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EAN : 9782070313006
304 pages
Gallimard (13/01/2004)
3.81/5   96 notes
Résumé :
Le déclin de l'Empire américain aura-t-il lieu ? Oui, répond le démographe Emmanuel Todd dans ce brillant essai à contre-courant des idées reçues sur "l'hyper-puissance" de l'Amérique. Cette hypothèse est fondée sur le constat suivant : les États-Unis ne peuvent plus vivre de leur seule production : "Au moment même où le monde [...] est sur le point de découvrir qu'il peut se passer de l'Amérique, l'Amérique s'aperçoit qu'elle ne peut plus se passer du monde." Et le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Luniver
  04 septembre 2021
Avec l'effondrement de l'URSS, on pensait que la voie était dégagée pour une domination planétaire d'un empire américain. Emmanuel Todd, dans cet ouvrage, postule en fait l'inverse : la chute du bloc soviétique va provoquer mécaniquement celle de l'Amérique, bien qu'elle sera moins rapide, et moins spectaculaire.
Pour Todd, en effet, l'Amérique est fragile. Économiquement, son déficit commercial explose, et elle est largement dépendante des importations pour sa consommation de biens, qu'elle obtient en échange de dollars, monnaie très appréciée aujourd'hui par le reste du monde, qui est ravi d'écouler ses excédents de production aux États-Unis. Cet échange peut s'apparenter à une sorte de tribut moderne – tant que la confiance dans le dollar, et la crainte devant les États-Unis, se maintiennent.
Point de vue militaire, si la domination des États-Unis sur les mers et dans les airs est incontestable, ses difficultés au sol se font de plus en plus sentir, d'autant que la guerre du Vietnam a marqué les esprits et que la mort d'un seul soldat américain est devenue insupportable pour l'opinion publique.
L'auteur affirme que les États-Unis ont finalement peur de l'isolement : l'Eurasie, constituée d'industries stables (économie réelle et pas spéculative) pourrait très bien se débrouiller toute seule, même si elle ne s'en rend pas encore compte aujourd'hui. Et la disparition de l'Union Soviétique rend caduque son rôle de défenseur du monde libre.
Alors comment sauver son statut ? En créant des menaces qui n'existent pas – le fameux « Axe du Mal », constitués de pays ayant un pouvoir de nuisance régional, dans le meilleur des cas – afin de pouvoir continuer à jouer son rôle de sauveur aux yeux du monde. Choisis pour leur incapacité à offrir une résistance sérieuse, ces pays seront tapissés de bombes, puis laissés en lambeaux faute d'assise suffisante au sol. Avant de recommencer avec la « menace » suivante.
Écrit en 2002, ce livre avait une assez bonne vision des guerres à venir : Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, … on repère bien le schéma tapis de bombe + pays dans un chaos total pour les années à venir. Pour le reste des spéculations, on attend toujours de voir : normalisation des relations de l'Union Européenne avec la Russie et l'Iran, indépendance de plus en plus marquée de l'Union Européenne par rapport à son vieil ami, nervosité des alliés de l'Amérique devant la création de foyers d'instabilité partout dans le monde, etc. Selon les élections dans les différents pays et les sujets d'actualité, on a l'impression d'une danse de type 2 pas en avant, 3 pas en arrière.
Attendons encore 20 ans, pour trancher si cet essai mérite d'être étudié dans toutes les universités pour sa clairvoyance, ou d'être simplement utilisé comme cale sous une table bancale.
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vincentf
  03 juillet 2010
Le grand méchant loup américain ne serait donc qu'un prédateur disneylandais, du moins sur le plan militaire. Son système économique serait dépendant, non seulement en ce qui concerne le pétrole, de l'extérieur, les Etats-Unis n'étant plus que consommateurs, leur économie ayant perdu très largement sa capacité de production. de là peut-être viennent les bulles financières, l'économie irréelle des profits de vent qui mettent le monde en crise.
Le bouquin date de 2002, au coeur de l'ère Bush, carricature d'une puissance mensongère qui décrédibilise une grande nation aux yeux du monde entier et qui rend facile l'analyse de Todd sur la chute de l'universalisme aux USA, la théâtralisation de conflits avec des nains parce qu'on ne peut plus s'attaquer aux vraies puissances militaires (la Russie), la méfiance grandissante en Europe ou au Japon. Alors que nous sommes entrés dans l'ère Obama depuis quelques petits mois, les choses ont-elles fondamentalement changé, au point de rendre caduque l'analyse d'Emmanuel Todd ? Sans doute est-il trop tôt pour répondre, mais il semble qu'Obama, en revenant à une politique plus multilattérale ou en renouant contact avec la Russie, prend acte de la perte de puissance des USA. En déplaçant le théâtre militaire d'Irak en Afghanistan, que fait-il ? Peut-être déplace-t-il les troupes vers un vrai lieu-clé, sans doute continue-t-il, tout en faisant mine de se démarquer de Satan Bush, sa politique d'attaque militaire de nains. La politique d'Obama est certainement plus complexe que celle de son prédécesseur, plus intelligente, espèrons-le, mais l'Amérique est toujours la sangsue du monde sur le plan économique. La crise mondiale est née de sa faiblesse cachée et du complexe d'infériorité du reste du monde, particulièrement de l'Europe, qui se complait dans des guéguerres internes au moment ou l'occasion lui est donnée de retrouver sa puissance perdue. La prise de conscience se fera sans doute lors de la prochaine crise.
