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ISBN : 2757859579
Éditeur : Points (07/01/2016)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 51 notes)
Résumé :
Qui sommes-nous vraiment, nous qui avons affiché une telle détermination dans le refus de la violence aveugle et notre foi dans la République le 11 janvier dernier ?

La cartographie et la sociologie des trois à quatre millions de marcheurs parisiens et provinciaux réservent bien des surprises. Car si Charlie revendique des valeurs libérales et républicaines, les classes moyennes réelles qui marchèrent en ce jour d’indignation avaient aussi en tête un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
YvesParis
  23 juillet 2015
On a tous joué à "Où est Charlie ?". Grâce à Emmanuel Todd, on joue depuis deux mois à "Qui est Charlie ?".
Son livre est un pavé dans la mare. Sa thèse est aussi simple que provocatrice pour toutes les bonnes âmes qui ont défilé le 11 janvier pour la liberté de la presse et contre le terrorisme : la France, dit-il, s'est achetée ce jour-là une bonne conscience. Pire : elle aurait sans le savoir versé dans l'islamophobie et l'antisémitisme.
Son livre ne s'y résume pas qui rassemble de nombreuses idées déjà développées par ce sociologue-anthropologue-géographe prolixe que la modestie n'étouffe pas.
Et c'est peut-être le principal défaut de ce livre qui part un peu dans tous les sens.
Emmanuel Todd y remâche ses obsessions. le pêché originel de Maastricht. La haine de l'Allemagne. La fascination de la Russie. L'obsession de l'antisémitisme.
La méthode développée mêle la sociologie, l'anthropologie, la géographie. Rien de neuf qu'il n'ait déjà exposé dans son précédent ouvrage "Le mystère français" co-signé avec Hervé le Bras. la France, y écrivait-il, est divisée en deux : le Bassin parisien et le pourtour méditerranéen forment une France laïque attachée aux valeurs d'égalité, le reste de la France (la "France périphérique" dirait Christophe Guilluy) attachée aux valeurs d'autorité, en voie de déchristianisation, connaît la persistance d'un "catholicisime zombie". C'est cette France-là qui penche plutôt à gauche (notons le paradoxe de l'enracinement du PS dans des terres dites d'inégalité et la provocation de voir en François Hollande un "catholique zombie archétypal" (p. 56)) et qui a défilé pour Charlie.
L'approche spatiale de Todd ne convainc pas. Elle survalorise la géographie au détriment de l'économie et néglige la mobilité qui caractérise, à court et long terme, les populations françaises.
Pour autant, son analyse du 11-janvier touche souvent juste.
Sans le suivre dans son analyse spatiale des manifestations, on ne peut qu'être d'accord avec son analyse sociologique. Charlie nous renvoie une image déformée de notre pays - même s'il faut la pondérer par la sociologie des manifestations : surreprésentation des CSP, âge médian élevé, sous-représentation des ouvriers et des immigrés.
De là à prêter aux foules bon-enfant du 11 janvier des intentions qui n'étaient pas les siennes, il n'y a qu'un pas que Tood franchit (trop) vite. Il a tort de les imaginer en quête d'un bouc émissaire à leur mal-être métaphysique : les manifestants du 11-janvier n'étaient pas islamophobes, pas plus qu'antisémites. Il a raison en revanche de dénoncer "l'éloge du blasphème" (c'est le titre du dernier pamphlet de Caroline Fourrest) auquel se sont livrés certains laïcards : c'est une chose de se battre, comme Voltaire en son temps, pour le droit de blasphémer sa propre religion, c'en est une autre que d'assigner aux tenants d'une religion minoritaire le devoir de le faire.
Les Français ont surréagi le 11 janvier. Ils se sont inventés un 11-septembre. Hollande, comme Bush en 2001, a donné un sens idéologique à des actions terroristes qui n'en avaient guère. C'est faire trop d'honneur aux frères Kouachi que d'imaginer qu'ils luttaient contre la liberté d'expression. C'est exagérer l'influence de l'Islam dans les banlieues et déformer son message que de voir dans tous les immigrés des antisémites assassins, des Coulibaly en puissance. L'Islam n'est pas une menace, c'est tout au plus une réponse que des jeunes immigrés désocialisés donnent, avec plus ou moins de fanatisme, à leur désir frustré d'assimilation.
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Luniver
  16 août 2015
Les attentats de janvier à Paris ont provoqué des manifestations de soutien quelques jours plus tard dans toutes les grandes villes de France. Certains observateurs n'ont pas manqué de souligner que certaines catégories sociales n'étaient que peu ou pas représentées parmi les manifestants : le monde ouvrier et les français issus de l'immigration étaient aux abonnés absents.
