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EAN : 9782815920308
280 pages
L'Aube (05/01/2017)
3.83/5   15 notes
Résumé :
Boris Sieger est un employé de mairie attaché à sa vie ordinaire. Parfois, il passe la nuit avec le fils de sa vieille concierge. C'est à peu près tout ce qui constitue sa vie sociale jusqu'au jour où il croise Oussama, dit Oussa - c'est plus facile à porter -, un atypique jeune de banlieue parisienne. Boris se découvre grâce à lui un possible frère... parti faire le djihad. Son existence suscite en Boris de nombreuses questions, à commencer par la plus douloureuse ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  21 mai 2019
Un polar qui fait voyager, de Paris à Honfleur, et jusqu'en Turquie et en Algérie.
Un polar qui n'est pas à proprement parler une enquête policière. D'un côté, on a des événements qui se déroulent, puis on a des chapitres au « Je » qui racontent la vie d'un jeune homme à la recherche de ses racines et finalement on a des chapitres où intervient le commissaire Kémal Falil à Oran qui fait face à un tueur en série.
Alors c'est moins le suspens criminel qui est intéressant ici que les atmosphères variées et les réflexions qu'elles suscitent. le jeune parisien se promène dans les quartiers de sa ville et commente les travers de ses banlieues. Il jettera de même un regard touristique sur Istanbul et s'attardera à l'Algérie, un pays qui a fait une guerre de « libération », mais qui est toujours aux prises avec la corruption des élites et les superstitions, et où la maladie mentale est laissée au soin des guérisseurs plutôt qu'au système santé.
J'aime bien découvrir un nouvel auteur et j'ai bien apprécié ce polar qui amène sans douleur vers des points de vues différents.
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MELANYA
  27 juin 2021
Pour une fois, et parce que j'ai eu besoin de me renseigner afin de chroniquer ce livre, je vais débuter par une définition (je l'avoue), celle de « Gymnopédie » :
Pour la définition du terme « Gymnopédie » le choix est double :
- A l'origine, il s'agissait de festivités religieuses tenues à Sparte, en l'honneur d'Apollon et en hommage aux guerriers morts à la bataille des Champions.
- Puis, Oeuvres pour le piano, composées par Erik Satie en 1888.
Et de cette dernière signification, vient le titre du livre d' Ahmed Tiab : « Gymnopédie pour une disparue ». Cet écrivain, né à Oran (Algérie) vit actuellement dans le Sud de la France. Il a de plus, écrit « le Français de Roseville » en 2015 et « Le Désert ou la mer » en 2016. C'est donc là son troisième ouvrage en si peu de temps.
Dans ce polar on va suivre Boris Sieger qui, abandonné, tout petit, par sa mère, devenu adulte, est employé de mairie et mène une vie tout ce qu'il y a de plus tranquille. Cela jusqu'au jour où il rencontre un certain Oussama, surnommé Oussa, qui lui montre des photos troublantes, prises au Moyen-Orient et dont l'une d'entre elles représente, semble-t-il, un sosie, et pourquoi pas un frère jumeau.
Boris qui se croyait sans aucune attache familiale, décide de partir d'abord à la recherche de sa mère « la disparue ». Mais cela va mener à deux enquêtes car il va se greffer celle consacrée à retrouver son frère jumeau, apparemment parti faire le djihad.
Boris se retrouve ainsi à Honfleur, ville d'Erik Satie (dont les Gymnopédies se retrouvent à plusieurs occasions dans le livre), pour ensuite partir vers la Turquie et l'Algérie où il croise le commissaire Kémal Fadil, à Oran qui travaille avec un médecin légiste parfaitement étonnant et compétent.
C'est un long et dangereux périple dans lequel on trouve des assassinats liés à la médecine chamanique mais qui n'est que du charlatanisme.
