unis au siècle dernier et qui en choquera d'autres en France ces prochains mois.
Mais je le répète, Un jardin de sable est une grande oeuvre, qui plus est magnifiquement éditée par Monsieur Toussaint Louverture. Bravo et merci !
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Stockard
  04 avril 2018
Quand un livre se paye le luxe de débuter par une préface signée Donald Ray Pollock himself, 'savez ce gars débarqué d'on ne sait où et qui en à peine trois bouquins s'est hissé au niveau des plus grands auteurs de romans noirs (mais alors bien, bien noirs), on sait qu'on est devant une oeuvre qui, en bien ou en mal, va nous faire l'effet d'une bonne baffe dans la cafetière. Si en plus ladite oeuvre est publiée chez Monsieur Toussaint Louverture, sûrement la plus géniale des maisons d'édition actuelles (ici une pensée émue pour 13e Note Éditions qui, il y a peu encore, pouvait se permettre de faire concurrence), on prend son bouquin, sa cafetière et on s'agenouille devant un quelconque dieu d'osier avant d'ouvrir d'une main tremblante ce qui risque fort d'être LE livre de l'année.
Et ça traîne pas, en un rien de temps, nous voilà embarqué dans ce Jardin de Sable qu'est le Kansas des années 30. La Grande Dépression est passée par là et pour l'instant, rien n'a repoussé. C'est dans cette époque dantesque que naît Jack, fils de Wilma MacDermid et d'un suédois dont on n'aura pas le temps d'en savoir trop, poussé rapidement qu'il sera vers la sortie à l'occasion d'un accident de voiture plus comique que tragique. Jack se retrouve donc confié vite fait mal fait à ses grands parents maternels, Wilma désertant le foyer et son rôle de mère en vue d'approfondir les bases d'un métier pour lequel elle passera rapidos à un temps plein, métier connu comme étant le plus vieux du monde mais aussi et sûrement le plus dur. Pendant ce temps le petit Jacky poussera comme il peut (c'est à dire de traviole) entre appartements minables et caves puantes, et passera tant bien que mal ses minables premières années qui ne seront pourtant pas si dramatiques en comparaison de ce qui l'attend quand Wilma, doté d'un tout nouveau mari alcoolique et violent, viendra le chercher pour former ce qu'elle imagine être une vraie famille aimante. C'est dans cet environnement plus que perverti que Jack essaiera de se construire, s'accrochant à une seule idée-bouée : transformer son amour filial pour Wilma en amour physique.
Comment ne pas être dérangé par cette représentation nauséeuse d'un gamin portant le désespoir et la misère sur son dos rachitique, qui donnerait tout pour coucher avec sa mère, allant jusqu'à penser que sa vie en dépend ? On comprend vite ce qui a tant frappé Donald Ray Pollock dans la découverte de ce récit de l'Amérique des laissés pour compte – dont les limites de plus en plus floues finissent par disparaître dans le stupre, l'alcool et la violence – et le combat qu'il a mené pour qu'il soit de nouveau édité (parce que franchement, qui connaissait déjà Earl Thompson ?)
Brisant le tabou le plus dégueulasse qui soit, Thompson nous livre un moment de littérature pan-dans-la-gueule qui marque, qui fascine autant qu'il révulse et qui ne passe pas loin de se poser en référence du genre. A déconseiller aux âmes pudibondes, à celles refusant même d'imaginer que l'amour entre un fils et sa mère puisse se concevoir autrement que d'une seule et unique manière et à celles qui répugnent à suivre quelque chemin que ce soit s'il n'est pas balisé et fanalisé (quoi ?) au préalable...
A conseiller à absolument toutes les autres.
N'hésitez pas, cette fois on a eu de la chance mais il n'y aura peut-être plus jamais de réédition.
