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EAN : 9782265144163
272 pages
Fleuve Editions (09/01/2020)
3.97/5   64 notes
Résumé :
Laurence rêve d’un grand voyage depuis de nombreuses années mais son mari manque de confiance en lui pour l’emmener à l’autre bout du monde. Et puis surtout, elle a deux petites filles et un père gravement malade. Alors, pour s'évader et se ressourcer, elle court chaque vendredi à heure fixe, selon un rituel immuable.

Ce jour-là, pourtant, une rencontre inattendue l'attend...

C'est donc par un matin ordinaire que le destin de Laurence v... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
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SZRAMOWO
  10 janvier 2020
Publié dans un premier temps chez Libri Nova, le roman de Marjorie Tixier est édité en ce début d'année par Fleuve Noir. Une reconnaissance méritée pour cette histoire construite et racontée de façon originale et attachante.
Dans les premiers chapitres, l'auteur présente les personnages, leur mode de vie, leurs craintes, leurs doutes et leurs interrogations. Elle laisse à penser que sous le bonheur assumé, des cadavres se cachent dans les placards. le style est clair précis mais laisse planer une ombre…
Laurence est infirmière et court une fois par semaine ses écouteurs aux oreilles
« Me voilà devant cent mètres de ligne droite, c'est comme un sorbet après un repas trop copieux. Mes jambes se détendent, mon rythme cardiaque ralentit. »
Charles, le père de Laurence souffre de la mort de son épouse Anne :
« (…) jusqu'à preuve du contraire, je crois que personne n'a encore jamais pensé à inventer les cercueils à deux places. Il y a bien des lits à deux places. »
Annie la plus jeune fille de Laurence découvre le monde des adultes
« Un jour, j'ai vu une émission à la télé où une dame cuisinait de petits oiseaux à la chair tendre, des ortolans, je crois. Elle les mangeait ensuite, comme ça, en entier. Elle gobait l'oisillon après l'avoir trempé dans la sauce, ça coulait sur son menton, c'était dégueu ! »
Edmond le père n'en revient pas encore d'avoir épousé Laurence
« Quand Laurence a bien voulu m'épouser j'ai cru qu'elle avait fait une erreur dont elle s'apercevrait très vite. Elle n'a pas changé d'avis, m'a donné deux filles, est restée la même, toute de douceur, jamais triste, juste pensive, parfois, aspirée par un rêve, un rêve de voyage probablement. »
Sans rien dévoiler de l'intrigue, tout au long de la lecture on sent qu'un drame va se produire en suivant la joggeuses dans la forêt…
D'autres éléments viennent confirmer ce sentiment :
Thérèse, la voisine, épie Laurence de sa fenêtre, un rien de nostalgie dans la tête
« Quand je m'installe, à midi pile, pour dîner (parce que moi, c'est comme ça que je dis les choses), ma poitrine se pose naturellement sur le rebord de la table. Mes seins sont ma serviette, dans quelques années, ils deviendront mon bavoir. »
Jérôme, un flic de la ville fait son boulot avec conscience.
« On est trois dans la voiture, tous en uniforme pour l'escorter. On traverse la ville, deux villages et un bout de forêt avant d'arriver au grand pré. Je connais bien le secteur, j'y passe quand je cours. C'est une prairie avec vue plongeante sur la ville et le lac. »
Claude, le banquier est sûr de lui
« J'étais mignon, si mignon qu'elles craquaient. Si j'avais eu un maître, il m'aurait fallu encore plus d'adresse pour retomber sur mes pieds, mais ça ne m'est jamais arrivé. »
La suite du récit confirme le sentiment du lecteur.
Marjorie Tixier aborde un sujet qui a fait souvent la une de l'actualité. Son récit est précis, juste, crédible sans excès. Elle décrit la lutte d'une femme pour recouvrer son intégrité physique et psychologique après une agression dont elle subit les séquelles longtemps après. le rôle de la famille est également présenté avec justesse.
La justesse de ton, une grand qualité de ce roman qui pour une première tentative sur un sujet sensible est une réussite.
A lire absolument.

Lien : https://camalonga.wordpress...
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prune42
  19 avril 2021
Comme tous les vendredis matins, Laurence Vasseur va courir une heure en forêt à côté de chez elle. Ce loisir lui permet d'évacuer son quotidien d'infirmière et de prendre du temps pour elle en-dehors de sa famille. Ce jour-là, elle est victime d'une agression sexuelle au cours de son footing. Très durement éprouvée psychologiquement, cette violente agression a des conséquences profondes sur son couple et sa famille car elle devient très angoissée et s'enferme chez elle. L'amour de son mari, ses repères quotidiens seront-ils suffisants pour retrouver une certaine stabilité ?
J'avais entendu parler très positivement de ce roman sur Internet et j'ai eu l'occasion de le trouver à la médiathèque que je fréquente.
J'ai beaucoup apprécié ce roman qui fait alterner les voix des différents personnages, y compris celle du violeur. On voit chaque partie de l'histoire sous leurs yeux et ce procédé permet de mieux comprendre l'histoire de l'intérieur, de pénétrer leur intériorité.
