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ISBN : 2709627736
Éditeur : J.-C. Lattès (05/01/2006)

Note moyenne : 4/5 (sur 108 notes)
Résumé :

Fin Août 1944, une colonne disparate d’Allemands démobilisés fait étape dans une ferme de Wallonie et réquisitionne chevaux et chariots pour rentrer chez eux. Indigné, Mutien, un des enfants du lieu, entraîne son frère sur les traces du convoi dans le but de reprendre Gaillard de Graux, un brabançon prestigieux, orgueil de son père, lui-même victime des nazis.

Entre inconscience et témérité, les deux garçons pénètrent au cœur d’un pays ruiné ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  01 novembre 2019
Ce sont mes amies de Belgique, encore une fois qui m’ont permis de choisir ce beau roman historique à la médiathèque. Merci à elles !
Fin août 44 , un convoi de soldats allemands disparate, démobilisés, harassés, lors du passage en Belgique et de la retraite vers leur pays, profitent de leur pouvoir pour confisquer des chevaux et impressionner le petit peuple , notamment , en réquisitionnant Gaillard de Graux, un brabançon prestigieux , orgueil de la famille de Mutien et Abel, dont le père éleveur a été fusillé par les Nazis en 1943 .
«  Une insondable misère morale et physique transpirait de ce convoi, de ces naufragés de la guerre . »
Furieux, révolté, Mutien , fougueux entraîne son jeune frère Abel sur les traces du convoi pour récupérer Gaillard .
Rien n'arrêtera Mutien, il bravera tous les dangers , les aléas de la guerre. ....
Ce livre profondément humain, poétique et doux , tendre et humaniste montre que l'ennemi n'est pas toujours celui qu'on croit .
L'auteur aborde avec beaucoup de fraîcheur et de spontanéité la grande aventure que va vivre Abel lors de ce périple de plusieurs semaines.
Par la voix de ce petit garçon la peur, l'amitié , la haine , la réconciliation , la bonté , la rancoeur , autant de thèmes de réflexion justes et universels sont abordés avec tact et chaleur humaine , tout au long de ce texte lumineux : tenter de transmettre la vigilance plutôt que la haine «  La haine est sectaire , elle méprise , elle exclut » , la vigilance est ouverte , elle est l'affaire de tous , vainqueurs et vaincus , à commencer par la bouche de Gunther , ce vieil officier allemand , qui fera preuve d'humanité , une réflexion féconde , intense , bienfaitrice , salvatrice , à propos des douleurs de la guerre, des remords éventuels du mauvais fondement de cette cause.
L'auteur restitue avec brio la difficulté de vivre dans la rancoeur , il privilégie le réinvestissement , le pardon, la faute , les écueils de l'existence , le désarroi, les liens tissés insidieusement entre ennemis présumés, mais aussi les profiteurs , les manipulateurs , les transformations consécutives au fléau de la guerre .
Un beau récit initiatique, pétri d'humanité : « Pitié pour le mal. » ..Rien à voir avec les romans habituels à propos des guerres , où malgré la violence de l'époque L'auteur nous laisse espérer qu'un jour viendra où les hommes se lasseront jour après jour de remettre le couvert de la haine .
«  Les dents des enfants doivent - elles rester agacées par les raisins verts qu'ont mangés leurs parents ? .... »
Merci Infiniment à Cécile ....
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prune42
  18 août 2019
Fin Août 1944, en Belgique, une troupe de soldats allemands qui rentrent dans leur pays, s'arrête dans une ferme et réquisitionne des chevaux. révolté, Mutien, 13 ans, décide de suivre le convoi pour récupérer Gaillard, un cheval magnifique primé à plusieurs reprises. Il fuit en pleine nuit car sa mère lui a interdit de mettre à exécution son projet, accompagné de son jeune frère de 8 ans, Abel. En suivant la troupe allemande, ils vont lier connaissance avec quelques soldats durant leur parcours, notamment Gunther, un homme au coeur doux et attentif. les garçons essaient une première fois de récupérer Gaillard mais ils se font prendre. Dès lors, ils suivent le convoi jusqu'en Allemagne, Gunther leur ayant promis qu'ils récupéreraient leur cheval une fois arrivés au pays. Alors qu'ils sont presque au bout, ils sont bombardés, les frères séparés et Gaillard s'enfuit…
J'ai bien aimé cet assez court roman de 220 pages de la littérature belge qui se lit vite et facilement et qui a pour cadre la fin de la Seconde Guerre Mondiale et la débâcle allemande. L'histoire de ces deux jeunes enfants suivant leur cheval pour le récupérer aux mains de l'ennemi est originale et attendrissante.
