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EAN : 9782072699474
Éditeur : Gallimard (01/01/1900)
3.08/5   6 notes
Résumé :
Le livre de la faim et de la soif est une chevauchée effrénée dans les contrées du conte et du roman picaresque. Le personnage central est le livre lui-même. Alter ego du narrateur, il entame de façon autonome des récits qu'il ne prend pas le temps d'achever, en quête d'une totalité irréalisable. Chaque fois, le livre s'aperçoit qu'en nommant les choses il les détruit et doit repartir à la recherche d'une autre réalité. Sa folle cavale nous emporte dans de nombreux ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Eliesytis
  24 juin 2019
Jorge Luis Borges disait souvent que le plus important dans la lecture était la relecture. Cette phrase prit tout son sens avec ce livre que je lis, relis et lis encore.
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Dans ce roman, Camille de Toledo à souhaité se mettre "dans la peau" du livre afin de faire face à notre monde contemporain et chaotique où la littérature s'est éteinte, passant d'une civilisation du livre objet à une civilisation du texte numérisé.
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Le héros du roman est le Livre lui même, il est un personnage, mais aussi une idée, un combat et un objet matériel voué à disparaître. Il est aussi le personnage de roman le plus fascinant qu'il m'a été donné de lire.
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Le Livre est obsédé par le désir de sortir de lui-même, de prendre vie, prendre corps. Alors le Livre délégue l'écriture de ce roman à son fidèle dactylographe, la Pieuvre, et ne cesse d'ouvrir des parenthèses, de raconter des histoires dans l'espoir que celles-ci l'aideront à quitter le monde clos de ses pages. En quête d'existence, le Livre et la Pieuvre arpentent le monde afin de trouver des réponses à leurs questions, sur la véracité des Origines, le destin de la littérature, la peur de disparaître, de mourir... Il faut réécrire toutes les histoires que l'on nous a toujours conté et qui ne nous préparent pas à ce monde dément dans lequel nous vivons.
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Le Livre a faim, le livre à soif, de plus de vie, de plus d'histoires. À travers son héros fait de papier, Camille de Toledo nous prouve que le livre n'est pas mort, qu'il est encore pleins d'aventures et donc que la littérature contemporaine est plus vivante que jamais.
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Elea57
  09 mars 2021
Il est assez rare que le livre lui-même soit le personnage central du roman pour ne pas remarquer cette originalité. Un roman inclassable, situé entre le conte, le roman picaresque, le rêve et la réalité au titre tellement intriguant et prometteur. le livre se veut le maître et le dactylographe, son esclave chargé de noter ses flots de pensées incessants pour nous interroger sur le monde.
Le livre pressent l'Apocalypse, alimentée par toutes les haines passées et inscrites dans l'Histoire. Selon lui, les mythes nous poursuivent, nous ne sommes pas libres et nous retrouvons ancrés dans le passé, dans un monde ancien qui ne parvient pas à se transformer en avenir. Son point de vue n'est d'ailleurs pas dénué de sens. Il se dit impuissant et maudit face au savoir qu'il aimerait oublier, définitivement, et réécrire les mythes. Il voudrait pouvoir écrire l'histoire et non la subir.
Pour explorer le monde, le livre nous emmène dans son périple entre le banquet des origines, les hommes troncs dans le Gange en Inde, la Neva à Saint Pétersbourg, les mangas au Japon, les pins canadiens, le ski à Dubaï, la Reine et le Qatar, Moïse et la mer qui s'ouvre en deux, un meurtrier des westerns… Il est évident qu'il a hautement réussi le pari de nous faire voyager au sens large du terme et à nous emporter loin. Trop loin peut-être. En ce qui me concerne, je suis arrivée à destination à bout de souffle et parfois déboussolée : l'auteur effectue des connexions infinies pas toujours faciles à suivre, des récits suspendus que l'on retrouve néanmoins dans la suite de l'histoire, des histoires devrais-je dire, si tant est que l'on parvienne à faire le lien. On assiste à l'impuissance du livre et à son désarroi face au monde. Difficile de ressortir de ce maelström totalement clairvoyant ; moi qui d'ordinaire affectionne les histoires imaginaires farfelues me suis trouvée aussi confuse que le livre et finalement contente d'en venir à bout.
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shanakarenine
  10 août 2017
On commence ce livre de façon hésitante, un peu à tâtons, ne sachant où il va nous mener, dans quelles contrées étranges de l'esprit le lecteur se va se laisser emporter. Les scènes absurdes s'enchaînent, aux décors toujours plus surprenants, invitant le lecteur à la rencontre de personnages singuliers, prodigieux, certains familiers, d'autres entourés de mystère. A l'histoire contemporaine se mêlent la fable, le conte fantastique, le mythe, la parabole philosophique, tout en adresse et subtilité. On pense avoir affaire à de l'écriture intuitive, à un vertige de mots désorganisés, avant de se rendre compte que tout est absolument et parfaitement maîtrisé. Camille de Toledo à travers ses mots puissants, ses réflexions, ses métaphores, sa poésie, nous offre ici un enchevêtrement de sensations au travers d'une aventure littéraire inédite.
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vegalia
  01 avril 2019
Oeuvre originale car c'est le livre qui est le personnage principal. Il raconte son histoire à travers les siècles et ses auteurs. Il parle de son devenir à l'ère du numérique, quand personne n'aura plus rien à dire. C'est une belle occasion pour l'auteur de nous offrir une réflexion sur l'écriture et la place, le rôle du livre dans notre société, dans nos vies. le livre, c'est notre mémoire, notre passerelle vers notre inconscient, une histoire toujours différente, un pan de notre humanité qui est raconté avec plus ou moins de fidélité. C'est plus qu'un objet mais un être vivant qui a besoin d'être nourri de notre sagesse, notre imagination et notre maîtrise de la langue.
