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ISBN : 2213635110
Éditeur : Fayard (15/05/2013)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 30 notes)
Résumé :


L’infini est le sujet le plus vaste que l’imagination puisse embrasser. Il a de tout temps fasciné les hommes, qu’ils soient artistes, philosophes ou scientifiques. Mais l’infini se manifeste-t-il vraiment dans la réalité physique, ou est-il seulement un concept de notre imagination, comme le pensait Aristote ?

Des artistes comme Escher, des écrivains comme Borges ont tenté de le représenter, mais c’est Georg Cantor qui assoit ferme... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Eric75
  27 février 2015
Trinh Xuan Thuan est un type épatant ! Peut-on imaginer qu'un astrophysicien né au Viêt-Nam, à Hanoï, ayant fait ses études au Caltech, où il fut l'élève de Murray Gell-Mann et de Richard Feynman, (deux prix Nobel de physique, rien que ça), et à Princeton, où il fut l'élève d'Arno Penzias (encore un prix Nobel de physique, décerné pour la découverte du fond diffus cosmologique), poursuivant une carrière aux Etats-Unis, où il découvre à l'aide du télescope Hubble la plus jeune galaxie connue à ce jour, peut-on imaginer que cet écrivain vietnamo-américain publie directement en langue française, des ouvrages scientifiques de haut niveau ? Après nous avoir fait rêver à la lecture de ses précédents essais explorant les limites de l'Univers observable, pour ainsi dire à portée de télescope, il décide d'aller cette fois encore plus loin et nous convie à une très complète réflexion sur « l'infini ».
Pour aborder l'infini, Trinh Xuan Thuan décide d'élargir un chouia le périmètre de son champ de vision (pourtant déjà bien large) et d'explorer de nouveaux territoires : il ajoute donc dans son panorama les mathématiques bien sûr et, également, les domaines artistique, philosophique et religieux, où le concept d'infini fait sens avec des approches certes différentes mais bien liées, pour revenir in fine à son domaine de prédilection : les théories physiques les plus en pointe.
Le tout nous est livré comme toujours dans un style irréprochable, avec un luxe inouï de détails et d'anecdotes en tout genre. Ainsi, il évoque pêle-mêle Pascal, que l'infini effraie, le googol (10 puissance 100, à l'origine du nom de la célèbre firme de la Silicon Valley) et le googolplex (10 puissance googol), le reflet de votre nuque chez le coiffeur (répété à l'infini, si les miroirs étaient de qualité), les dessins vertigineux de Maurits Escher (cet artiste génial déjà cité par Jean-Pierre Luminet dans L'Univers chiffonné, son ouvrage qui comporte le plus de similitudes avec celui-ci), les fractales, l'intrigant hôtel Infinité imaginé par le mathématicien David Hilbert, les paradoxes de Zénon, les calculs empiriques du nombre π, le nombre d'or, les mathématiciens grecs, impossible de les citer tous, mais aussi Cantor, Descartes, Borges, Gödel, Copernic, Kepler, Newton, Einstein, Hubble, Lobatchevski, Riemann, Friedmann, Edgar Allan Poe (qui avança une théorie sur le paradoxe de la nuit noire, eh oui), le chanoine Lemaître (un religieux imaginant le big-bang), le pape Pie XII (un religieux s'enthousiasmant pour le big-bang), j'en oublie sûrement, je termine donc cette liste inachevée qui tendrait bien vers l'infini (--> ∞) par un etc. muni d'un point final bien pratique.
Parmi les théories les plus en pointe, que j'évoquai plus haut, on peut citer : la topologie cosmique (l'Univers est-il plat, courbe, fini, homogène ?), la matière noire ordinaire et exotique, l'énergie noire, les WIMPs, l'inflation, les multivers, le boson de Higgs, l'énergie du vide, le rayonnement fossile, les apports des satellites COBE, WMAP et Planck, la théorie des cordes, les dimensions enroulées suggérées par les 10 puissance 150 formes de Calabi-Yau possibles, sans oublier les univers-branes, la M-Théorie, l'hypothèse des particules super-symétriques et celle des univers parallèles holographiques… Un vrai festin de physique fondamentale premier choix réactualisée par les plus récentes études (l'univers est donc plat alors, finalement ?) et magnifiquement illustrée par un encart de 37 photographies en couleur situé au beau milieu du livre à la page 240.
Pour terminer son livre Trinh Xuan Thuan conclut, comme toujours, par un petit laïus rappelant la théorie du rasoir d'Occam pour réfuter l'hypothèse des multivers, et s'appuyant sur la précision surnaturelle du réglage des constantes fondamentales pour déboucher tout droit sur le principe anthropique. C'est son petit côté Bogdanov, mais à l'opposé du style emphatique des deux frères avides de surenchère médiatique et amateurs de raisonnements oiseux, Trinh Xuan Thuan préfère constater simplement la beauté et l'harmonie du monde, enrobe ses arguments de philosophie bouddhiste assumée, sans faire de prosélytisme, et parvient à produire ainsi un discours bien plus audible et convaincant.
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Pirouette0001
  21 avril 2015
Ouf, enfin fini, ai-je envie d'écrire. Car la lecture a été pour moi fort ardue et j'ai dû m'y reprendre à trois fois avant d'avoir le temps et le courage de rouvrir le livre et d'en arriver au terme.
Pourtant, la faute ne réside pas chez l'auteur, qui fait tout son possible pour vulgariser au mieux ces notions mathématiques, astronomiques et physiques de l'infini. Dès que je pouvais me concentrer suffisamment - car on est loin de la concentration nécessaire à un roman fût-il ardu -, le propos est tout à fait passionnant. Et effrayant aussi. Nous ne sommes véritablement pas grand chose.
Je recommande donc chaudement ce livre, même aux littéraires qui, comme moi, ont oublié leurs bases de mathématiques apprises il y a trop longtemps, car l'on découvre les merveilles des découvertes physiques, jusqu'au boson, avec une analyse critique de l'auteur qui plante sans hésitation une limite entre science et spéculations métaphysiques.
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jiefp13
  30 décembre 2015
L'infini rend fou ......
Alors d'abord on élimine le sujet.
Les Grecs, champions de la Rhétorique choisissent de nier une conception que les mots et la logique sont impuissants à maîtriser.
Petit aparté:
L'anecdote sur la découverte par les Grecs du premier nombre "irrationnel" qui est décrété Secret d'Etat, de peur de provoquer une émeute populaire, laisse rêveur.
Aujourd'hui, la découverte du boson de Higgs fait 10 secondes au JT (s'il n'y a pas eu foot la veille ...)
Même rejet par les mathématiciens, dont la rigueur méthodologique ne sait que faire de ce concept bizarre, contraire à toutes les règles de bon sens, et qui met cul par dessus tête les fondements élémentaires de l'arithmétique.
Alors comme ça, une suite (infinie) que l'on ampute d'une de ses parties n'est pas plus petite que la suite originale ! Et puis quoi encore ! Vade retro satanas !
Et il faudra la foi d'un Cantor pour poser les premières règles des mathématiques de l'infini, de ces mathématiques de l'étrange.
Travail de pionnier et de défricheur forcené qu'il paiera de sa santé mentale, comme d'autres après lui.
Je dois avouer que j'ai été moi-même victime de quelques "embardées" du raisonnement lors de la simple lecture.

