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EAN : 9782364684973
624 pages
Editions du sous-sol (20/08/2020)
3.85/5   250 notes
Résumé :
2015 – Un barman montréalais ayant fait vœu de chasteté s’intéresse malgré lui à une cliente qui s’appelle tantôt Oscara, tantôt Fanny ou Cléopâtre.
1999 – Sous la pluie de bonbons d’une piñata, un adolescent tombe amoureux de sa tante.
1899 – Au nord des États-Unis, dans un village reculé, un pasteur récite à ses fidèles des passages salaces de la Bible.
2027 – Trois jeunes femmes se moquent en secret du gourou de leur groupe extinctionniste.>Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
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A vrai dire, je me suis un peu perdue dans cette grande fresque familiale et pour le moins foisonnante qui multiplie les personnages tels des confettis jetés au vent, traverse les époques sur plusieurs générations et dont le sujet est l'amour ou les relations amoureuses (sous toutes leurs formes), les trahisons, les jalousies, les séparations, la sexualité, les tabous, bref toutes les conséquences parfois paradoxales qu'entraîne le sentiment amoureux.
L'auteur remet en cause tous les clichés que l'on peut avoir sur l'amour et montre la façon dont les individus se débattent, pris dans des normes sociales étouffantes qui les empêchent de vivre pleinement leurs sentiments, chacun s'efforçant à sa façon d'être libre.
Si au début du roman la curiosité l'emporte facilement  - on s'interroge en effet sur la structure du récit et l'on se demande ce qui, au fond, relie tous les personnages et puis, le rythme de la narration et l'écriture fluide retiennent notre intérêt - très vite, il m'a semblé que l'ensemble manquait un peu d'approfondissement. Les thèmes abordés, tous très intéressants, sont vraiment très (trop?) nombreux et parfois juste esquissés. J'aurais préféré que les personnages soient peut-être moins nombreux mais plus approfondis, plus étudiés et donc plus attachants. Si, fort heureusement, quelques protagonistes émergent du lot (trois frères notamment), on frôle parfois la caricature… Même chose pour les thèmes : un recentrage eût été nécessaire à mon goût.
L'ennui m'a vite gagnée (surtout dans les dernières pages) et j'ai eu beaucoup de mal à finir ce roman.
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Un premier roman ambitieux, regard incisif sur le couple et la société contemporaine.

Des personnages hauts en couleur, comme cette fille dans un bar qui commande des « cerveaux », une sorte de shooter bien sucré, pour défier des hommes dans un concours de beuverie.

Et puis, dans un retour dans le temps, on aura un mari qui apprend à sa femme qu'il a une maîtresse. Son épouse répond qu'elle est enceinte. Et le mari ajoute que sa maîtresse aussi est enceinte. Les deux accouchements sont prévus au même moment…

On aura même un retour au 19e siècle et un avant-goût de 2027!
Il y aura des enfants désirés, d'autres qui sont le fruit du hasard, de l'obligation religieuse de « revanche des berceaux » ou simplement de l'absence de contraception.

Et des couples, des couples ouverts ou exclusifs, des « fuck friends » et des « amours d'un soir », avec la question de la fidélité et celle de la jouissance déniée aux femmes.

Un roman dont même l'aspect contemporain est pour moi un dépaysement, car il se déroule dans le pays étranger des bars et des rencontres sur Tinder.

Un roman émaillé de réflexions et d'éléments historiques comme cette citation de Schopenhauer : « Les femmes sont le sextus sequior, le sexe second à tous égards, fait pour se tenir à l'écart et au second plan. Il est évident que la femme par nature est destinée à obéir. »

Mais aussi celle-ci : « Les deux sexes sont égaux. Cela ne peut être établi qu'en réfutant deux sortes d'Adversaires, le Vulgaire, et presque tous les Savants. » François Poullain de la Barre, 1673 (p.300)
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La trajectoire des confettis ou le tourbillon de la vie…

Prenez une poignée de confettis, jetez-la en l'air et observez… Vous y verrez beaucoup de couleurs, des éclats de lumière et surtout un joyeux désordre !

Sans aucune chronologie, on suit la destinée de trois frères, Zack, Xavier et Louis et de leur demi-frère Justin, des Québécois de Montréal. Beaucoup d'autres personnages gravitent autour d'eux, tous aussi attachants et originaux. On y croise un asexuel, une nymphomane, un couple en union libre, une relation incestueuse consentante… Bref ! On suit leurs histoires de cul (mais aussi de coeur), sans aucun tabou. La sexualité est au centre de ce roman et elle nous dit beaucoup sur la psychologie des gens qui la pratiquent.

