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Michel Aucouturier (Éditeur scientifique)Jean Fontenoy (Traducteur)Brice Parain (Traducteur)
EAN : 9782070304318
272 pages
Éditeur : Gallimard (08/07/2004)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Hadji Mourad est un chef caucasien dont Tolstoï a fait le héros d'une ultime grande œuvre. Malgré ses dimensions modestes, elle nous présente un vaste et saisissant tableau de la " guerre de pacification " du Caucase, à laquelle le romancier avait lui-même pris part un demi-siècle plus tôt et dont il avait rapporté Les Cosaques. Le choix d'un tel personnage est profondément révélateur : sa mort héroïque en fait un symbole de la vie même dans ce qu'elle a de plus irr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
PatriceG
  24 juin 2020
Le Chardon fut le titre original de cette oeuvre romanesque vraiment de la maturité qui présente le caractère particulier étonnant d'être comme une oeuvre de jeunesse, avec fraîcheur, spontanéité ..
Tolstoï aura cette fibre d'écorché vif au point d'avoir de l'empathie pour un chardon blessé par le labour du monde moderne. C'est ainsi que commence ce magnifique roman de Tolstoï écrit il avait 75 ans. Je me demande pourquoi je n'ai pas ajouté ce coup de coeur à ma liste des livres à emporter sur une île déserte, mais bon je n'aurais pas pu déroger non plus à Anna Karénine, à Guerre et paix, à Enfance, à la Sonate à Kreutzer, à Maître et serviteur, à Résurrection ..
En golf il y a un tournoi qui colle aux quatre tournois majeurs, un mini majeur, et bien en littérature, Hadji Mourat est mon mini majeur qui vaut presque autant que les classiques que tout le monde connaît, il arrive même que je le mette devant tellement la fraîcheur, la beauté et le romanesque l'emportent. La maîtrise du style est parfaite.
" Je m'en revenais par les champs. C'était au coeur même de l'été. Les foins rentrés, on se disposait seulement à faucher le seigle.
Ce moment de l'année offre un délicieux assortiment de fleurs : les fleurs rouges, blanches, roses odorantes, des trèfles duveteux ; des marguerites blanches comme lait, au coeur jaune éclatant, avec leur violente odeur d'épices si agréable ; le sénevé jaune au parfum de miel ; des clochettes haut perchées, lilas et blanches, qui ont l'air de tulipes ; des pois rampants ; des scabieuses jaunes, rouges, roses ; le plantin lilas, soigneux, avec son duvet tout juste rose et sa bonne odeur tout juste perceptible ; les bleuets qui, jeunes ou bien au soleil, sont bleu vif, mais en vieillissant, ou bien le soir, se font plus clairs et rougissent ; puis, avec leur parfum d'amande, les tendres fleurs, de la cuscute qui se fanent sitôt ouvertes.
J'avais cueilli un gros bouquet de toutes sortes de fleurs et je rentrais quand, dans un fossé, je remarquais un admirable pied de bardane cramoisie en pleine fleur, de cette espèce que nos gens appellent le "tatare" ; les faucheurs prennent bien soin de l'éviter, et quand par malchance, il leur arrive de le couper, ils l'ôtent du foin et le jettent pour ne pas s'y piquer les mains. Je m'avisai d'arracher cette bardane et de le placer au milieu de mon bouquet. Je descendis dans le fossé et, ayant chassé un bourdon velu qui s'était accroché au milieu de la fleur et, doucement, mollement, s'y était endormi, j'entrepris d'arracher la plante. Mais ce fut très difficile : non seulement la tige piquait de partout, même à travers le mouchoir dont je m'étais enveloppé la main, mais elle était terriblement solide., si bien que je dus me battre avec elle pendant cinq minutes en brisant les fibres une à une. Quand j'en fus enfin venu à bout, la tige était en lambeaux et la fleur même ne paraissait plus si fraîche ni si belle. de plus, elle était trop grossière pour aller avec les fleurs délicates du bouquet. Je regrettai d'avoir détruit une fleur qui, à sa place, était belle et je la jetai. "Mais quelle énergie, quelle force de vie ! pensai-je en me rappelant les efforts qu'il m'avait fallu pour l'arracher. Comme elle s'était défendue âprement, comme elle avait vendu chèrement sa vie !"