Pour Boris, c'est une quête initiatique pour retrouver son identité et nombreux vont être les rencontres et les multiples événements. Lui qui était si tranquille (avec son copain et amant Gino mais n'était pas entièrement homosexuel), va apprendre des secrets de famille et, avec Oussama, découvrir que certains des copains de celui-ci sont partis au Sham, participer au conflit syrien.
Ahmed Tiab nous décrit fort bien la réalité : autant celle des Algériens qui ont tenté de se réfugier en Europe (grand sujet d'actualité), que celle des habitants du Moyen-Orient confrontés au terrorisme.
Ce polar est très riche et passionnant car l'auteur y mêle, avec un grand savoir-faire, ces problèmes en les reliant entre eux. Il y apporte sa touche personnelle et un style bien à lui que l' on avait déjà remarqué dans ses livres précédents.
Ce polar est construit suivant plusieurs chapitres, chacun consacré à un personnage mais à la fin, ils vont se rejoindre.
Quand il évoque le djihadisme, on aurait pu penser que ce serait le thème principal du livre, mais ce n'est pas le cas.
En fait, c'est surtout la recherche de Boris, de ses racines, ses origines, accompagné de Mary (rencontrée au début de l'histoire) qui l'a suivi pour le soutenir moralement.
Je dois dire que je m'attendais à un polar sur un certain sujet et grande a été ma surprise, au fil de ma lecture, en y découvrant toutes les péripéties, les rebondissements et je reconnais que l'auteur a un grand talent pour attacher le lecteur, du début à la fin du livre.
De plus, et c'est à signaler, il y a de la musique dans ce livre, aussi bien du rock and roll, que du rap mais la finale est la Gymnopédie N° 1 d'Erik Satie, celle qui a donné le titre du livre.
Ahmed Tiab : un écrivain talentueux, à lire et à suivre pour ses prochains ouvrages.
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Sharon
  31 mars 2019
J'aime toujours autant les enquêtes du commissaire Kémal Fadil et je me réjouis qu'il m'en reste encore deux autres à lire.
Comme les deux précédents tomes, cette enquête se scinde en deux parties, qui finissent par se rrejoindre. Nous avons d'un côté la France, avec Boris. Il mène une vie extrêmement ordinaire, à quelques détails près : il ne connait pas son père, sa mère l'a laissé à une amie quand il était enfant et n'est jamais venu le chercher. Aujourd'hui, grâce à un ami, il découvre qu'il a un frère jumeau - parti faire le djihad. Oui, l'auteur s'inspire de l'actualité. Il ne faut pas oublier que nous la vivons, cette réalité, nous en faisons partie et, parfois, il ne faut pas chercher très loin dans son entourage pour connaître quelqu'un dont l'enfant est parti ou a tenté de partir pour la Syrie. Cela n'arrive pas qu'aux autres.
Boris, lui, passe d'abord par la Normandie avec son pote Oussa, sur les traces de la disparition de sa mère. Ils y rencontreront Mary, qui les aidera dans leur recherche et les accompagnera jusqu'en Algérie.
Là bas, c'est à des crimes rituels que nous assistons. Un tueur en série sévirait-il là-bas ? Mais ni Fadil ni aucun de ses hommes n'a de formation pour ce genre d'affaires ! Heureusement, dans une société qui ne l'est pas, Kémal est ouvert d'esprit, et n'hésite pas à consulter une psychiatre, camarade de faculté de Moss, le légiste héroïque. Oui, on soigne encore ceux qui sont atteints de troubles psychiques à l'ancienne. Ne parlons pas de placebo, plutôt d'obscurantisme et de violence. Si les auteurs français alertent sur les manques de moyens de la psychiatrie en Europe, Ahmed Tiab alerte sur les dégâts que cause son absence de l'autre côté de la Méditerranée. Je ne vous parle même pas de la place des femmes, grande sacrifiée, quoi qu'il arrive.
Si vous ne connaissez pas encore cet auteur et son enquêteur fétiche, n'hésitez pas !