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isasymai
  04 avril 2018
Enfin un livre qui m'a sortie de la torpeur hivernale dans laquelle j'étais plongée et dont aucun livre n'avait réussi à me faire émerger. J'apprécie depuis ses débuts la ligne éditoriale des éditions Monsieur Toussaint Louverture, et avec ce livre là, ils ont encore fait fort, très fort. Je n'avais jamais entendu parler d'Earl Thompson, décédé en 1978 à 47 ans, et ce fut une révélation. Ecrire sur la Grande Dépression, d'autres l'ont fait et pas des moindres, Steinbeck évidemment, mais pas que. Puis il y eu ces reportages de foule en haillons, aux visages hâves, faisant la queue pour une gamelle de soupe; ces photos en noir et blanc criantes de misère absolue, et il y a ce livre "Un jardin de sable", un roman de 830 pages qui à lui seul fusionne le tout, plus tout ce que l'on ne pouvait pas dire ou montrer.Un roman qui m'a fait oublier tous les autres. Non que ce soient de mauvais livres ou de mauvais auteurs mais "Un jardin de sable" est le livre inclassable qui m'a marquée comme l'ont fait les livres de Jack Kerouac ou de Bukowski. C'est en partie autobiographique, donc du vécu à l'état brut, une écriture narrative sans équivalence.
La préface de Donald Day Pollock, dont j'ai adoré "Le diable, tout le temps", nous prévient d'emblée que nous allons lire quelque chose d'assez exceptionnel. Je ne saurais pas mieux dire que lui. C'est exactement ce que j'ai ressenti, et comme lui, à peine le livre terminé, je n'ai eu qu'une envie : le relire.
J'ai aimé tous ces personnages car chacun d'entre eux représente une part de cette humanité sacrifiée du pays le plus prospère du monde. J'ai aimé les grands parents MCDeramid, qui dans leur Kansas natal luttent pour sauvegarder le peu de dignité que les politiciens et les banquiers leur ont abandonné. J'ai eu de la compassion pour Wilma, leur fille paumée, aux rêves contrariés d'un ailleurs meilleur qui s'avèrera pire que celui de ses parents qu'elle fuit en leur abandonnant son fils, Jacky. Tout ça pour suivre Bill son amant alcoolique et pervers, qu'elle "a dans la peau" et qui en plus de lui pourrir la vie pourrira aussi celle de Jacky qu'elle a récupéré dans l'illusion de créer sa propre famille. Rien ne pourra sauver ces trois là. L'alcoolisme de Bill l'empêche de conserver tout travail plus de quelques jours, Wilma n'a guère que son corps à offrir, et Jacky devient à leur contact un petit délinquant prêt à tout pour rester avec cette mère que tant d'hommes désirent, mais aucun plus que lui. Car lui, il l'aime, inconditionnellement et malgré son jeune âge sexuellement aussi. A 10 ans il a déjà vécu plus que d'autres pendant toute une vie, et de ville en ville, de taudis en taudis toujours plus infâmes, il suivra leur déchéance jusqu'à ce que Wilma, dans ce qui lui reste de conscience de sa propre impuissance le renvoie à 14 ans chez ses grands parents à Wichita, là où tout a commencé.
Ce livre, c'est Zola pour le réalisme social, et Bukowski pour le sexe sans tabou, y compris celui de l'inceste. C'est vraiment ça.
Mais ce n'est pas seulement ça. C'est aussi l'histoire d'une Amérique plongée dans une dépression sans précédent mais rongée par les problèmes raciaux, comme si la crise, elle, pratiquait la ségrégation. Ce sont des existences de miséreux, mais sans misérabilisme. C'est la vie avec ses hauts et surtout ses bas, frappée du bon sens des uns et de la cupidité des autres; bourrée de violence, de sexe, d'alcool mais aussi et grâce à l'écriture d'Earl Thompson, emplie de purs moments de poésie, d'extravagance (comment oublier la tante Elfie!) et d'humanité. En fait de tout ce qui n'a pas de prix et que personne ne peut vous enlever.
C'est clairement transgressif , mais on voit pire sur les réseaux sociaux. C'est un beau livre, même s'il est rempli de mauvaises personnes. C'est un beau livre car on sent que derrière tout ça c'est toujours la même quête : celle de l'amour, partagé ou contrarié, et de l'espoir, celui qui aide à rester debout quand tout part à la dérive.
