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EAN : 9782265144163
272 pages
Éditeur : Fleuve Editions (09/01/2020)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Laurence rêve d’un grand voyage depuis de nombreuses années mais son mari manque de confiance en lui pour l’emmener à l’autre bout du monde. Et puis surtout, elle a deux petites filles et un père gravement malade. Alors, pour s'évader et se ressourcer, elle court chaque vendredi à heure fixe, selon un rituel immuable.

Ce jour-là, pourtant, une rencontre inattendue l'attend...

C'est donc par un matin ordinaire que le destin de Laurence v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
  10 janvier 2020
Publié dans un premier temps chez Libri Nova, le roman de Marjorie Tixier est édité en ce début d'année par Fleuve Noir. Une reconnaissance méritée pour cette histoire construite et racontée de façon originale et attachante.
Dans les premiers chapitres, l'auteur présente les personnages, leur mode de vie, leurs craintes, leurs doutes et leurs interrogations. Elle laisse à penser que sous le bonheur assumé, des cadavres se cachent dans les placards. le style est clair précis mais laisse planer une ombre…
Laurence est infirmière et court une fois par semaine ses écouteurs aux oreilles
« Me voilà devant cent mètres de ligne droite, c'est comme un sorbet après un repas trop copieux. Mes jambes se détendent, mon rythme cardiaque ralentit. »
Charles, le père de Laurence souffre de la mort de son épouse Anne :
« (…) jusqu'à preuve du contraire, je crois que personne n'a encore jamais pensé à inventer les cercueils à deux places. Il y a bien des lits à deux places. »
Annie la plus jeune fille de Laurence découvre le monde des adultes
« Un jour, j'ai vu une émission à la télé où une dame cuisinait de petits oiseaux à la chair tendre, des ortolans, je crois. Elle les mangeait ensuite, comme ça, en entier. Elle gobait l'oisillon après l'avoir trempé dans la sauce, ça coulait sur son menton, c'était dégueu ! »
Edmond le père n'en revient pas encore d'avoir épousé Laurence
« Quand Laurence a bien voulu m'épouser j'ai cru qu'elle avait fait une erreur dont elle s'apercevrait très vite. Elle n'a pas changé d'avis, m'a donné deux filles, est restée la même, toute de douceur, jamais triste, juste pensive, parfois, aspirée par un rêve, un rêve de voyage probablement. »
Sans rien dévoiler de l'intrigue, tout au long de la lecture on sent qu'un drame va se produire en suivant la joggeuses dans la forêt…
D'autres éléments viennent confirmer ce sentiment :
Thérèse, la voisine, épie Laurence de sa fenêtre, un rien de nostalgie dans la tête
« Quand je m'installe, à midi pile, pour dîner (parce que moi, c'est comme ça que je dis les choses), ma poitrine se pose naturellement sur le rebord de la table. Mes seins sont ma serviette, dans quelques années, ils deviendront mon bavoir. »
Jérôme, un flic de la ville fait son boulot avec conscience.
« On est trois dans la voiture, tous en uniforme pour l'escorter. On traverse la ville, deux villages et un bout de forêt avant d'arriver au grand pré. Je connais bien le secteur, j'y passe quand je cours. C'est une prairie avec vue plongeante sur la ville et le lac. »
Claude, le banquier est sûr de lui
« J'étais mignon, si mignon qu'elles craquaient. Si j'avais eu un maître, il m'aurait fallu encore plus d'adresse pour retomber sur mes pieds, mais ça ne m'est jamais arrivé. »
La suite du récit confirme le sentiment du lecteur.
Marjorie Tixier aborde un sujet qui a fait souvent la une de l'actualité. Son récit est précis, juste, crédible sans excès. Elle décrit la lutte d'une femme pour recouvrer son intégrité physique et psychologique après une agression dont elle subit les séquelles longtemps après. le rôle de la famille est également présenté avec justesse.
La justesse de ton, une grand qualité de ce roman qui pour une première tentative sur un sujet sensible est une réussite.
A lire absolument.

Lien : https://camalonga.wordpress...
