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Gilberte Sollacaro (Traducteur)
EAN : 9782070424580
239 pages
Éditeur : Gallimard (10/09/2002)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 101 notes)
Résumé :
A Hell of a Woman (1954). Publié en français sous le titre "Des cliques et des cloaques" (1967), réédité sous le titre "Une femme d’enfer" (2013).

Frank Dillon, petit vendeur au porte-à-porte, n'arrive plus à joindre les deux bouts et donne le change en maquillant ses bons de commande. Un jour, il sonne chez une vieille acariâtre qui, en guise de paiement, lui propose sa nièce Mona ! Touché par la jeune fille, Frank lui promet de l'aider. Mais il est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  17 février 2018
Ca démarre gentiment. Frank Dillon, Dolly, entre en scène, raconte à la première personne l'histoire de sa vie en prenant fréquemment le lecteur à partie, en l'apostrophant, « Vous voyez ce que je veux dire ? ». Il s'agit d'un homme modeste, l'un de ces innombrables miséreux que le rêve américain a abandonnés dans le fossé devant la porte de Wall Street. Pour survivre, il travaille pour Rêves à crédit, une officine douteuse qui vend à domicile de la bimbeloterie à des clients qui n'ont pas les moyens de se l'offrir, mais qu'importe puisque, avec des marges de 300 %, Rêves à crédit peut se permettre d'absorber de grosses pertes sur les recouvrements tout en gagnant hénaurmément d'argent.

On a envie de le plaindre, Dolly. Il le dit lui-même, il est un type gentil, formidable, qui ne fait jamais de mal à personne s'il peut s'en tirer autrement. Il est un homme travailleur, avec beaucoup d'expérience dans de nombreux domaines, mais aussi incroyable que ça puisse paraître, ses efforts et capacités n'ont jamais été reconnus, car certains ont de la chance, et d'autres pas. Et puis ce n'est pas de sa faute si les femmes de sa vie sont toutes pareilles, des souillons paresseuses, sales, égoïstes. Après toutes les traînées qu'il a rencontrées, il est temps qu'il trouve une femme aimante, reconnaissante, et capable de l'apprécier à sa juste valeur.

Et voilà qu'elle se présente, incarnée par Mona, une gamine exploitée par sa vieille tante, qui n'hésite pas à proposer sexuellement sa nièce à Dolly contre une ménagère argentée pour 8 personnes, théoriquement vendue à 75 $, que la tata maquerelle marchande à 32,95 $. Le petit coeur sensible de Dolly fond devant tant de détresse. Il décide d'aider et d'aimer Mona. C'est à partir de là que le roman amorce un virage dangereux pour ne pas dire psychiatrique, car avec un type qui a autant de malchance, tout peut arriver, Jim Thompson est là pour le prouver, une fois encore.

Pendant ce temps, le lecteur prend conscience que quelque chose ne tourne pas rond dans la tête de Dolly, qu'il a peut-être une araignée au plafond ou même un nid de frelons asiatiques qui le perturbent gravement. Le lecteur se trouve gêné, mal à l'aise d'avoir pu éprouver de la compassion pour cet homme dont il découvre peu à peu la véritable personnalité. C'est sans doute le premier talent de Thompson de créer cette ambivalence trouble.

