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ISBN : 2363830709
Éditeur : Les Petits Matins (07/02/2013)
Résumé :
La traite négrière fut un crime contre l’humanité. La loi Taubira votée en 2001 le reconnaît et, à ce titre, prévoyait des réparations. Mais l’article qui en parlait fut écarté en commission des lois. Pourtant, la question n’était pas totalement nouvelle en France. Ainsi, en 1849, au lendemain de l’abolition de l’esclavage, des indemnités furent votées… mais au bénéfice des anciens propriétaires d’esclaves.
Cet ouvrage rassemble quarante textes majeurs sur ce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
de
  09 février 2013
Le colonialisme et l'impérialisme ne sont pas quittes avec nous…
Dans son introduction, Louis-Georges Tin indique, entre autres, qu'un crime contre l'humanité sans réparation devient « un crime parfait : sans victime, sans coupable ». C'est en effet, me semble-t-il, un bon point de départ. Il ne suffit pas de nommer les victimes, il convient d'assigner « en réparation » les coupables, surtout lorsque s'il s'agit d'institutions ou d'États. Il s'agit toujours d'un choix politique : traiter ou non de ces « réparations ».
D'ailleurs, comme le souligne l'auteur « ainsi, tandis que les réparations pour les victimes de la colonisation en Amérique avaient été refusées, les réparations pour les auteurs de la colonisation en Afrique de Nord furent acceptées » ou pour le dire autrement « Apparemment, pour la droite française, les vraies victimes de l'histoire coloniale, c'étaient les colons ». Je ne suis pas sûr que cette position ne soit que celle de la droite…
Tout en partageant ces éléments avec l'auteur, je suis plus dubitatif sur l'objet et l'intérêt de la Loi Taubira et plus généralement des Lois dites mémorielles.
Quoiqu'il en soit, Louis-Georges Tin écrit à juste titre : « les réparations liées à l'esclavage ou à la colonisation ne sont pas seulement un moyen de rendre justice aux victimes en raison de méfaits passés ; elles sont aussi un moyen de remettre en cause les déséquilibres économiques d'aujourd'hui entre les anciennes colonies et les anciennes puissances coloniales car, à l'évidence, la richesses des uns s'est constituée en bonne partie grâce à l'exploitation des autres ». L'expropriation, dans chaque pays concerné des grandes sociétés « françaises », et la restitution de leurs actifs aux organisations de citoyen-ne-s devraient, de ce point de vue, être soutenues par les organisations syndicales françaises de ces groupes. Sans oublier l'annulation des dettes et la restitution des « biens mal-acquis ».
Les formulation de Patrick Farbiaz, dans sa postface me paraissent plus satisfaisantes que celles de l'introduction, par exemple :
« Même s'il est évident que la traite et le commerce triangulaire sont liés à l'ordre colonial exercé sur les Amériques, il n'en demeure pas moins que la désignation de l'esclavage comme crime unique et spécifique contre l'humanité produit une grille de lecture historique où le colonialisme des XIXe et XXe siècles est en quelque sorte minoré par rapport à l'horreur de l'esclavage. L'exigence du droit de réparation apparaît désormais comme un levier politique et un instrument légitime des peuples pour sortir de ce faux débat. le colonialisme et l'esclavage sont les deux facettes d'un même état d'exception, fondé sur l'exploitation du travail forcé des hommes, le pillage des ressources et l'idéologie raciste. »
« le droit de réparation est un combat d'avenir car il se traduit dans les luttes anticoloniales d'aujourd'hui par les exigences d'annulation de la dette, de souveraineté alimentaire, de lutte contre la piraterie du brevetage du vivant. En ces sens, le droit de réparation ouvre une nouvelle page de la lutte contre le nouvel ordre colonial ».
Un remarque supplémentaire, la question des réparations à Haïti, relève partiellement d'une autre démarche. En effet, les haïtien-ne-s ont payé (à titre de punition pour leur révolution, leur indépendance nationale et leur auto-libération) à l'État français des sommes (relevant de la rapine, du racket ou du gangstérisme international). Elles et ils ont payé pour en finir avec le préjudice qu'elles et ils subissaient !!!!
Introduction : Réparation vs repentance, par Louis-Georges Tin
Les textes clés d'hier et d'aujourd'hui
Première partie. La question des réparations en France
1. Nicolas de Condorcet, Réflexions sur l'esclavage des Nègres, 1781
2. Jean Charles Léonard Sismonde de Sismondi, Nouveaux Principes d'économie politique, ou de la richesse dans ses rapports avec la population, 1819
3. Cyrille Charles Auguste Bissette, projet de loi pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, Revue des colonies, juillet 1835
4. Félix Milliroux, Demerary, Transition de l'esclavage à la liberté. Colonies françaises, future abolition, 1843
5. Victor Schoelcher, Histoire de l'esclavage pendant les deux dernières années, 1847
6. Victor Schoelcher et Henri Wallon, rapport fait au ministre de la Marine et des Colonies par la Commission instituée pour préparer l'acte d'abolition immédiate de l'esclavage, 1848
7. Décret d'abolition, 27 avril 1848
8. Rapport rendu le 29 novembre 1849 au président du Conseil des ministres, chef du pouvoir exécutif, de la Commission instituée pour préparer le règlement de l'indemnité due par suite de l'abolition de l'esclavage, par décision de la Commission du pouvoir exécutif du 14 juin 1848.
