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EAN : 9782226159946
215 pages
Albin Michel (07/09/2005)
3.08/5   13 notes
Résumé :
Après avoir longtemps inspiré la méfiance, les émotions apparaissent aujourd'hui comme un ultime refuge et un gage d'authenticité : il faut « faire ce qu'on ressent » et « ressentir ce qu'on fait ». Soit... mais si nos émotions nous trompaient ?
Il y en a que nous nous cachons à nous-mêmes, d'autres que nous nous interdisons d'éprouver parce que nous en avons un jour reçu l'ordre, et d'autres encore que nous croyons les nôtres, mais qui ont été introduites en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
LeBretonRefractaire
  09 janvier 2022
Longtemps tenue à l'écart, nos émotions sont maintenant reconnues.
Mais attention dit Serge : certaines d'entre elles ne nous sont pas personnelles.
En effet, nos émotions témoignent aussi de notre rapport aux générations précédentes.
Le but de ce livre est de repérer ces émotions qui « comme un virus informatique prend le contrôle à l'insu de son propriétaire légitime ».
Des émotions partagées aux émotions retirées.
Il n'est pas rare que dans une famille certaines émotions se retirent d'une personne au moment où elles en envahissent une autre.
Très tôt le bébé ressent les émotions de son entourage : si en essayant de marcher il tombe, il va chercher dans le visage de sa mère ce qu'elle ressent.
Les sentiments peuvent être cachés : pas les émotions.
L'imitation est la clef des apprentissages. Cette capacité est liée à l'existence de neurones miroirs.
Ils sont activés chez tous les êtres humains en train d'en observer un autre.
Le nourrisson peut apprendre certaines actions en les observant chez l'adulte.
Son observation active les circuits qui lui permettront de les activer lui-même.
Le bébé s'accorde aux émotions qu'il voit dessiner sur un visage et il repère aussi la ligne mélodique d'une parole.
Les bébés météorologistes :
Ils scrutent sans cesse le visage de leur mère pour prévoir son humeur.
Il s'agit d'enfant tôt confrontés à des mères capables de déprimer gravement et brutalement.
L'enfant pense que dès que le visage de sa mère se fige, il doit effacer ses propres besoins émotionnels.
Cela donne des adolescents et des adultes très soucieux des réactions de leur interlocuteur : si celui-ci manifeste de l'indifférence, ils se referment.
A une certaine époque, l'éducation faite de violence physique et d'humiliation psychologique avait pour but de rendre les gens sans état d'âme à certains ordres que l'on pouvait leur donner.
Aujourd'hui il s'agit surtout des personnes traumatisées qui vont cliver leurs sentiments : elles raconteront de façon parfaitement calme les pires traumatismes.
Les traumatismes précoces peuvent entraîner la crainte d'effondrement : si à un âge très précoce, un enfant s'est senti lâché par son environnement et a été confronté à une catastrophe intérieure.
Celle-ci a été vécue mais non-éprouvée parce que le bébé n'avait pas l'outillage psychique nécessaire pour le ressentir.
Adulte cela peut entrainer des difficultés relationnelles et notamment au niveau sentimental : une peur de se faire à nouveau abandonner.
On confond parfois les sentiments : exemple la pudeur avec la honte.
La honte est un sentiment terrible car il agit sur les trois piliers qui nous constituent : l'estime de soi, l'estime de ses proches et le sentiment d'appartenance à un groupe dont l'horizon est toujours l'ensemble des humains.
Une femme battue peut avoir honte à part égal avec son agresseur.
Seule la prise en compte de la confusion de honte qu'elles éprouvent pourra leur permettre de s'engager sur un nouveau chemin.
Une façon de se protéger de la honte est de la reporter sur autrui : cela se fait parfois dans les familles ou un enfant devient l‘objet de honte.
Pour un enfant, l'équilibre psychique de ses parents est tellement important qu'il est prêt à se sacrifier.
De telles situations prennent souvent fin à l'adolescence.
L'humour est une façon de se libérer de sa propre honte.
Une troisième façon de lutter contre la honte est de faire preuve d'une ambition démesurée.
Une honte de soi (un jeune homosexuel) peut être transformée en une honte pour sa famille (trop traditionnelle).
