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EAN : 9782851979476
73 pages
Éditeur : L'Herne (18/01/2012)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Tolstoï commença la rédaction de cet essai, intitulé Du suicide, en mars 1910, peu de temps avant sa mort. C’est l’un de ses tout derniers textes. Il en reprit la rédaction quelques mois plus tard, après avoir visité deux hôpitaux psychiatriques, orientant sa réflexion sur la folie. Les nombreux brouillons et les variantes attestent du long travail de l’auteur qui revient une fois encore, avec un ton violent et dépouillé des artifices du style, sur cette tragédie qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
valeriepascual
  20 avril 2012
Voilà bien un livre dont j'aurai de mal à parler ! Ce court essai traite du suicide et de la folie. Tolstoï y réagit à de nombreuses lettres qu'il a reçu de gens se posant de la question du suicide, évoque le changement de la société ou la religion perd peu à peu sa place, provoquant la folie chez les hommes.
D'une écriture très classique, avec des phrases parfois longues, ou il faut s'accrocher pour suivre leur méandres et comprendre le sens, ce texte est étonnant parfois de modernité, pour plonger ensuite dans des idées très datées.
Deux exemples,le premier dans le registre de la modernité:
"Il est difficile aux hommes de notre monde non seulement de comprendre la cause de leur situation désastreuse, mais d'avoir conscience du caractère désastreux de cette situation, principal conséquence du désastre essentiel de notre temps qui s'appelle le progrès et qui ne manifeste par une angoisse fébrile, une précipitation, une tension dans un travail ayant pour but ce qui est absolument inutile ou à l'évidence nuisible, par une ivresse permanente de soi-même dans des entreprises constamment renouvelées qui dévorent tout le temps dont on dispose et par une fatuité sans bornes."
Le deuxième, plus daté:
"La religion -pas pour les savants, mais pour n'importe quel homme vivant- est non pas un objet de recherche, mais une condition nécessaire, inéluctable de la vie, une religion est pour l'âme comme l'air ou la nourriture pour le corps."
Pour ne rien cacher, j'ai eu du mal à livre ce texte, mais je ne lis d'habitude que des romans et pas d'essais. J'ai beaucoup aimé "la guerre et la paix", j'avais envie de découvrir une autre facette de Tolstoï. C'est fait, je ne regrette pas, mais ma prochaine lecture sera sans doute plutôt Anna Karénine !
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PatriceG
  11 mai 2020
Je ne vais pas redire les mêmes choses que je viens de lire ici.
Du Suicide écrit en 1910, un des derniers essais de l'auteur, possiblement le dernier est une réflexion sur la société contemporaine et son sujet pendant , les suicides, les problèmes psychiatriques, et selon son habitude il va se donner à la tâche avec une volonté inébranlable et une préparation scrupuleuse, allant lui-même se rendre compte sur le terrain à quoi ressemblent ces phénomènes. Il se fait fort des nombreux courriers qu'il reçoit de gens au bord du suicide et qui voient en lui un patriarche capable de leur donner des pistes ..