Une femme d'enfer représente, sans être selon les professionnels de la profession, son meilleur roman, la quintessence des obsessions morbides de l'auteur : spirale infernale, descente aux enfers, plongée en apnée dans le cerveau d'un homme malade, difficultés relationnelles avec les femmes. La lecture de ce roman peut s'avérer difficile ou déstabilisante, mais c'est normal, puisqu'il s'agit d'un grand Jim Thompson.
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jeranjou
  07 septembre 2013
Que diriez-vous d'une petite visite vers les bas-fonds de l'espèce humaine ?
Après avoir délaissé un de mes auteurs fétiches depuis des mois, je salive à l'avance au moment de découvrir « Des cliques et des cloaques ».
Il faut dire que la couverture avec une photo de pieds et de mains dénudés est extrêmement aguichante. Lorsque j'ai lu ce roman dans le métro, je remarquais les coups d'oeil interrogatifs et intéressés de mes voisins, ne parlons pas de mes voisines...
Hé bien détrompez, chers lecteurs et chères lectrices ! Point de sexe, il est question, dans ce roman noir… au pire est-il suggéré !
Alors, vais-je rencontrer un humour ravageur à l'image de 1275 âmes, un tueur fou comme dans « L'assassin qui est en moi », un personnage aussi cru et sadique que dans « Rage noire » ou encore des indiens un peu cinglés comme dans Sang-mêlé ?
Non, non... Comme à chaque fois, Thompson réinvente un nouveau style et nous embarque dès la première page vers un autre univers.
Dans cet ouvrage, l'argent et les femmes prennent une place importante et deviennent l'unique moteur de notre protagoniste Frank Dillon.
Notre pauvre Franck est en effet pris en étau entre sa femme Joyce, avec qui la vie est un enfer, et son patron Staples qui le harcèle sans arrêt pour réaliser son chiffre d'affaire de la journée. Pour gagner péniblement sa croûte, Franck est représentant de commerce pour le « Bazar à cent sous » et tente de vendre sa camelote aux pauvres habitants du coin.
Aujourd'hui même, il cherche à refourguer une ménagère huit couverts à trente trois dollars à une dame âgée logeant dans une vieille bicoque à la campagne. Contre toute attente, celle-ci lui propose de coucher avec sa nièce Mona pour payer en nature l'objet tant convoité.
Tombant sous le charme de Mona, Frank a pitié de la jeune fille et donne la ménagère sans coucher ni toucher d'argent de la vieille. En revanche, Franck est bien décidé à sortir Mona de cet enfer dans lequel sa tante l'a plongé depuis près de vingt ans.
A vous de découvrir le plan élaboré par Franck pour libérer sa belle Mona et du même coup empoché un GMEV… Gros Magot En Vue pour ceux qui suivent les romans de Marc Behm.
Sorti sous le titre original en 1954, « A Hell of a Woman “, “Des cliques et des cloaques » démarre tambour battant par la rencontre entre Franck et Mona et la recherche d'un avenir meilleur.
Contrairement à Charles Williams dans "La fille des collines" qui tente de décrire un amour impossible, Thompson focalise essentiellement sur le personnage de Franck et nous dévoile son mode de fonctionnement quasiment paranoïaque.
Alternant le récit classique et la lecture de lettres en italiques écrites par Franck Dillon lui-même, nous découvrons petit à petit le bourbier dans lequel Franck s'est plongé irrémédiablement.
Maniant la noirceur et la folie à son comble, Thompson réussit encore à me faire sourire dans les pires situations alors que je devrais normalement en pleurer. Bon, il est vrai qu'il m'en faut beaucoup pour verser une petite larme mais de là à rire des pires horreurs, il faut tout le talent d'écriture de Jim Thompson pour y parvenir...
Pour conclure, je ne qualifierais pas ce roman de chef d'oeuvre mais de très bon cru car le livre baisse de rythme durant un certain moment avant de repartir de plus belle sur la fin. En outre, même si je comprends la construction de l'ouvrage et le point de vue de Thompson, la perception de la relation avec Mona me semble quelque peu sous exploitée, sans vouloir dévoiler évidemment la fin du roman.
En somme, je vous suggère de vérifier par vous-même si « Des cliques et des cloaques » reflète totalement « les aventures véridiques d'un homme en proie à la poisse et aux mauvaises femmes ». Très bonne lecture à tous !
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koalas
  15 mai 2017
"Ma foi, je suis un drôle de numéro.
Plus les gens veulent me faire des ennuis et me mettre des bâtons dans les roues, plus je m'entête." Franck Dillon représentant du Bazar à sans sous fait comme chaque jour
du porte à porte pour écouler sa marchandise
mais la tournée commence mal, il tombe nez à nez avec une vieille rombière qui l'extorque d'une ménagère en échange d'un bon moment avec sa nièce...
Franck qui a le coup de foudre pour la petite promet de revenir plus tard...
Fliqué par son boss Staples tantôt un sacré filou tantôt un chic type,
