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ISBN : 2072733863
Éditeur : Gallimard (14/09/2017)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 27 notes)
Résumé :
La jeune fille d'un pêcheur de la côte nord-est de Java (Gadis Pantai signifie " la fille du rivage " en indonésien) a été demandée en mariage par un aristocrate local, fasciné par sa grande beauté.
Elle a quatorze ans et, dans cette Java féodale du début du vingtième siècle, elle n'a guère le choix.
Ce mariage arrangé la fait passer sans transition d'une vie certes pauvre et rude, mais libre et naturelle, à une existence cloîtrée, dans la vaste demeur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
sousweet
  10 octobre 2017
Une promenade, c'est le premier mot qui me vient à l'esprit en refermant ce livre. L'auteur nous emmène dans un monde peu connu et nous raconte l'histoire de sa grand-mère, fille de pécheur, mariée à 14 ans à un noble seigneur. On se retrouve à suivre le parcours de cette jeune femme qui apprend petit à petit la dureté du monde et des hommes. Pas de grandes émotions, pas d'ascenseurs émotionnels dans cet ouvrage, mais une agréable échappée tout en douceur.
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de
  26 janvier 2012
La découverte d'un autre monde, d'autres relations sociales, le passage de l'enfance à l'âge adulte. A l'incompréhension succède la gestion de nouvelles règles mais pas en total partage, ni en assentiment, malgré une forme de docilité et les silences.
Un beau portrait de femme, en construction dans un monde transformé par un mariage arrangé. La lente intelligence de la distance et de l'incompréhension. Une ouverture à se penser.
Derrière une subtile écriture, l'impuissance d'abord à comprendre, puis à faire bouger les lignes de cette société cloisonnée, ségréguée. Derrière les acceptations, des non-renoncements. Sans hausser le ton, avec le même rythme de phrases, l'auteur met en scène une belle révolte du village, une autodéfense salvatrice. Il illustre aussi, avec humour, la transformation d'un conteur en pécheur marié à la fille d'un noble. Une forme de rupture mais aussi une continuité dans l'assignation des femmes et l'utilisation par l'autre de leur corps.
Mais cela sera aussi le cri de Gadis Pantai, en rôle de mère à laquelle le Bendoro, le père aristocrate, arrache l'enfant tout en rejetant la femme. Limite aussi de la mise en cause de cette assignation des femmes au rôle de mère.
L'auteur ne traite probablement pas de la continuité de ces assignations fortes. Mais est-ce trahir cette oeuvre que d'ouvrir d'autres fenêtres dans le cadre de l'imaginaire romancé, dans l'espace créé par ses mots doux et colorés, de ce rythme très particulier des phrases de Pramoedya Ananta Toer. Un prolongement du refus de ces arrangements où les femmes tendent à n'être que ce que les hommes voudraient façonner.
Une découverte à la fois d'un auteur, d'une oeuvre et d'une littérature, indonésienne, abordée ici pour la première fois.
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Commenter  J’apprécie          91
5Arabella
  10 avril 2017
Dans une courte introduction, Toer nous explique que ce roman est basé sur la vie de sa grand-mère,un peu inventée, à qui il le dédie.
Gadis Pantai est une fille de pauvres pêcheurs, mais un jour un Bendoro, un seigneur noble, décide de l'épouser, alors qu'elle a à peine 14 ans. Elle n'est pas la première épouse du Bendoro, d'autres jeunes femmes sont déjà passées par la maison, des enfants issus de ces unions sont présents. Une vieille servante aide Gadis Pantai à remplir son nouveau rôle, qui s'attache beaucoup à elle, se sentant très seule, entre les parents de son mari qui la méprise, et ce dernier qui est souvent absent et qui la traite plus en servante qu'en épouse. Elle rend visite à ses parents au village, mais son nouveau statut social ne permet plus la moindre familiarité même avec les plus proches. Gadis Pantai finira chassée par son mari, après avoir donné naissance à une petite fille, qu'elle ne pourra ni élever, ni même revoir, et devra se faire une autre vie toute seule.