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JLM56
  27 mai 2017
ce mortel ennui qui vous colle à la peau
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   09 octobre 2020
Et tout le fracas des guerres, plus bas, les cris, les pleurs, les femmes de Palestine, les enfants d’Israël, les danses des Tigres tamouls, les chants fanatiques des soldats de Dieu, le petit pli d’une fosse océanique et l’effondrement des immeubles, en Chine, le grondement des barrages, le bruit cumulé des autoroutes, des trains, des avions, tout avait pour lui le charme des musiques de chambre. Discrète, paisible harmonie du chaos, gammes infinies d’instruments maniés par des nains dont il ignorait tout.
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rkhettaouirkhettaoui   09 octobre 2020
Et là, le livre, en plus de rougir, de voir soudainement s’ouvrir à lui la gamme vertigineuse de la pornographie humaine, Jambes dans Cul, Langue dans Con, Queue dans Cul, Queue dans Con, Bouche contre Sein contre Queue, en plus de toute l’arithmétique de ces combinaisons, entrevoit l’infinité des choses qui lui manquent. Il prend conscience de sa faiblesse à rendre exactement les gestes humains et particulièrement, alors qu’il passe devant un marchand de téléviseurs, alors qu’il voit, dans la vitrine, l’agencement de tous ces écrans scintillants – on dirait les toiles de ces peintres flamands qui, dans un sursaut de conscience, peignaient leurs ateliers et représentaient des cadres à l’intérieur des cadres –, le livre, d’un coup, se sent précipité dans un monde d’images en deçà des langues où chaque geste est rendu avec précision, où l’émotion est montrée avec toute la force de l’incarnation.
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rkhettaouirkhettaoui   10 octobre 2020
Il voudrait avoir le temps de réécrire chaque ligne, car c’est ainsi qu’il se maintient dans la foi qu’il peut tout. Changer. Métamorphoser même la vie. Comme la neige, le froid. Le livre voudrait être la prochaine ère glaciaire, interrompre le temps, l’accélérer, et, dans une moindre mesure, n’est-ce pas déjà ce qu’il fait en ajoutant au présent de petites coutures, des poches de passé, des cols d’avenir ? Annotant la fin de l’histoire de Tanuk, il dit avec autorité : « Ça ne s’est pas passé comme ça. J’y étais. Je suis le grand témoin, celui qui a consigné le massacre. » Et là, je ne sais pas, ça vous donne le vertige. On dirait que les parties du livre poussent comme les ventouses des poulpes dans les films d’épouvante.
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rkhettaouirkhettaoui   10 octobre 2020
Le livre voudrait, dans toutes les langues, conjurer le regret, effacer les traces de sa nostalgie, entrer dans l’existence, et, reprenant le traîneau, le pousser, le tirer en avant, pour accueillir tout, l’effondrement et l’honneur tel un drapeau honni sur lequel on crache en comptant les croix des cimetières profanés et toute l’horreur, le pathétique, le tragique, la farce de cet âge où les âmes meurent comme celle du Prince, laissant à la place des curseurs, des écrans. Le livre, maintenant, pris d’une pulsion incontrôlable de réaction, voudrait excommunier toute la modernité et souffler, souffler pour en faire une torche. Je dois dire, à cette charnière du livre, que je suis prêt. Prêt à le suivre.
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rkhettaouirkhettaoui   09 octobre 2020
Ce fut une longue marche où les écrivains, les affabulateurs, les conteurs croyaient créer tandis qu’ils ne faisaient, en vérité, que participer à la marche du livre. » Sur ce, il brandit la Bible, la Torah, le Coran, évoque les commentaires qui s’ajoutèrent au fil du temps et il pointe du doigt leurs exégèses. Il déballe des cartons de la Renaissance, une dizaine, puis une centaine de représentations de saint Jérôme. Il dit : « Regarde la somme d’écriture qui tente de s’échapper. On dirait des oiseaux voletant au bord du nid. » Il vise les textes adjacents, les mots ajoutés qui, au fil des interprétations, ont brouillé le texte principal.« Si l’on creuse, que crois-tu que l’on trouve ?
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Videos de Camille de Toledo (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Camille de Toledo
DELPHINE HORVILLEUR & CAMILLE DE TOLEDO « Les vivants & les morts » Rencontre animée par Victor Pouchet
Delphine Horviller et Camille de Toledo évoqueront dans cette rencontre la manière dont les morts et les vivants se relient par des fils visibles – des blessures – ou invisibles – des spectres. Ils évoqueront la trame fine qui lie les générations entre elles, une trame qui est au coeur de leurs livres récents : le roman de Camille de Toledo, Thésée, sa vie nouvelle (Verdier 2020), en lice pour le prix France Inter, le prix SGDL et le prix Franz Hessel, qui tourne autour du suicide d'un frère en suivant les intuitions et les savoirs de la généalogie transgénérationnelle dans une fiction entrelacée à la vie, et l'essai bouleversant de Delphine Horvilleur, Vivre avec nos morts (Grasset, 2021), qui sans cesse se charge de relancer et repenser la vie depuis nos liens aux absents et aux disparus.
À lire – Delphine Horvilleur, Vivre avec nos morts, Grasset, 2021.
Camille de Toledo, Thésée, sa vie nouvelle, Verdier, 2020.
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