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ISBN : 2267029901
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (23/02/2017)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Elf et Yoli. Deux sœurs, deux amies. Elfrieda, pianiste de renommée mondiale mariée à un époux formidable, veut mettre fin à ses jours. Yolandi, divorcée, sans le sou, multipliant les aventures sans lendemain, fait tout son possible pour maintenir sa grande sœur en vie tout en tentant de gérer le chaos de sa propre existence.

Dans ce roman à la fois tendre et touchant, Miriam Toews propose une réflexion bouleversante sur l’amour et sur ses limites.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
fanfanouche24
  29 mars 2017
Une nouvelle découverte, faite par hasard, d'une écrivaine canadienne,
Miriam Toews... J'ai choisi cette édition publiée par la maison Christian
Bourgois, pour les thématiques centrales: cette complicité, amour-
chamaillages entre deux soeurs artistes, l'une musicienne, l'autre,
écrivaine, avec des douleurs de vivre, différentes... Bien que l'aînée,
Elf, musicienne, est bi-polaire, et profondément suicidaire...semble
avoir une existence plus réussie que sa cadette... mais rien n'y fait: ni
l'amour de son mari, de ses très proches, de sa carrière réussie de
musicienne....
Un moment, sa passion pour la musique la sauva du pire. Nous commençons ce texte avec le retour de la cadette, l'auteure, au
chevet de sa grande soeur, qui a une nouvelle fois, attenté à son
existence...
En faisant des recherches sur Miriam Toews, dont j'ignorais jusqu'au
nom, je réalise que ce texte est des plus autobiographiques, qu'elle a
dû assumer le suicide de sa soeur, mais aussi de celui de son père,
auparavant...
Les sujets qui traversent ses autres écrits se réunissent de façon très
personnelle et significative autour du "Suicide" et du "Mal de vivre
récurrent"....si complexes à conjurer...
Ce qui rend étonnant ce texte , bouleversant à de multiples égards,
c'est la forme, le ton persifleur, mi-humour grinçant, mi-déjantage
pour traduire l'insupportable, l'intolérable vécu, lorsqu'un être aimé
veut se détruire, et qu'en dépit de tous les efforts de l'entourage, l'élan
de vivre reste des plus précaires et fluctuants !..
Entre le suicide de cette soeur, l'auteure a été aussi confrontée à la
demande terrible de son aînée, Elfrieda [ surnommée dans le récit par
ce charmant raccourci : "ELF" qui incontournablement fait songer
aux elfes, aux êtres surnaturels... différents et toujours ailleurs ! ]
: l'aider à mourir, l'emmener en Suisse pour un suicide assisté...

Comment répondre à une telle demande , de sa propre soeur ?
Surtout lorsque la personne n'est pas menacée directement
physiquement...Comment assumer cela et vivre avec l'amour immense
pour sa soeur ainsi que l'impuissance à la sortir des "ténèbres" ???
vaste question, impossible à gérer ou à vivre, sans s'abîmer soi-même !
Une désespérance absolue... que l'auteure semble parvenir à tenir
un peu à distance par un humour grinçant et par le fait même
d'écrire....
Cet ouvrage, en dépit des sujets les plus sombres est un hommage
à la Vie, à l'amour persévérant, constructeur que les autres nous offre.
Nic, le mari aimant, de la soeur musicienne se dispute affectueusement
avec sa belle-soeur, car ils tentent tous deux de trouver une solution à
leur manière, pour sauver Elf, de son désespoir chronique !
Cet écrit à forte consonance autobiographique affronte tous les
questionnements les plus difficiles... dans des dialogues, remarques
dénuées de complaintes...entre les remarques les plus farfelues du
quotidien et les interrogations existentielles. Ce décalage provoque
évidemment le sourire ou parfois le rire... Ce qui est un sacré tour de
force, dans de pareilles thématiques !!