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plotin
  24 octobre 2009
Le sujet tel que le décrit l'auteur : Il n'y aura pas d'empire américain. le monde est trop vaste, trop divers, trop dynamique pour accepter la prédominance d'une seule puissance. L'examen des forces démographiques, culturelles, industrielles, monétaires, idéologiques et militaires qui transforment la planète ne confirme pas la vision aujourd'hui banale d'une Amérique invulnérable. Les Etats-Unis étaient indispensables à l'équilibre du monde. Ils ne le sont plus aujourd'hui. L'Amérique, par son activisme militaire de théâtre dirigé contre des Etats insignifiants, tente de masquer son reflux. La lutte contre le terrorisme, l'Irak et l'"axe du mal" ne sont plus que des prétextes. Parce qu'elle n'a plus la force de contrôler les acteurs économiques et stratégiques majeurs que sont l'Europe , la Russie, le Japon et la Chine, l'Amérique perdra la partie pour la maîtrise du monde. Elle redeviendra une grande puissance parmi d'autres.
Mon opinion : Ce livre est facile à lire. Sans esprit partisan et en démontant les idées communément admises par les médias, il nous prouve l'inverse de ce que la "pensée unique" cherche ou tente de nous imposer. Ce livre est à conseiller à tous ceux qui souhaitent se forger leur propre opinion sur l'actualité. A quelques semaines du déclenchement par les USA de la guerre contre l'Irak, la lecture de ce livre est indispensable pour prendre le recul nécessaire. Les idées qui y sont développées permettent d'envisager l'évolution du monde avec un certain optimisme contrairement à ce que pourrait laisser croire le contexte actuel ! ! !
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Acerola13
  08 mai 2014
J'ai rapidement lu cet ouvrage dans le cadre des mes études, et j'avoue que je m'attendais à un exposé rapide sur les Etats-Unis, leurs réussites et leurs torts actuels.
Ma première surprise a été de découvrir l'ancienneté de cet essai, paru il me semble en 2002, et la pertinence de certains de ses propos avec plus de dix années de recul. Malgré quelques simplifications rapides par moment, E. Todd nous dévoile une nation américaine bien moins sure d'elle que l'image qu'elle a pu nous envoyer, image qui s'est dégradée ces dernières années.
Mais le plus frappant sans doute par rapport à ce petit bouquin, ce sont les nombreuses alternatives que l'auteur démontre et énonce quant aux possibilités pour le reste du monde de se détourner de cette fascination pour les Etats-Unis qui sont parfois plus problématiques que bienfaisants, alternatives jusqu'à maintenant non saisies par nos dirigeants européens, et ce que je trouve regrettable.
Ce qui choque finalement le plus est surement la vision claire qu'avait l'auteur de la position américaine réelle de l'époque, qui s'est vérifiée en partie par la suite, mais surtout l'aveuglement européen et un retour à la normale en faveur des Américains : malgré tous les déboires évoqués, rien n'a changé, et l'immobilisme européen soulève autant mon incompréhension que mon scepticisme.
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BVIALLET
  09 janvier 2022
Les États-Unis, autrefois considérés comme une puissance tutélaire protectrice, seraient-ils en train de devenir prédateurs et même dangereux pour la paix et la stabilité mondiale ? Depuis des années, ils ont été impliqués dans des dizaines de conflits partout dans le monde et dont ils ne sont pas toujours sortis vainqueurs (Vietnam, Afghanistan…). Gendarmes du monde, ils placent certains pays comme la Corée du Nord, l'Irak ou l'Iran sur une liste d'états-voyous ne respectant pas leurs critères. À titre de dommages collatéraux, ils bombardent l'ambassade de Chine de Belgrade lors de la guerre du Kossovo. Ils multiplient les provocations envers la Russie en installant des bases militaires permanentes dans l'ex-Asie centrale soviétique. Ils fomentent toutes sortes de « révolutions » dites « de couleur ». Ils sont très forts lors d'interventions aériennes de bombardement contre des pays ne disposant pas de défenses sérieuses et guère convaincants quand il s'agit de se battre au sol. Ils en sont même à pratiquer la « stratégie du fou » qui les fait apparaître comme irresponsables pour mieux intimider d'éventuels ennemis. Même leurs plus fidèles alliés, comme la Grande-Bretagne, l'Allemagne ou le Japon, commencent à être inquiets…
« Après l'Empire » est un essai géostratégique sur la décomposition du système américain de domination mondiale. Publié en 2002, il commence à dater un peu, mais reste pertinent sur les causes de cette décadence. Première puissance militaire, économique et industrielle du monde en 1945, les États-Unis ont vu leur prépondérance s'effriter dans nombre de domaines. Ainsi à la sortie de la seconde guerre mondiale, le PNB américain représentait plus de la moitié du produit mondial, ce qui entrainait un effet de domination automatique. Aujourd'hui, alors que le monde pourrait se passer de l'Amérique, celle-ci s'aperçoit qu'elle ne peut plus se passer du monde qui doit lui fournir matières premières, produits manufacturés et même hydrocarbures. Entre 1990 et 2000, son déficit commercial est passé de 100 à 450 milliards de dollars ! Depuis, la situation s'est-elle améliorée ? Que nenni ! L'Amérique ne s'est plus attaquée qu'à de petits états comme l'Irak, la Libye ou la Syrie et sans la moindre réussite. La désindustrialisation du pays n'a fait que s'aggraver. Ses idéaux démocratiques se sont délités au profit d'une oligarchie ploutocratique. Et le grand reset que nous subissons maintenant est sans doute une conséquence de cet état de fait. Sera-t-il le dernier soubresaut d'un empire à l'agonie ou le rebond salvateur lui permettant de se maintenir encore pour mille ans ? Ouvrage très intéressant ne serait-ce que pour les fines analyses sur les liens entre économie, démocratie, alphabétisation des masses et régulation des naissances.
