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ISBN : 9791090724426
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (18/01/2018)

Note moyenne : 5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Un Jardin de sable est le cri de rage des laissés-pour-compte et des âmes médiocres à qui on ne tend jamais la main, mais qu'Earl Thompson [1931-1978] embrasse dans la brume du sordide et de l'impur. Jacky, né au Kansas à l'aube de la grande dépression, porte le désespoir et la misère comme une seconde peau. Témoin malgré lui de toutes les turpitudes, il se nourrit d'un monde où prévalent la brutalité, le sexe et le mépris. Sa jeunesse est un combat dans les bas-fon... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
JIMEDE
  19 janvier 2018
Une seconde, je reprends mon souffle… Voilà. J'en avais besoin après 830 pages prises en pleine face, sans un seul temps mort, sans un seul moment de lassitude, sans un seul début de commencement de volonté de sauter une simple ligne. Car Un jardin de sable est un monument de littérature, de ceux qui vous marquent un lecteur et qui honorent à jamais sa bibliothèque.
Un préalable : âmes prudes, s'abstenir. Earl Thompson nous entraîne dans un monde de misère, de violence, de sexe, de stupre, de transgressions en tout genre. Et d'amour aussi…
On suit ainsi Jacky, gamin du Kansas dont la mère Wilma n'a rien trouvé de mieux pour père qu'un suédois rapidement décédé, la laissant seule alors que la crise de 29 puis la grande dépression frappe sans pitié les américains les plus pauvres. Des pauvres gens frôlant peu à peu la frontière qui les sépare des paumés, exaspérés par les discours de Roosevelt les appelant au sursaut. Tu sursautes sur quoi toi, quand tu n'as plus rien ?
Période 1 : la jeunesse de Jacky démarre dans une cellule familiale où les grands-parents Mac Deramid tentent de tenir le cap, la tête et l'honneur hors de l'eau. Tant mieux, car Wilma est loin d'être une mère parfaite, suivant le premier fêtard disposant de quelques dollars pour oublier l'espace de quelques temps sa vie misérable. Jusqu'à partir pour suivre Bill, alcoolo méprisable, laissant Jacky seul avec ses grands-parents. C'est le temps de l'apprentissage de la débrouille, ponctué d'incessants déménagements sonnant comme autant de dégringolades sociales vers les frontières de la misère. Et pourtant, malgré une certaine forme d'indifférence de la grand mère Mac Deramid, malgré la rudesse du langage du grand-père Mac Deramid, ces grands-parents seront salvateurs pour Jacky !
Période 2 : Wilma refait surface et entraîne Jacky dans un nouveau semblant de cocon familial avec Bill. Mais du Kansas au Mississippi puis au Texas, difficile d'échapper à l'inévitable descente aux enfers. Bill boit toujours plus, ne travaille toujours pas, est de plus en plus violent, de moins en moins lucide. Alors, de piaule en piaule, de bouge en bouge, vient l'heure de la débrouille : entre deux baffes, le corps de Wilma vaut bien quelques dollars ; le repas du soir vaut bien quelques larcins ; la rue, les voisins, les bars, les rencontres improbables servent d'éducation à Jacky, chantier naturel abandonné par sa mère immature.
Et puis il y a l'amour, le beau, le sublime ! Celui incroyablement généreux des grands-parents pour Jacky ; celui de Jacky pour sa mère ; celui de Wilma pour ce fils qu'elle voudrait aimer. Mais quand on ne sait pas…
Et puis il y a l'amour, le charnel ! Celui que découvre Jacky quand sa sexualité s'éveille, seul, dans la rue, dans un bar, auprès d'une voisine, d'une vision, d'un fantasme.
Et puis il y a l'amour, le sordide. Celui de la violence, du viol, de l'inceste. Celui des repères qui disparaissent quand seul l'instinct de survie commande. Celui qui seul, une fois assouvi, peut conduire au sursaut voire à la rédemption.
Earl Thompson fait le pari d'aller au bout de l'infâme, au plus profond du côté sombre de l'âme humaine, pour mieux démontrer que, même à ce niveau, on peut encore lutter, survivre, rester debout, conserver ce minimum de dignité pour rebondir et se construire un avenir.
Son écriture est simple, belle et fluide, se permettant de faire 5 pleines pages sur un simple détail qui aurait fait deux lignes chez tant d'autres. Sans jamais en faire trop. Même si chez Thompson, une bite est une bite, une chatte est une chatte et le reste est à l'avenant. C'est aussi ce qui fait la force du livre. C'est aussi ce qui choqua tant de lecteurs aux États-Unis au siècle dernier et qui en choquera d'autres en France ces prochains mois.
Mais je le répète, Un jardin de sable est une grande oeuvre, qui plus est magnifiquement éditée par Monsieur Toussaint Louverture. Bravo et merci !
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trust_me
  05 janvier 2018
Ce roman retrace les quatorze premières années de Jacky, un gamin né dans une famille pauvre du Kansas. Son père meurt alors qu'il n'est qu'un nourrisson, sa mère le laisse aux soins de ses grands-parents qui peinent à joindre les deux bouts après la perte de leur ferme. L'enfant, en changeant constamment d'adresse, découvre la vie rude de ceux qui n'ont rien, de ceux qui naviguent à vue en enchaînant les petits boulots sans se demander de quoi demain sera fait. Quand sa maman vient le rechercher après s'être mariée à un pauvre crétin sortant de tôle, Jacky croit, du haut de ses cinq ans, que tout va enfin rentrer dans l'ordre. Évidemment il se trompe. A un point qu'il ne peut pas imaginer.
