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EAN : 9781090424013
Lunatique (30/11/-1)
4.45/5   10 notes
Résumé :
Elle n'a peut-être pas de nom, mais elle ne manque pas de personnalité. Difficile en effet d'oublier ses os pointus et ses mots affûtés de môme grandie trop vite dans un monde à vau-l'eau où règne le chacun pour soi, sur fond de béton et de tétons.
Une écriture pleine de suaveur, désenchantée et toute en grâce, pour nous conter les aventures impur'diques d'une jolie blondinette au pays du réel.
Comment vouloir marcher droit quand tout va de travers autou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
philonnet
  26 novembre 2017
A lire les points de vue de lecteurs qui précèdent cette critique, on pourrait croire que le roman de Marlène Tissot est simplement le récit édifiant d'une enfance et d'une adolescence difficiles, attestant à la fois de la souffrance et de l'impossibilité de s'arracher la misère d'une donne initiale, où l'on peut comprendre que tout est dit du futur de la narratrice, puisqu'il ne sera que la réplique de l'histoire dont elle est l'héritière et la victime. Si ce n'était que cela, nous serions dans un avatar de roman noir, moins larmoyant que les « Deux orphelines » et non moins désespérant que « le Pain noir… » Bref du déjà vu, édifiant certes, mais sans plus.
Mais voila : c'est un roman, un vrai.
Fidèle à ma règle, je l'ai relu trois fois. Et ce texte supporte l'épreuve, d'autant plus que la conduite de récit nous y invite. Il faut la penser à la manière d'un « jeu de l'oie ».
J'ai donc fait en lecteur soumis, une première lecture dans l'ordre, je veux dire dans l'ordre du « maillage » arrêté par l'auteure
Puis une seconde lecture, pas très originale, puisque j'ai suivi l'ordre chronologique (huit ans, neuf ans etc… jusqu'à 19ans, en « détricotant » l'ordre voulu par Marlène Tissot.
Enfin, une troisième lecture, aléatoire car chacun peut inventer son parcours. Personnellement j'ai choisi une lecture en continu des petits textes en frontispice de chaque chapitre. Ce n'est pas sans rappeler les résumés liminaires que l'on trouvait en tête de chapitres dans les romans anciens… « où l'on apprend que… etc. » Ces petits textes, présentés en écriture scripte créent un effet de distanciation poétique par rapport au récit.
Voila une leçon de littérature. Car ce n'est pas un récit factuel d'une enfance malheureuse. C'est encore moins une autobiographie, rien ne nous permet d'affirmer qu'il s'agit d'un vécu. Et si c'était le cas, il s'agit plus d'une réappropriation par l'écriture d'une histoire vécue (par une narratrice imaginaire ? par l'auteure ? Nous n'en saurons rien, et peu nous importe : nous n'avons que ses mots) ou imaginée qui sonne comme une résilience :
« Tu m'as donné ta boue, et j'en ai fait de l'or »
La dernière « didascalie-titre" de l'ultime chapitre du roman nous en fournit la clef :
« le goût de liberté des premières
nuits passées dehors
les étoiles qui pétillent
sur la chevelure noire du ciel
la caressedu vent
et cette petite sensation de jouissance
en se disant qu'on ne laissera plus jamais
jamais personne
nous dire ce qu'on doit faire » (p. 145)
Maille « à l'endroit, maille à l'envers » ça marche.
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MarianneDesroziers
  21 septembre 2013
L'héroïne de Marlène Tissot (qui n'a pas de nom) est mal partie dans la vie et autant le dire tout de suite, il n'y aura pas de miracle. Elle est née par accident de parents trop jeunes, trop pauvres… peut-être trop égoïstes pour bien l'élever. Adolescente paumée, brinquebalée au gré des déménagements des parents. Père qui boit et mère volage qui tombe amoureuse tous les quatre matin. C'est la perte de l'innocence (une innocence toute relative puisque l'héroïne a été privée d'enfance) qui est évoquée dans cette histoire.
Les adultes dans ce roman sont tous pires les uns que les autres : au mieux ils sont faibles et en grande souffrance, au pire ils sont vicieux et veulent profiter de la jeune fille. Quand il y en a un qui veut l'aider (comme son voisin) elle n'écoute pas ses conseils, ne se laisse pas aider et n'en fait qu'à sa tête.