Une honte acceptable, dicible, peut en cacher une autre qui peut en cacher encore une autre : honte de son origine sociale qui cache une scène ou le père essaie de tuer la mère qui cache la honte qu'inconsciemment ce soient ce que l'on voulait…
La tyrannie des émotions prescrites :
C'est par exemple un parent qui impose à son enfant de se réjouir dans une circonstance que lui trouve pénible.
Les émotions de proximité : l'enfant s'aligne sur les débordements émotionnels que manifeste l'adulte…
Si la métaphore de l'effraction correspond aux émotions prescrites, la métaphore de la contrebande va bien aux émotions de proximité car en effet cela se fait souvent à l'insu de l'adulte.
Serge utilise l'image du ricochet pour parler d'un secret douloureux sur la descendance.
Depuis longtemps il a été remarqué qu'une tranche de vie gardée secrète à une génération peut perturber les suivantes.
Dans la tradition médiévale, il y a les fantômes et les revenants.
Les revenants : ceux sont des personnes mortes récemment qui n'ont pas été enterré selon les rituels de deuils habituels.
Ils reviennent quand il y a des pactes secrets des connivences : ces liens même la mort ne peut les rompre.
Les fantômes eux non aucune attache avec les vivants auxquels ils s'adressent.
En psychologie, c'est la même chose : le revenant est la personne que nous connaissons. C'est souvent sous la forme de pensée obsédante ou de rêves à répétition.
Les fantômes de l'inconscient :
Un enfant « sent » un secret que l'adulte ne peut exprimer : il se crée un fantôme pour boucher le « trou »
Serge donne l'exemple d'un enfant dont le père ne parle jamais de la guerre : il se dit qu'i est comme lui ce dont il ne parle pas c'est ce dont il a honte, il a donc dû commettre des actes horribles or pas du tout c'est parce qu'il perdu ses meilleurs amis qu'il n'arrive pas à l'exprimer.
Il est très difficile d'identifier un fantôme contrairement à un revenant.
Mieux vaut donc chercher le revenant de la génération précédente…
Le fantôme est d'autant plus difficile à démasquer que parfois il prend la forme d'un symptôme.
Un enfant à qui on cache un secret risque de perdre toute curiosité.
Plutôt que de transmission, Serge préfère parler d'influence (cela inclue l'environnement et toute la part d'inconscient).
Ces émotions qui nous troublent :
Un enfant qui ne s'autorise jamais à penser du mal de ses parents soit parce qu'ils sont trop autoritaires et que même en penser il a peur d'être puni, soit parce qu'il a un parent fragile auquel il n'ose s'opposer.
Ces enfants sont souvent fragiles et soumis et le reste souvent à l'âge adulte.
Serge parle ensuite des désirs qui dans notre société ne peuvent-être exprimé (il fait d'ailleurs la distinction entre désir et souhait : un désir n'est pas forcément réaliste ou réalisable).
Autant un enseignant peut parler de son envie de mettre une claque à un élève, exprimant un désir de violence que tout le monde trouvera bien compréhensible. Un même enseignant s'il exprimait un désir sexuel pour un élève risque la prison. Par peur de la pédophilie, on nie des désirs qui existent : les publicitaires qui exhibent des lolitas l'ont bien compris.
En niant des désirs qui peuvent exister (et qui ne sont pas répréhensibles s'ils ne sont pas suivis d'actes) des adultes ont parfois des comportements hyper-rigides ou sont mal à l'aise…
Un enfant ne souhaite jamais une relation sexuelle avec un adulte, même s'il la désire sauf s'il a déjà été abusé.
La loi est importante et les sanctions aussi car elle permet à des personnes d'en rester au désir sans passer à l'acte. Par contre qu'ils ai un lieu pour parler de ses désirs est utile car s'ils font comme s'il n'existaient pas, ils risquent d'être submergé…c'est le rôle des personnes travaillant dans le champ médico-social que de dire que le désir est permis mais que le faire est interdit.
Ensuite Serge tire à boulets rouges et avec une certaine mauvaise foi sur la résilience qu'il voit comme une mode et un terme fourre-tout romantique à destination du grand public. J'y vois une guéguerre entre psychanalystes et autres thérapeutes. Boris Cyrulnik parle d'ailleurs des visions parfois dogmatiques de certaines disciplines et Serge l'illustre bien. C'est dommage car le reste est très intéressant.
Il conclue en disant qu'il faut bien regarder nos émotions : sont-elles bien les nôtres. Il n'est jamais trop tard pour comprendre comment l'on fonctionne.