>>> le chemin me conduisait à la maison par des jachères de terre noire fraîchement labourées. Je m'en allais à pas traînants par ce chemin de poussière noire. le champ labouré, celui d'un gros propriétaire, était vaste . A gauche et à droite, comme en avant, en haut d ela côte, on ne voyait rien d'autre que la jachère noire, aux sillons égaux, pas encore hersée. le labour était bon, et nulle part le champ ne laissait voir une seule plante, une seule herbe ; tout était noir. "Quel être destructeur que l'homme ! combien d'êtres vivants de toutes sortes de plantes ", pensais-je en cherchant involontairement un peu de vie parmi ce champ noir et mort. Devant moi, à droite du chemin, j'aperçus un petit buisson. Quand je m'en fus rapproché, je reconnus un tatare pareil à celui que j'avais brisé inutilement, puis jeté la fleur. La touffe de tatare se composait de trois jets. L'un était brisé, et ce qu'il en restait se dressait comme un bras coupé. Chacun des deux autres portait une fleur. Ces fleurs avaient été rouges, mais elles étaient noires maintenant. D'une tige cassée, la moitié pendait vers la terre avec, au bout, la fleur salie. L'autre, bien que souillée par la terre noire, se dressait encore toute droite. On voyait bien que tout le pied de bardane avait été écrasé par une roue, mais s'était relevé ensuite, si bien qu'il se tenait de travers, mais demeurait debout malgré tout. On lui a, semble-t-il, broyé un morceau du corps, arraché les entrailles, coupé les bras, crevé les yeux, mais il est toujours debout et ne se rend pas à l'homme qui a détruit tous ses frères autour de lui.
'Quelle énergie ! pensais-je, l'homme a tout vaincu, il a détruit des millions d'herbes, mais lui ne se rend pas."
Et il me souvint d'une ancienne histoire du Caucase à laquelle j'avais assisté en partie, que m'avaient, en partie, contée contée des témoins, et dont j'avais imaginé le reste. Cette histoire, telle que l'ont composée mes souvenirs et mon imagination, la voici. "
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FreeMalik
  14 décembre 2012
Je ne connais rien a l'histoire du caucase , et peu de chose sur celle de la russie ; donc j'ai pris ce livre pour ce que j'en ai compris : un récit finement écrit.

Pour ma première lecture de tolstoi j'ai retrouvé sa manière d'écrire la Grande Histoire au dessus de la somme des petites qui la compose. On voit distinctement deux univers qui se croisent entre la vie dorée du tsar . D'un soupir vaniteux il a le droit de vie ou de mort sur des millions de soldats dont il ne verra jamais les cadavres ;mais reste persuadé d'accomplir la meilleur chose pour la planete entiere (égo a peine caricaturé je suppose )

Les petites histoire comme celle de butler qui excelle dans sa nouvelle vie de soldat , en se découvrant des qualité qu'il n a jamais pu exploiter auparavent . Entre les deux on trouve celle de hadji mourat qui veut a tout prix récuperer sa famille ; mettant en jeux non seulement sa vie mais celle de ses loyaux sujet . On comprends ainsi les differentes trajectoires qui se croisent et se modifie avec l'avancement de l'histoire. Les circonstances a un moment donné on une enorme importance sur le déroulement de plusieurs évenement , circonstance qui font influer la finalité de la grande histoire ,mais n'est controlé par aucune des petites histoires ... On le voit bien dans le traitement de hadji mourat par l'état major russe ,trusté d'ambition de remontrance ,et de vanité ,chacun veut fair jouer les evenements en sa faveur .

J'ai été particulierement touché par l'histoire de butler qui a quitté son addiction aux jeux d'argent , mais qui a été rattrapé par son vice . Il a brillé comme une étoile filante avant d^'être rattrapé par ses pulsions et de s'éteindre dans la plus grande pitié .
enfin le récit de la mort de hadji mourat est une merveille , qui merite d'être cité des centaines de fois . Toutes ses phrases font appel a un imaginaire brutal qui ne laisse pas indifférent . Les odeurs ,les formes et les couleurs sont toutes présentes .

Je ne pensais pas le lire aussi vite . on voit que c'est une oeuvre paufiné et maintes fois réecrite .

