AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : B0000DOHIV
Éditeur : Club du Meilleur Livre (30/11/-1)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Comment la frustation et la jalousie dans les relations conjugales peuvent-elles mener au meurtre ? D'où vient cette rancoeur qui a empoisonné la vie de tant d'époux, parfois dès les premiers temps du mariage ?
À travers ce récit d'une véritable descente aux enfers, celle du malheureux Pozdnychev, assassin de sa femme, l'auteur de Guere et Paix et d'Anna Karénine analyse avec un réalisme percutant le malentendu initial de l'attrait sensuel, la déception de la... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Northanger
  12 mai 2013
Il s'agit de ma première rencontre avec l'auteur de Guerre et paix et Anna Karénine. Cette nouvelle a été publiée en 1889.
Tandis que le narrateur – dont nous ne saurons riens - voyage à bord d'un train, il s'intéresse à une conservation animée entamée par d'autres voyageurs sur le thème du mariage. Deux conceptions s'opposent, celle de l'amour-passion et celle de la soumission reconnue comme normale, de la femme à l'homme. le débat s'enflamme quand, à la surprise générale, un certain Pozdnychev avoue qu'il a tué sa femme parce qu'il ne supportait plus l'hypocrisie ni le quotidien d'un mariage sans amour et surtout, rongé par la jalousie. p. 85 « Nous étions deux forçats nous haïssant mutuellement, attachés à la même chaîne, nous empoisonnant mutuellement l'existence tout en nous efforçant de ne pas le remarquer. J'ignorais alors que quatre-vingt-dix-neuf pour cent des ménages vivent dans l'enfer où je vivais et qu'il ne pouvait en être autrement. » Il commence alors à raconter son histoire...
Après des débuts assez classiques à la Maupassant - un récit-cadre et des questions-brûlantes -, le récit prend une tournure pesante et tourmentée. Les préoccupations de Pozdnychev semblent faire écho à celles de Tosltoï, à la personnalité complexe et à la pensée pessimiste, inspirée de Schopenhauer. L'amour est synonyme de dépravation, de jalousie ; il ne suscite que de bas instincts et est voué à l'échec. Alors que la vie conjugale de Pozdnychev est tissée de querelles incessantes, la Sonate à Kreutzer de Beethoven va devenir la tragique complice d'une relation entre son épouse et le violoniste Troukhatchevski. En effet, ils s'engagent tous deux dans un projet de concert et cette intimité forcée va les rapprocher. Loin d'adoucir les moeurs, la musique provoquera l'irréparable. Pozdnychev explique que la musique le transporte dans un état second, reflet de l'intention du compositeur losqu'il a créé son oeuvre. Or, le premier mouvement, Presto, impétueux, a été taxé de « terrorisme artistique » par les critiques de l'époque...
Ce fut une lecture particulière. J'ai apprécié l'écriture sinueuse de Tolstoï ainsi que les interrogations torturées de Pozdnychev – bien que je ne les partage pas, évidemment. C'est une approche sans tabous de nombre de questions cruciales : l'amour, le mariage, la sexualité, l'instinct maternel, la condition féminine, aux inflexions étonnamment modernes. C'est sans nul doute un auteur passionnant et enrichissant, à lire cependant quand on a le moral car c'est un univers on ne peut plus pessimiste, en tout cas, dans ce récit.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
London16
  20 août 2017
Wow, wow, wow, wow... Je pense que depuis que j'ai découvert Jack London, je n'ai jamais autant été envoûté par un auteur et par la fluidité de son écriture. J'entendais son nom, par ici et par là, et je le rangeais idiotement dans les auteurs poussiéreux et indéchiffrables sans n'avoir jamais pris la peine de m'y intéresser. Mes plus plates excuses Monsieur Tolstoï, je m'emploierai désormais à réparer mes lacunes!
Commenter  J’apprécie          32
allard95
  09 février 2014