Un beau personnage, même si le déroulement du livre est assez prévisible dès le début. Pramoedya Ananta Toer se place complètement du côté de sa jeune héroïne, le monde de la noblesse n'est pas vraiment exploré, encore moins les sentiments et les pensées des personnages qui en font partie. Ils restent aussi mystérieux pour nous qu'ils doivent l'avoir été pour elle. Gadis Pantai est très malheureuse dans la maison de son mari, mais encore plus lorsqu'elle doit se séparer de sa fille. Il y a une recherche du pathétique touchante souvent, mais peut être un peu chargée quand même. Certains éléments doivent sûrement être plus faciles à appréhender si on connaît cette culture particulière, loin de nous.
L'écriture est d'apparence simple, il y a beaucoup de dialogues, pas tellement de longues descriptions, ni de lieux, ni des sentiments et pensées des personnages. Mais c'est indéniablement efficace, c'est un livre qui se lit facilement et rapidement.
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Corboland78
  16 octobre 2017
Pramoedya Ananta Toer (1925-2006) est né sur l'île de Java. Après avoir été emprisonné par le gouvernement colonial hollandais de 1947 à 1949, il est envoyé en 1965, sous la dictature de Suharto, au bagne de Buru, dont il sort en 1979 sous la pression internationale. Grand humaniste, fidèle à ses idéaux jusqu'à la fin de sa vie en 2006, il est surveillé et systématiquement censuré. Son oeuvre est immense avec plus de cinquante romans, nouvelles et essais, traduits dans près de quarante langues. La Fille du Rivage, datant de 1962, traduit chez nous en 2004, vient d'être réédité en poche. Pour la petite histoire, ce roman qui s'étale sur plusieurs années, est inspiré de la vie de la grand-mère de l'écrivain.
A Java au début du XIXème siècle, colonie hollandaise. L'héroïne n'est jamais nommée, sauf par son surnom, Gadis Pantai (« La fille du rivage » en indonésien). Quatorze ans et fille d'un modeste pêcheur a été demandée en mariage par un riche chef de la région (un Bendoro). « Demandée » est une façon de parler car elle n'a pas vraiment le choix. Passer de son petit village où le minimum vital vous fait passer pour un rupin, au palais du Bendoro relève du changement de dimension. Une ascension sociale qui débute comme un conte de fée. Qui débute seulement…
La jeune fille va devoir s'acclimater à son nouvel environnement où elle doit tout apprendre. le protocole, les prières (Coran) ou s'habituer à avoir une servante. Une vieille femme qui lui sera d'un grand secours tant qu'elle sera à ses côtés, une bonne âme qui comprend le désarroi de l'enfant et vient du même milieu social qu'elle. Il faut reconnaitre qu'en ce début de roman, le Bendoro n'est pas un méchant homme. Souvent absent pour ses affaires, il offre des cadeaux à son épouse et ne la rudoie pas. Au point qu'après cette période d'apprentissage, Gadis Pantai en vient à s'attacher à lui, presque jalouse quand il part plusieurs jours pour ses missions. Mais toujours, ses parents lui manquent, tout comme son village où la vie est si différente et si simple.
Jusque là on pourrait dire que tout se passe relativement bien pour la jeune fille mais bien entendu elle va devoir déchanter et je vous laisse le découvrir en vous cachant un évènement très important. le final est particulièrement déchirant autant pour Gadis Pantai que pour le lecteur ; la tradition locale associée au pouvoir des nobles sur les pauvres va laminer notre pauvre héroïne qui va se retrouver seule au monde : éjectée du palais car répudiée par son maître (elle n'était qu'une épouse de pacotille, un noble ne pouvant réellement se marier avec une femme de condition inférieure) et elle-même abandonnant sa famille pour ne pas rentrer humiliée au village.
Finalement, La Fille du Rivage n'aura jamais vécu. Par la faute involontaire de ses parents qui espéraient par ce mariage la sortir de sa condition de pauvre, par la faute des traditions du pays avec ces mariages arrangés où une enfant peut être « vendue » et servir d'épouse temporaire à un homme riche et puissant.