Cette orientation de Tolstoï n'est pas nouvelle à se demander comment répondre aux nombreux problèmes de société qui se posent au peuple russe, il avait annoncé la couleur dans Confession dans les années 1880. Et comme sa notoriété est désormais à l'échelle du monde, ses préoccupations dépassent largement le cadre de la Russie. Ses préoccupations sont moins littéraires il est vrai et plus philosophiques, morales. Il va écrire des tonnes de correspondances, sortes de chroniques, lettres ouvertes à des gens du monde entier où il va expliquer inlassablement ses vues non seulement sur ce qui convient de ne pas faire, mais aussi sur ce qu'il convient de faire pour un monde façonné de dimension humaine. J'avais lu récemment sous la plume de je ne sais plus qui que Tolstoï, pour sa partie de prédicateur, condamnait les choses sans apporter de solutions, celui-là a dû s'arrêter de lire Tolstoï en 1880 : je lui recommande tout particulièrement la lecture de Socialisme et Christianisme, correspondance Tolstoï-Birioukof, pavé de 428 pages publié chez Grasset en 1957 ou le Maïtre d'Iasnaïa Poliana explique toute sa pensée .. Je crois que celui-là est Léon Chestov qui disait que Léon Tolstoï fustigeait plus qu'il ne caressait ..
Mais pour en revenir à de Suicide : il est bien sûr à lire si 'on veux explorer l'autre face du romancier célèbre, et à ne pas faire comme en France du moins où une certaine intelligentsia s'est crue autorisée à le traiter avec un peu de condescendance très malvenue. Tous ses multiples traités dont celui-ci sont d'une modernité bluffante.
xxxxxxxx
L'avant-propos De Bernard Kreise (*), évoque l'idée de suicide chez Tolstoï lui-même, dans les années 1880, ou même 1878, si je ne m'abuse. Mais enfin, j'aurais tendance à dire que celui qui évoque ou invoque la plainte de vivre voire d'en finir avec ça est loin d'être un candidat au suicide, c'est même parfois le signe d'une solidité sur terre. Je ne veux pas dire par là qu'il ne faille pas s'inquiéter de ceux qui souffrent sans le dire, ou ne pas être en mesure de la dire, bien au contraire, et ce qui arrive se solde bien souvent par l'échec de ne pas avoir su détecter chez l'autre ces mille petits SOS qui. préviennent de l'imminence du danger réel de passage à l'acte
Mais à évoquer cela dans cet ouvrage donne l'impression que l'auteur tire sa légitimité de par son expérience personnelle, or j'ai le sentiment qu'il n'en est rien. C'est juste que Tolstoï est capable de comprendre le désarroi de ceux qui souffrent et qu'il y a dans sa démarche tout un travail vers l'autre
Et je ne pense surtout pas en fait que dans cet ouvrage Tolstoï voulait parler de lui et de son cas personnel - d'ailleurs il n'en parle pas-, c'est clair s'improviser donneur de leçons, mais il y a bien l'idée de venir en aide aux gens qui relèvent de la psychiatrie peu ou prou. Celui qui a su admirablement sonder le coeur féminin était capable aussi d'entendre ce qui se passait de ce côté là, sur l'autre versant de sa personnalité vis-à-vis d'une jeunesse qui souffre et qui semble désemparée