embobiné par des clients récalcitrants qui ont des oursons dans les poches,
plus très jouasse avec Joyce, sa femme qui est une sacré feignasse,
les ennuis pourraient bien se terminer pour Franck qui a trouvé la poule aux oeufs d'or...
Jim Thompson a le chic pour mettre en scène des personnages déjantés.
Le récit est narré par Franck, un gars qui n'a pas que le Démon dans la peau mais une poisse noire et un sacré grain.
Pas un pour rattraper l'autre, tous les autres acteurs du polar sont fêlés et attirés par le blé.
Série Noire, l'adaptation cinématographique d'Alain Corneau vaut également le coup d'oeil pour l'interprétation borderline et magistrale de Patrick Dewaere.
Des cliques et des cloaques, une grosse claque noire !
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JIEMDE
  11 juillet 2020
Une femme d'enfer… Des cliques et des cloaques… Ou encore, Véritable histoire du combat d'un homme contre un sort injuste et des femmes indignes… Les titres ne manquent pas pour cette oeuvre majeure de Jim Thompson, ici traduite par Danièle Bondil, où le maître du noir met en scène Dolly Dillon, vendeur en porte-à-porte et recouvreur de dettes pour les magasins « Rêves à crédit ». C'est dire si on est d'emblée plongé dans le monde des paumés et de la loose comme souvent chez Thompson.
Car le gars Dolly, il n'a pas son pareil pour se fourrer dans les emmerdes et même, pour se les créer lui-même : détournement d'encaissements, faux bons de commande, infidélités récurrentes avec ses compagnes… Ses rêves sont grands mais son quotidien reste limité. Et il tourne même au drame quand après avoir croisé la route de la belle Mona, une nouvelle vie pleine d'amour et de dollars semble se profiler. Quitte à passer au meurtre…
En nous invitant à suivre la chute stupide mais inarrêtable de Dillon, Thompson nous plonge dans une forme d'empathie avec son personnage de looser sympathique, doublée d'une dose grandissante d'énervement face à tant de mauvais choix. Ici, femmes ou hommes, toutes les âmes sont sombres, basses, malveillantes et égoïste, prêtes à tout et même au pire pour tenter d'obtenir leur petite quote-part du rêve américain. Mais quand le rêve commence à devenir une obsession, l'obsession n'est plus très loin de devenir folie.
Sans être le meilleur Thompson, Une femme d'enfer apporte une pierre de plus à la prolifique et noire peinture de cette Amérique des 50's, où les seconds de cordée semblaient tellement loin des premiers !
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Malabar_
  01 juin 2013
Frank Dillon est un gagne-petit, harcelé par Joyce, sa "roulure" de femme et Staples son sadique de patron. Représentant de commerce pour "Le bazar à cent sous", il passe le plus clair de son temps à tenter de fourguer sa camelote à de pauvres bougres. Alors qu'il pense pouvoir vendre une ménagère à une vieille dame, celle-ci lui offre de coucher avec sa nièce, Mona, en guise de paiement. Pris d'un élan de bonté, Franck refuse et se retrouve bientôt à piocher dans la caisse, comme souvent pour couvrir les impayés de ses clients. Mais Staples le découvre et menace de le virer s'il ne rembourse pas au plus vite. Autant dire que lorsque Mona lui propose de se débarrasser de sa vieille mégère de tante et de mettre la main sur un formidable magot, il n'hésite pas longtemps.Car Franck Dillon n'est pas le bon petit gars qu'il laisse paraître, et à mesure que le plan prend l'eau, il révèle son véritable visage...
On est bien loin ici de l'ambiance cocasse de 1275 âmes. Point d'humour dans ce roman d'une noirceur totale. Des personnages odieux, vicieux, manipulateurs, lâches, conscients de leur médiocrité et de leur bassesse, une ambiance poisseuse et franchement dérangeante: Des cliques et des cloaques est tout sauf une promenade de santé.
Une nouvelle fois, Jim Thompson prouve qu'il n'a pas son pareil pour décrire les travers de l'âme humaine. Impossible de lâcher ce roman, on est littéralement happé par cet étalage d'horreur. Rien de franchement violent pourtant, la vraie violence réside ailleurs, dans le caractère abject des personnages. Impressionnant.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
CoriosoliteCoriosolite   29 octobre 2020
Même aux ballons de football, il arrive qu'on leur fiche la paix, de temps à autres.
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jeranjoujeranjou   07 septembre 2013
Alors, elle vous a plu, ma nièce ? Vous la trouvez mignonne ?
- Ma foi, oui, je réponds. Elle m’a paru charmante.
- Et obéissante avec ça. Tout ce que je lui dis de faire, elle le fait sans discuter. […]
- Vous croyez que ma nièce … Vous croyez qu’elle pourrait payer la ménagère ? Vous pourriez peut-être trouver une sorte d’arrangement avec elle ?
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lgudinlgudin   17 septembre 2014
Roman de Jim Thompson en français illustré par plus d'une centaine de dessins de Thomas Ott.

