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Dan Tran Phuong (Traducteur)
EAN : 9782848050683
786 pages
Éditeur : Sabine Wespieser (08/01/2009)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 101 notes)
Résumé :
Au Zénith est le chef-d'œuvre de Duong Thu Huong : voici un roman qu'elle portait en elle depuis plus de dix ans, où convergent son combat politique et son talent littéraire. En 1953, le président - c'est ainsi que l'auteur le nomme, mais on comprend très vite qu'il s'agit de Ho Chi Minh - tombe éperdument amoureux, à plus de soixante ans, d'une très jeune femme. Avec elle, il fonde une famille, qu'il installe à Hanoi dès la reconquête de la capitale. Mais il n'est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
litolff
  23 janvier 2013
Magistral et ambitieux, ce roman évoque Ho Chi Minh au soir de sa vie et dresse un bilan amer sur sa vie d'homme privé et politique alors que son oeuvre, la révolution communiste, n'a pas tenu ses promesses et laisse le pays et son peuple totalement exsangues.
La figure tutélaire du Vietnam, réduite à l'état de marionnette, gardée comme un prisonnier, faible et malade, se penche sur son passé, sa jeunesse parisienne, ses erreurs, sur cette femme qu'il a aimée mais n'a pas su protéger, ce fils qui lui a été arraché… Parallèlement, Duong Thu Huong développe trois autres histoires qui s'entremêlent à celle du Président et mettent en évidence la corruption d'un régime idéaliste, les idéaux trahis, les reniements et la culture du mensonge érigée en doctrine par les anciens héros de la Révolution.
Dans un style léger et poétique qui met en exergue la beauté d'un pays et sa tradition paysanne, cette ancienne dissidente, assignée à résidence surveillée au Vietnam jusqu'en 2006, rend hommage aux victimes de la Révolution.
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cuisineetlectures
  20 juillet 2012
J'avais beaucoup aimé « Terre des oublis » de Duong Thu Huong et « Au Zénith » est encore un voyage intime et historique dans son Vietnam natal, une fresque époustouflante qu'on ne lâche plus dès les premières lignes,
Jamais ennuyeuse, l'écriture de Duong Thu Huong est simple et précise, le récit est riche de savoureux détails culinaires, de descriptions sensuelles de la nature. Comme dans son précédent roman, on découvre successivement les destins de plusieurs personnages écrasés par la pression familiale, politique et le poids de traditions ancestrales.
Il y a tout d'abord le président (on devine qu'il s'agit d'Ho Chi Minh), père de la révolution, vieux et malade qui vit accablé de remords dans sa retraite montagnarde en 1953 : le pouvoir l'a isolé de tout et son passé lui revient comme un boomerang, le détruisant à petit feu. Il repense à sa jeunesse d'étudiant à Paris, à ses combats dans la jungle aux côtés de ses camarades devenus des hommes de pouvoir corrompus. Mais il repense surtout à une jeune femme avec qui il vécut un grand amour alors qu'il avait une soixantaine d'années. Deux enfants naquirent de cette union secrète pour le peuple, mais le parti lui demanda alors de sacrifier sa vie sentimentale au nom de l'intérêt suprême du parti. Sa dulcinée fut sauvagement tuée par un membre du gouvernement.
Et il ne fit rien pour défendre les siens.
Il y a ensuite, Vu, son meilleur ami, un ministre du gouvernement qui élève son fils en le préférant au sien. Avec lui, on découvre le train de vie luxueux de dirigeants cyniques et jaloux de leurs privilèges.
Puis vient le point de vue du beau-frère de la jeune femme assassinée dont la rencontre avec le président entraina dans son sillage tout une famille aimante et brisée à jamais par cette histoire tragique.
Enfin, c'est le cri d'un enfant brisé par le chagrin causé par la mort de son père, un bucheron, qui réveille le président au début du roman et fait écho à sa propre histoire. Cet enfant est aussi le fruit d'un amour tardif avec une jeune femme, mais le bucheron avait pris son destin en main… affrontant avec courage le regard de la société et le poids des coutumes.
On sent toute la rage de l'auteur pour nous restituer les ravages provoqués par le régime communiste en place et l'étouffement de tout un peuple alors que la guerre du Vietnam contre les États-Unis faisait rage.
Un livre envoutant. J'ai déjà hâte de lire son dernier livre « Sanctuaire du coeur »




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bvb09
  01 avril 2014
Terre des oublis de la même auteure avait été un coup de coeur et avait anesthésié ma capacité critique.
Cela n'a pas été le cas pour ce long roman.
L'auteure mêle la grande Histoire et la culture populaire vietnamienne à travers des familles et des hommes, des hommes d'Etat pour certains, dont on suit le parcours dans les années 60 alors que le communisme s'est imposé.