L'incipit de D Suicide :
"Ce sont des imbéciles ?
Un imbécile est avant tout un homme qu'on ne comprend pas.
Depuis de nombreux mois, et particulièrement ces derniers temps, je reçois quotidiennement pas moins deux ou trois lettres (aujourd'hui, il y en a eu trois), dans lesquelles de jeunes hommes et de jeunes femmes m'annoncent qu'ils ont décidé d'en finir avec la vie, mais je ne sais pourquoi, ils s'adressent à moi dans l'espoir que je les délie de cette décision grâce à quelque conseil que je pourrais leur prodiguer..

(*) Je récuse en fait la préface de Bernard Kreise qui déforme l'idée de cet essai, et je m'étonne qu'il ait trouvé quelqu' écho favorable auprès de la prestigieuse L'Herne à fin de publication. Ce traducteur s'est déjà illustré en présentant une version light de Guerre et paix expurgée de 700 pages. Chacun appréciera !
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selena_974
  15 février 2012
C'est en 1910 que Léon Tolstoï écrit ce pamphlet sur le suicide, qui ne sera jamais terminé, ni publié de son vivant car il meurt quelques mois plus tard. Ce texte est une réponse aux nombreuses lettres que l'auteur a reçues de personnes suicidaires, qui ont perdu leur envie et leur joie de vivre, lui demandant conseil. Car Léon Tolstoï est considéré à la fin de sa vie comme un sage connu dans le monde entier.
Après plusieurs mois de recherches, à visiter des centres psychiatriques afin de s'imprégner de cette souffrance et lire de nombreux textes sur le sujet, Léon Tolstoï nous fait part de son avis. Il nous explique ce qui, selon lui, est la cause de "la folie de notre vie", en mettant constamment en rapport ce mal contemporain avec la religion et les problèmes de la société du XXe siècle. L'auteur est contre la religion, contre la science et le progrès, et nous montre dans cette analyse qu'ils sont responsables de la folie croissante du monde. le suicide n'est finalement qu'un prétexte à un texte beaucoup plus philosophique sur la folie humaine. L'auteur pose de nombreuses questions, sur l'absurdité de notre système, sur la folie des hommes qui les poussent à accepter l'inacceptable sans se poser de questions. Et à ces questions il apporte ce qui, selon lui, est la seule réponse possible : nous sommes tous atteint d'une folie que l'on appelle "la culture de notre temps".
La curiosité et le nom de Léon Tolstoï m'ont poussée à choisir ce livre. On y retrouve l'ultime pensée de l'auteur sur un sujet qui l'a préoccupé pendant des années, et qui est toujours autant d'actualité au XXIe siècle. Une lecture très intéressante et d'actualité, qui nous fait réfléchir sur notre propre univers, notre propre société.
Merci à Babelio et aux éditions de L'Herne qui m'ont permis, par le programme Masse Critique, de découvrir le dernier écrit de ce grand penseur qu'est Léon Tolstoï.
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estrella_oscura
  16 février 2012
Rédigé peu de temps avant sa mort en 1910, cet essai inachevé sera le dernier écrit de Tolstoï. le point de départ en est le courrier qu'il reçoit abondamment - des confidences de lecteurs qui envisagent de se suicider - à partir duquel il organise une analyse pour tenter de comprendre l'extrêmité d'un tel acte. Et très rapidement, Tolstoï relie l'être à la société dans laquelle il évolue. Il ne saurait être question de restreindre le penchant suicidaire à un problème purement personnel, surtout lorsqu'il y en a des recrudescences alarmantes en un même temps et au sein d'une même société. L'environnement dans lequel évolue l'être l'influence, le conditionne, le formate, le met à mal. Et Tolstoï de donner alors libre court à son profond désaccord avec la politique de son pays, et avec l'Eglise, instrument de contrition et d'asservissement. Tolstoï prône, à travers ce réquisitoire acerbe, une spiritualité incarnée, vivante et intelligente et une société non-violente - un discours, me semble-t-il, résolument en avance sur son époque.
En bref, un petit essai tout à fait intéressant et original - loin d'être ce que à quoi je m'attendais. Peu d'évocation de la mort et du suicide à proprement parlé dans ces pages, bien plutôt une prise de distance, un portrait global d'une situation qui ne se restreint pas à la Russie du début de siècle.
Lien : http://lapetitemarchandedepr..
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Amrus
  30 mars 2013
Üne citation que m'a envoyé Charles m'a incité à le commander et à le lire. Bien que je sois un peu débordé et en train de lire paramllèlement deux romans, je crois que je vais entamer le livre de Tolstoï dès que je l'aurai reçu...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
valeriepascualvaleriepascual   10 mars 2012
Voilà bien un livre dont j'aurai de mal à parler ! Ce court essai traite du suicide et de la folie. Tolstoï y réagit à de nombreuses lettres qu'il a reçu de gens se posant de la question du suicide, évoque le changement de la société ou la religion perd peu à peu sa place, provoquant la folie chez les hommes.

D'une écriture très classique, avec des phrases parfois longues, ou il faut s'accrocher pour suivre leur méandres et comprendre le sens, ce texte est étonnant parfois de modernité, pour plonger ensuite dans des idées très datées.

Deux exemples,le premier dans le registre de la modernité:
"Il est difficile aux hommes de notre monde non seulement de comprendre la cause de leur situation désastreuse, mais d'avoir conscience du caractère désastreux de cette situation, principal conséquence du désastre essentiel de notre temps qui s'appelle le progrès et qui ne manifeste par une angoisse fébrile, une précipitation, une tension dans un travail ayant pour but ce qui est absolument inutile ou à l'évidence nuisible, par une ivresse permanente de soi-même dans des entreprises constamment renouvelées qui dévorent tout le temps dont on dispose et par une fatuité sans bornes."

Le deuxième, plus daté:
"La religion -pas pour les savants, mais pour n'importe quel homme vivant- est non pas un objet de recherche, mais une condition nécessaire, inéluctable de la vie, une religion est pour l'âme comme l'air ou la nourriture pour le corps."