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sab02
  20 février 2020
Tout d'abord, merci à Babelio et aux éditions Fleuve pour l'envoi de ce livre dans le cadre d'une opération masse critique.
Laurence est une femme comme beaucoup d'autres, investie dans son travail et dans sa vie de famille. Mais pour rien au monde, elle renoncerait à cette heure de liberté durant laquelle elle va courir et libérer son esprit de tous les tracas du quotidien. Mais ce matin-là, pourtant semblable à tous les autres, un évènement va bouleverser sa vie et les gens qui l'entourent.
Je n'ai eu aucun mal à entrer dans l'histoire car la construction du récit est très agréable. C'est en effet un roman choral et l'histoire est donc racontée du point de vue de chacun des personnages. C'est cet élément qui fait la force de ce livre. Cela accentue le côté intrigant et mystérieux de l'histoire. Car en effet, en ce qui concerne l'histoire à proprement parlé, après quelques interrogations dans les 50 premières pages du roman concernant ce fameux évènement qui a touché le personnage principal, Laurence, j'ai vite deviné de quoi il retournait. Cela n'enlève en rien le côté bouleversant du récit mais je m'attendais à autre chose.
L'écriture est fluide et agréable et c'est très prometteur pour la suite quand on sait que c'est le premier roman de l'auteure. A suivre donc.
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Nadael
  07 février 2020
Rituel immuable, comme chaque vendredi matin, Laurence va courir. Un moment doux, une parenthèse apaisante. Un temps pour elle, une respiration. Une musique douce dans les oreilles, la forêt, ses parfums. Loin de toute agitation, dans sa bulle, elle avance. Des pas de côté pour oublier son travail prenant d'infirmière, la routine familiale, son père malade, des foulées pour rêver à la baie de Valparaiso – un voyage fantasmé, idéal, mais impossible car son mari a une peur panique de l'avion. D'ailleurs ce dernier, de nature anxieuse, n'aime pas savoir sa femme seule dans la forêt. Tout comme leur voisine, dont Laurence devine la silhouette derrière le rideau de sa fenêtre. À les écouter, le danger est partout… mais Laurence chérit trop cette échappée belle. Pourtant, ce matin-là ne sera pas ordinaire. Sur son chemin, un inconnu se dressera. Un homme. Un monstre. Ce matin-là, rien ne sera plus jamais comme avant. Touchée, abîmée, meurtrie au plus profond de son intimité. Des sentiments mêlés d'horreur de tristesse de honte de peur… Elle refusera de porter plainte ; elle sait bien que cela ne servira à rien. Elle en a vu souvent des femmes dans sa situation, à l'hôpital. Et puis pour préserver ses filles aussi, elle se taira. Elle cheminera vers la résilience, mais à quel prix?
Judicieusement, Marjorie Tixier a tissé cette histoire de plusieurs fils, de plusieurs voix. Ainsi tour à tour, le mari, les enfants, le père de Laurence posent leurs mots leurs ressentis mais aussi la voisine, la femme de l'agresseur, l'agresseur lui-même. Et de ces voix s'élève l'histoire de chacun avec ses fêlures, ses travers, ses angoisses, ses vertiges. Une lecture éprouvante mais éclairante.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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elleaimelire
  04 octobre 2018
Par un vendredi matin ordinaire, Laurence part courir près de chez elle. Chaque vendredi, écouteurs dans les oreilles, elle emprunte le même chemin, à la même heure. Chaque vendredi, elle termine ce parcours à la même heure. Elle en a besoin, cela fait partie de ses rituels réconfortants. Mais ce vendredi-là, elle va faire une mauvaise rencontre.
Un matin ordinaire est un roman choral : il est composé de plusieurs parties, plusieurs voix et cela fait vraiment la force de ce livre. Tour à tour, on entend les points de vue de Laurence, de sa voisine, de son mari, de son père, de ses filles... A chaque partie, on entre vraiment dans la tête du personnage qui prend la parole. On se méfie de certains, on ressent de l'empathie pour d'autres. On s'attache aussi, notamment aux deux filles de Laurence qui ont chacune deux personnalités complètement opposées ; l'aînée est très réservée, se contente de peu et se réfugie dans les livres tandis que la cadette croque la vie à pleine dents.