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Herve39
  23 août 2020
Avec ce livre assez court pour une oeuvre de Tolstoï, on part en Tchétchénie en 1850. le pays est occupé par les russes et la résistance s'organise. Hadji Mourad est un homme fier, un chef de guerre capable de rallier à lui de nombreux combattants. Malgré tout, il lui faudra faire des choix pour pouvoir vivre et protéger sa famille.
Malgré la brièveté du récit, cette histoire m'a semblé longue à se mettre en place. J'ai mis du temps à rentrer dedans puis je me suis laissé prendre et ai suivi avec plaisir le parcours de cet homme s'efforçant de suivre jusqu'au bout ce qu'il considérait comme juste.
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eternel
  03 octobre 2010
Pendant une promenade dans la campagne,le spectacle d'un splendide chardon malmené sur la route renvoit l'auteur à un épisode de la guerre de conquête du Caucase sous Nicolas1er.Le récit est d'une modernité qui nous fait vivre l'épisode comme si nous y participions nous-mêmes.L'humanité qui en ressort est très prenante.Le regard de l'auteur sur la guerre et ceux qui y participe montre les pièges et les contradictions dans lesquels ils s'enferment à leur insu et desquels ils ne peuvent s'échapper.L'auteur s'en prend également avec une incroyable violence pour l'époque à l'autocratie qui dirige le pays,mais également aux us et coutumes des deux camps qui à la Vie préférent la Mort.Cent cinquante ans plus tard, rien n'a changé dans le Caucase .Ce roman est vraiment d'actualité.
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Apoapo
  04 février 2016
Outre la marque de génie de l'auteur, l'on peut découvrir comment l'histoire héroïque de cet ennemi respecté des Russes se transforme, au cours du XIXe siècle où l'empire est principalement occupé sur son front méridional par les affres d'une expansion ardue au Caucase, en une mythologie guerrière sur les peuples caucasiens. Je pense qu'une partie de cette mythologie est encore vivace en Russie par rapport à la question tchétchène.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Herve39Herve39   20 août 2020
Personne ne disait mot, n'extériorisait son mépris pour les Russes. Le sentiment que tous les Tchétchènes éprouvaient, du plus petit au plus grand, était du reste plus fort que le mépris. Ou plutôt, ce n'était pas du mépris, c'était le refus de reconnaître à ces chiens de Russes la qualité d'êtres humains, c'était le dégoût qu'ils éprouvaient devant la bassesse, la folie avec laquelle cette expédition avait été conduite; et le désir d'exterminer ces maudits comme on extermine les rats, les araignées venimeuses et les loups devenait, chez les Tchétchènes, un sentiment aussi puissant que l'instinct de conservation.
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meloukamelouka   07 juin 2013
Il se passait ce qui se passe partout où un Etat disposant d'une grande force militaire entre en relation avec de petits peuples primitifs vivant de leur vie particulière. Il se produisait ceci que, soit sous le pretexte de défendre les siens, alors que toute attaque est provoquée par les offenses du puissant voisin, soit sous pretexte d'introduire la civilisation dans les moeurs d'un peuple sauvage, alors que ce peuple sauvage vit d'une vie infiniment plus pacifique et vertueuse que ses civilisateurs ou encore sous tout autre pretxte, les serviteurs des grandes puissances militaires infligent toutes sortes de mauvais traitements aux petits peuples en affirmant qu'il est impossible de les traitrer autrement.
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Herve39Herve39   19 août 2020
La nouvelle qu'ils venaient d'apprendre de la mort du général Slieptzov était l'objet de vives discussions entre les officiers. Personne ne songeait, en parlant de cette mort, au principal aspect de la question: la fin d'une vie dans ce monde-ci et le retour à la source d'où elle était venue; ils s'occupaient seulement de l'inconscience du brave officier qui se serait lancé sur les montagnards et aurait voulu les anéantir.
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Herve39Herve39   20 août 2020
Les flatteries hypocrites et mensongères que son entourage lui prodiguait sans arrêt l'avaient mené à un tel degré d'aveuglement qu'il ne voyait plus quand il était en contradiction avec la logique et la saine raison, qu'il ne réalisait plus le sens de ses paroles ni de ses actes et qu'il avait fini par croire que tous ses ordres, même les plus insensés et les plus illogiques, devenaient des décisions réfléchies et pleines de bon sens, uniquement parce que émanant de lui.
