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ISBN : 2843047870
Éditeur : Zulma (03/01/2017)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 63 notes)
Résumé :
C’est une longue et belle histoire que "Pram" racontait à ses compagnons de détention sur l’île de Buru, avec ferveur, et un élan vital qu’on partage aussitôt. Une histoire aventureuse et romanesque, une histoire politique aussi, qui nous emmène à Surabaya, en Indonésie, au tournant du siècle.
Minke, jeune journaliste brillant et curieux de tout, y croise le destin d’Ontosoroh, "la nyai", concubine d’un riche colon hollandais. Tous deux sont javanais, idéalis... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  14 juillet 2019
En 1899, l'Indonésie est une colonie néerlandaise. A Surabaya, sur l'île de Java, le jeune Minke, malgré sa condition d'indigène, poursuit des études dans une école prestigieuse en principe réservée aux Blancs et aux métis. Imprégné de l'éducation moderne dispensée par les meilleurs enseignants du pouvoir colonial, Minke est reconnaissant et admiratif de ses professeurs, mais s'interroge tout de même : "Ces connaissances scientifiques, dont je constatais les applications dans mon quotidien, me rendaient très différent de la grande majorité de mes concitoyens. Allaient-elles à l'encontre de mon identité javanaise, je l'ignore, mais c'est un jeune Javanais éduqué à l'européenne qui, de l'intérieur, me poussait à écrire". Car Minke est également journaliste et commet régulièrement des chroniques dans le journal local. Un jour, il fait la connaissance d'Ontosoroh, la concubine indigène d'un riche colon néerlandais. Vendue par ses parents à celui-ci lorsqu'elle était toute jeune, elle a, depuis lors, pris sa revanche, devenue patronne, dans les faits, de l'exploitation agricole de son "maître". Cette autodidacte et gestionnaire de poigne et de talent a eu moins de réussite avec les deux enfants qu'elle a eus avec le riche colon. Son fils Robert la méprise parce qu'en tant que métis il s'estime supérieur à elle. Quant à sa fille Annelies, frêle et divinement belle jeune fille, elle est au contraire trop fusionnelle avec sa mère qui, voulant la protéger, n'a réussi qu'à l'isoler du monde extérieur. Ainsi, quand Minke entre dans leur vie, le coup de foudre entre les jeunes gens est inévitable.
Cette histoire d'amour passionnée est un brin trop exaltée, mais elle cristallise bien la complexité de l'organisation sociale des Indes néerlandaises. Minke observe cette société figée dans un système codifié où chacun est classé en fonction de sa couleur de peau (purs-blancs, métis, indigènes). Sa liaison avec Annelies est mal vue de toutes parts, entre un indigène et une métisse, entre un jeune homme issu de l'aristocratie javanaise et la fille d'une concubine (donc présumée femme de basse extraction et de mauvaise vie), sans compter ce qu'en pensent l'épouse et la descendance légitimes du colon depuis Amsterdam. Peu à peu, au gré des coups du sort qui s'abattent sur lui et Ontosoroh, la conscience politique de Minke s'éveille. Ses yeux s'ouvrent sur les injustices et la domination exercée par les colonisateurs qui, sous couvert paternaliste et condescendant, apportent les "lumières de la civilisation occidentale" à ces "sauvages aux croyances obscures". Face aux discriminations et aux humiliations, Minke se prend à rêver de résistance et de liberté.
Dans ce premier volume de la tétralogie du Buru Quartet, on assiste donc à une prise de conscience, un apprentissage du "monde des hommes", et à l'éclosion d'un sentiment amoureux contrarié par des règles fondamentalement illégitimes. le style est classique, parfois un peu lourd ou désuet, mais cela n'enlève rien à la richesse et à l'importance de ce texte, dont l'auteur, censuré tout au long de sa vie dans son pays, a été maintes fois pressenti pour le Prix Nobel.
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Commenter  J’apprécie          490
gonewiththegreen
  02 mars 2019
Minke est un indigène, la caste la plus basse sur l'ile de Java à la toute fin du XIX ème siècle. Ses parents ont réussi à l'inscrire dans une prestigieuse école destinée essentiellement aux colons, les Néerlandais. Un de ses camarades l'amène dans une riche propriété, appartenant à Hermann Melema , un colon qui a réussi dans l'agriculture. Pourtant dans cette ferme , la maitresse de maison est une indigène.
Il y a des livres qui remis dans leur contexte prennent toute leur force. L'auteur a passé sa vie à prôner la liberté . C'est en prison que le texte du Monde des hommes a germé dans les années 70. L'auteur devra attendre la fin des années 90 et de Suharto pour pouvoir publier cette oeuvre , premier tome d'une tétralogie.
