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EAN : 9782226324887
256 pages
Éditeur : Albin Michel (04/05/2016)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 7 notes)
Résumé :
« Un politique manque à son devoir en restant à quai quand le train de l'Histoire fait escale dans sa gare. Une fois n'est pas coutume : l'Histoire propose à la droite française l'aubaine d'une aventure. Elle échouera si elle ne sait pas à quoi se référer. Même si les urnes lui consentent un nouveau tour de piste. La droite des partis "Les Républicains" et dépendances pèche par ignorance de soi. Elle ne comprend pas avec quoi le mot a envie de rimer dans les profond... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
CDemassieux
  29 juillet 2016
Avec L'âme française, Denis Tillinac, excellent chroniqueur, entre autres, à Valeurs actuelles, ajoute sa pierre à l'édifice de réappropriation de l'identité française dans ce qu'elle a de plus noble – nostalgiques du pétainisme, ceci ne vous concerne pas !
Après Eric Zemmour, Alain Finkielkraut ou Philippe de Villiers, le voilà qui s'avance sur les sentiers de notre histoire pour en « pomper le miel » (Balzac). Mais Denis Tillinac, pour autant qu'il soit sincère dans sa geste d'une France de droite ancrée dans le passé et l'histoire, ne saurait ignorer que l'actuelle droite transpire un libéralisme qui n'a pas peu contribué à mettre à genoux la Nation. Alors de quelle droite parle-t-on ? Car, d'emblée, on ne peut s'empêcher d'avoir peur en lisant des phrases comme celle-ci : « Peu d'impôts, peu de lois, empiètements aussi restreints que possible dans les domaines de l'éducation, de l'économie, de la culture et même de la santé publique. » Un rêve américain en somme, le même à qui l'on doit la descente aux enfers de notre pays, mondialisme oblige !
Au-delà du bonheur esthétique – autrement dit parfaitement gratuit s'agissant d'un essai politique – de lire une prose qui ne manque pas de titiller mes papilles littéraires, la droite dont Tillinac se fait le thuriféraire reste toutefois à mon sens un fantasme, particulièrement de nos jours où ses ténors se sont vautrés dans la fange ultra mondialiste qui ne jure plus par la chevalerie ou l'âme aventurière mais bel et bien le fric, si possible gagné vite, peu importent les moyens !
Ces gens-là ne font, à dire vrai, que singer une gauche si bien portraiturée par l'auteur : « Dans les marges de l'ordre social, des insoumis se cherchent des complices pour détruire la norme en vue d'instaurer un autre ordre social. Ceux-là sont de gauche. »
Effectivement, la gauche n'a qu'un idéal matérialiste à opposer au romanesque d'un De Gaulle, par exemple. Idéal menteur, de surcroît : « Quoiqu'il en ait, le socialisme “ multiculturel ” est le complice objectif du mercantilisme multinational. » CQFD ! Or, si c'est « dans les coeurs bien équipés en idéal que se forgent les victoires », nous comprenons pourquoi la France s'effondre lentement mais sûrement depuis que règne le souvenir – jouisseur et sans retenue spirituelle ou simplement morale – de Mai 68 !
Heureusement, au fil des pages, se dessine un autre concept de droite, ni financier ni totalitaire. Un concept d'enracinement culturel, de mémoire et de traditions, toutes choses qui effraient autant une actuelle droite, craignant d'être traitée de réactionnaire en y souscrivant, qu'une gauche pétrie de détestation du passé : « La gauche n'aime pas les racines, elle n'y voit qu'une crispation identitaire. »
Oui, la droite, pourvu qu'elle se décide à renaître de ses cendres, peut être un roman là où la gauche n'est qu'un mode d'emploi terne prétendant nous imposer un bien-être artificieux, jusque dans les rapports homme-femme, souligne Tillinac, omettant que chaque représentante du beau sexe « sera toujours en instance d'évasion dans un ailleurs insaisissable », ajoute-t-il. Non, la femme ne sera jamais l'exacte semblable de l'homme, malgré les théories fumeuses de certaine ministre de l'Education nationale. Heureusement : qu'aurions-nous à aimer follement si la femme ne l'était plus en tant que telle ?!
Tillinac, dans ces pages, nous repose aussi de l'inanité intellectuelle des gloseurs sans consistance qui nous assènent leur pitoyable prose comme parole d'Evangile ! Comme il est plaisant de lire les noms De Chateaubriand et Barbey d'Aurevilly, ces pierres de l'immense et indéboulonnable cathédrale littéraire française ! Mais il est aussi plaisant d'entendre teinter notre histoire, laquelle n'a pas débuté par intermittence entre 1789 et 1981 ! Malgré la légende persistante, avant la Gauche ce n'était déjà plus la préhistoire !
Cette histoire-là, que la droite a lâchement abandonnée pour être dans l'air du temps, perdure dans les consciences. Et c'est moins la place de la Bastille que Versailles, le Louvre ou Notre-Dame de Paris que les touristes viennent contempler ; ces témoins d'un passé dont, à moins d'exhiber une fois de plus son opportunisme, la gauche ne saurait se proclamer l'héritière. Voilà où Tillinac veut peut-être en venir : il existe encore une droite qui frissonne au son des cloches de village !