Elle –em-mêle et, ce faisant, introduit trop d'éléments qui nuisent à la cohérence de ce qu'elle nous raconte. Certains aspects sont brillants, enrichissants, poétiques, et le plaisir de découvrir une anecdote, un dialogue imaginé entre Mao et Ho Chi Mihn par exemple, font de ce livre un très bon roman, plaisant à lire malgré le fil rouge difficile à distinguer parfois.
Peut-être l'auteure aurait-elle dû écrire deux livres :
Suivre l'Homme d'état, père d'une nation d'un pays communiste dans l'un, et nous parler des peuples des montagnes et de leurs us et coutumes dans l'autre?
Elle pourrait me rétorquer qu'avec quelques neurones en plus, j'aurais plus apprécié…
Pas faux… mais je fais avec ce dont je dispose.
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Momiji
  19 mai 2013
Au Zénith est bien plus qu'un roman, c'est un acte d'écriture engagé, le cri de coeur d'une auteure qui témoigne des désillusions politiques de son pays, le Vietnam. Un livre poignant, qui présente avec beaucoup de retenue et de perspicacité les bouleversements, les égarements et les conséquences d'une Révolution ratée. Une Révolution qui a combattu, pour mieux les recréer, l'injustice, la corruption et les inégalités.
4 voix se succèdent comme des actes d'une pièce, se font écho et s'entremêlent dans ce récit, souvent triste, mais chargé d'une écriture poétique.
Tout commence avec celle du "Président" - on devine tout de suite qu'il s'agit Hô Chi Minh. A l'automne de sa vie, en pleine guerre contre les Américains, il est mis à l'écart de la vie politique par les plus haut gradés, qui attendent sa mort et se servent de lui comme symbole et caution à toutes leurs exactions. Il fait alors son introspection et le bilan de sa vie, torturé par les remords et les regrets, que la mort d'un vieil homme du Village à proximité de lui attise.
Autour de lui se déploient 3 lieux, temps et personnages, dont les points de vue donne toute l'ampleur à la narration.
Celui du village des bûcherons relate la mort d'un notable. On découvre alors la vie de cet homme, qui envers et contre toutes les tradition et sa famille, impose son union avec une femme beaucoup plus jeune.
Puis, celui de Vu succède. Ministre intègre, désespéré par la corruption qui a envahi jusqu'au coeur de sa femme, il aime plus le fils du Président, qu'il a pris sous son aile tout petit, que le sien, qui prend tous les vices de sa belle-famille. Sous ses yeux se déploie la palette du cynisme, de la soif inextinguible de pouvoir à laquelle il assiste et dont il rêve de s'échapper, ne se faisant plus aucun espoir quant à l'avenir de son pays pour lequel il s'est tant battu.
Enfin, nous suivons le regard du beau-frère de la regrettée bien-aimée du président, chargé de rancoeur et d'amertume. Se dessine sous nos yeux toute la tragédie de sa famille brisée par les intérêts d'une nouvelle classe politique corrompue, déterminée à éliminer sans distinction tout ce qui se met en travers de son chemin.
Dans cette fiction se lisent en filigrane les souffrances de Duong Thu Huong. Issue d'une famille révolutionnaire, membre du Parti communiste, engagée jusqu'au bout des ongles, ses prises de positions en faveur des réformes démocratiques, des droits de l'homme font d'elle une personne populaire dans les années 90 au Vietnam. Mais pas dans les sphères du pouvoir, qui l'excluent du Parti en 1990. Arrêtée et emprisonnée arbitrairement, un mouvement de protestation mondial permettra sa demi-libération en 1991 : elle est en effet assignée à résidence à Hanoi jusqu'à son arrivée à Paris en 2006.
La lecture de ce roman est passionnante et, ce qui ne gâche rien, la description des campagnes et des nombreux mets vietnamiens, accompagnant la vie quotidienne comme les fêtes et les coutumes ancestrales, vient d'autant plus nous immerger dans l'atmosphère du récit. Des traditions que la Révolution n'arrive pas à détruire. Rythmant le récit, ces passages sont aussi là pour rappeler que certaines choses ne disparaissent pas, quoi qu'il arrive.
Lien : http://labiblidemomiji.wordp..
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Puszi
  24 août 2014
J'avais tellement aimé Terre des oublis que j'avais envie de me plonger dans un autre texte de Duong Thu Huong.
Cette lecture a été pour moi plus exigeante en terme de concentration que Terre des oublis car il comporte plus de réflexions sur le pays et son régime politique que le précédent que j'avais trouvé plus romanesque.
J'ai été emballée par le chapitre sur le village des bûcherons où j'ai bien retrouvé toutes les qualités littéraires de l'auteur. J'ai trouvé la partie sur les mémoires un peu longue à mon goût, à tel point que j'ai presque failli en arrêter la lecture. Je me suis accrochée et je ne le regrette nullement car j'ai lu avec beaucoup d'intérêt le chapitre sur le compatriote inconnu puis les dernières volontés du Président.
