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EAN : 9782715219953
96 pages
Éditeur : Le Mercure de France (21/02/1997)
3.75/5   14 notes
Résumé :
Pourquoi de jeunes chevaux gris pommelés tourmentent-ils un cheval pie ? Parce qu'il est différent.
Léon Tolstoï est un pur-sang, un génie, mais «pie» dans la vie et dans la littérature.

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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Alzie
  22 septembre 2016
L'éditeur reprend dans cet opuscule deux nouvelles extraites de « La Tempête de neige et autres récits ». « Le Cheval », écrit en 1885, et « Albert », achevé en 1858. Résultat d'une découpe à deux euros et secret d'une mystérieuse réunification que ne dévoile pas la courte introduction. A chacun d'en découvrir le sens et la vertu ou l'inutilité. Le meilleur est sans doute ici dans la lecture. Avec Tolstoï, d'abord à cheval et ensuite dans un petit bal à Saint-Pétersbourg. Deux domaines où il est souverain.
« Le Cheval »: À une troupe de jeunes chevaux vraiment trop folâtres ayant pris la sévère habitude de l'importuner un vieux hongre au bout du rouleau, « grave et méditatif », reconnu par une vieille pouliche qu'il avait jadis « honorée », finit par révéler l'infortune de son destin. Toute la troupe rassemblée autour de lui dans l'enclos à la tombée du jour l'écoute, soudainement assagie, pendant cinq nuits. le lecteur endosse la robe « pie » de « L'Arpenteur » (surnom du vieux cheval) qui lui a valu son rejet par les hommes autant que sa fougue juvénile et marche en empathie à ses côtés auprès des hommes... On se laisse absolument prendre par le réalisme et le climat de cette belle fable à la fin cruelle qui porte en elle une méditation désenchantée sur la nature humaine et un regard lucide sur la décrépitude de la vieillesse en particulier. L'écriture de Tolstoï y fait merveille avec ses évocations puissantes magnifiant la beauté animale cavalière et ses charges, par animal interposé, contre l'iniquité des hommes. L'écrivain, en vieux cheval, laisse deviner en filigrane la révolte des années de vieillesse aggravée après la crise de 1880.
« Albert » : Un petit bal à Saint-Pétersbourg offre ses pistes plus dansantes à un officier fatigué de la vie qui s'ennuie au milieu de l'amusement des autres. Ecriture de jeunesse qui aborde la lassitude de la maturité et la dégringolade d'un artiste. L'ambiance de cette petite fête laisse entrevoir de plus brillantes à venir de "La Guerre et la Paix" (cf. la soirée inaugurale du roman donnée par la dame d'honneur de l'impératrice), la réception présente n'a ni leur brio ni leur faste … L'enjeu n'est pas le même, nettement plus resserré ici. Quarante-trois pages. Délessov terrassé d'ennui tombe sous le charme du violon d'un musicien étrange, intrus à cette réunion, et se laisse envahir par les notes d'une « Mélancolie en ré majeur » où il retrouve intacte la fièvre de ses bonheurs passés, inconsolable d'une jeunesse révolue. Il prend le violoniste, Albert, sous sa coupe et lui offre l'hospitalité… Amples réflexions et brusques accélérations surgies des profondeurs gouvernent l'âme des personnages. Ce rythme si singulier communique sa tonalité toute « tolstoïenne » aux deux nouvelles et fait partie intégrante du plaisir qu'il y a à les lire.
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zabeth55
  10 mai 2021
Deux très belles nouvelles.
Le cheval
Au milieu d'un troupeau, un vieux cheval pie, Moujik 1er, se remémore sa vie.
Ses congénères l'écoutent avec attention.
C'est beau, c'est riche, c'est émouvant, c'est triste.
Albert
C'est la passion de l'art, la passion du violon.
C'est la déchéance et la folie.
Il y a si longtemps que je n'avais plus lu Tolstoï.
Il a un tel talent pour traduire l'âme humaine.
Une écriture qui n'a pas vieilli et un grand plaisir retrouvé.
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Izapi
  18 avril 2021
Voici deux nouvelles de Léon Tolstoï.
D'abord "Le cheval"... Ce vieil et grand ongre pie vit dans un troupeau, taciturne mais doux, on voit qu'il a été très beau. Il s'appelle Moujik 1er. Avec une fine connaissance des chevaux et des hommes, le grand écrivain nous raconte ici son histoire, mise en abîme des destins mélés de ces animaux généreux et des hommes. Une pépite.
Puis vient en seconde partie du livre une autre nouvelle, autour d'Albert, violoniste de génie dévoué corps et âme à l'art. Deuxième pépite.
Ce Léon, quel grand homme de littérature et d'humanisme, un brin cynique, juste ce qu'il faut...
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Misscontemplative
  07 juin 2020
Ce que j'aime chez Tolstoï c'est sa capacité à parler en métaphore, il parle d'un cheval et nous on pense a notre camarade de classe en primaire ou a notre cousin x)
Cette nouvelle est courte, elle ne m'a pas plus que sa fasciner contrairement a d'autres de Tolstoï mais elle mérite d'être lu, justement par rapport aux métaphores et la moral en elle même est très belle notamment pour la considération animale :)
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Audrey_S
  09 novembre 2016
Dans cette nouvelle, nous sommes littéralement plongés dans la peau du cheval et le regard qu'il porte sur le monde. Nous sommes cheval, nous pensons cheval, nous vivons cheval, l'homme est un personnage secondaire qui semble avoir bien du mal à comprendre cet animal.
Les descriptions des chevaux et relations entre eux sont si justes qu'il est facile de se représenter les scènes décrites. Les amoureux des chevaux et ceux notamment qui ont pris le temps de les observer en liberté dans la nature ne pourront qu'affirmer ces dires.