La première version de ce roman s'intitulait Emmène-moi à Valparaiso. En effet, le moteur de Laurence est l'envie de voyager, de découvrir le monde, alors qu'à l'inverse, son mari se complaît dans la routine. Cette envie d'ailleurs sera peut-être le déclencheur d'une renaissance après cette épreuve.
Le style de Marjorie Tixier est très agréable à lire, très addictif même. On tourne les pages, on enchaîne les parties on veut savoir. Laurence arrivera-t-elle à surmonter cette épreuve ? Malgré tout, vers le milieu du roman, le rythme ralentit, on s'ennuie un peu, on est dans l'attente. Mais on continue la lecture et on ne regrette pas !
Un matin ordinaire est un roman de l'espoir, un roman psychologique qu'on pourrait même qualifier de thriller. L'écriture de Marjorie Tixier ne laisse pas indifférent et est très prometteur. Un livre à découvrir !
Merci aux éditions Librinova.
Lien : https://ellemlireblog.wordpr..
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FabDef95
  26 février 2020
Un matin ordinaire est le premier roman de Marjorie Tixier. D'abord auto-édité sur la plateforme Librinova, ce roman est maintenant disponible chez Fleuve Éditions, voilà qui n'est pas ordinaire !
Le vendredi matin est un moment spécial pour Laurence. Un moment de liberté volé à son quotidien, entre son travail d'infirmière, l'éducation de ses filles, l'attention qu'elle porte à son père malade et à Edmond, son mari. Chaque vendredi, Laurence part courir en forêt, et rêve aux voyages qu'elle n'a pas encore entrepris, aux mots qu'elle devrait dire à son mari pour qu'il la regarde à nouveau. Mais ce jour-là, Thérèse, sa commère de voisine, ne voit pas Laurence revenir de sa course. Les minutes passent. Paniquée, Thérèse prévient Edmond qui appelle la police. La disparition de Laurence n'est pas jugée préoccupante. Avec une heure de retard, elle finit par réapparaître. Mais elle n'est plus la même, sa vie a basculé. Puisant au fond d'elle-même, Laurence va devoir réapprendre à faire confiance aux autres. Pour enfin croire à un nouveau matin.
Un matin ordinaire est un roman polyphonique. Chaque membre qui compose la cellule familiale de Laurence s'exprime tour à tour sur leurs états d'âme. S'ajoute à leur voix, celle de la voisine. Puis lorsque l'innommable se produit, celle de celui qui fera basculer la vie bien rangée de Laurence et celle du policier viendront compléter ce tour d'horizon. Chacun analyse la situation, confie ses sentiments, ses peurs, ses angoisses, ses espoirs. Les jours, les semaines, les mois s'écoulent. Chaque personnage évolue, leur vision de la vie également. Ils cheminent et le lecteur assiste à cette mutation jusqu'à la résilience.
Un matin ordinaire est un roman très psychologique, parfaitement construit. Il est proche du thriller. Majorie Tixier parvient à accrocher le lecteur dès les premières pages en le faisant entrer dans l'intimité de chacun des personnages. L'auteure prend le temps de nous imprégner de la psychologie de chacun d'entre eux, puis laisse entrevoir que tout peut basculer lorsque l'innommable se produit. Elle nous plonge au coeur des réflexions de chacun. Les points de vue s'enchaînent, nous font prendre conscience de la répercussion qu'un tel drame peut avoir sur une cellule familiale, l'entourage. Les repères volent en éclats. Les uns et les autres sont dévastés. Puis le temps fait son oeuvre. Et vient celui de la résilience.
Un matin ordinaire est parfaitement ficelé. La plume de Marjorie Tixier est fluide, agréable sans être exceptionnelle. de plus et en dépit de la gravité du sujet abordé, Un matin ordinaire est un premier roman agréable à lire, et très instructif quant à la possibilité de vaincre des situations traumatiques.