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giatigiati   14 juillet 2014
En avant galopait, sur un cheval à crinière blanche, un homme d'aspect imposant en tcherkeska blanche, avec un turban sur son bonnet de fourrure, et des armes incrustées d'or. Cet homme était Hadji Mourat.
(...Poltoratski) s'attendait à voir un personnage sombre, dur, étrange, et il avait devant lui un homme des plus simples, qui souriait d'un si bon sourire qu'il avait l'air d'une vieille connaissance. Il n'avait qu'une particularité: ses yeux qui étaient fort écartés l'un de l'autre, et qui fixaient attentivement, tranquillement, avec perspicacité, les yeux des autres.
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Videos de Léon Tolstoï (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léon Tolstoï
Léon Tolstoï : Analyse spectrale de l’Occident (1965 / France Culture). Photographie : Portrait de Léon Tolstoï, non daté • Crédits : Bettmann - Getty. Diffusion sur France Culture le 13 mars 1965. Par Pierre Sipriot. Avec Maurice Genevoix (écrivain), et les Académiciens Henri Troyat (écrivain, académicien), Jean Guéhenno (écrivain, critique littéraire) et André Maurois (romancier, biographe, conteur, essayiste). Lectures par Alain Cuny, Fernand Ledoux et Silvia Montfort. Léon Tolstoï, nom francisé de Lev Nikolaïevitch Tolstoï (en russe : Лев Никола́евич Толсто́й, [lʲɛf nʲɪkɐˈlaɪvʲɪtɕ tɐlˈstoj]), né le 28 août 1828 (9 septembre 1828 dans le calendrier grégorien) à Iasnaïa Poliana et mort le 7 novembre 1910 (20 novembre 1910 dans le calendrier grégorien) à Astapovo, en Russie, est un écrivain célèbre surtout pour ses romans et nouvelles qui dépeignent la vie du peuple russe à l'époque des tsars, mais aussi pour ses essais, dans lesquels il prenait position par rapport aux pouvoirs civils et ecclésiastiques et voulait mettre en lumière les grands enjeux de la civilisation. "Guerre et Paix" (1869), que Tolstoï a mis dix ans à écrire et qui est une de ses plus grandes œuvres romanesques, brosse le portrait historique et réaliste de toutes les classes sociales au moment de l'invasion de la Russie par les troupes de Napoléon en 1812, dans une vaste fresque des complexités de la vie sociale et des subtilités de la psychologie humaine, d'où émane une réflexion profonde et originale sur l'histoire et la violence dans la vie humaine. Tolstoï est un écrivain dont le talent a été rapidement reconnu et qui s'est fait connaître par les récits autobiographiques de son enfance et sa jeunesse, puis de sa vie de soldat à Sébastopol (Crimée). Il est devenu très célèbre, comme il le souhaitait ardemment, avec le roman "Anna Karénine" en 1877. Au terme d'une recherche aussi ardente que celle de la célébrité, menée de manière rationnelle pour répondre à ses questionnements existentiels et philosophiques, il s'enthousiasme pour la doctrine du Christ. Dès lors et jusqu'à la fin de sa vie, il exprime son idéal de la vérité, du bien, de la justice et de la paix, encore parfois dans des fictions et des nouvelles, mais surtout dans des essais. Il prône le travail manuel, la vie au contact de la nature, le rejet du matérialisme, l'abnégation personnelle et le détachement des engagements familiaux et sociaux, confiant que la simple communication de la vérité d'une personne à une autre ferait éventuellement disparaître toutes les superstitions, les cruautés et les contradictions de la vie. Après avoir été porté aux nues comme romancier, Tolstoï est devenu un point de mire en Russie et dans tout le reste de l'Europe, par admiration ou par acrimonie à cause de sa critique des Églises nationales et du militarisme. Il a eu une brève correspondance vers la fin de sa vie avec Mahatma Gandhi, qui s'est inspiré de sa « non-résistance au mal par la violence » pour mettre en avant sa doctrine de « non-violence ». Vers la fin du XXe siècle, divers courants philosophiques (libertaire, anticapitaliste, etc.) se sont réclamés de l'héritage de Tolstoï, à partir de sa critique des Églises, du patriotisme et des injustices économiques. Sa réflexion chrétienne est toujours restée en marge des grandes Églises, et son génie littéraire est universellement reconnu.
Sources : France Culture et Wikipédia
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