Ce livre est immense . le héro, Minke, est un indigène parlant couramment le Néerlandais. On est constamment dans la quête de l'identité, le poids du passé, les convenances devant les colons, la liberté contrecarrée, l'injustice coloniale.
A travers ses personnages, l'auteur montre toute la stratégie du colonialisme, mais va bien au delà en instaurant des personnages complexes, humanistes comme lui.
Le monde des Hommes est avant tout un cri, une prise de conscience , la rébellion d'un peuple soumis, le dos courbé devant le colon et qui s'en remet à ses instruits pour relever la tête.
Il n'y a pas un mot de gratuit, pas un personnage fortuit. Il y a foison de thèmes abordés, toujours autour de l'humain : La passion , la liberté, l'honneur, les rapports de force, l'instruction mais aussi la psychanalyse balbutiante.
Lorsque l'on ouvre un livre , qui plus est inconnu, on part en voyage. A travers ses mots, l'auteur peut graver dans notre esprit des images très fortes. "Pram" est un maître. Un humaniste à découvrir pour que son combat soit porté à travers les continents.
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tynn
  06 février 2018
Java début du 20e.
Le premier intérêt en entamant ce gros roman (1er tome d'une tétralogie) est de décrypter une organisation sociale extrêmement complexe, trait commun de nombre de pays subissant une colonisation. Les Indes Néerlandaises ont structuré une société multiple de « pur blanc », métis et indigènes, aux codes rigoureux de domination/servilité par l'origine, le statut, et le pouvoir économique.
Minke, jeune homme de haute naissance indigène mais pur produit du système éducatif européen, est l'image de cette difficile mutation entre l'obscurantisme et les « lumières » du modernisme. En quête de son identité propre, tout ce qu'il vit, découvre ou subit tourne autour de l'idée d'humiliation et de domination d'un autochtone face à une civilisation blanche condescendante et hypocrite, et au constat de la féodalité de son propre peuple.
Le récit s'apparente à un journal chronologique de l'apprentissage à la vie d'un jeune homme qui se cherche, découvre le sentiment amoureux et l'impérieux désir de reconnaissance, de justice et de liberté. Au-delà du parcours personnel d'un individu entre deux cultures se dessine aussi une conscience plus large d'égalité, à défaut d'auto détermination d'une nation asservie.
Un livre important, percutant sur le fond, à qui on peut reprocher une certaine lourdeur de narration, un manque de subtilité de formulation.
La plume classique, à la sensibilité un peu désuète colle parfaitement à l'époque évoquée. L'équilibre entre les aventures de Minke et les sujets de réflexion historique ou identitaire est parfait, permettant une lecture aisée et riche d'enseignement.
Une découverte originale et dépaysante...et le second opus* sous le coude!
*Enfant de toutes les nations
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raggiodisole
  22 février 2017
Surabaya, fin du XIX siècle. Quand Minke, un jeune indigène fait la connaissance d'Annelies , il ne sait pas encore que les soucis ne font que commencer. Brillant étudiant dans une école réputée des Indes Néerlandaises, il fait aussi le métier de journaliste. Annélies est une métisse d'une grande beauté et le charme opère entre les deux jeunes gens. Mais ce qui fait le charme dans cette maison,c'est nyai Ontosoroh, la mère d'Annelies. C'est une indigène qui a été donnée de force à un blanc très riche.Malgré qu'elle n'est qu'une concubine, elle gère tout, en femme cultivée et courageuse. Minke s'installe dans cette maison, mais tout cela n'est pas bien vu par les gens jaloux qui préfèrent juger avant de connaître quelqu'un. Et la couleur de la peau n'arrange rien.
Quelle belle écriture toute en douceur! Je me suis sentie happée par cette histoire passionnante. Un mot pour résumer tout: Magique!
Impatiente de découvrir la suite.
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5Arabella
  29 juin 2017
Il s'agit du premier volume d'une suite romanesque qui en compte quatre. Nous sommes à a fin du XIXe siècle, aux « Indes » néerlandaises, c'est à dire en Indonésie. Un jeune homme, Minke, suit les cours d'une prestigieuse école. Il est une anomalie, car il est « indigène » même pas métis, et brillant élève. Il se passionne par le savoir dispensé par l'école, et tout particulièrement par les cours de littérature de Magda Peters. Il commence à écrire et à faire publier certains de ses textes.
Par un camarade de l'école, Minke va faire la connaissance de la famille Mellema. Il est stupéfait de voir que la famille est dirigée de fait par une Nyai, concubine d'un européen, qui n'a guère de considération parmi les siens. le couple a deux enfants, Minke et Annelies, la jeune fille, tombent immédiatement amoureux. En revanche Minke suscite l'hostilité De Robert, le fils, qui le méprise en tant qu'indigène. Il s'installe dans la belle demeure familiale, ce qui va très vite devenir objet de scandale.