Peu d'espoir dans ce roman d'une grande noirceur mais peut-on le lui en faire le reproche ? La vie semble parfois s'acharner sur certains êtres et je ne pense pas qu'un livre doive obligatoirement finir sur un happy end.

L'écriture de Marlène Tissot emporte tout sur son passage, sans effets de manche superflus, elle sonne terriblement juste et le lecteur est pris par cette histoire très émouvante.
Un roman qui m'a fait penser à un autre très bon livre sur l'adolescence : "Muette" d'Eric Pessan, lu il y a quelques jours.
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marie-ded
  21 novembre 2013
Mailles à l'envers
De Marlène Tissot (Lunatique)
Un roman que l'on ne peut oublier après avoir suivi l'enfance et l'adolescence de l'héroïne.
Une enfant non désirée, des parents trop jeunes et immatures, une gamine qui grandit et qui responsabilise. Est-ce sa faute si ses parents ne sont pas bien dans leur vie et dans leur tête ?
Elle se remet en question très souvent et un jour, elle n'a que 15 ans et… elle doit prendre une décision d'adulte.
Cela la marquera tant qu'elle fera des cauchemars, elle qui déjà n'était pas bien, va sombrer doucement dans la même vie que ses parents, pire sans doute, car elle prend tout en charge et voudrait disparaitre.
Très émouvant récit sans sensiblerie, d'une enfance fichue. C'est ainsi que j'ai compris ce roman.
J'ai bien aimé aussi son écriture simple, jeune et très directe.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
unpointctoutunpointctout   24 mars 2012
Il restait trois semaines avant la rentrée scolaire. C’est long trois semaines parfois. J’avais personne avec qui jouer. Il n’y avait rien à faire et nulle part où aller. On logeait dans un minuscule appart’ à côté d’une usine d’engrais chimiques. Les heures tournaient au ralenti, et je passais le plus clair de mon temps enfermée dans ma chambre à pleurer. Puis un soir papa est rentré avec une télé. Il y a pas à dire, ça aide à tuer le temps, toutes ces conneries qui défilent sur l’écran ! J’ai même pas vu la fin des vacances arriver.
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unpointctoutunpointctout   24 mars 2012
Il y avait tellement d’histoires dans ma tête que ça faisait des noeuds avec le réel. Des embrouilles. Des cafouillages. Et la maîtresse finissait par convoquer papa et maman parce que c’était bien beau de passer son temps à rêver, à jouer à la marelle sur la lune, à sauter à la corde sur la crête des vagues, mais après on finissait par oublier les choses-importantes-pour-les-grands. Comme le carnet de notes au fond du cartable. Et, un beau matin, on se retrouvait à imiter la signature de papa, planquée dans les toilettes de l’école.
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unpointctoutunpointctout   24 mars 2012
Ils ont arraché une boucle. Mon oreille en sang. Je ne leur ai pas laissé le temps de choper la deuxième. Cogner ces morveux. J’essuyais les coups autant que j’en distribuais. C’était comme si leurs petits poings ne me blessaient pas. J’étais Wonder Woman dans son short étoilé. Je sortais mon fouet et je leur atomisais la gueule avec grâce et férocité. Les gamins ont fini par se barrer en m’envoyant des insultes. J’avais sauvé une boucle d’oreille en toc. J’avais surtout perdu pas mal d’illusions.
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unpointctoutunpointctout   24 mars 2012
Ce matin-là, j’étais partie prendre mon bus, comme d’habitude. Au bout de la rue, juste après l’usine d’engrais chimiques. Parfois il y avait un gars ou deux dehors, en train de fumer une clope. Ils disaient « bonjour ». Je répondais « bonjour ». Il n’y avait pas grand monde qui passait par là. Ça puait la merde à cause des engrais. Mais ça n’empêchait pas la politesse.
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unpointctoutunpointctout   24 mars 2012
On se faisait souvent couper l’électricité. Même en hiver. C’était encore autorisé à l’époque. J’ai été virée temporairement de la cantine pour cause d’impayés. En cours, il me manquait la moitié du matos et des livres dont j’avais besoin. Mais il y avait un toit au-dessus de nos têtes et de quoi remplir les assiettes. On survivait. On tendait le dos. On se doutait bien qu’on était juste planqués dans un repli de la panse du monstre. En sursis.
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