Interroger l'histoire familiale peut apporter quelques réponses à nos agissements…
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bdelhausse
  03 novembre 2017
Serge Tisseron a joué à l'animal médiatique pendant pas mal d'années. Il semble être moins présent dans les médias maintenant. Ses nombreux passages à la télévision pourrait avoir donné de lui l'image d'un homme consensuel, ouvert, aimable... ce qu'il peut sûrement être. Mais il est surtout et avant tout psychiatre.
Et cet ouvrage le rappelle de manière assez claire. Car tout problème, tout traumatisme passe par une analyse, longue, très longue, un travail sur soi avec son thérapeute, qui peut prendre des années (sic).
C'est le grand message de ce livre, et sans doute d'un grand nombre d'autres ouvrages de l'auteur.
Il part d'un constat: nos émotions ne sont parfois pas les nôtres. Nous nous leurrons et empruntons des émotions et des vécus qui sont ceux de nos parents ou des notre famille au sens large. Serge Tisseron mentionne d'ailleurs très brièvement le concept de constellation familiale puis l'abandonne ensuite.
Un traumatisme subit par un parent peut nous heurter et être intégré comme si nous l'avions vécu. de même nous pouvons transmettre un traumatisme à nos enfants... Serge Tisseron aborde quatre traumatismes: la honte, la culpabilité, l'agressivité et la sexualité. Je fais court...
Le malheur est que la démonstration de l'auteur est bancale. Il s'étend bien davantage sur la honte et l'agressivité (mais déjà dans une mesure moindre) que sur les deux autres traumatismes. Car il a longuement travaillé sur la honte. Il se cite abondamment, d'ailleurs.
Au passage, l'auteur taille des croupières aux partisans de la résilience... sans vraiment étayer ses propos, sans montrer clairement le lien avec son propos à lui et sans réellement dire ce qu'il propose à la place, sauf une bonne thérapie longue et coûteuse dans son cabinet.
Les exemples sont assez peu nombreux et plusieurs sont tirés d'oeuvres littéraires ou cinématographiques, ce qui est perturbant. Et quand on aborde la question de la guérison, on revient à la thérapie psychiatrique d'une part, et à la communication d'autre part... C'est assez cliché finalement. Parler à ses enfants, calmement, posément, sans drama sans pathos... ou aborder des questions épineuses avec ses parents pour éliminer le traumatisme sans le revivre... c'est logique. Mais Serge Tisseron enveloppe le tout d'une structure psychiatrique (il semble freudien dans ses références). Bref rien de bien neuf. Et rien qui soit de nature à aider les gens dans leurs décisions, douloureuses et difficiles, au quotidien.
Au final, le titre annonce une promesse non tenue. On passe en revue quelques émotions, et on a pas mal de choses dites sur les mensonges apportés par nos émotions. Et quant à avoir des solutiouns, des pistes pour sortir de tout cela, nada ou presque. Bref, moitié du contrat rempli.
On pourra aussi déplorer la couverture où l'on voit (dans l'édition originale) une femme pleurer... est-ce donc là tout ce que suggère le sujet du livre? Emotions = femme qui pleure? Pas terrible, àmha.
Reste que ce livre, sous des dehors très larges, s'adresse à un public de connaisseurs et de spécialistes, pas de curieux ou de néophytes. On n'est pas dans la vulgarisation. Les traumatismes dont parle Serge Tisseron, ce sont des viols, des incestes, des violences répétées sur enfants, le passage dans des camps nazis... ce n'est pas juste avoir mangé des épinards à la cantine ou avoir été obligé d'aller chez mémé les samedis après-midis... Cela entraîne que le livre est clairement pour un public averti, selon l'expression consacrée.
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Bafie
  22 septembre 2018
Dans la première partie, Serge Tisseron nous parle des émotions de proximité (que l'on ressent parce qu'un proche nous les communique à son insu) et des émotions prescrites (émotions qui nous sont imposées), ce sujet est intéressant, j'ai cependant regretté que cette analyse reste théorique, pas d'invitation à l'introspection, d'outils pour le lecteur.
Plus loin dans le livre lorsque Serge Tisseron parle de la résilience, on est en plein conflit d'école…et là franchement, j'ai trouvé cela ennuyeux.
Intéressant intellectuellement, ne permet guère un travail de développement personnel.