Minke prend de plus en plus conscience de la violence coloniale, la mort tragique de Herman Mellema, le père de famille européen va faire peser une grande menace sur tout le monde. le fils de l'épouse légitime et hollandaise de Herman, réclame non seulement l'héritage, mais il veut aussi devenir le tuteur officiel d' Annelies et l'arracher aux siens, et ne reconnaît pas son mariage avec Minke.
Un récit très romanesque, avec beaucoup de choses qui se passent, beaucoup de personnages pittoresques ou forts. le style est simple, mais d'une grande efficacité narrative. Mais la structure romanesque est un peu étrange, parfois maladroite, parfois un peu répétitive, il y a plein de choses qui restent en suspens (pourquoi Minke n'a pas de nom de famille), et il y a quelque chose d'un peu systématique, qui manque de finesse.
Mais une bonne lecture quand même, l'auteur veut visiblement provoquer une secousse, une empathie avec ses personnages, en jouant pas mal sur les émotions. Par moment un peu trop à mon goûts, mais c'est quand même intéressant.
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critiques presse (1)
Telerama   26 avril 2017
Le premier volet d'une tétralogie passionnante sur l'Indonésie du XIXe siècle. Entre roman d'apprentissage et quête identitaire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
AtasiAtasi   06 février 2017
On m'appelle Minke.
Mon vrai nom ... pour l'instant, je préfère ne pas le mentionner. Ce n'est pas que j'aie la manie des cachotteries. J'y ai réfléchi : il n'est pas encore temps de dévoiler qui je suis.
A l'époque où j'ai commencé à prendre ces notes, j'étais triste : elle m'avait quitté, et personne n'aurait pur dire si c'était pour un moment ou pour toujours. Je ne savais pas comment les choses allaient tourner. Mystère. L'avenir ne cesse de nous tourmenter, de nous torturer ! Le moment venu, chacun le rejoint - bon gré, mal gré, corps et âme - et trop souvent il se révèle un fieffé despote. Je finirais par accéder, moi aussi, à ce qu'il me réserve. Qu'il soit un dieu bienveillant ou cruel, c'est mon affaire, bien sûr : les hommes n'applaudissent trop souvent que d'une main.
Treize ans plus tard, j'ai relu ces notes et les ai reprises. Je leur ai associé des rêves, des idées. Elles ont bien entendu pris une forme différente de l'original, mais je n'aurais su faire les choses à moitié. Voici donc ce qu'elles sont devenues.
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EveToulouseEveToulouse   11 février 2017
Si bienveillant qu'il puisse être envers nous, un Européen reculera devant le risque qu'il courrait à contredire la loi européenne, sa loi, surtout s'il s'agit de défendre les intérêts des indigènes. Pour nous il n'y a pas de honte à perdre, le cas échéant, et nous devons nous rappeler pourquoi. Aucun indigène, nak, nyo, ne peut engager un avocat, même s'il a de l'argent, d'abord parce qu'il n'ose pas et, plus foncièrement, parce qu'il n'a pas appris à le faire. Toute sa vie, il subit ce que nous subissons aujourd'hui. Il n'a pas plus de voix que les galets des rivières et que les montagnes, même quand on le réduit en je ne sais quelle bouillie. Quel tumulte, si tous les indigènes s'exprimaient comme nous allons le faire! Ce serait un vacarme à faire tomber le ciel sur terre.
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raggiodisoleraggiodisole   16 février 2017
Tu dois faire un mariage normal, épouser quelqu'un que tu as choisi, que tu aimes de plein gré. Tu es mon enfant, je ne permettrai pas qu'on te traite comme une bête, qu'on te vende à qui que ce soit, quel que soit le prix proposé. Je veillerai à ce que cela ne t'arrive pas.Je me battrai pour qu'on respecte la dignité de mon enfant. Moi, je n'ai pas de parents. Parce qu'elle a été jadis incapable de me défendre, ma mère était indigne de l'être. Mon père m'a vendue aussi comme il l'aurait fait d'une pouliche, il était indigne , lui aussi, d'être mon père.
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AtasiAtasi   12 février 2017
En faite, c'est la même chose dans toutes les colonies, d'Asie, d'Afrique, d'Amérique, d'Australie. Tout ce qui n'est pas européen, et plus particulièrement ce qui ne participe pas au système colonial, est piétiné, raillé, rabaissé pour faire étalage de la suprématie de l'Europe coloniale dans tous les domaines - y compris, ce faisant, de sa propre ignorance !
N'oubliez pas, Minke, ceux qui sont venus les premiers aux Indes étaient des aventuriers et des individus dont l'Europe ne voulait plus. Ici, ils sont plus à l'aise pour jouer les Européens. Une bande de canailles.
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gonewiththegreengonewiththegreen   28 février 2019
La peinture, c'est de littérature en couleurs. La littérature, c'est de la peinture en mots.
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