Le drame vécu par le personnage principal est glaçant, en tant que femme on ne peut que trembler pour Laurence, être remplie d'effroi puis de colère contre son agresseur. Ce que Laurence a vécu, c'est notre terreur à toutes et pourtant, il faut avancer, vivre sa vie quotidienne sans se laisser enfermer par cette angoisse.
J'ai trouvé très intéressant que le livre montre qu'un tel drame ait autant de répercussions sur une famille entière, que tout le monde en ressente des conséquences, cela souligne toute la violence subie par le personnage principal, le sentiment de voir sa vie lui échapper des mains et son impuissance totale à y faire face, au moins dans un premier temps.
J'ai trouvé ce roman puissant et vraiment réaliste, à tel point que je me suis demandé où était la part de fiction et la part de réalité ici. Je n'ai pas la réponse à cette question mais si tout a été inventé, c'est vraiment très vraisemblable.
Ce roman est donc difficile par le thème évoqué mais en même temps, l'auteur préserve des moments d'affection et de douceur comme les attentions de son mari pour sa femme après le drame, alors qu'au début, il faut le dire, il n'est pas forcément très sympathique, la présence à distance mais chaleureuse du père de Laurence et cela permet au roman de n'être pas exclusivement noir, tout comme les chapitres plus légers consacrés à la voisine des Vasseur qui apportent un peu d'ironie et d'humour.
Ce livre pourrait s'adresser à un lectorat féminin essentiellement, je pense qu'il peut toucher chacune d'entre nous.
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Fleitour
  01 janvier 2016
Emmène moi à Valparaiso de Marjorie Tixier nous fait partager l'intimité de la famille de Laurence, une infirmière à la vie calme et bien huilée.
Valparaiso c'est le voyage qu'elle imagine tout en parcourant les côtes boisées de son village natal en longues foulées débridées avant d'affronter le stress et ses trop longues journées, journées qu'elle déroule pour mieux anticiper les angoisses d'Annie ou les difficultés du Père.
Je me suis senti instinctivement proche de Laurence, partageant avec elle le bonheur de la course à pied, de voler sur les feuilles de ses sous bois, de revenir fourbu de ses longues escapades et m'attarder à ses émotions, à cette enfance d'orpheline avec un père désemparé.

Curieusement ses pensées se concentrent sur les autres pas sur elle, les autres ce sont les membres de sa famille ses deux filles Annie et Julie son mari Edmond et son Papa malade et encore hospitalisé.
De ce huis clos le personnage d'Edmond est ce lui qui va prendre progressivement la place centrale, rien ne le préparait à vivre ce duo et vivre la vie de cet artisan expert recherché.
Accablé et dévalorisé par un père intolérant et caractériel et une mère étouffée, sa vie de maçon aurait été un long calvaire, sa rencontre avec Laurence va le révéler à lui même.
Le bloc de parpaing qu'il était se transforme en un homme patient, rigoureux, attentifs, sécurisant.
Sensible à ses filles il se pose des questions et trouvera bientôt les bonnes réponses.
Quand survient le drame c'est lui qui va occuper les pensées de Laurence, celui qu'il faut protéger et ne pas décevoir, car c'est le seul qui pourra la comprendre le moment venu.
Beau roman très court comme ceux d'Amélie Nothomb juste l'essentiel qu'il faut capter de cette heure si particulière, en égrenant ces 60 minutes, elle ne cesse de se dire, j'aimerai qu'il me mène jusqu'à Valparaiso, l'ultime désir d'une femme qui cherche encore la certitude de son Amour pour Edmond.
merci encore à Masse Critique de m'avoir glissé ce livre
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Cathy81
  10 mars 2022
Laurence est adepte du jogging qui lui permet de se défouler et de s'évader. Elle cours une heure tous les vendredis matin. Ce rituel lui permet de supporter son quotidien difficile, elle travaille dans un hôpital, son père est gravement malade et elle assure la gestion de son foyer et de ses filles. Elle rêve que son mari l'emmène à Valparaiso, synonyme pour elle de paradis, éblouie par la sonorité du nom...
Thérèse la vieille voisine guette ce rituel tous les vendredis, elle sait exactement quand Laurence part et quand elle revient. Aussi lorsqu'un matin elle ne revient pas, elle appelle le mari de Laurence. Ce dernier prévient la police et part à sa recherche...
Mauvaise rencontre , Laurence va voir son équilibre voler en éclat et devoir surmonter ce traumatisme, pour cela le soutien de son mari est fantastique.
J'ai bien aimé ce roman polyphonique qui traite d'un thème courant, l'agression sexuelle mais qui ne se contente pas de retracer le combat de la victime pour surmonter sa douleur.L'auteur donne aussi la parole aux enfants de la victime mais également à la femme de l'agresseur et à ses enfants. Il est intéressant de voir l'impact qu'a ce crime sur ces deux familles et sur le voisinage car les "dommages collatéraux" sont peu souvent traités. le crime produit un effet "rond dans l'eau" avec plus ou moins de dégât selon la position du personnage et sa place par rapport au point de chute, les ondes se déplacent vite et loin...