Pour expliquer cette différence, Todd remonte assez loin dans le temps, jusqu'à la révolution française, et défend l'idée d'une France coupée en deux : une qui a laissé tomber le catholicisme à la révolution et l'autre qui l'a laissé tomber dans les années 60, et qui se cherchent une utopie de substitution, qui est devenue l'Europe et la monnaie unique. En passant en revue les différentes élections, les référendums concernant la constitution européenne, l'auteur en déduit que ce rêve s'est effondré, et que l'islamophobie sert désormais de lien social (je résume très grossièrement, ça va de soi).
C'est bien joli tout ça, mais j'ai quand même un peu de mal à faire le lien avec la question initiale. Qu'est-ce que je dois en déduire ? Que les manifestants de janvier, ouvertement islamophobes, ont manifesté pour défendre l'euro, tandis que les autres, rongés par l'antisémitisme, se sont abstenus pour protester contre le traité de Maastricht ? J'admets volontiers qu'il existe des causes cachées dans les mouvements de foule, mais là ça me paraît tout de même un peu tiré par les cheveux.
Je n'ai pas fait beaucoup d'efforts pour comprendre cet essai, qui m'a paru dès le départ très opportuniste. Il ne répond pas vraiment aux questions auxquelles je m'attendais en ouvrant le livre, et j'ai eu l'impression de me faire refiler de vieilles idées, ré-estampillées « Charlie » pour l'occasion. Je déplore aussi le ton général de l'essai, assez polémique (« écrit sous le coup de l'exaspération »), ce qui nuit toujours à la crédibilité de l'ensemble. Pour découvrir les analyses de Todd, je me tournerai plutôt vers ses anciens livres (puisque visiblement tout ce qui a été décrit ici l'a déjà été dans d'autres ouvrages), celui-ci manque beaucoup trop de sérénité à mon goût.
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Domichel
  14 juillet 2015
On vient de célébrer à grands renforts de témoignages, de sons et d'images, les six mois des événements dramatiques de janvier. Et la fragile communion républicaine dans laquelle toute une partie de la population s'était retrouvée dans la rue, bras dessus bras dessous, derrière les désormais incontournables “Je suis Charlie”, semble bien délitée avec le temps, le chômage et la Grèçomania. Non que les témoignages d'alors n'étaient pas sincères, mais dans un effet de sidération collective et compréhensible, tout le monde était Charlie. En tout cas, tous ceux qu'on interrogeait, et dont on diffusait les déclarations, les autres n'avaient pas d'intérêt et étaient même incongrues voire incompréhensibles.
Moi aussi j'étais Charlie, forcément, comme dessinateur de formation, et travaillant pour des quotidiens ”papier“, mais pas dessinateur de presse pour être précis. Ce n'est pas pour autant que je cautionnais la ligne éditoriale de Charlie Hebdo que je ne lisais jamais, et j'irai même jusqu'à dire que quelle que soit la religion caricaturée, ou les hommes moqués ou attaqués, je me sentais parfois gêné par cet acharnement, mais puisqu'on a la chance inestimable de vivre dans un pays dont la Liberté est un des trépieds de notre devise, je laissais aux victimes concernées la possibilité de se défendre par voie du justice si l'envie les en prenait.
Durant les semaines suivantes tous les journaux, magazines, émissions de télévision et de radio, nombres d'éditorialistes, de chercheurs, de sociologues se sont penchés sur ce mouvement spontané et quasiment universel, par la grâce d'un slogan apparu sur les réseaux sociaux, et l'ont analysé, décortiqué, expliqué, controversé, critiqué, …
Emmanuel Todd (sociologue, politologue, historien,…) est de ceux-là. Il a publié son livre “Qui est Charlie ?” voici un peu plus de deux mois, et a fait largement parler de lui sur les plateaux de télévision et dans les colonnes des magazines et des journaux. Un ami m'a prêté ce livre, comme ça, parmi d'autres, et j'ai eu envie de savoir de quoi il retournait…
Je l'ai parcouru plus que lu, car à aucun moment je n'ai réussi à m'accrocher à un fil conducteur, ne maniant pas la sémantique sociologique faite de “isme(s)” et de démonstrations dont les terminaisons de phrases me laissaient au minimum perplexe voire le plus souvent embarrassé de ne pas avoir compris un traitre mot de ce que j'avais sous les yeux. Bref, grâce mes proches qui ont l'affection de m'assurer que je ne suis pas complètement abruti, j'en ai conclu que je n'étais pas fait pour ce genre de lecture, mêlant allègrement des affirmations à minima confuses voire choquantes, des tableaux et des cartes à qui l'ont fait dire ce qu'on veut en les analysant dans le sens de sa propre démonstration, et des conclusions (pour celles que j'ai assimilées) par trop alambiquées ou édifiantes.