Les deux frères vont beaucoup grandir au cours de leur voyage et c'est cette maturité à laquelle nous allons assister. Ils vont notamment découvrir que sous les traits de leurs ennemis de guerre existent parfois des hommes comme les autres, bienveillants même, au coeur pur et finalement que ce n'est pas la nationalité qui l'emporte mais la personnalité de chacun.
Certaines scènes sont émouvantes, je pense à la scène des tartines de pâté offertes par le soldat allemand ou à la scène dramatique de la jument morte en donnant naissance. Ces scènes sont fortes et marquantes.
La fin du roman est jolie, positive, inattendue. Elle est vraiment bien trouvée et grâce à elle, j'ai terminé ce livre le sourire aux lèvres.
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PrettyYoungCat
  13 décembre 2018
Que voilà une pépite noble et délicate servie par une écriture non moins gracieuse et subtilement humaine.
Pitié pour le mal, c'est l'histoire de deux frères qui s'élancent à la poursuite des Allemands qui, en cette fin d'été 1944 dans la ferme wallonne, leur ont dérobé le vaillant et primé Gaillard; cheval de trait à la valeur plus encore sentimentale que pécuniaire puisqu'il faisait la fierté de leur père tué quelques temps plus tôt par ces saletés de boches.
Alors, Mutien qui n'a que 13 ans mais une détermination et une fureur pour l'ennemi impressionnantes et son frère Abel, 8 ans à peine et qui n'a d'yeux admiratifs que pour lui, s'en vont le reprendre comme une mission nécessaire à la loyauté familiale et patriotique. Mais sur leur route, ils rencontreront plus qu'un cheval...
Une palette de sentiments humains aux couleurs douces sont finement dépeintes dans cette histoire. Et c'est beau à voir comme lorsqu'on s'arrête pour contempler les couleurs de l'automne ou le soleil quittant le jour. On ne veut plus se séparer de ces personnages si attachants. On veut savoir si l'on sera triste ou soulagé(e) pour eux. On ne peut s'empêcher de lire d'une traite et de refermer à regret les pages qui nous ont fait passer un si joli moment.
Pitié pour le mal n'est pas un livre sur la guerre. C'est un livre sur la paix entre les Hommes.
Un vrai coup de coeur et au coeur.
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Biblioroz
  06 février 2019
Très jolie lecture dont le charme littéraire et humain a opéré dès les premières pages sans jamais se démentir jusqu'au final.
Six années de silence mais Abel ne peut se résoudre à la disparition en mer de son frère Mutien.
Sous la pression de ses soeurs et belles-soeurs, il se plie au pillage de l'appartement de ce frère tant admiré en emportant religieusement des morceaux de cartes fatiguées, vieilles lettres et photos, objets composant un trésor sentimental inaliénable.
Ces objets restent les vestiges de leur mémorable fugue de septembre 1944, ce périple de leur ferme de Wallonie vers l'Allemagne, afin de récupérer Gaillard, un cheval de trait multi-primé qui faisait la fierté de leur famille. C'est la débâcle de l'armée allemande, le repli de troupes, pauvres hères qui trouvent encore le moyen de réquisitionner les chevaux pour regagner leur pays.
Mutien avec ses 13 ans est déterminé, sa haine de l'ennemi décuple son courage. Abel recherche l'estime de son aîné mais du haut de ses 8 ans, sa frousse est permanente et sa bravoure souvent en déroute.
Chez ces deux frères, la vision manichéenne de l'ennemi s'ébranle face à la détresse des hommes et surtout face à la prévenance d'un vieil allemand aux mains en or qui sculptent le bois. Difficile d'accepter que des attentions amicales puissent ressortir de ces ennemis abhorrés.
Les réflexions qu'Abel nous livre avec le recul d'une cinquantaine d'années font écho aux souvenirs de cette poursuite de cette colonne d'Allemands en déroute.