Au final un texte un peu moins facile et plus long à lire que Terre des oublis, et en même temps fort intéressant, que je suis très contente d'avoir lu en entier. A lire en dégustant un bon thé vert et de bonnes spécialités culinaires vietnamiennes !
Je fais une petite pause policière et je retrouverai Duong Thu Huong via un autre texte avec grand plaisir.
Bravo aux éditions Sabine Wespieser éditeurs de publier cette auteur qui gagne grandement à être connue.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
charlottelitcharlottelit   25 septembre 2013
IL ne voyait que ses yeux de colombe limpides comme deux lacs profonds
et cristallins, comme deux gouttes de rosée déposées sur une feuille,
ses cils ourlés telles des ailes d'hirondelle
qui n'arrêtaient pas de battre.
Il ne voyait que ses lèvres pleines sur lesquelles perlaient
quelques traces de jus de figue,
adorable écrin s'ouvrant sur deux rangées de dents régulières
et brillantes comme des perles.
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zenzibarzenzibar   30 janvier 2013
En pemier lieu le style de l'auteure est sublime, c'est un euphémisme. Le texte est flamboyant, luxuriant mais il ne s'agit pas d'effets surchargés roccocos. Le lecteur est invité à pénétrer intimement dans la vie au quotidien du Viet nam, du moins des sites traversés par l'oeuvre mais ausi dans l'Histoire. C'est quasiment de l'écriture en "3D", les mots sollicitent les sens avec une précision incroyable.
L'histoire traite de de la fin de vie d'Ho Chi Minh et à cette occasion la question est posée, obsédante, amère : pourquoi les idéaux les plus nobles sont-ils pervertis avec le pouvoir? Pourquoi les hommes trahissent-ils leurs idéaux de jeunesse, leurs amis avec lesquels ils étaient liés par les périls les plus extrêmes?
Un livre d'une grande beauté, d'une grande profondeur
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totototo   29 mai 2010
Mais au lieu d'agir avec lucidité, vous avez attendu la compassion de vos collaborateurs. Votre silence ne faisait pas de vous un imbécile mais il révélait votre éternelle hésitation entre le blanc et le noir, et cette attitude vous a totalement paralysé.
Il y a deux explications. Soit, au fond de vous, vous avez considéré que votre épouse était trop jeune et trop belle pour votre condition de vieux roi, que vous étiez en contradiction avec la tradition populaire et, malgré vos sentiments passionnés pour elle, vous n'avez pas osé défendre officiellement cet amour. dans ce cas, vous êtes un masochiste. soit vous vous complaisiez dans votre rôle de "père sacré du peuple", un rôle qui flatte votre orgueil, et vous avez accepté d'être frustré dans votre vie d'homme, de sacrifier votre épouse, la femme que vous avez le plus aimée. Dans ce cas, vous êtes...
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ShantidasShantidas   22 août 2019
Vu considère la guirlande de fleurs avec ironie :
Quelle est la différence entre un pho de deuxième classe et un autre de première classe ? En deuxième classe, on ne sert que six ou huit tranches de viande alors qu'en première on en a douze. En première, il y a un supplément d'oignon et aussi des épices. Hélas, cette réalité est bien éloignée du rêve du guérillero révolutionnaire. Après tant de sang versé, tant de morts, tant de sacrifices consentis, la vie reviendrait à compter les tranches de viande dans un bol de pho ou de riz ?
Il baisse la tête, avale une gorgée de thé et s'aperçoit qu'il s'est, une fois de plus, fourvoyé sur le vieux chemin des regrets. La guirlande de fleurs en papier bariolé continue de le fasciner. La différence des classes, la puissance du pouvoir et la fragilité de la vie sont des pensées qui s'accrochent à son coeur comme une troupe de sangsues affamées.
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TRIEBTRIEB   09 janvier 2012
Ne se souvient-il de l’Europe que par nostalgie de ses rêves irréalisés ? Pourquoi est-il attaché à ce lieu si familier où il ne vivra plus jamais ? Cette souffrance qu’il endure, est-elle son drame à lui, ou est-elle inhérente à la nature humaine ?
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Videos de Duong Thu Huong (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Duong Thu Huong
Duong Thu Huong, Les collines d'eucalyptus .Lorsque Duong Thu Huong, romancière vietnamienne, parle de son livre Les collines d'eucalyptus ( éditions Sabine Wespieser) et du destin d'un adolescent fugueur, c'est tout le Viet nam qu'elle évoque. Et l'ancienne combattante anti-colonialiste, aujourd'hui dissidente et exilée, ne mâche pas ses mots. Entretien Dominique Conil, video de Nicolas Serve.
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