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LudoBayard
  21 septembre 2017
Avis d'un membre du club Rouletabille (Michel E.) :
Après « Le Français de Roseville et « Le désert ou la mer «, l'auteur Ahmed Tiab, nous propose avec « Gymnopédie pour une disparue » un étonnant polar peuplé d'êtres au passé compliqué embarqués dans une histoire dont ils ne contrôlent pas grand chose.
D'abord il y a Boris, bisexuel, que sa mère a laissé avant de disparaître à Rose, l'une de ses amies militante féministe. Boris qui a atteint l'âge adulte sans avoir revu sa mère, végète, et travaille dans une petite mairie. Cette vie sans attache semble lui convenir.
Jusqu'au jour où Oussama, jeune musulman sonne à sa porte, et lui montre une photo reçue d'un ami parti faire le Jihad en Syrie. Sur la photo Boris voit son sosie. Indifférent au début, il s'interroge et finit par comprendre que ce jumeau doit avoir un lien avec sa mère.
A partir de ce moment la vie de Boris va basculer et ce qui constituait jusqu'alors l'existence la plus routinière va soudain s'accélérer
Boris se retrouve d'abord à Honfleur, ville d'Erik Satie (dont les Gymnopédies se retrouvent à plusieurs occasions dans le livre), pour ensuite partir vers la Turquie et l'Algérie où il croise le commissaire Kémal Fadil d'Oran… vieille connaissance pour qui a lu les précédents bouquins de l'auteur.
L'auteur nous décrit la réalité des migrants qui ont tenté de se réfugier en Europe, celle des habitants du Moyen-Orient confrontés au terrorisme ainsi que celle des français partis faire le djihad.
En fait, c'est surtout la recherche de Boris, de ses racines, ses origines, accompagné de Mary (rencontrée au début de l'histoire) qui l'a suivi pour le soutenir moralement.
Parallèlement à l'histoire de Boris, on retrouve l'un des personnages récurrent d'Ahmed Tiab, Kémal, qui dirige la police d'Oran. On se délecte de sa relation avec sa mère, sa compagne et les flics avec lesquels il travaillent depuis des années.
A ce titre « Gymnopédie pour une disparue » est un polar efficace aux nombreuses péripéties qui nous montre le coté charlatanesque de la sorcellerie maghrébine, sur fond d'interrogation identitaire.
Lien : https://clubrouletabille.blo..
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PLOOM
  06 mars 2017
Après “Le Français de Roseville” et “Le désert ou la merAhmed Tiab nous propose avec “Gymnopédie pour une disparue” un étonnant polar peuplé d'êtres au passé compliqué embarqués dans une histoire dont ils ne contrôlent pas grand chose. D'abord il y a Boris que sa mère a laissé à l'une de ses amis, Rose, une militante féministe, avant de disparaître. Boris qui a atteint l'âge adulte sans avoir revu sa mère, végète, travaillant dans une petite mairie, habitant l'appartement de Rose qu'il a reçu en héritage. Cette vie, faite d'habitudes et surtout d'intangibilité semble lui convenir. Jusqu'au jour où un jeune homme sonne à sa porte et lui montre une photo qu'il a reçu d'un ami parti faire le Jihad en Syrie. le jeune homme s'appelle Oussama, est pratiquant mais ne veut pas participer au jihad. En revanche il conserve des contacts, il communique avec ses relations. Sur la photo qu'il lui a montré Boris voit son sosie, comme un étrange jumeau. Il s'interroge et finit par comprendre que le personnage a peut-être un lien avec sa mère.