La "bête" semble domptée.
L'auteur nous emmène alors sur le champs de manoeuvre par excellence de l'infini : l'Univers.
Et là ça ne s'arrange pas .....
Nous voilà aux prises avec nos sosies innombrables, nos vies infiniment répétées, des paradoxes a priori inaccessibles à notre compréhension.
Alors d'autres hypothèses: plutôt qu'un Univers infini, pourquoi pas une infinité d'univers (infinis ? ...), le Multivers.
Et revoilà les Grands Questionnements du Début et de la Fin, et pourquoi quelque chose plutôt que rien ?
Une Création (un Créateur ?) et pas de fin ? Ou quelle(s) fin(s) ?
Ou plutôt la théorie des cordes, avec ses 10 dimensions (aux derniers recensements), ses branes qui collisionnent comme des cymbales dans un maëlstrom d'énergie, rythmant l'éternel recommencement des cycles.
Les mots pourraient être impuissants à nous accompagner dans la compréhension de concepts réservés à des approches supra-lexicales comme les mathématiques.
Mais Trinh Xuan Thuan réussit ici un tour de force de vulgarisation.
Si les non experts comme moi ne sont pas à l'abri d'une légère surchauffe de synapses, on arrive à suivre le cheminement intellectuel qui a conduit progressivement à une meilleure compréhension de l'Univers et du concept d'infini qui l'accompagne.
Et avec ce guide, c'est passionnant.
Il décrit ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas (encore), ce qu'il apparaît difficile de savoir un jour, les différentes hypothèses posées aujourd'hui, ce en quoi elles peuvent être crédibles, ce en quoi elles apparaissent incomplètes ou insatisfaisantes.
Il nous livre ses convictions et ses doutes. Il est d'ailleurs surprenant de constater à quel point les scientifiques semblent aujourd'hui les métaphysiciens les plus puissants (intellectuellement parlant), mais d'une métaphysique filtrée par la raison.
Pas pour autant des croyants stériles
Plutôt des interrogateurs féconds et des chercheurs passionnés par la puissance évocatrice des concepts qu'ils côtoient, et par l'enjeu de leur recherche.
Peut-être ne saurons nous jamais, mais au moins apprenons et comprenons ce qui nous est progressivement accessible.
On a fait beaucoup de chemin et le paysage est magnifique.

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critiques presse (2)
Bibliobs   08 juillet 2013
L'astrophysicien Trinh Xuan Thuan publie un livre sur la vertigineuse question de l'infini, où il convoque les lumières des scientifiques et des poètes.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   03 juillet 2013
L'infini existe-t-il ? L'astrophysicien Trinh Xuan Thuan retrace avec clarté l'aventure scientifique de cette question. Si nos certitudes sont ici au supplice, l'esprit, lui, respire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Eric75Eric75   27 février 2015
Aujourd'hui, après une expansion de quelque 13,7 milliards d'années, la lumière fossile s'est refroidie à la température frigorifique de 3 degrés Kelvin, soit - 270 degrés centigrades, et elle est de même nature que celle qu'émet votre four à micro-ondes. Elle est redevenue invisible à nos yeux et ne peut plus être détectée que par des instruments capables de capter des ondes radio, comme les radiotélescopes ou... votre téléviseur. Pour capter des photons appartenant à la lumière fossile, allumez votre poste après la fin de la diffusion des programmes : vous voyez des points blancs sautiller sur l'écran. Environ 1% de ces parasites est causé par le rayonnement fossile ! Vous pouvez ainsi voir sur votre écran de télévision la manifestation des plus vieilles particules de lumière que nous puissions capter sur Terre. En les observant, vous faites un bond en arrière dans le temps de quelques 13,7 milliards d'années !
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jiefp13jiefp13   27 décembre 2015
Nous nous retrouverions alors dans la situation de l'homme qui, une nuit, perd sa clé quelque part dans la rue, mais s'obstine à ne chercher que sous les réverbères parce que ce sont les seuls endroits éclairés.
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Videos de Trinh Xuan Thuan (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Trinh Xuan Thuan
TRIN XUAN THUAN : entretien.
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