Lien : https://the-fab-blog.blogspo..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   07 février 2020
« J’étais démoli à la regarder répéter ce même geste. Elle a pris le shampoing, en a renversé une paume pleine et ses cheveux se sont transformés en mousse. Elle gémissait, parlait entre ses dents, pleurait aussi, la douche emportant le savon dans siphon. Je l’ai vu recommencé, le shampoing vidé dans la paume de sa main, les cheveux bulles, la voix un peu plus forte. Elle répétait son nom. Je m’appelle Laurence Vasseur, le shampoing pour la troisième fois dans le creux de la main, je m’appelle Laurence Vasseur, et ainsi de suite jusqu’à ce que la bouteille soit vide et qu’elle empoigne le savon pour se récurer les jambes et le sexe et je m’appelle Laurence Vasseur et le sexe et les jambes. (…) Moi, je pleurais contre la porte. Je la regardais faire, chaque rasade d’eau avait emporté chaque particule de la présence de l’homme qui l’avait violée, mais nous savions qu’il faudrait plus que de l’eau et du savon pour en venir à bout. »
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rkhettaouirkhettaoui   17 août 2018
La violence laissait des traces, trop de traces. La maîtresse n’osait même plus me punir, au cas où. Elle disait à mes parents que tout allait bien, que j’étais mignon et bien sage pendant que moi, je la faisais tourner en bourrique à longueur de journée. Ça m’a donné de la force, la force de me battre, struggle for life, climb up the social ladder, ou quelque chose dans le genre que j’ai retenu des cours d’anglais parce que c’est ce que je voulais pour moi.
Une autre vie, ailleurs, loin de toute cette merde.
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rkhettaouirkhettaoui   17 août 2018
À part courir, je n’ai pas de passion. Tout en moi est dévoué, offert, surtout pour Julie, mon aînée, qui me réclame beaucoup d’attention. Elle craint toujours que je ne l’oublie, pourtant jamais je ne l’ai laissée de côté, jamais je ne l’ai négligée, mais toute ma tendresse va pour Annie, allez savoir pourquoi je la préfère. Il paraît qu’une mère reste plus attachée au dernier de ses enfants qu’elle estime avoir toujours à protéger. Annie n’a pourtant pas besoin de moi.
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rkhettaouirkhettaoui   17 août 2018
Elle ne bavarde jamais, n’oublie jamais rien et tout le monde dit qu’elle est sage comme une image. Rire ne fait pas partie de son vocabulaire, s’amuser non plus. Moi, je préfère avoir des punitions, manger des bonbons et faire passer des petits mots en cachette pour faire pouffer mes copines. Avec Julie, ça ne marche pas, elle ne rigole jamais, c’est même tout le contraire.
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rkhettaouirkhettaoui   17 août 2018
J’aurais pu, comme Laurence, passer le bac et tout le tralala. J’aurais pu lire, lire, lire en douce comme Julie même si mon père refusait de me prêter ses livres neufs de peur que je ne les salisse. J’ai préféré travailler, gagner ma vie le plus tôt possible pour ne rien avoir à demander. Pour ça, rien de tel que le bâtiment. J’aurais voulu partir loin, disparaître du jour au lendemain, mais je n’arrivais pas à laisser maman, alors je suis resté dix ans à végéter sous le regard noir de mon père. Je lui ai versé plus des trois quarts de mon salaire pour rester là, travailler six jours par semaine, sortir avec les collègues le samedi soir et jouer au ball-trap le dimanche après-midi.
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Videos de Marjorie Tixier (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marjorie Tixier
Lauréat du prix Nos lecteurs ont du talent et publié chez Chemin vert éditions en livre numérique, "Emmène-moi à Valparaiso" est le premier roman de Marjorie Tixier. En savoir plus : http://bit.ly/1MjNAsu Feuilleter un extrait : http://bit.ly/1HpPSt2
Ce matin-là, comme tous les vendredis, Laurence s'évade une heure pour courir dans la nature et laisser ses pensées divaguer librement. Pendant ce temps, ses proches pensent à elle et à leur propre vie : sa voisine, son père qui l'attend à l'hôpital, son mari, sa fille. Ce serait une journée ordinaire si Laurence ne faisait pas une rencontre inattendue en pleine forêt...
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