De la crypte de Saint-Denis au féminin si sacré à nos yeux d'hommes français, Tillinac égrène ainsi une mythologie érudite et non moins entraînante d'une sincère et authentique droite. Hélas, à l'heure où j'écris, celle-ci est une arlésienne…

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allard95
  25 juin 2016
On connait D.Tillinac: personnage sympathique, chaleureux, truculent, cultivé. On connait ses sympathies pour le Chirac des bistros et de la tête de veau. Et l'on connait la thèse permanente de cet intellectuel de droite: le match Aron/Sartre a été gagné par K.O par le premier au détriment du deuxième et de ses partisans. La droite aurait du tirer avantage de cette situation tellement évidente, mais elle n'a pas su le faire. D'une part la gauche française de l'après-guerre, stalinienne puis maoiste, s'est fourvoyée durant 30 ans, tout en cherchant à imposer ses thèses à un pays entier, notamment au travers de ses media, et ses grossières erreurs étant évidemment démasquées, elle ne les aura jamais reconnues ni regrettées; d'autre part la droite, tétanisée par l'arrogance et les dénis des vaincus, n'aura pas réussi à célébrer et à faire durer sa victoire. Tillinac le clame haut et fort: pour lui, la raison est du côté de l'esprit de droite, celui qui voit la vie telle qu'elle est, alors que la vision de gauche n'est qu'un rêve d'aveugles et de sourds, une construction sortie du réel. La droite doit donc perdre tous ses complexes, et afficher sa supériorité. L'auteur va chercher dans notre histoire et dans notre imaginaire des figures et des symboles qui devraient rendre la droite plus fière d'elle-même. Pas seulement Vercingétorix, Jeanne d'Arc, Bonaparte et De Gaulle, mais aussi D Artagnan, Tintin, de Tocqueville, Chateaubriand, Mermoz, Leclerc, St Exupéry et même.... Anquetil. Tillinac veut rendre à la droite sa fierté: on le comprend, lui qui ne pourra jamais comprendre comment et pourquoi ceux qui ont défendu Robespierre, Staline, Mao, Pol Pot, Castro (et même les généraux argentins contre M.Thatcher !) continuent à porter si haut leur cynisme, et, sans le moindre esprit de contrition, à vouloir imposer au monde des thèses dont le temps a pourtant montré les terribles erreurs. Tillinac est un enfant. Il fait comme s'il ne comprenait pas. C'est comme ça qu'on l'aime.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
CornelioCornelio   26 septembre 2020
La gauche n’aime pas les racines, elle n’y voit qu’une crispation identitaire, un barrèsisme de « la terre et des hommes », claquemuré dans un pré carré en forme de bunker. Vision absurde, car plus l’homme est enraciné, plus commodément il s’ouvre à l’altérité. C’est le déraciné ou le déclassé qui, par désespoir, s’offre aux frénésies haineuses des idéologies totalitaires, rouges, brunes ou brandissant le croissant vert. C’est la prolétarisation des classes moyennes et leur sentiment de dépossession qui ont favorisé les menées de Hitler.
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CornelioCornelio   23 avril 2020
L'Europe, c'est l'espace du catholicisme et du protestantisme sécularisé. En niant cet héritage, on vide le mot de tout contenu car les droits de l'Homme, la démocratie, la laïcité ne sont plus l'apanage de notre continent. La droite considère que le triptyque inscrit aux frontons de nos édifices publics — liberté, égalité, fraternité — a sécularisé le message évangélique, et que dans le polythéisme barbare vendu à flux tendu par la société de consommation, ces trois mots, hélas, ne valent pas plus cher à Paris qu'à Londres ou à Washington.
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CornelioCornelio   23 avril 2020
L'homme de droite n'est pas moins révolté que l'homme de gauche face à l'injustice et à la cruauté. Il convertira éventuellement sa révolte en action, mais sans l'enrégimenter dans un projet révolutionnaire. Il peut haïr la société ; il peut cultiver le pessimisme le plus noir ; il aime la vie au naturel, et le bonheur auquel il aspire, c'est hic et nunc […]
À gauche, des projets cuits à l'étouffée dans des bouillons de culture « contestataires » ; à droite, pas de projet tirés au cordeau de la raison raisonneuse : la désinvolture d'âmes déchirées mais enclines à prendre du bonheur comme on investit une citadelle, par surprise, entre les lignes du destin. Le vrai bonheur, enfant naturel de poésie et de bohème, plus fort que la raison, plus fort que la désolation.
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CornelioCornelio   26 septembre 2020
Une seule cause ouvrait à droite la perspective d’une action après l’implosion de l’Empire soviétique, celle des maronites du Liban, la plus grande communauté catholique du Proche-Orient. Cause on ne peut plus avouable : un esquif de chrétienté fervente et tolérante, chahuté sur l’océan de l’islam et méprisé par l’intelligentsia française qui avait pris le parti d’Arafat dès le début de la guerre civile, en 1975. Les fedayin de l’OLP étaient « progressistes », les maronites… chrétiens, francophones et francophiles : voila le fin mot de la trahison de nos « élites ». Défendre ceux qui nous aiment leur eût semblé un comble de vulgarité populiste.
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CornelioCornelio   23 avril 2020
La droite voudrait préserver les restes de notre triple héritage, quitte à les adapter car, disait Churchill, il faut savoir couper les arbres pour que la forêt soit plus belle. C'est une jolie définition du conservatisme : préserver l'essence sans refuser les coups de vague de l'existence. Dans sa gratitude, la droite voudrait faire la synthèse de la sagesse paysanne, de l'altitude aristocratique et du dynamisme bourgeois. Telle est son utopie : un syncrétisme de la mémoire qui laisserait le moins de prise possible au néant de l'oubli.
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Vidéo de Denis Tillinac
Dans le cabaret parisien Shéhérazade, Thierry Ardisson s'entretient avec l'écrivain Denis Tillinac.
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