Lien : https://qaloetlolotte.wordpr..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
MimekoMimeko   14 novembre 2017
Il y a des gens qui disent de la terre "ma terre" ; et cependant ils n'ont jamais vu cette terre et ne l'ont jamais parcourue. Il y a des gens qui prétendent que d'autres hommes leur appartiennent ; ils ne les ont jamais vus et le seul rapport qu'ils entretiennent avec eux consiste à leur faire du mal.
Le cheval - Tolstoï
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AlzieAlzie   22 septembre 2016
Les souvenirs surgissaient d'eux-mêmes, et le violon d'Albert disait toujours la même chose. Il disait : "Il est passé pour toi, il est passé à jamais, le temps de la force, de l'amour et du bonheur, il est passé et ne reviendra plus. Pleure-le, pleure toutes tes larmes, meurs au milieu des larmes pour ce temps-là - c'est le seul bonheur qui te reste, et le meilleur."

Albert, ch. II, p. 83-84.
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MimekoMimeko   15 novembre 2017
Il y avait effectivement quelque chose de majestueux dans l'aspect du hongre pie, dans cette combinaison étrange des signes repoussants de la décrépitude que soulignait le pelage tacheté, avec l'attitude calme et assurée d'un animal conscient de sa force et de sa beauté.
Le cheval - Tolstoï
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MezlafMezlaf   15 octobre 2016
Oui, je suis le fils d'Aimable Ier et de Baba. Mon nom d'après le livre des origines est Moujik Ier, mais on m'a surnommé l'Arpenteur, à cause de ma foulée large et rapide qui n'avait pas son égale dans toute la Russie. Je suis de naissance plus noble que quiconque.
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MimekoMimeko   13 novembre 2017
Et cependant, en dépit de la répugnante vieillesse du hongre, un connaisseur en le voyant n'eût certainement pas hésité à reconnaître qu'il avait été autrefois un cheval remarquable.
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Videos de Léon Tolstoï (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léon Tolstoï
Léon Tolstoï : La Mort d’Ivan Ilitch (1969 / France Culture). Portrait de Léon Tolstoï peint par Ilia Répine, 1887. Diffusion sur France Culture le 15 février 1969. Une adaptation de Georges Govy, réalisée par Evelyne Frémy. Court roman de Léon Tolstoï, "La Mort d'Ivan Ilitch", écrit en 1886, est l'histoire d'un homme confronté à la mort. Au début de cette nouvelle, le héros – magistrat – est satisfait de sa vie. À mesure toutefois que se développe en lui une douleur qui ne veut pas disparaître et qu’il comprend que sa mort approche, il prend conscience aussi que son entourage ne le voit pas sous un jour aussi avantageux qu’il l’imaginait ; d'abord révolté, il se voit à mesure de ses réflexions obligé de constater que cette image peu flatteuse qu’on a de lui est fondée. Alors qu’il passe par un extrême désespoir se produit pourtant une sorte de transfiguration, un sentiment d’immense pardon venant d’il ne sait où qui le réconcilie avec lui-même, lui rend la sérénité, et ressemble beaucoup à ce que nous nommons aujourd'hui l’expérience de mort imminente : « Et la mort ? Où est-elle ? » Il chercha son ancienne peur et ne la trouva plus. « Où était-elle ? Quelle mort ? Il n’y avait pas de peur, parce qu’il n’y avait pas de mort. » La mort représente l’un des thèmes centraux de l’œuvre de Tolstoï. Mais c’est dans "La Mort d’Ivan Ilitch" qu’elle apparaît de la manière la plus nue, la plus épurée, libérée des artifices romanesques. Un peu comme dans "Thérèse Raquin" d’Émile Zola où le peintre médiocre, auteur d’un crime, finit par créer sous l’emprise perpétuelle de terribles remords et d’angoisses qui l’étreignent des œuvres fortes et sincères, Ivan Ilitch découvre à la fin de sa vie le mensonge, l’hypocrisie omniprésente, la haine, l’affreuse solitude et la reconnaissance de l'échec humain de sa vie – tout entière tournée sur les convenances, l’égoïsme et les plaisirs faciles – et à laquelle la mort semble pourtant apporter à la fois un douloureux repentir et presque une rédemption. Le narrateur n’accompagnera toutefois pas Ilitch au-delà du seuil de la mort, ni ne laissera entendre que cet au-delà existe. Un homme se penchant sur sa vie au moment ultime aura simplement établi la paix avec lui-même et en aura sauvé au moins les derniers instants.
Avec :
Michel Vitold (Ivan Ilitch) François Maistre (Piotr Ivanovitch) René Clermont (Sokolnikov) Jacques Fonson (Gérasim) Jean Marconi (Léonid) Danielle Volle (Prascovia Fédorovna) Annick Korrigan (Lise)
Pièce de Johann Nepomuk Hummel (1778-1837), interprétée au piano par Solange Chiapparin.
Sources : France Culture et Wikipédia
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