Il ne s'agit pas de romans, mais de courtes nouvelles. On les dévore. Comment ne pas aimer Tolstoï ?
Commenter  J’apprécie          11
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   31 mars 2013
— Je serais curieux de savoir comment vous expliquez la corrélation entre l’instruction et les dissentiments conjugaux ? dit l’avocat avec un léger sourire.
Le marchand voulut répondre quelque chose, mais la dame l’interrompit :
— Non, ces temps sont passés !
L’avocat lui coupa la parole :
— Laissez-lui exprimer sa pensée.
— Parce qu’il n’y a plus de crainte, reprit le vieux.
— Mais comment marier des gens qui ne s’aiment pas ? Il n’y a que les animaux qu’on peut accoupler au gré du propriétaire. Mais les gens ont des inclinations, des attachements..., s’empressa de dire la dame, en jetant un regard sur l’avocat, sur moi et même sur le commis qui, debout et accoudé sur le dossier de la banquette, écoutait la conversation en souriant.
— Vous avez tort de dire cela, madame, fit le vieux, les animaux, ce sont des bêtes, et l’homme a reçu la loi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
NorthangerNorthanger   12 mai 2013
Nous étions deux forçats nous haïssant mutuellement, attachés à la même chaîne, nous empoisonnant mutuellement l'existence tout en nous efforçant de ne pas le remarquer. J'ignorais alors que quatre-vingt-dix-neuf pour cent des ménages vivent dans l'enfer où je vivais et qu'il ne pouvait en être autrement.
Commenter  J’apprécie          70
London16London16   20 août 2017
Oui, je m'écarte toujours de mon sujet, commença-t-il. J'ai beaucoup réfléchi. J'envisage beaucoup de choses d'un autre point de vue et je voudrais vous en entretenir. Donc, nous vînmes en ville.En ville, les malheureux se sentent moins tristes. En ville, un homme peut vivre cent ans et ne pas remarquer qu'ils est mort et pourri depuis longtemps. On n'a pas le temps de s'appesantir sur son sort. Tout sont absorbés. Les affaires, les relations, la santé, l'art, les maladies des enfants, leur éducation. Tantôt il faut recevoir, faire des visites, il faut voir ceci, entendre celui-ci ou celle-là. En ville il y a toujours deux ou trois célébrités qu'on ne peut se dispenser d'aller entendre. Tantôt il faut se soigner ou soigner un des enfants; tantôt c'est le professeur, le répétiteur, les gouvernantes, et la vie est absolument vide. Au milieu de toutes ces occupations, nous sentions moins ce que la vie commune avait de pénible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
NorthangerNorthanger   12 mai 2013
L'absence des droits de la femme n'est pas dans le fait qu'elle ne peut pas voter ou être juge (s'occuper de ces affaires-là ne constitue aucun droit) mais en ceci qu'elle devrait dans les rapports sexuels être l'égale de l'homme, avoir le droit d'user de l'homme ou de s'abstenir de lui selon son désir, de choisir l'homme selon son désir et non d'être choisie.
Commenter  J’apprécie          10
NorthangerNorthanger   12 mai 2013
La musique m’oblige à m’oublier, à oublier ma vraie condition, elle me transporte dans un état qui n'est pas le mien ; sous l'influence de la musique, j'ai l'impression que je sens ce qu'en réalité je ne sens pas, que je comprends ce que je ne comprends pas, que je peux ce que je ne peux pas.
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Léon Tolstoï (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léon Tolstoï
The BBC's War & Peace: Episode 2. Sounds Of War en anglais pour revoir Anthony Hopkins dans le rôles de Pierre qu'il incarna magnifiquement...
autres livres classés : littérature russeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Anna Karénine

Qui est l'auteur de ce livre ? (C'est facile, c'est écrit dans le thème ;))

Nikolai Gogol
Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski
Léon Tolstoï
Alexandre Pouchkine

20 questions
119 lecteurs ont répondu
Thème : Anna Karénine de Léon TolstoïCréer un quiz sur ce livre