On passe de l'un à l'autre, a priori sans logique, mais les liens entre les personnages se font au détour d'une rencontre, d'un prénom entendu ou d'une coïncidence. A travers leurs pensées, Marie-Êve Thuot glisse des anecdotes et réflexions pertinentes sur notre société, qui m'ont amusée et donné à réfléchir. Car sous des abords légers, elle aborde de grands thèmes comme le rapport au corps et à la maternité, l'art et la création, la surpopulation humaine... Elle nous retrace aussi l'histoire du Québec à travers cette famille pas comme les autres que l'on suit de la fin du 19e à la fin des années 2020, avec truculence et humour.

Alors, j'ai adoré, bien sûr. Quel talent ! J'ai un peu moins accroché à la dernière partie du roman. J'ai réussi me projeter en 2027 sans problème, c'est juste que je n'ai plus eu de nouvelles des personnages « du début » et c'est dommage car je m'y étais beaucoup attachée.

Ce roman m'a parfois fait penser à la série Girls, pour la liberté de ton et le cadre citadin ou à un film de Mona Chokri, rapport aux liens familiaux tortueux et parce qu'on est au Québec.

On aime ou on déteste, en tout cas il ne faut pas passer à côté.

Lancez-vous ! J'attends avec impatience vos avis.
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« Tant que les êtres voudront se posséder les uns les autres nous en resterons là »

« La trajectoire des confettis » a l'épaisseur d'un bottin téléphonique (les – de 30 ans ne peuvent pas comprendre) et la forme d'un puzzle de 2000 pièces mais surtout ce roman de plus de 620 pages est jubilatoire et en cette période anxiogène il fait du bien même s'il n'est pas si léger que cela...

Difficile de parler de cette fresque familiale qui regroupe tant de personnages, certains sont extravagants, d'autres touchants, d'autres libertains, etc… mais enfin de compte tous sont attachants et passionnants à leur manière. L'auteure en emmêlant, au fil des années (de 1899 à 2026 en passant par les années 80 et l'année 2015/2014), l'histoire de cette famille sur plusieurs générations en fait une grande (avec un grand G) et joyeuse famille (avec ses drames, ses bonheurs et ses joies).

Il faut bien sûr ne pas se perdre dans les noms des différents protagonistes et leur histoire respective mais, comme on n'arrive plus à reposer ce gros roman cela ne pose pas de problème, on a tellement plaisir de les voir vieillir, grandir, s'aimer, se détester que lorsque la dernière page arrive nous avons envie de poursuivre le chemin de la vie avec cette belle et grande famille.

Nota bene : certaines scènes polissonnes peuvent choquer les plus puritains des lecteurs ;-) mais je précise aucune scène n'est là par hasard et que l'exploration des vies sexuelles des personnages est simplement un aspect des différentes situations de la vie.

Je le recommande bien sûr aux jeunes adultes et aux moins jeunes.
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Bon.
Quand je commence comme ça, c'est mauvais signe.
Comme s'il fallait que je rassemble mes idées.
Alcool. Sexe. Relations multiples. Conjugales. Extra-conjugales. de la philosophie de petite semaine.
Alcool.Sexe. Relations multiples. Conjugales. Extra-conjugales.De la philosophie de petite semaine.
Et ça recommence.
BOFFFFFFFFFFFF.....
Dommage, parce que dès les premières pages, je sentais qu'il y avait un rythme qui s'installait, quelque chose de nouveau... mais non...
Les thèmes répétitifs deviennent ennuyants, redondants... du sexe pour du sexe. Des liaisons pour des liaisons. Est-ce vraiment le portrait d'une certaine génération ? Peut-être que oui...mais j'aime mieux garder mes illusions sur l'amour et la vie en générale.
Le titre était beau... Beaucoup de personnages le sont aussi... Par contre, toutes le relations reviennent au même «patern», tout ce qui était excitant, dans certains passages, devient banal à force d'être répété...
Trop de confettis, c'est comme pas assez...
Mille directions ne m'ont pas permis de faire ce voyage littéraire.
Souvent, pendant ma lecture, je pensais à Jackson Pollock... à toutes ces effusions de peinture qui giclent dans tous les sens sur la toile... Cependant, chez Pollock, il y a un mouvement, une couleur qui rassemble la vision.
Ici, je n'y ai vu que du dispersement.
Pourtant, je ne bouderai pas un deuxième roman de cette jeune auteur, j'ai même hâte de découvrir le chemin qu'elle me proposera.