A partir de ce moment la vie de Boris va basculer et ce qui constituait jusqu'alors l'existence la plus routinière va soudain s'accélérer et l'entraîner dans une incroyable aventure. Parallèlement à l'histoire de Boris, on retrouve l'un des personnages récurrent d'Ahmed Tiab, Kémal, qui dirige la police d'Oran. On se délecte de sa relation avec sa mère, sa compagne et les flics avec lesquels il travaillent depuis des années. Tiab se joue de son lecteur, disloquant d'abord son récit pour ensuite rassembler chaque pièce du puzzle narratif. C'est brillant, d'une écriture nerveuse qui sait jouer avec tous les procédés qui retarderont le dénouement. A ce titre “Gymnopédie pour une disparue” est un polar efficace et souvent jubilatoire qui nous initie à la médecine chamanique, à la sorcellerie maghrébine sur fond d'interrogation identitaire. de Honfleur à Oran en passant par la Syrie l'écrivain met en place, sur un air d'Eric Satie, un piège narratif qui se referme implacablement sur le lecteur.
Archibald PLOOM (CULTURE-CHRONIQUE.COM)


Lien : http://www.culture-chronique..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
SPOUNYSPOUNY   17 octobre 2020
Sorcellerie ou médecine chamanique, dit Moss en scrutant les signes avec une loupe.
- Tu as déjà vu ce genre de trucs ? s’étonna Kémal.
- Oui. C’est une pratique courante des guérisseurs. Mes collègues dans les différents services pour vivants de l’hosto en voient tous les jours sur leurs malades. Gris-gris protecteurs qui ne les empêchent pas de venir tout de même se faire soigner sérieusement. Parfois ils viennent trop tard. Ignorance.
- J’avais effectivement entendu dire que des pratiques charlatanesques étaient revenues en force ! Les Algériens seraient-ils devenus à ce point rétrogrades et ignorants pour se mettre à croire à ces sornettes ?
(p.162)
+ Lire la suite
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bilodohbilodoh   21 mai 2019
— Quand tu grandis dans la cité, Français ou pas, tu dois passer la tenue de camouflage, comme le caméléon, tu vois ? Se fondre dans les murs, s’intégrer au paysage pour ne pas être stigmatisé, comme ont dit.

(Éditions de l’Aube, p. 65)
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littleonelittleone   01 mai 2017
Sa médecine occulte était un placebo moral et spirituel sensé guérir tous les maux d'une population fragilisée et précaire. Un sparadrap sur un pilon d'amputé posé par un médecin qui ne sait même pas écrire son ordonnance.
(p.172)
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MELANYAMELANYA   27 juin 2021
Sorcellerie ou médecine chamanique, dit Moss en scrutant les signes avec une loupe.
- Tu as déjà vu ce genre de trucs ? s’étonna Kémal.
- Oui. C’est une pratique courante des guérisseurs. Mes collègues dans les différents services pour vivants de l’hosto en voient tous les jours sur leurs malades. Gris-gris protecteurs qui ne les empêchent pas de venir tout de même se faire soigner sérieusement. Parfois ils viennent trop tard. Ignorance.
- J’avais effectivement entendu dire que des pratiques charlatanesques étaient revenues en force ! Les Algériens seraient-ils devenus à ce point rétrogrades et ignorants pour se mettre à croire à ces sornettes ?
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MELANYAMELANYA   27 juin 2021
Bapt entra dans le vif du sujet.
Ton frère était un bon musulman ; il est mort en martyr de Dieu, commença t-il en s’adressant à moi.
- Qu’est-ce qui te fait dire que c’était mon frère ?
- Il me l’a dit. Une prémonition. A te voir là devant moi, j’ai l’impression de lui parler, wallah ! *
* Par Dieu.
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Video de Ahmed Tiab (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ahmed Tiab
Samedi 21 mai 2022, dans l'Antre des livres, table ronde d'auteurs : Littérature et policier Avec : Ahmed Tiab, Entendez-vous dans nos campagnes, éd. de l'Aube, Yves Chicouène, Rue Legendre, éd. Élan Sud Comment les deux auteurs ont-ils tissé leur intrigue en s'appuyant sur le passé pour expliquer le présent ? De nombreux points communs à découvrir. Animée par Roxane Bertrand. L'antre des livres est le festival de l'édition indépendante qui réunit à Orange (84) des maisons d'édition indépendantes venues de toute la France et De Belgique. https://www.lantredeslivres.com
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