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ISBN : 2070447537
Éditeur : Gallimard (27/04/2012)

Note moyenne : 3.94/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Alexis de Tocqueville entreprit à l'été 1831 ce voyage aux confins de la civilisation américaine. L'émerveillement et la crainte d'une nature encore vierge, et cette implacable urbanisation qui se met en marche vers l'ouest, lui inspirent un récit d'une contemporanéité saisissante. Entre Indiens et pionniers, forêts sauvages et rivières profondes, Quinze jours dans le désert fait revivre le mythe de la frontière.
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
Ys
16 mars 2017
En 1831, Alexis de Tocqueville, alors jeune magistrat au tribunal de Versailles, est envoyé aux Etats-Unis avec son collègue et ami Gustave de Beaumont pour étudier le système pénitentiaire américain. Il en reviendra avec la matière de ses célèbres écrits politiques, mais aussi avec ce petit texte rédigé entre deux escales, au retour d'une escapade sauvage dans la région des Grands Lacs, qui ne sera publié qu'après sa mort.
En quête de désert, de nature encore inviolée, les deux hommes quittent New York pour Buffalo, d'où un vapeur les conduit jusqu'à Detroit - une petite ville de deux à trois mille âmes que les jésuites ont fondée au milieu des bois en 1710 et qui contient encore un très grand nombre de familles françaises. Et là, les choses se compliquent, car l'esprit pionnier est assez radicalement étranger à l'esprit voyageur : affronter la nature sauvage pour la conquérir, s'y enrichir, tant qu'on voudra, mais l'explorer pour elle-même, par pure curiosité, voilà qui défie l'entendement ! Tocqueville et Beaumont vont devoir s'inventer des prétextes pour qu'on leur indique enfin où aller. La suite du périple se fait à cheval, à travers bois, de plus en plus loin de la civilisation, jusqu'à Saginaw Bay qui, quelques 150 km au nord de Detroit, représente alors l'extrême limite du peuplement européen.
Le voyageur ici est aussi sociologue, philosophe. La description fascinée des grands espaces encore vierges se double d'une réflexion sur l'ambiguïté de la civilisation en marche, se complète d'une étude rapide mais précise des peuples rencontrés, de leur habitat, de leur mode de vie, de leur caractère. On entre ici dans les typologies chères à l'époque, qui peuvent sembler un brin réductrices au lecteur moderne, mais cela reste très intéressant de voir comment ces hommes isolés de tout, voués à se partager une même terre, restent étroitement contraints par leurs origines. le colon français n'est pas le même que le colon américain, les préjugés d'éducation et de naîssance ont la même puissance ici que dans le reste du monde et six religions déjà divisent cette société naissante... sous le regard silencieux des Indiens, grands perdants de l'affaire, admirables encore au fin fond des forêts mais déjà gangrenés par la civilisation et l'alcool, dont Tocqueville ne peut que déplorer la lente disparition.
Une lecture courte mais riche, et de lecture très agréable. Un bon moyen, qui plus est, de découvrir Tocqueville par la petite porte, à défaut de s'attaquer à ses écrits politiques.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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JPB
19 janvier 2013
Ce petit livre annonce avec maestria tout ce qu'Alexis de TOCQUEVILLE écrira sur l'Amérique. Certaines phrases sont visionnaires, et la narration de l'auteur est de toute beauté.
C'est une petit bijou pour qui apprécie les récits de voyages et les réflexions philosophiques.
Et particulièrement facile à lire.
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Les critiques presse (2)
Lexpress14 août 2012
Vingt ans avant Whitman et Thoreau, Tocqueville chante dans ces Quinze jours dans le désert la beauté lyrique d'un univers qu'il sait éphémère, la solitude d'un "océan de feuillages" primitif et encore inviolé.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs09 juillet 2011
Croyez-en cet aristocrate en visite chez les pionniers du Nouveau Monde: nous serons tous, un jour où l'autre, des Iroquois voués à la disparition.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (3) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO28 décembre 2015
Combien de fois au cours de nos voyages, n'avons nous rencontré d’honnêtes citadins qui nous disaient le soir tranquillement assis au coin de leur foyer : " Chaque jour, le nombre des indiens va décroissant. Ce n'est pourtant pas que nous leur fassions souvent la guerre, mais l'eau de vie que nous leur vendons à bas prix enlève tous les ans plus que nous pourraient faire nos armes. Ce monde ci nous appartient ajoutaient-ils ; Dieu, en refusant à ses premiers habitants la faculté de les civiliser les a destinés par avance à une destruction inévitable. Les véritables propriétaires de ce continent sont ceux qui savent tirer parti de ses richesses."
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YsYs16 mars 2017
C'est cette idée de destruction, cette arrière-pensée d'un changement prochain et inévitable qui donne suivant nous aux solitudes de l'Amérique un caractère si original et une si touchante beauté. On les voit avec un plaisir mélancolique, on se hâte en quelque sorte de les admirer. L'idée de cette grandeur naturelle et sauvage qui va finir se mêle aux superbes images que la marche de la civilisation fait naître. On se sent fier d'être homme et l'on éprouve en même temps je ne sais quel amer regret du pouvoir que Dieu nous a accordé sur la nature. L'âme est agitée par des idées, des sentiments contradictoires, mais toutes les impressions qu'elle reçoit sont grandes et laissent une trace profonde.
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YsYs16 mars 2017
L'homme s'accoutume à tout. A la mort sur les champs de bataille, à la mort dans les hôpitaux, à tuer et à souffrir. Il se fait à tous les spectacles : un peuple antique, le premier et le légitime maître du continent américain, fond chaque jour comme la neige aux rayons du soleil et disparaît à vue d’œil de la surface de la terre. Dans les mêmes lieux et à sa place une autre race grandit avec une rapidité plus grande encore. Par elle les forêts tombent, les marais se dessèchent ; des lacs semblables à des mers, des fleuves immenses s'opposent en vain à sa marche triomphante. Chaque année les déserts deviennent des villages, des villages deviennent des villes. Témoin journalier de ces merveilles, l'Américain ne voit dans tout cela rien qui l'étonne. Cette incroyable destruction, cet accroissement plus surprenant encore lui paraît la marche habituelle des événements. Il s'y accoutume comme à l'ordre immuable de la nature.
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