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trust_me
  05 janvier 2018
Ce roman retrace les quatorze premières années de Jacky, un gamin né dans une famille pauvre du Kansas. Son père meurt alors qu'il n'est qu'un nourrisson, sa mère le laisse aux soins de ses grands-parents qui peinent à joindre les deux bouts après la perte de leur ferme. L'enfant, en changeant constamment d'adresse, découvre la vie rude de ceux qui n'ont rien, de ceux qui naviguent à vue en enchaînant les petits boulots sans se demander de quoi demain sera fait. Quand sa maman vient le rechercher après s'être mariée à un pauvre crétin sortant de tôle, Jacky croit, du haut de ses cinq ans, que tout va enfin rentrer dans l'ordre. Évidemment il se trompe. A un point qu'il ne peut pas imaginer.
Attention, livre culte. Ce jardin de sable est plein de putes, de camés, d'alcoolos, de voleurs et d'arnaqueurs. Il transpire la misère et le désespoir à chaque page, proposant une errance dans l'Amérique des années 30-40 où, pour une partie de la population, le quotidien n'était qu'une galère sans fin. Claques miteux, estomacs vides, fringues en lambeaux, nuits glacées entre quatre murs sans chauffage, on souffre en silence, on se serre les coudes et on profite de la moindre occasion pour se faire quelques dollars, peu importent les moyens employés.
Pas question de se méprendre, il n'y a rien d'héroïque chez Jacky et les siens. Mère immature, beau-père aussi fanfaron que fainéant, grands-parents qui l'élèvent en le considérant davantage comme un fardeau que comme un cadeau, le gamin aura constamment vécu dans l'instabilité la plus totale, tant financière qu'affective.
830 pages et pas de longueurs à craindre. du moins tant qu'on aime les atmosphères poisseuses, le sexe cradingue, les personnages qui ne cessent de lutter et de se résigner, qui remontent la pente avant de la descendre aussi sec pour revenir au point de départ. du moins tant qu'on n'est pas effrayé par le langage fleuri, les scènes d'inceste, le soupçon de zoophilie et la violence domestique.
Un roman fleuve qui fit scandale au moment de sa sortie en 1970. Un roman qui prend aux tripes et montre la vie des exclus dans une Amérique peinant à se remettre de la grande dépression. Sans chichi ni fioriture, sans jugement, en exposant une réalité crue, brutale, dérangeante, malsaine.
Monumental.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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critiques presse (1)
LeMonde   15 février 2018
« Un jardin de sable », roman autobiographique, raconte une enfance chaotique dans le Midwest des années 1930, entre misère, érotisme et grâce. Son auteur, mort en 1978, était ignoré en France jusqu’à aujourd’hui. Une découverte.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
WilkinsonWilkinson   09 février 2018
"Moi, j'ai trimé toute ma vie, d'un bout à l'autre de ce pays, et jamais j'ai rencontré quelqu'un qui resterait assis sur son cul à mourir de faim ou qui laisserait sa famille mourir de faim si y voit qu'y a quelque chose qu'y peut faire. Un homme, ça veut travailler. Qu'est-ce qui peut faire d'autre de son temps ? Oh, évidemment, il aura pas envie de s'crever la paillasse pour recevoir moins que c'qui faut pour survivre. Personne a envie de patouiller dans un égout, de ramasser les ordures, des trucs comme ça. Hé, attends, tu vas sûrement me dire : "Ben, y faut bien que quelqu'un l'fasse, non ?" Pourquoi qu'y faudrait bien ? Qui c'est qui a dit qu'il fallait les ramasser, les ordures ? Donne aux gens assez pour vivre, et tu pourrais être surpris, y aura bien quelqu'un pour avoir l'idée d'inventer une espèce de chèvre mécanique à garder dans sa cuisine. Ça aussi, c'est du travail. Le problème, ça a toujours été que les gens sont pieds et poings liés par le désir d'autres gens qui veulent gagner plus qu'eux, au lieu que tout le monde s'entende pour résoudre un problème bien précis qu'il faut résoudre pour le bien de tous. Les choses devraient pas être comme elles sont, là. En fait, c'est ceux à qui on a fait croire qu'ils risquent de perdre le peu qu'ils ont s'ils ouvrent leur clapet, et les religieux qui sont tout contents d'attendre leur récompense "là-haut", c'est tous ceux-là qui disent et qui répètent qu'y faut surtout pas que les choses changent ; ceux qui pensent que le Seigneur ressemble au président des Caisse d’Épargne Fédérales. Oublie les clodos et les pochards qui traînent sur Main ou Market Street. Ce qui nous tue, c'est que les riches se payent de l'alcool et des vacances à l'étranger sur not' dos à nous. Moi, j'ai travaillé avec trop de gens différents dans toute ma vie pour ne pas avoir foi en mon prochain."