9a. Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, 1952
9b. Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, 1961
10. Loi Taubira tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité, 10 mai 2001
11. Loi n° 2005-158 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés, avec l'article 4 ultérieurement amendé, 23 février 2005
12. Aimé Césaire, Nègre je suis, Nègre je resterai, 2005
13. L'État français assigné au tribunal de Fort-de-France, 23 mai 2005
Deuxième partie. La question des réparations à Haïti
14. Aimé Césaire, La Tragédie du roi Christophe, 1963
15. Charles X, ordonnance du 17 avril 1825
16. Christiane Taubira, question écrite au ministre des Affaires étrangères, 1er janvier 2003
17. Jean-Bertrand Aristide, discours du 7 avril 2003
18. François Rivasseau, porte-parole du Quai d'Orsay, déclaration du 8 avril 2003
19. Régis Debray, « Haïti et la France », rapport à Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, 2004
Troisième partie. La question des réparations aux États-Unis
20. « Mumbett », manuscrit de Maria Sedgwick, 1853
21. Belinda, requête devant le Congrès du Massachusetts, 14 février 1782
22. Résolution de la Chambre des représentants du Massachusetts, 1783
23. David Walker, Appel en quatre articles et un préambule, adressé aux citoyens de couleur partout sur la terre, mais plus particulièrement, et très directement, à ceux des États-Unis d'Amérique, Boston, 1829
24. Général Sherman, ordonnance accordant « 40 acres et une mule » aux anciens esclaves, 1865
25. Thaddeus Stevens, proposition de loi pour les esclaves africains aux États-Unis à la première session du quarantième Congrès, Chambre des représentants de Pennsylvanie, 11 mars 1867
26. Chant d'un ancien esclave réclamant le paiement d'une pension, fin du XIXe siècle
27. Marcus Garvey, déclaration des droits des peuples noirs du monde, New York, 1920
28. Malcolm X, Par tous les moyens nécessaires, 1965
29. Martin Luther King, Révolution non-violente (Why we can't wait), New York, 1963
30. James Forman, le Manifeste noir (Black Manifesto), 1969
31. John Conyers, membre du Congrès des États-Unis, proposition de loi en faveur des réparations liées à l'esclavage, 1989
32. Loi de transparence au sujet de l'esclavage, Californie, 2000
33. Les excuses de JP Morgan Chase liées à l'esclavage, 2005
Quatrième partie. La question des réparations au niveau international
34. Manifeste de Londres, deuxième congrès panafricain, 1921
35. Wole Soyinka, le Fardeau de la mémoire, la muse du pardon, 1999
36. Enoch P. Kavindele, vice-président de la Zambie, déclaration à la conférence de Durban, septembre 2001
37. Jakaya M. Kikwete, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République unie de Tanzanie, déclaration à la conférence de Durban, septembre 2001
38. Stafford Neil, ambassadeur de la Jamaïque aux Nations unies, déclaration à la conférence de Durban, septembre 2001
39. Desmond Tutu, déclaration au nom du Conseil oecuménique des Églises à la conférence de Durban, septembre 2001
40. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, déclaration à l'occasion de la Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage, 2 décembre 2001
Postface : le droit de réparation, par Patrick Farbiaz
Le titre de cette note est extraite d'un texte de Frantz Fanon qui a aussi écrit : « Cette aide doit être la consécration d'une double prise de conscience par les colonisés que cela leur est dû, et par les puissances capitalistes qu'effectivement elles doivent payer »
Lien : http://entreleslignesentrele..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
dede   09 février 2013
Même s’il est évident que la traite et le commerce triangulaire sont liés à l’ordre colonial exercé sur les Amériques, il n’en demeure pas moins que la désignation de l’esclavage comme crime unique et spécifique contre l’humanité produit une grille de lecture historique où le colonialisme des XIXe et XXe siècles est en quelque sorte minoré par rapport à l’horreur de l’esclavage. L’exigence du droit de réparation apparaît désormais comme un levier politique et un instrument légitime des peuples pour sortir de ce faux débat. Le colonialisme et l’esclavage sont les deux facettes d’un même état d’exception, fondé sur l’exploitation du travail forcé des hommes, le pillage des ressources et l’idéologie raciste.
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dede   09 février 2013
les réparations liées à l’esclavage ou à la colonisation ne sont pas seulement un moyen de rendre justice aux victimes en raison de méfaits passés ; elles sont aussi un moyen de remettre en cause les déséquilibres économiques d’aujourd’hui entre les anciennes colonies et les anciennes puissances coloniales car, à l’évidence, la richesses des uns s’est constituée en bonne partie grâce à l’exploitation des autres
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dede   09 février 2013
Le droit de réparation est un combat d’avenir car il se traduit dans les luttes anticoloniales d’aujourd’hui par les exigences d’annulation de la dette, de souveraineté alimentaire, de lutte contre la piraterie du brevetage du vivant. En ces sens, le droit de réparation ouvre une nouvelle page de la lutte contre le nouvel ordre colonial
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dede   09 février 2013
Cette aide doit être la consécration d’une double prise de conscience par les colonisés que cela leur est dû, et par les puissances capitalistes qu’effectivement elles doivent payer
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