Je vous renvoie à quelques extraits que j'ai tirés du livre, pour vous montrer à quel point de perplexité je me trouvais, en disant à ma femme : “je ne comprends rien !”. En précisant toutefois que je ne cautionne aucun des propos tenus, quels qu'ils soient.
Je me consolerai en me disant que je ne suis sans doute pas le seul dans ce cas-là, et m'en retournerai à mes romans policiers et historiques, mes bandes dessinées et mes auteurs favoris qui manient la belle langue qu'est le français dans un style qui me convient tellement mieux.
À tous et aux autres, je souhaite de bonnes vacances, à l'ombre d'un parasol et avec soi de nombreux bouquins d'été qui reposent l'esprit sans créer de polémiques stériles !
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EFourn
  25 mai 2015
Le Monde titrait : « le simplisme d'Emmanuel Todd démonté par la sociologie des « Je suis Charlie », une charge contre le sociologue qui je pense a sorti son ESSAI un peu trop tôt pour être accueilli sereinement et simplement pour ce qu'il est, c'est-à-dire une simple étude sociologique et non comme une attaque des “Charlies“.
En même temps c'est vrai que le terme “zombie“ est un peu malheureux et pourrait être considéré (comme certains passages) comme une provocation.
Pour faire simple Todd fait un parallèle entre la répartition géographique de l'égalité dans les structures familiales et la pratique religieuse ; la région centrale de la France et les régions méditerranéenne étant plutôt laïc avec une structure familiale de type égalitaire sont opposées aux régions est et ouest plutôt catholique et inégalitaire.
Une déchristianisation massive de la France est à l'oeuvre depuis le début dans les années 60 et a entrainé un malaise ontologique, un vide métaphysique dans le corps social français. Ces catholiques zombies auraient donc trouvés refuge dans le communisme, le socialisme, l'européisme (remplacement du dieu unique par la monnaie unique . . . !?), et auraient ainsi apporté la dimension inégalitaire au “néo-républicanisme“. Un néo-républicanisme (socialisme à la Hollande) est donc opposé au socialisme traditionnel plutôt de type égalitaire ! Voilà grosso modo la trame principale sur laquelle se base Todd et qu'il décline ensuite pour analyser le phénomène “je suis Charlie“ ainsi que différents aspects de notre société ; islamophobie, russophobie, laïcisme obsessionnel, front national . . . Peut-être de manière un peu trop radicale, mais pouvons-nous nous poser la question ? Est-ce Todd le radical ou notre société ?
C'est celui qui le dit qui l'est !!?
Réaction puéril comme d'habitude des médias et politiques qui tous à l'unisson, avec notre Don Quichotte national en tête, crient haro sur tous ceux qui ne s'alignent pas sur la bêtise abyssale, que dis-je, sidérale actuelle !
J'ai trouvé son analyse des français musulmans vraiment pertinente, positive et qui incite à la réconciliation plutôt qu'à la stigmatisation. Il nous invite à prendre conscience des deux voies qui s'offrent à nous ; soit celle de la confrontation et dans ce cas ce serait la fin de la France ; soit un retour à des valeurs véritablement républicaine et un accommodement avec l'islam.
Dans l'ensemble l'idée développée par Todd est plutôt originale, n'étant pas sociologue je suis mal placé pour porter un jugement sur la pertinence de sa thèse.
Mais il y a des idées fortes, des perceptives nouvelles qui éclairent certains problèmes et qui surtout nous poussent, nous français, à une réflexion sur nous-même. Et c'est là où ce livre et son analyse dérange ; mettre les gens face à un miroir et les pousser à une réflexion sur leurs motivations profondes, provoque nécessairement des réactions hostiles.
Quoi qu'il en soit, pour ou contre, le fait même que cet ESSAI soit dérangeant devrait inciter ceux qui cherchent honnêtement à comprendre la situation préoccupante dans laquelle nous nous trouvons actuellement à lire ce livre. Pas parce qu'on y trouve la Vérité, mais plutôt parce qu'à mon sens c'est une étude honnête (suffisamment rare pour être sérieusement soulignée !), exempte de pathos à la Houellebecq, Finkielkraut et autre Zemmour, et qui nous donne des pistes intéressantes de réflexions qui nous permettent de mettre en relief ce que chacun de nous pense savoir.