C'est bien écrit, agréable à lire, et même si ce n'est pas le type de romans que je préfère, il est plutôt réussi. Seule vraie critique ou remarque : la longue séquence du retour au village avec les pirates et le mariage entre un local et une jeune femme accompagnant Gadis Pantai m'a semblé assez farfelue !? Mais vous me connaissez, il faut toujours que je relève un truc négatif…
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MariondeMontmorency
  26 novembre 2017
Comme vous le savez peut-être, je suis une grande amatrice de livres sur les destinées féminines et j'étais donc très curieuse de découvrir ce roman indonésien. Si je n'avais jamais entendu parler de l'auteur, j'ai pourtant appris qu'il était reconnu comme l'un des écrivains majeurs de son pays, autant pour la qualité de ses écrits que pour son insurrection politique. La Fille du Rivage s'inspire de la vie de la grand-mère de Pramoedya Ananta Toer et lui est dédié.
Le récit commence alors que l'héroïne, qui n'est jamais nommée, n'a que quatorze ans. Issue d'un pauvre village de pêcheurs, elle est mariée de force à un noble attiré par sa beauté. Les parents de la jeune fille pensent ainsi pouvoir la sauver d'une vie de labeur et de misère. Mais la fille du rivage comprend vite que son avenir s'annonce bien terne : enfermée dans une prison dorée, délaissée par un mari peu présent qui se contente de quelques visites nocturnes occasionnelles, elle s'ennuie. Humiliée dans un milieu dont elle ne maîtrise pas les codes, elle est contrainte d'attendre patiemment et se morfond, seule. Sa servante tente alors de la mettre en garde contre la terrible issue qui l'attend ; mais l'héroïne, naïve et trop jeune, ne semble pas saisir le message.
C'est une oeuvre très éclairante sur la condition des femmes indonésiennes en plein contexte de colonialisme hollandais. Elle illustre parfaitement la soumission de celles-ci, simplement relayées au rang d'épouses, sans personnalités propres. La protagoniste reste absolument passive pendant tout le roman, et le lecteur ne peut qu'assister impuissant à sa chute irrémédiable. Il s'agit aussi d'une oeuvre sur la lutte des classes et sur l'oppression exercée par les puissants. S'il m'a manqué un peu d'actions pour apprécier ce récit à sa juste valeur, j'ai aimé cette plongée à l'autre bout du monde, tout en étant horrifiée du traitement inhumain réservé à certains individus.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Corboland78Corboland78   16 octobre 2017
La servante avait grande envie de mettre en garde la jeune femme, mais elle n’osa pas. Elle eut peur. Elle savait bien que le Bandoro pouvait changer de première dame trente-six fois par jour sans que son autorité en soit le moins du monde affectée. Elle savait qu’un jour ou deux après avoir mis au monde son premier enfant, cette jeune femme innocente s’engagerait peut-être sur la même route qu’elle et la suivrait, sans le moindre doute : une vie d’esclave. Et cette jeune mère souffrirait plus qu’elle, parce qu’elle aurait un enfant mais devrait s’en aller sans lui. Elle ne pourrait pas le revoir. Et, si elle le revoyait, ce ne serait pas son enfant, mais celui du Bendoro, l’homme qu’elle devrait vénérer et servir.
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dede   08 avril 2012
Je lui avais promis un sarong, je lui offre en échange ce livre. A elle qui jamais n'a raconté sa propre histoire. Elle dont jamais je n'ai connu le nom. Alors j'ai tiré ce récit de ce que d'autres ont rapporté, de ce que j'ai vu de mes yeux, imaginé et mis en forme
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Videos de Pramoedya Ananta Toer (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pramoedya Ananta Toer
Laure Leroy vous présente l'ouvrage de Pramoedya Ananta Toer "Buru quartet. Volume 1, Le monde des hommes" aux Editions Zulma.
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