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MurielKA
  13 septembre 2016
Chaque chapitre développe une argumentation en s'appuyant sur de multiples exemples concrets. Il semble difficile de ne pas se reconnaître dans certaines situations décrites, même si j'ai trouvé le mécanisme parfois un peu simple ou systématique.
Par moments, j'avais l'impression qu'une émotion pouvait être totalement influencée par celle d'autrui. Néanmoins, je trouve intéressante l'idée de creuser l'histoire familiale, parfois lointaine, pour mieux comprendre ses propres émotions ou réactions récurrentes. J'ai trouvé le style accessible, plus facile à lire par exemple que Winnicott.
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Mimimelie
  16 avril 2013
L'auteur nous examine les mécanismes qui nous font nous approprier des émotions qui ne nous appartiennent pas, et expose les moyens d'éviter cette appropriation. Intéressant, mais assez pesant à lire, surtout au moins la première moitié du bouquin où il est surtout question de la honte.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
bdelhaussebdelhausse   26 octobre 2017
Les décharges émotionnelles incontrôlées de ceux qui rompent le silence sont souvent impressionnantes, et quiconque s'y lance risque d'en accabler ses interlocuteurs. Malheureusement, le silence total ne vaut guère mieux... (p.115)
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bdelhaussebdelhausse   03 novembre 2017
Nous souvenir de nos hontes, les revendiquer et les assumer est la seule façon d'éviter qu'elles ne retombent sur nos enfants. (p.198)
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bdelhaussebdelhausse   03 novembre 2017
Nommer la honte est non seulement important pour l'identifier, mais aussi pour lui assigner une place dans notre passé. (p.196)
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Videos de Serge Tisseron (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Serge Tisseron
Une collection de petits romans illustrés qui traitent avec humour de sujets de société pour favoriser le vivre ensemble. Des romans courts à lire en autonomie ou en collectif. Des histoires proches du quotidien des élèves qui mettent en scène une bande de copains attachants, auxquels les enfants peuvent facilement s'identier.
Un guide pédagogique avec des pistes claires pour : * travailler la compréhension générale du roman (qui, quoi ; lexique ; inférences, traits d'humour) ; * aborder une notion d'EMC, s'interroger et trouver des solutions ; * mener un projet collectif.
32 pages Format : 13 x 19 cm
Une courte interview d'un·e spécialiste permet de cerner les enjeux de chaque sujet abordé. Ainsi, Laure Reynaud a répondu à nos questions sur l'échec et la confiance en soi, Amandine Berton-Schmitt sur l'égalité filles-garçons, Philippe Croizon sur le handicap, Serge Tisseron sur nos comportements face aux écrans, Pascale Fischbach sur lien intergénérationnel et Thierry Lenain sur le racisme.
Retrouver les 6 titres :
Juliette fait équipe avec M. Lebrun : https://www.editions-retz.com/materiel-scolaire/education-civique/quartier-libre-cecm-juliette-fait-equipe-avec-m-lebrun-pack-de-5-ex-9782725641003.html
La bande affiche ses couleurs : https://www.editions-retz.com/materiel-scolaire/education-civique/quartier-libre-cecm-la-bande-affiche-ses-couleurs-pack-de-5-ex-9782725640983.html
Nadir veut devenir sage-femme : https://www.editions-retz.com/materiel-scolaire/education-civique/quartier-libre-cecm-nadir-veut-devenir-sage-femme-pack-de-5-ex-9782725638478.html
Nathan a des super pouvoirs : https://www.editions-retz.com/materiel-scolaire/education-civique/quartier-libre-cecm-nathan-a-des-super-pouvoirs-pack-de-5-ex-9782725638492.html
Alex a peur de réciter sa poésie : https://www.editions-retz.com/materiel-scolaire/education-civique/quartier-libre-cecm-alex-a-peur-de-reciter-sa-poesie-pack-de-5-ex-9782725638515.html
Lisa disparaît dans son écran : https://www.editions-retz.com/materiel-scolaire/education-civique/quartier-libre-cecm-lisa-disparait-dans-son-ecran-pack-de-5-ex-9782725638539.html
Et pour découvrir la collection, un pack de 4 titres + le guide pédagogique (Nadir, Nathan, Alex et Lisa) : https://www.editions-retz.com/materiel-scolaire/education-civique/quartier-libre-pack-de-4-titres-en-1-ex-guide-pedagogique-9782725638546.html
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