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Arnaud302
  26 décembre 2015
J'ai abordé ce livre avec beaucoup de méfiance, connaissant déjà Emmanuel Todd, ses méthodes, ses obsessions et ses biais idéologiques (dont il tire un argument d'autorité qu'il distribue sur tous les plateaux de télévision, répétant à l'envi qu'ils sont issus de "quarante ans de recherche", comme si le fait de ressasser les mêmes idées depuis une éternité leur donnait un poids supplémentaire). Pour autant, l'envie de sortir du discours bien-pensant sur la France formidable, qui défend le droit d'expression et la liberté de pensée, descendue unanimement dans la rue le 11 janvier, m'a poussé à rechercher des voix discordantes. C'est à peu près le seul point sur lequel je n'ai pas été déçu.
Ce qui est irritant chez Emmanuel Todd, c'est surtout sa prétention scientifique de sociologue / démographe, scientifique donc forcément incontestable. S'appuyant sur la confusion classique entre corrélation et causalité, qui permet de faire dire ce que l'on veut à des cartes (si ça se superpose à peu près, c'est que l'un explique l'autre), l'auteur nous ressert sa théorie du "catholicisme zombie". Qu'est-ce qu'un catholique zombie? Ce n'est pas forcément un catholique, ce qui est bien pratique quand on cherche une catégorie fourre-tout propre à tout expliquer. C'est un nostalgique du catholicisme (défini non pas comme une religion, mais comme un ensemble de valeurs dont on comprend plus ou moins qu'elles sont "de droite"). Au fond, c'est surtout quelqu'un qui ne pense pas comme Emmanuel Todd, ce qui vaut auxdits zombies quelques qualificatifs qui soulignent la démarche rigoureuse et scientifique de l'auteur (citation: "besoin pathologique des couches moyennes et supérieures de détester quelque chose ou quelqu'un"). le "besoin pathologique" d'une catégorie sociale, ça c'est de la science, ça c'est de la rigueur, quarante de recherche, on vous le dit!
le fond de la pensée d'Emmanuel Todd, c'est que les couches populaires de culture musulmane sont le nouveau prolétariat opprimé par la bourgeoisie acquise au "catholicisme zombie", qui a exprimé sa haine de classe le 11 janvier. Pourquoi pas, c'est une thèse qui se défend, sauf que cette idée de 'nouveau prolétariat" n'est pas nouvelle et constitue depuis longtemps déjà le fond de commerce électoral de certains partis d'extrême-gauche, déboussolés d'avoir perdu leur électorat traditionnel qui soit s'est embourgeoisé, soit s'est tourné vers le FN. Et que le parallèle est glissant, qui finirait par conduire à présenter les terroristes comme une sorte d'avant-garde de la révolution prolétarienne à venir. Pas sûr que les populations concernées se retrouvent là dedans (pas plus que les anciennes classes populaires ne se reconnaissaient dans les attentats anarchistes), mais l'auteur lui ne semble pas loin de vouloir sauter le pas (quand par exemple, certes dans une interview postérieure à la publication du livre, il s'est dit plus choqué par le fait qu'un enfant de 8 ans ait été convoqué par la police, qui le soupçonnait de sympathie pour le terrorisme, que par les attentats eux-mêmes... L'enfant, lui, est sorti vivant du commissariat. Les clients de l'hyper-casher n'ont pas tous eu cette chance).
A tous ceux qui trouvent cette pensée novatrice ou provocante, on rappellera que nombre d'intellectuels français des années 1930 à 1980 se sont successivement émerveillés sur l'Union soviétique, puis la Chine de Mao, puis les Khmers rouges, au nom de la défense du prolétariat opprimé et de la haine du bourgeois et de la police. Rien de nouveau sous le soleil et tout cela au fond n'est que de la nostalgie; Emmanuel Todd le reconnaît lui-même dans une interview donnée à l'Humanité, dans laquelle il livre le fond de sa pensée sur la manifestation du 11 janvier "Des foules immenses qui acclament la police, ce n'est pas le monde habituel des manifestations ouvrières auxquelles je participais dans ma jeunesse". Derniers soubresauts d'une idéologie à l'agonie qui trouve dans le djihadisme un dernier, et bien ambigu, sujet d'empathie? Chacun se fera son opinion. On n'a en tout cas peu (pour ne pas dire "pas") entendu Emmanuel Todd après les attentats du 13 novembre 2015.
