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ISBN : 2020182173
Éditeur : Seuil (02/09/1992)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Nous et les autres
La réflexion française sur la diversité humaine
Le sujet de ce livre est la relation entre " nous " (le groupe culturel et social auquel on appartient) et "les autres" (ceux qui n'en font pas partie) ; le rapport entre la diversité des peuples et l'unité de l'espèce humaine. Un sujet que la France vient de redécouvrir et qui me touche aussi personnellement.
Cependant, plutôt que d'exposer mes idées sur la question, j'ai voulu ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Apoapo
  06 février 2016
Depuis longtemps je savais que ma réflexion sur l'altérité ne pouvait absolument pas faire l'impasse sur ce summum incontournable.
Longtemps, plusieurs mois m'ont été nécessaires pour venir à bout d'un travail qui se rapproche de mon modèle de ce que devrait produire un intellectuel dans et pour la cité.
Longtemps, plusieurs années ont fallu à l'auteur pour réaliser cette étude sur la pensée philosophique française des rapports à l'autre, qui explique et balise les débats toujours d'actualité sur l'universalisme-relativisme, l'ethnocentrisme, le racisme, le nationalisme, l'exotisme, l'humanisme...
Longtemps, environ deux siècles et demi ont servi à cette diversité conceptuelle et morale d'une culture - française - pour s'étaler, laquelle, si elle a trop souvent péché par l'orgueil de se croire universelle, demeure particulière ; mais : "[...] tout comme on ne peut apprendre l'amour "universel" qu'en passant par l'amour de ses proches, on ne peut accéder à l'esprit universel que par la connaissance d'une culture particulière." (p. 336)
Todorov utilise une démarche de déconstruction analytique de penseurs dialoguant, de Montaigne à Lévi-Strauss, de Montesquieu à Segalen, souvent Rousseau, regroupés non chronologiquement mais autour de cinq thèmes :
1. L'universel et le relatif, 2. Races, 3. Nations, 4. L'exotique, 5. La modération.
De cette oeuvre de déconstruction grâce à laquelle émergent les contradictions et l'élévation, les cruautés et la grandeur, les écarts entre idéaux et pratiques de presque tous, j'ai été contraint, par acceptation du vrai, de reconsidérer certains de mes auteurs de prédilection (Rousseau, Lévi-Strauss, même Gobineau et Tocqueville), alors que Todorov ne laisse effleurer qu'une très légère complicité préférentielle pour Montesquieu qu'il fait s'exprimer en dernier (honneur qui remonte au Sénat romain)... Mais alors, très très légère complicité... Au point qu'il est conscient, dans sa conclusion, "Un humanisme bien tempéré", où finalement il "prend à [son] tour la parole", que : "[le] lecteur a pu éprouver quelque irritation (ou fatigue) devant [sa] réticence à exposer de manière systématique [ses] opinions sur les sujets abordés." (p. 505) Choix méthodologique ? Posture d'intellectuel "étranger" (avec tous les guillemets possibles, car, dans une conception culturelle de la nationalité, allez trouver plus français que lui !) ? Et pourquoi encore avoir écarté une conclusion qui serait une véritable synthèse de cette pensée de l'altérité qui, il faut bien l'avouer, tout au long des siècles et ainsi déconstruite, montre bien davantage de xénophobie que de xénophilie (même dans son exotisme = valorisation de l'autre en tant qu'autre)...
Je n'insisterai pas, car il est toujours trop facile d'imaginer soi-même un texte différent de celui que de toute évidence aucun d'entre nous ne serait capable de réaliser, même en rêve. J'insiste au contraire sur la qualité de ces quelques vingt dernières pages de prise de parole conclusive de Todorov, dont j'appelle de mes voeux une diffusion maximum, même dans les débats de presse et à l'université : plus que dans d'autres ouvrages même successifs se rapportant peu ou prou à ce sujet, il y a été capable, en effet, de pousser son acuité raisonnante sur ces dilemmes irrésolus, comme le relativisme et l'universalisme ou l'humanisme et l'anti-humanisme, dont la résonance n'est trop souvent que bruit suraigu.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   30 décembre 2014
Je n’ai pas vu ces maux-là de mes yeux ; mais je sens leur parenté avec ceux dont j’ai fait l’expérience personnelle, et je n’ai pas d’hésitation à reconnaître un mal comme un mal (…). J’ai le sentiment de tenir là une sorte d’absolu, qui ne me quittera jamais ; mon attachement à l’idéal démocratique n’est pas seulement rationnel : le sang me monte à la tête quand on le met en question, et je sens que je me hérisse contre mon interlocuteur
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NICETTENICETTE   16 février 2015
HUMANISME
Je ne savais pas, en commençant les recherches qui ont conduit à ce livre, que Montesquieu et Rousseau allaient y juger Chateaubriand et Michelet, Renan et Péguy; mais c'est bien ce qui s'est passé. Montesquieu et Rousseau, en effet, incarnent, quand on les prend à leur mieux, la philosophie humaniste qui m'a permis de constater le détournement de son projet au cours du XIXe siècle.
C'est Rousseau qui affirme que l'éthique ne doit pas être soumise à la science; que le cosmopolitisme et le patriotisme sont incompatibles, et que le premier est supérieur au second; qu'on ne peut imaginer un individu asocial. C'est Montesquieu qui trouve, dans la modération, un principe universel de la vie politique, indépendant des conditions oibjectives propres à chaque pays ; qui montre que l'attention pour les cultures (pour "l'esprit de la nation") n'impliquepas nécessairement un patriotisme aveugle ; qui met en évidence le rôle du groupe social auquel appartient l'individu. Ce sont Montesquieu et Rousseau qui refusent de voir la vie humaine comme régie par un déterminisme sans faille, et qui reconnaissent dans la liberté le trait distinctif de l'humanité. Les idéaux qu'ils mettent en avant nous permettent de comprendre les "détournements" du 19e siècle, et de les condamner. Ces détournements, loin de constituer l'apogée de l'humanisme, en sont la ruine.
Tzvetan TODOROV - "Nous et les autres" - pages 431-432
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NICETTENICETTE   13 février 2017
UNE DOUBLE IDENTITE
puisque ma réaction, comme du reste celle de beaucoup de compatriotes, a été, non de protester ou d'entrer en conflit, mais de me doter de deux personnalités: l'une publique et soumise, l'autre privée, qui n'en faisait qu'à sa tête Et pourtant, en un autre sens du mot, j'étais une victime malgré tout, au même titre que n'importe quel autre habitant de mon pays; et ma personnalité privée n'était pas, comme je l'imaginais, le pur fruit de ma volonté puisqu'elle se formait en réaction à ce qui m'entourait. C'est là que j'ai acquis ma connaissance du mal" in TZVETAN TODOROV, Nous et les Autres, avant propos
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CliffordClifford   04 novembre 2017
La culture est une classification du monde qui nous permet de nous y orienter plus facilement ; c’est la mémoire du passé propre à une communauté, ce qui implique aussi un code de comportement dans le présent voire un ensemble de stratégie pour l’avenir.
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CliffordClifford   04 novembre 2017
Le meilleur régime du monde n’est jamais que le moins mauvais, et, même si l’on y vit , tout reste encore à faire. Apprendre à vivre avec les autres fait partie de cette sagesse la.
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Le formalisme russe 100 ans après (table ronde)
>Sciences sociales : généralités>Groupes sociaux>Groupes raciaux, ethniques, nationaux (234)
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