Attention, livre culte. Ce jardin de sable est plein de putes, de camés, d'alcoolos, de voleurs et d'arnaqueurs. Il transpire la misère et le désespoir à chaque page, proposant une errance dans l'Amérique des années 30-40 où, pour une partie de la population, le quotidien n'était qu'une galère sans fin. Claques miteux, estomacs vides, fringues en lambeaux, nuits glacées entre quatre murs sans chauffage, on souffre en silence, on se serre les coudes et on profite de la moindre occasion pour se faire quelques dollars, peu importent les moyens employés.
Pas question de se méprendre, il n'y a rien d'héroïque chez Jacky et les siens. Mère immature, beau-père aussi fanfaron que fainéant, grands-parents qui l'élèvent en le considérant davantage comme un fardeau que comme un cadeau, le gamin aura constamment vécu dans l'instabilité la plus totale, tant financière qu'affective.
830 pages et pas de longueurs à craindre. du moins tant qu'on aime les atmosphères poisseuses, le sexe cradingue, les personnages qui ne cessent de lutter et de se résigner, qui remontent la pente avant de la descendre aussi sec pour revenir au point de départ. du moins tant qu'on n'est pas effrayé par le langage fleuri, les scènes d'inceste, le soupçon de zoophilie et la violence domestique.
Un roman fleuve qui fit scandale au moment de sa sortie en 1970. Un roman qui prend aux tripes et montre la vie des exclus dans une Amérique peinant à se remettre de la grande dépression. Sans chichi ni fioriture, sans jugement, en exposant une réalité crue, brutale, dérangeante, malsaine.
Monumental.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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jeinus
  08 janvier 2018
Monsieur Toussaint L'Ouverture a décidé de commencer l'année sans faire dans la demi mesure. Pas de palabres donc, a peine le temps de digérer le Réveillon, qu'un autre festin, littéraire celui-ci, s'est présenté à moi.
Ce livre va faire du bruit, et on va beaucoup en parler dans le petit monde de l'édition. Impossible de le lâcher, une narration qui vous happe et vous mets d'emblée dans les cordes, haletant devant le climat délétère qui règne dans cette Amérique secouée et torturée par la crise financière de 1929.
On parle souvent d'Amérique des bas fonds, là pour le coup le mot est faible. C'est d'une violence rare, mufti forme : morale, sociale, psychologique et physique.
Grosse dédicace pour le grand père MacDeramid et ses diatribes magistrales à l'encontre de la politique menée par Roosevelt : "Me payer? Et quel bien que ça pourra faire, les quatre sous que vous allez m'payer, une fois que les fermiers, ils auront enterré tous leurs trucs, abattu toutes leurs bêtes? Mais enfin merde, l'argent, ça se bouffe pas! Un morceau de viande, ça va devenir si cher que j'te donne pas une semaine pour que les seuls capables de manger de la viande, ça soye ces millionnaires de mes couilles! Et c'est les mêmes, ces enfoirés, qui nous ont mis dans ce pétrin au départ! Des génies qu'ont même pas été foutus d'empêcher leurs banques de faire faillite, avec tout le monde dans la combine et tous les pouvoirs de leur côté. Mon gars, y'a forcément un tas d'voleurs quelque part. Et ce truc de soja, ça ressemble bien à une arnaque montée par les mêmes enfoirés."
Un livre qui s'annonce comme étant culte, ayant fait scandale à sa sortie aux Etats Unis en 1970, car il est vrai qu'il n'est pas à mettre entre toutes les mains. Âmes sensibles s'abstenir, pour les autres que l'indicible n'effraie pas, plongez dans ce récit initiatique ultra réaliste, vous en ressortirez transformés
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
JIMEDEJIMEDE   19 janvier 2018
Je fais partie de ces gens sur qui j'écris et ne ferai jamais vraiment partie des autres. Je fais partie de ceux qui ont été effrayés si jeunes par la violence que le simple fait de ne pas être mort est pour nous une victoire.
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JIMEDEJIMEDE   16 janvier 2018
Maman ?
Quoi ?
Des fois j'ai l'impression que moi je suis plus vieux, et toi, t'es une petite fille.
Elle le prit dans ses bras.
On se serre les coudes tous les deux. Pour le meilleur et pour le pire.
Maintenant que j'ai vu le pire, répondit-il, citant une des répliques favorites de son grand-père, quand est-ce qu'on voit le meilleur ?
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ignorethissignignorethissign   16 janvier 2018
Tous leurs projets avaient toujours échoué. Pas faute d'efforts, mais de cruauté. Pas faute de noble ambition, mais parce que, au fond du fond, c'était des gens trop entiers et non des opportunistes, jamais ils n'avaient réussi à faire mieux que trimer pour survivre, et encore. La réalité du monde leur était aussi étrangère que la face cachée de la lune. Toute leur vie, ils avaient creusé à mains nues au fond d'une tranchée écœurante de désespoir où les bienfaits de la médecine était un luxe inabordable et où la règle était de rester debout malgré les blessures. Si Mac avait dû se préoccuper des dents de ses enfants, il aurait fallu qu'il assassine quelqu'un.
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JIMEDEJIMEDE   11 janvier 2018
Sur le plan idéologique, on pouvait plus ou moins le définir comme populiste-agnostique-anarcho-syndicalo-cabochard tendance primitif.
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JIMEDEJIMEDE   08 janvier 2018
Alors qu'il est assis sur assez de têtes nucléaires pour se faire proprement atomiser le cul, l'autochtone du Kansas célèbre les cloches de la liberté et croit sincèrement que l'objectif numéro un de tout bon chrétien est de rayer Pékin de la carte.
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