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critiques presse (1)
NonFiction   18 mai 2015
Il faut rendre à Emmanuel Todd le mérite d'une interprétation originale et rendre aux sociologues qu'il invoque le sens exact de leur pensée pour interpréter l'événement.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   20 octobre 2018
Comment expliquer calmement, en prenant le temps de la démonstration, que l'urgence, pour la société française, n'était pas en 2015 une réflexion sur l'islam mais une analyse de son blocage global ? Comment faire comprendre que les frères Kouachi et Amedy Coulibaly étaient bien des Français, des produits de la société française, et que le recours aux symboles de l'islam ne fait pas nécessairement de celui qui les utilise un véritable musulman ? Qu'ils n'étaient que le reflet inversé, pathologique en quelque sorte, de la médiocrité morale de nos chefs élus, plus soucieux d'optimiser le niveau de leur retraite que de tirer les jeunes de la surexploitation par les bas salaires ou de la marginalisation par le chômage ?

INTRODUCTION.
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gonegirlgonegirl   13 mai 2015
La presse anglo-américaine a refusé de reproduire le Charlie du 14 janvier 2015. Les Russes, les Japonais, les Chinois, les Indiens nous ont tous jugés inutilement insultants, en somme, mal élevés. J’allais presque oublier « l’ensemble du monde musulman. La vérité est que, enfermés dans notre laïcisme radical, nous nous retrouvons seuls, tragiquement provinciaux, comme une bande ethnique qui encenserait son idole dans l’indifférence ou la désapprobation générale. À l’âge de la mondialisation, on n’insulte pas les symboles culturels des autres pour le fun.
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DomichelDomichel   13 juillet 2015
(1) - Jusqu’à l’effondrement de la religion dans ses provinces périphériques de l’Ouest, des Pyrénées occidentales, du Sud et de l’Est du massif Central, de la Région Rhône-Alpes, du Jura, de Lorraine, d’Alsace et de l’extrême nord de l’Hexagone, la laïcité n’avait jamais eu à se définir dans l’absolu d’un monde sans Dieu. Elle avait pu se contenter de jouer en contre. À partir du début des années 1990, le problème fondamental de l’incroyance peut enfin émerger. L’inexistence de Dieu, conception hautement raisonnable, ne résout pas la question des fins dernières de l’existence humaine. L’athéisme n’aboutit qu’à définir un monde dépourvu de sens et une espèce humaine sans projet.
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LedraveurLedraveur   01 décembre 2015
Quoi qu'il en soit, l'unanimité tant vantée par les médias est une fiction. Ne soyons pas déçus, n'en tirons pas la conclusion que tout ne fut qu'illusion et qu'il ne reste rien. Au contraire. Comprendre comment une partie de la société fut capable d'imposer une image fausse de la réalité à l'ensemble de la population, c'est mettre à nu la réalité de notre système social. C'est ainsi que la manifestation du 11 janvier, moment d'hystérie collective, nous offre une fantastique clé de compréhension des mécanismes du pouvoir idéologique et politique dans la société française actuelle.
Quelques surprises de taille nous attendent. Nous allons ainsi constater que le débat actuel sur la laïcité ne s'inscrit pas dans la continuité des valeurs laïques, que les forces qui se réclament aujourd'hui de la République ne sont pas d'essence républicaine, bref, que Marianne n'est plus la femme aimable que nous avons connue. Nous allons saisir en son cœur le grand détraquage du système politique français, comprendre pourquoi le Parti socialiste est désormais ancré à droite et pourquoi la droite flotte dans l'espace français sans trop savoir ce qu'elle est. Nous allons chercher à identifier les forces puissantes, efficaces et parfaitement méprisables qui maintiennent la France dans le carcan de choix politiques et économiques qui détruisent une partie de sa population.
p. 23
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DomichelDomichel   13 juillet 2015
(2) - La France catholique zombie passe quant à elle, sans transition, dans le vide infini d’un monde sans Dieu, athée. Le terme est pris ici dans une acception neutre, sans qu’il soit fait référence à une quelconque dimension militante (le concept d’agnosticisme ne me paraît pas sociologiquement pertinent). La richesse des interactions possibles entre l’athéisme ancien et d’athéisme nouveau semble infinie, difficile à analyser en l’absence de données d’enquêtes distinguant les deux vides métaphysiques. Il semble prudent d’imaginer le pire. La combinaison de deux anxiétés ne peut raisonnablement produire du bien-être. Un effet d’amplification mutuelle et circulaire est envisageable.
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Videos de Emmanuel Todd (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuel Todd
Emmanuel Todd : "On est dans une société qui ne croit plus en l’égalité"
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