Un roman-récit d'amour fraternel et de difficultés à se laver de la haine éprouvée à l'encontre de l'envahisseur. La beauté des relations qui se tissent, malgré soi, au mépris du chaos historique. C'est tout simplement magnifique.
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barjabulette
  17 septembre 2015
Mes jeunes élèves utilisent souvent 2 expressions : ça craint et ça déchire.
Je dirai que ce livre adopte la seconde expression : il déchire !
Quelle émotion, quelle magnifique histoire, quel amour fraternel !
Lu en quelques jours, Bernard Tirtiaux me comble avec cette histoire, à nouveau.
Du pur bonheur. Est ce un témoignage ou une histoire sortie de l'imagination de l'auteur ? nous ne le saurons jamais ! En tout cas, le livre a été trop vite fini à mon goût.
Vous l'aurez compris, on parle ici d'une histoire entre 2 frères. Celle ci se déroule durant la Seconde Guerre mondiale. Un cheval (brabançon) fait partie de l'aventure....
Je ne vous en dis pas plus, je risque de dévoiler la fin alors qu'il y a de l'aventure à chacune des pages et que chaque détail renforce le suivant.
Les amateurs de "la voleuse de livres" par exemple : ce livre est fait pour vous... Et pour les autres aussi.
Un de mes plus beaux bouquins cette année (et d'un auteur belge en plus ;-) )
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
BibliorozBiblioroz   06 février 2019
J’étais pourtant là, grand-frère, maladroitement là à chercher ce quelque chose qui aurait pu nous rapprocher… combler ce manque de toi, cette distance entre nous. J’ai conservé un tel besoin de regagner cette île, notre île, de remettre mes aiguilles dans les tiennes, d’être du même cadran, dans le même ordre de rêves. Il y a si longtemps que tu m’es parti, mon Mutien. Je croyais sept, huit années et je découvre que notre séparation remonte à un demi-siècle.
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BibliorozBiblioroz   05 février 2019
Étrangeté du temps. Malgré les années, je n'ai rien perdu de cette soirée, ni mes habits qui séchaient devant un feu nourri, ni le ramage insouciant de nos pigeons, ni la saveur de la truite cueillie par Mutien dans une dérivation de la rivière, ni le ciel étoilé détouré par l'arche du pont. Bien qu'endolori de partout, j'ai aimé ce moment de proximité avec le grand frère sous cette chaude pièce de laine qui venait du lit parental. J'ai aimé aussi la fraîcheur de l'air, le silence jetant son coup de balai sur toutes les détresses du monde, sur notre peine du jour d'avoir vu mourir Mazette et son poulain.
Placés sous la caresse fugitive du bonheur, ces moments sont toujours présents.
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barjabulettebarjabulette   15 septembre 2015
Je n'absous pas les actes, bien sur, mais j estime qu'il faut transmettre à nos enfants la vigilance plutôt que la haine. La haine est sectaire, elle méprise, elle exclut. La vigilance est ouverte, elle est l'affaire de tous, vainqueurs comme vaincus. Elle a pour enjeu que de pareilles dérives ne se reproduisent plus.
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Annette55Annette55   01 novembre 2019
«  La rancoeur a la dent dure et si un pas est à faire, il ne peut venir que de votre côté , pas du nôtre.
La Pitié est un privilège de Vainqueurs .... »
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michelekastnermichelekastner   04 décembre 2012
Il y a ceux qui sont rentrés, il y a ceux qu'on a attendu en vain, il y a ceux qui ont repris place chez eux mais qui n'étaient plus chez eux, qui n'étaient même plus présents à eux-mêmes. Il y a tous ces dédoublés de la vie qui, le jour, sont exemplaires et qui, la nuit, exhument des cachettes les photographies empreintes de leur bestialité comme de vieux séducteurs ressortent des tiroirs les portraits écornés de conquêtes bafouées. Il y a enfin ceux qui ont mis fin à leur cauchemar en se donnant la mort. J'étais soldat allemand pendant la grande guerre et ma défaite fut une défaite de soldat. Aus yeux du Monde et de l'Histoire, la seconde guerre a fait de nous tous des bourreaux...
Combien de générations faudra-t-il pour qu'on enlève à l'Allemand cette cagoule ? Je préfère ne pas y penser.
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Videos de Bernard Tirtiaux (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bernard Tirtiaux
Inauguration du vitrail de l'église de Ghlin, le 20 décembre 2015
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