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critiques presse (2)
LActualite
04 juillet 2023
Les symboliques récurrentes (les confettis, notamment) consolident la structure éclatée du roman et lui donnent une étonnante fluidité.
Lire la critique sur le site : LActualite
FocusLeVif
09 novembre 2020
Dans un tour de force, la Québecoise Marie-Ève Thuot signe une fresque familiale vertigineuse charriant sexe, amour, féminisme... réjouissant.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
il faut voir plus loin que les apparences. Prends les boîtes de nuit. On n'y pense pas, mais ce sont des temples de la civilité. Il y a un peu de grabuge, parfois de l'agressivité, c'est vrai, mais ça reste minime par rapport à ce qui pourrait arriver. Imagine, il peut y avoir 500 personnes qui boivent de l'alcool et qui dansent sur une musique tellement forte que le système nerveux d'un homme né il y a 300 ans aurait envoyé une décharge d'adrénaline provoquant la fuite la plus rapide dans son corps soit capable. Une musique tellement forte que dans le cas d'un homme né il y a 3000 ans, son cerveau aurait eu besoin d'inventer qu'un dieu est responsable du vacarme, qu'il faut lui sacrifier je sais pas quoi, et prier pour le supplier de stopper la musique. Nous, rien de ça. On trouve ça banal.
Et ensuite, ces 500 personnes, elles sont venues en groupe de quoi, peut-être deux, trois, quatre, maximum 10, donc les autres personnes qui remplissent la boîte de nuit sont des étrangers. Les gens dansent et se laissent aller à boire, ils se rendent volontairement vulnérables, ils affaiblissent leur vigilance par l'alcool, et ça parmi des centaines d'étrangers. Alors qu'il n'y a pas si longtemps, l'être humain supportait seulement quelques étrangers à la fois, et encore avec méfiance. Les gens vivaient en communauté restreinte, ils se connaissaient tous entre eux. Chaque étranger était suspect. Mais dans notre boîte de nuit hypothétique, ces 500 personnes font confiance à des centaines d'étrangers. En plus, ils le font dans la pénombre, même si le noir a été pendant des milliers d'années une de nos plus grande menace.
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Le choix d’une couleur propre à chaque sexe posa d’ailleurs quelques incertitudes. À la fin du 19e siècle, plusieurs penchaient pour attribuer le rose aux garçons : proche du rouge, comme le sang, cette couleur semblait plus agressive et susceptible d’éveiller les ardeurs. Le bleu, couleur délicate et emblématique de la Vierge Marie, aurait davantage convenu aux filles. Il fallut attendre les années 1950 pour que le rose et le bleu soient finalement genrés dans la répartition arbitraire qui nous est familière.

(Herbes rouges, p.449-50)
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Je me souviens, à 20 ans, j'entendais des gars de mon âge se plaindre que leur copine était coincée, qu'elle n'avait pas d'initiative, ne jouissait pas, n'aimait pas assez le sexe. C'étaient les mêmes gars qui 5 ans plus tôt écrivaient sur les murs de l'école que telle fille était une s*****, ou qui riaient d'une autre parce qu'elle avait supposément couché avec la moitié de l'école. Quand je les entendais se plaindre, je me disais : Mais si vous les aviez laissé expérimenter pendant l'adolescence et coucher avec autant de gars qu'elles voulaient, au lieu de leur envoyer le message qu'une fille doit se restreindre pour pas être étiquetée "fille facile", on n'en serait pas là.
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Elle (Nancy Huston) a ajouté que non seulement la philosophie avait été écrite par des hommes blancs et hétérosexuels, mais qu’en plus ces hommes-là n’avaient pas eu d’enfants, ou du moins, sauf exception, n’avaient pas vécu dans l’entourage de jeunes enfants. Ce qui veut dire qu’ils étaient déconnectés de la réalité de 90 % des gens sur terre, mais qu’ils se permettaient de formuler des généralités à propos de la vie, la morale, l’humanité.

(Herbes rouges, p.302)
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« Les océans s’évaporeront comme un reste d’eau oublié sur le feu. » Ce serait aussi notre sort. Oubliés. Non, ce serait pire qu’être oubliés… il n’y aurait plus personne pour nous oublier.

(Herbes rouges, p.613)
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