Le livre a été conçu sur le modèle des Pulp américains, soit comme une réunion des différents chapitres prétendument publiés séparément auparavant.

Une excellente biographie originale de Jim Thompson signée par Markus Rottmann est présente sous la forme d'un petit cahier à l'intérieur.

La traduction utilisée est celle parue sous le titre Une femme d'enfer aux Editions Payot/Rivages, soit la traduction intégrale.
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namelessnameless   17 février 2018
Bon Dieu, on peut rester poli avec les gens même si on n'en a rien à foutre.
P. 141
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JIEMDEJIEMDE   10 juillet 2020
Personne n’a rien perdu sauf les compagnies d’assurances et tu les connais, ces bandits. Ils possèdent déjà la moitié de l’argent du monde. Ils escroquent les agents, ils saisissent des fermes, ils pourrissent la vie des gens. Je ne vois aucune raison de prendre des risques pour une compagnie d’assurance. T’as de voleurs.
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Videos de Jim Thompson (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Thompson
L?action se déroule sur une journée, un samedi de Pâques. Tôt le matin, la foudre s?abat sur Richard Weatherford, pasteur respecté d?une petite communauté de l?Arkansas. Son jeune amant vient lui réclamer le prix de son silence : 30 000 dollars. Marié, cinq enfants, prêcheur intégriste, toujours prompt à invoquer la figure de Satan pour stigmatiser les homosexuels, embarqué dans une croisade pour la prohibition de l?alcool, Richard va tout faire pour préserver la façade de respectabilité qu?il a patiemment construite. A n?importe quel prix. Au nom du bien. Au bout de ce samedi noir, la petite ville sera à feu et à sang, mais Richard Weatherford aura réussi à sauver sa réputation?
Fils d?un prêcheur baptiste, Jake Hinkson continue à régler ses comptes. Après L?Enfer de Church Street et Sans lendemain, Au nom du bien enfonce le clou avec une rage jouissive. Admirateur de Flannery O?Connor et de Jim Thompson, Hinkson livre un texte polyphonique, radicalement noir, portrait au tranchoir d?une petite communauté étouffante, prisonnière de valeurs hypocrites et d?une morale d?un autre âge. En bon auteur du Sud, il pousse le jeu jusqu?à son paroxysme. La fin, qui se déroule un an plus tard et montre le pasteur dans son prêche de Pâques, droit devant l?armée des âmes bien pensantes, est un monument de cynisme ravageur. Entre-temps, Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche. Michel Abescat Dry County, traduit de l?anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides, éd. Gallmeister, 320 p., 22,60 ?.
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