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sab02
  20 février 2020
Tout d'abord, merci à Babelio et aux éditions Fleuve pour l'envoi de ce livre dans le cadre d'une opération masse critique.
Laurence est une femme comme beaucoup d'autres, investie dans son travail et dans sa vie de famille. Mais pour rien au monde, elle renoncerait à cette heure de liberté durant laquelle elle va courir et libérer son esprit de tous les tracas du quotidien. Mais ce matin-là, pourtant semblable à tous les autres, un évènement va bouleverser sa vie et les gens qui l'entourent.
Je n'ai eu aucun mal à entrer dans l'histoire car la construction du récit est très agréable. C'est en effet un roman choral et l'histoire est donc racontée du point de vue de chacun des personnages. C'est cet élément qui fait la force de ce livre. Cela accentue le côté intrigant et mystérieux de l'histoire. Car en effet, en ce qui concerne l'histoire à proprement parlé, après quelques interrogations dans les 50 premières pages du roman concernant ce fameux évènement qui a touché le personnage principal, Laurence, j'ai vite deviné de quoi il retournait. Cela n'enlève en rien le côté bouleversant du récit mais je m'attendais à autre chose.
L'écriture est fluide et agréable et c'est très prometteur pour la suite quand on sait que c'est le premier roman de l'auteure. A suivre donc.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   07 février 2020
« J’étais démoli à la regarder répéter ce même geste. Elle a pris le shampoing, en a renversé une paume pleine et ses cheveux se sont transformés en mousse. Elle gémissait, parlait entre ses dents, pleurait aussi, la douche emportant le savon dans siphon. Je l’ai vu recommencé, le shampoing vidé dans la paume de sa main, les cheveux bulles, la voix un peu plus forte. Elle répétait son nom. Je m’appelle Laurence Vasseur, le shampoing pour la troisième fois dans le creux de la main, je m’appelle Laurence Vasseur, et ainsi de suite jusqu’à ce que la bouteille soit vide et qu’elle empoigne le savon pour se récurer les jambes et le sexe et je m’appelle Laurence Vasseur et le sexe et les jambes. (…) Moi, je pleurais contre la porte. Je la regardais faire, chaque rasade d’eau avait emporté chaque particule de la présence de l’homme qui l’avait violée, mais nous savions qu’il faudrait plus que de l’eau et du savon pour en venir à bout. »
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rkhettaouirkhettaoui   17 août 2018
La violence laissait des traces, trop de traces. La maîtresse n’osait même plus me punir, au cas où. Elle disait à mes parents que tout allait bien, que j’étais mignon et bien sage pendant que moi, je la faisais tourner en bourrique à longueur de journée. Ça m’a donné de la force, la force de me battre, struggle for life, climb up the social ladder, ou quelque chose dans le genre que j’ai retenu des cours d’anglais parce que c’est ce que je voulais pour moi.
Une autre vie, ailleurs, loin de toute cette merde.
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rkhettaouirkhettaoui   17 août 2018
À part courir, je n’ai pas de passion. Tout en moi est dévoué, offert, surtout pour Julie, mon aînée, qui me réclame beaucoup d’attention. Elle craint toujours que je ne l’oublie, pourtant jamais je ne l’ai laissée de côté, jamais je ne l’ai négligée, mais toute ma tendresse va pour Annie, allez savoir pourquoi je la préfère. Il paraît qu’une mère reste plus attachée au dernier de ses enfants qu’elle estime avoir toujours à protéger. Annie n’a pourtant pas besoin de moi.
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rkhettaouirkhettaoui   17 août 2018
Elle ne bavarde jamais, n’oublie jamais rien et tout le monde dit qu’elle est sage comme une image. Rire ne fait pas partie de son vocabulaire, s’amuser non plus. Moi, je préfère avoir des punitions, manger des bonbons et faire passer des petits mots en cachette pour faire pouffer mes copines. Avec Julie, ça ne marche pas, elle ne rigole jamais, c’est même tout le contraire.
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rkhettaouirkhettaoui   17 août 2018
J’aurais pu, comme Laurence, passer le bac et tout le tralala. J’aurais pu lire, lire, lire en douce comme Julie même si mon père refusait de me prêter ses livres neufs de peur que je ne les salisse. J’ai préféré travailler, gagner ma vie le plus tôt possible pour ne rien avoir à demander. Pour ça, rien de tel que le bâtiment. J’aurais voulu partir loin, disparaître du jour au lendemain, mais je n’arrivais pas à laisser maman, alors je suis resté dix ans à végéter sous le regard noir de mon père. Je lui ai versé plus des trois quarts de mon salaire pour rester là, travailler six jours par semaine, sortir avec les collègues le samedi soir et jouer au ball-trap le dimanche après-midi.
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