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jeinusjeinus   30 décembre 2017
Bon, je crois que vous feriez mieux d’aller dire à monsieur
Roosevelt que son histoire de soja, pour John MacDeramid, ça va pas être possible tout de suite. Vous pouvez lui dire que, rien que d’y penser, à arracher, brûler, couper et tuer, comme y veut me faire faire, ça me rend tellement malade que j’préférerais encore me laisser décaniller moi-même.
Vous voyez, ça m’a pris quand même quelques années pour arriver à faire de ce petit coin c’que vous voyez aujourd’hui. Oh, je sais bien qu’c’est pas grand-chose pour certains. Mais c’est tout ce qu’on a, nous autres.
Tout ce qu’on a après avoir travaillé dur. Je pense pas qu’vous pourrez comprendre ça. Vous venez de l’Est, pas vrai? J’ai pas l’impression que vous avez beaucoup travaillé la terre.
— Non, interrompit le type, impatient. Mais nous, à la Farm Security Administration, nous avons conduit des études, et je peux vous dire que…
— Tu vas fermer ta gueule! Bordel de Dieu, ces enculés de la fsa seraient même pas foutus de planter un clou tout seuls. Écoute-moi bien ! Je suis paysan depuis la guerre de Sécession. J’ai labouré des pentes tellement raides qu’y fallait bander les yeux des mules pour qu’elles y aillent. J’ai arraché des souches qu’auraient pété les vertèbres à quatre percherons pour nettoyerun champ à planter. Si on mettait bout à bout toutes les mottes que j’ai r’tournées, ça couvrirait les États du Kansas, de l’Oklahoma, du Nebraska, et y’en aurait encore assez pour recouvrir un versant de Pike’s Peak. Et jamais, nulle part, mon petit monsieur, j’ai vu des gens si peu dans l’besoin qu’y z’enterrent leurs récoltes et appellent ça progresser. Bon Dieu d’bordel de Dieu,c’est l’idée la plus contradictoire que j’aie jamais entendue.
Y’a jamais eu qui qu’cesoit qu’a jamais fait pousser trop d’choses. Si ce putain de système peut pas absorber c’que les fermiers font pousser quand y’a tant de gens qui crèvent la dalle sous les yeux des politicards, alors c’est le système qu’y faut enterrer. Et queq’chose d’intelligent qu’y fautessayer à la place. À t’entendre, on dirait que c’est de ma faute à moi, cette Dépression !
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StockardStockard   09 février 2018
Tout le monde est tellement dans la mouise qu'y z'ont même plus envie, tellement qu'y z'ont peur de perdre le peu qu'il leur reste. Z'ont plus de couilles. Plus personne qui lève le petit doigt pour empêcher ces cinglés de donner le pays aux banquiers. Y faudrait qu'on prenne des fusils, des fourches, des haches, tout ce qu'on peut attraper, nom de Dieu, et qu'on marche sur Washington et Wall Street. Virer tous ces enfoirés. [...] On rend le pays aux petites gens. Ici, ça a jamais été prévu pour être le pré carré d'une minorité. Mais non, tout le monde a la trouille, ils font la queue pour pouvoir lécher le cul du gouvernement et dire "merci patron" pour ce qu'ils récupèrent.
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JIEMDEJIEMDE   16 janvier 2018
Maman ?
Quoi ?
Des fois j'ai l'impression que moi je suis plus vieux, et toi, t'es une petite fille.
Elle le prit dans ses bras.
On se serre les coudes tous les deux. Pour le meilleur et pour le pire.
Maintenant que j'ai vu le pire, répondit-il, citant une des répliques favorites de son grand-père, quand est-ce qu'on voit le meilleur ?
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StockardStockard   07 février 2018
"Voix ou pas voix, le peuple peut toujours être converti à la cause des dirigeants. C'est facile. Tout ce qu'il y a à faire, c'est leur dire qu'ils sont attaqués et dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme qui expose la nation au danger. Ça marche de la même manière dans tous les pays." Comme dirait Hermann Göring.
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