Un livre des plus dérangeants, bien évidemment, mais le ton et le
style uniques de l'auteure sauve des larmoiements stériles et de
la victimisation !!!
Comment faire pour redonner à quelqu'un que l'on aime... l'impulsion
de poursuivre, le goût d'exister ? Question sans réponse...
Dans ce récit... Il y a des parents en mal-être , mais aimants, bienveillants,
ouverts, qui encouragent leurs deux filles dans leur art respectif:
la musique et l'écriture...
Et pourtant le papa met fin à ses jours... La fille aînée, de même, et la
cadette, qui trouve dans l'écriture, sa survie...pour échapper à ce
"désespoir de vivre familial"
Un livre de qualité... mais à découvrir quand on se sent" solide, bien dans
sa tête... ou très concerné, impliqué par les sujet abordés : le suicide, et
le suicide assisté !!!
Ne pas faire comme moi: "soigner le mal par le mal", c'est-à-dire
lire des textes très sombres alors que mon esprit est "momentanément"
très assombri !!!
Cela marche souvent, pour ma part, car cela me reformule fermement la réalité de base, comme quoi "La Vie"... en dépit de tout, est un cadeau extraordinaire,infini, magique !
Bravo à l'auteure d'avoir su exprimer cette impuissance, ce désespoir de vivre
avec une joie de vivre et un humour aussi féroces... Un vrai tour de force !
"Très bien, le cerveau est un organe conçu pour régler les problèmes et si le
problème est la vie, l'impossibilité de la vivre, un cerveau rationnel et fonctionnel cherchera un moyen d'y mettre fin.Non ? Je ne savais pas quoi faire. (...)
Il faut que tu vives, il faut que tu aies envie de vivre, il faut absolument que tu vives. C'est l'impératif suprême, la toute première règle de l'univers." (p. 181)

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myriampele
  26 février 2017
C'est un roman d'amour mais ici il est question de deux soeurs. Yolandi et Elfrieda, nées dans une petite communauté mennonite de Winnipeg, au sud du Canada. Yolandi raconte le calvaire de sa soeur Elfrieda, virtuose du piano, mariée à Nic, qui la chérit tendrement, mais plongée dans une profonde dépression. Au fil des pages Yolandi parle de sa soeur, parle avec sa soeur, partage avec sa mère, ses enfants , sa tante et son amie Julie tout ou presque tout de sa relation unique avec Elfrieda. Une écriture juste, parfois poétique, toujours touchante.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   19 mars 2017
En principe il n'était pas permis dans notre ville de posséder un piano, instrument qui faisait trop penser aux saloons, aux bars clandestins de la prohibition et à la joie débridée, mais mes parents en avaient fait entrer un en douce chez nous parce qu'un médecin avait laissé entendre qu'il serait salutaire de fournir à Elf un "exutoire créatif" qui canaliserait son énergie et l'empêcherait de devenir "extravagante", mot aux connotations sinistres. Dans une collectivité fondée tout entière sur la conformité, l'extravagance était une calamité. (p. 23 / Christian Bourgois, février 2017
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fanfanouche24fanfanouche24   26 mars 2017
Quand Elf est partie en Europe, ma mère a décidé de s'émanciper, elle aussi, et elle a suivi des cours à l'université, en ville, pour devenir assistante sociale, puis psychothérapeute. Les anciens de l'église avaient fini par faire une croix sur la famille Von Riesen. Après avoir obtenu son diplôme, elle a transformé la chambre d'amis en cabinet de consultation, et un flot régulier de mennonites en proie à la tristesse et à la colère a commencé à y déferler, habituellement en cachette. car, dans la hiérarchie des perversions, la psychothérapie venait plus bas que la bestialité, qu'on pouvait à la rigueur comprendre dans le contexte de villages isolés. (p. 159)
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fanfanouche24fanfanouche24   22 mars 2017
Il me dit qu'Elf pense la même chose au sujet des jours, des jours qui recommencent sans cesse, le soleil se lève, les oiseaux se mettent à chanter, il ya un moment où tout semble possible, un moment d'espoir extrêmement douloureux, et puis c'est fini, tout s'assombrit, le jour n'est qu'un pétard mouillé, un de plus. (p. 120)
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fanfanouche24fanfanouche24   23 mars 2017
Notre famille tente d'échapper à tout, d'un seul coup, même à la gravité, même au rivage. Nous ne savons même pas ce que nous fuyons. Peut-être sommes-nous seulement des âmes inquiètes. Peut-être sommes-nous des aventuriers. Peut-être sommes-nous des fous. Peut-être la planète Terre n'est-elle pas notre vrai foyer. (p. 135)
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fanfanouche24fanfanouche24   24 mars 2017
Elf a été hospitalisée de son plein gré, pas contre sa volonté, elle peut donc partir quand bon lui semble. Je lui demande si ce n'est pas trop tôt et Janice répond qu'il est très important d'habiliter les patients en les laissant prendre de grandes décisions.
Eh bien, dis-je, décider de se tuer serait une grande décision et personne ne veut qu'elle la prenne , celle-là, pas vrai ? (p. 132)
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