Pour ne rien cacher, j'ai eu du mal à livre ce texte, mais je ne lis d'habitude que des romans et pas d'essais. J'ai beaucoup aimé "la guerre et la paix", j'avais envie de découvrir une autre facette de Tolstoï. C'est fait, je ne regrette pas, mais ma prochaine lecture sera sans doute plutôt Anna Karénine !
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PatriceGPatriceG   11 mai 2020
P11
Observant l'évolution des pays d'Orient, il note, dans une étonnante prémonition, que "les progrès de ces peuples sont tels que, s'ils continuent à se produire dans les mêmes proportions, dans quelques dizaines d'années, ce ne seront plus les Etats européens qui dicteront la loi aux Orientaux, mais ce seront les Orientaux qui seront les maîtres du monde et les chrétiens leurs vassaux. Et cela ne peut pas être autrement par l'accord complet de leur religion et de leur organisation comme Etat".

Essai écrit en 1910, année de sa mort. Il sera publié à titre posthume dans les oeuvres complètes de Moscou en 1936.
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Vidéo de Léon Tolstoï
Léon Tolstoï : Analyse spectrale de l’Occident (1965 / France Culture). Photographie : Portrait de Léon Tolstoï, non daté • Crédits : Bettmann - Getty. Diffusion sur France Culture le 13 mars 1965. Par Pierre Sipriot. Avec Maurice Genevoix (écrivain), et les Académiciens Henri Troyat (écrivain, académicien), Jean Guéhenno (écrivain, critique littéraire) et André Maurois (romancier, biographe, conteur, essayiste). Lectures par Alain Cuny, Fernand Ledoux et Silvia Montfort. Léon Tolstoï, nom francisé de Lev Nikolaïevitch Tolstoï (en russe : Лев Никола́евич Толсто́й, [lʲɛf nʲɪkɐˈlaɪvʲɪtɕ tɐlˈstoj]), né le 28 août 1828 (9 septembre 1828 dans le calendrier grégorien) à Iasnaïa Poliana et mort le 7 novembre 1910 (20 novembre 1910 dans le calendrier grégorien) à Astapovo, en Russie, est un écrivain célèbre surtout pour ses romans et nouvelles qui dépeignent la vie du peuple russe à l'époque des tsars, mais aussi pour ses essais, dans lesquels il prenait position par rapport aux pouvoirs civils et ecclésiastiques et voulait mettre en lumière les grands enjeux de la civilisation. "Guerre et Paix" (1869), que Tolstoï a mis dix ans à écrire et qui est une de ses plus grandes œuvres romanesques, brosse le portrait historique et réaliste de toutes les classes sociales au moment de l'invasion de la Russie par les troupes de Napoléon en 1812, dans une vaste fresque des complexités de la vie sociale et des subtilités de la psychologie humaine, d'où émane une réflexion profonde et originale sur l'histoire et la violence dans la vie humaine. Tolstoï est un écrivain dont le talent a été rapidement reconnu et qui s'est fait connaître par les récits autobiographiques de son enfance et sa jeunesse, puis de sa vie de soldat à Sébastopol (Crimée). Il est devenu très célèbre, comme il le souhaitait ardemment, avec le roman "Anna Karénine" en 1877. Au terme d'une recherche aussi ardente que celle de la célébrité, menée de manière rationnelle pour répondre à ses questionnements existentiels et philosophiques, il s'enthousiasme pour la doctrine du Christ. Dès lors et jusqu'à la fin de sa vie, il exprime son idéal de la vérité, du bien, de la justice et de la paix, encore parfois dans des fictions et des nouvelles, mais surtout dans des essais. Il prône le travail manuel, la vie au contact de la nature, le rejet du matérialisme, l'abnégation personnelle et le détachement des engagements familiaux et sociaux, confiant que la simple communication de la vérité d'une personne à une autre ferait éventuellement disparaître toutes les superstitions, les cruautés et les contradictions de la vie. Après avoir été porté aux nues comme romancier, Tolstoï est devenu un point de mire en Russie et dans tout le reste de l'Europe, par admiration ou par acrimonie à cause de sa critique des Églises nationales et du militarisme. Il a eu une brève correspondance vers la fin de sa vie avec Mahatma Gandhi, qui s'est inspiré de sa « non-résistance au mal par la violence » pour mettre en avant sa doctrine de « non-violence ». Vers la fin du XXe siècle, divers courants philosophiques (libertaire, anticapitaliste, etc.) se sont réclamés de l'héritage de Tolstoï, à partir de sa critique des Églises, du patriotisme et des injustices économiques. Sa réflexion chrétienne est toujours restée en marge des grandes Églises, et son génie littéraire est universellement reconnu.
Sources : France Culture et Wikipédia
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