Lien : http://www.bernardviallet.fr
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Jeanmarc30Jeanmarc30   25 avril 2019
Les événements du 11 septembre 2001 ont malheureusement abouti, entre autres, à une généralisation du concept de « conflit de civilisation ». Le plus souvent, dans notre monde si « tolérant », par une dénégation: le nombre invraisemblable d'intellectuels et d'hommes politiques qui ont affirmé, dans les jours, les semaines, les mois suivant l'attentat, qu'il ne saurait y avoir de « conflit de civilisation » entre islam et chrétienté prouve assez que cette notion primitive est dans la tête de tous. Les bons sentiments, qui font désormais partie de notre vulgate supérieure - l'idéologie des 20 % d'en haut -, ont interdit une mise en accusation directe de l'islam. Mais l'intégrisme islamique a été codé en langage usuel par la notion d'un « terrorisme » que beaucoup veulent voir universel.
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Jeanmarc30Jeanmarc30   03 novembre 2018
Aucun pays au XXème siècle n'a réussi à accroître sa puissance par la guerre, ou même par la seule augmentation de ses forces armées. La France, l'Allemagne, le Japon, la Russie ont immensément perdu à ce jeu.
Les États-Unis sont sortis vainqueurs du xxème siècle parce qu'ils avaient su, sur une très longue période, refuser de s'impliquer dans les conflits militaires de l'Ancien Monde. Suivons l'exemple de cette première Amérique, celle qui avait réussi. Osons devenir forts en refusant le militarisme et en acceptant de nous concentrer sur les problèmes économiques et sociaux internes de nos sociétés.

Laissons l'Amérique actuelle, si elle le désire, épuiser ce qui lui reste d'énergie dans sa « lutte contre le terrorisme », ersatz de lutte pour le maintien d'une hégémonie qui n'existe déjà plus. Si elle s'obstine à vouloir démontrer sa toute-puissance, elle n'aboutira qu'à révéler au monde son impuissance.
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   08 novembre 2010
Cette prétention récente à l'hégémonie sociale et culturelle, ce processus d'expansion narcissique n'est qu'un signe parmi d'autres du dramatique déclin de la puissance économique et militaire réelle, ainsi que de l'universalisme de l'Amérique. Incapable de dominer le monde, elle nie son existence autonome et la diversité de ses sociétés. (p.173)
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PilingPiling   30 janvier 2020
Les Russes, au contraire des Américains, n'ont pas dans la tête l'a priori d'une limite séparant les hommes de plein droit des autres, les Indiens, les Noirs ou les Arabes. Ils n'ont d'ailleurs pas, depuis le XVIIe siècle et la conquête de la Sibérie, exterminé leurs Indiens, — Bachkirs, Ostiaks, Maris, Samoyèdes, Bouriates, Toungouses, Yakoutes, Youkaghirs et Tchouktches —, dont la survie explique la structure complexe de la Fédération de Russie. 
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Acerola13Acerola13   26 décembre 2018
Le Royaume-Uni, lui, a participé à la guerre. Il a ainsi donné une bizarre coloration ethnique anglo-saxonne à la coalition militaire, qui a probablement beaucoup nui à l'image de l'Amérique. [...]
La politique d'alignement sur le gouvernement américain est intensément destructrice pour sa position internationale. Et le choix gouvernemental ne doit pas faire oublier l'opposition de l'opinion britannique à la guerre, avant que celle-ci ne se déclenche. Mais il est désormais clair que l'évolution des Etats-Unis engendre une véritable crise d'identité en Grande-Bretagne, culturelle et politique, beaucoup plus importante que celle engendrée autrefois par la naissance de l'Europe.
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