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ISBN : 223402272X
Éditeur : Stock (01/12/1990)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :
29 juillet 1969, coup de tonnerre dans le monde maritime. Alors que s’achève la mythique Golden Globe Race, première course autour du monde sans escale en solitaire, le Britannique Donald Crowhurst est en tête lorsque la BBC annonce que le futur héros des mers a triché. Durant deux cent quarante- trois jours, Crowhurst a inventé de toutes pièces son parcours, délivrant par radio de fausses positions tandis qu’il se contente de faire des ronds dans l’eau en Atlantiqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bazart
  06 mars 2018
Peu d'entre vous doivent se souvenir du film Les Quarantièmes rugissants, réalisé par Christian de Chalonges, car le film sorti en 1982 fut un échec public assez cuisant, malgré l'investissement de Jacques Perrin dans le rôle principal pour porter cette histoire assez incroyable d'un certain Donald Crowhurst qui avait bouleversé la planète entière et pas seulement l'Angleterre, son pays natal à l'époque des faits en 1968.
Inscrit dans le Golden Globe , Donald Crowhurst a en effet mystifié tout le monde en racontant un tour du monde qu'il n'a jamais accompli.
Une histoire rocambolesque, mais véridique, qui se termina par le probable suicide de son principal acteur et qu'un film et un livre remettent à la surface en ce début mars .
A la mise en images trop sage pour convaincre de James March avec un Colin Firth un peu terne, on préferera nettement se plonger dans le livre L'étrange voyage de Donald Crowhurst de Nicholas Tomalin et Ron Hall, traduit de l'anglais par Jacques Mordal, dans une nouvelle édition paru aux éditions Arthaud début février. à l'occasion de la sortie du film .
Il est l'oeuvre de deux journalistes anglais qui ont livré, deux ans après ce drame humain, une enquête particulièrement documentée et minutieuse avec un recueil de témoignages de personnes qui ont cotoyé Donald Crowhurst.
Permettant de mieux cerner l 'énigmatique personnalité de Donald Crowhurst que le film avec Colin Firth, L'etrange voyage de Donald Crowhurst parvient à émettre quelques hyptohèses sans jamais édicter une vérité établie et sans jamais prendre parti pour telle ou telle option...
La plus value du livre, ce sont surtout les nombreux documents écrits retrouvés à bord, retracent la longue errance de son auteur dans l'atlantique comme si on était à bord du trimaran de Crowhurst à ses cotés.
Un essai de bonne qualité à lire plutot qu'aller dans les salles de cinéma pour bien tenter de cerner la folie d'un homme a priori banal.

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Artelode
  07 mars 2018
J'ai reçu ce livre à l'occasion de la dernière Masse Critique de Babelio. Je remercie également les éditions Arthaud. Si je ne suis pas une grande connaisseuse en matière de navigation – j'ai même le mal de mer, alors imaginez -, j'ai beaucoup apprécié ma lecture.
Je me demande ce que Jules Verne, amoureux de la mer, aurait fait de cette incroyable histoire. Exactement un siècle avant l'odyssée tragique de Donald Crowhurst, en 1869, était publiée la première partie de son célèbre Vingt mille lieues sous les mers… Sauf que, dans L'étrange voyage de Donald Crowhurst, nous ne sommes pas dans un roman d'aventures mais dans la vraie vie.
Ron Hall et Nicholas Tomalin ont réalisé un travail d'orfèvres pour reconstituer l'itinéraire, les faits et gestes de Donald Crowhurst. le livre relate le périple à la fois extraordinaire et terrifiant vécu par un homme emprisonné dans une toile qu'il a lui-même tissée au cours de longs mois passés en solitaire en Atlantique. On se demande comment cet homme a pu tenir aussi longtemps…
Très bien construit, découpé en vingt chapitres, L'étrange voyage de Donald Crowhurst nous permet de suivre en alternance des moments à bord du Teignmouth Electron – trimaran créé spécialement pour le Golden Globe Challenge -, des moments vécus à terre par l'entourage du marin britannique, et l'écho retentissant de la course dans le monde médiatique. La carte représentant l'itinéraire du navigateur, au début du livre, permet de se repérer et de suivre le voyage. La personnalité de Donald Crowhurst nous est dévoilée avec une grande subtilité. de nombreuses questions restent ouvertes et permettent au lecteur de se forger son propre avis.
La préparation du voyage, le départ précipité, l'amateurisme dont fait preuve Donald Crowhurst – pourtant entouré de véritables professionnels -, laissent présager le pire, bien au-delà des inévitables difficultés matérielles. On a l'impression d'un brouillon grandeur nature, qu'il faudrait réécrire encore et encore. Et si les choses s'étaient déroulées autrement ? Si l'un des amis de Donald Crowhurst, sa femme ou même ses enfants lui avaient demandé d'abandonner la course ? Mais voilà, personne ne l'a fait. Trop de frais déjà engagés peut-être ? Il faut dire également que Donald Crowhurst inspirait une forme de confiance, son optimisme à toute épreuve et ses ambitions grandissantes au fil des années – les auteurs remontent assez loin dans son parcours – ne laissaient aucune place au doute et à la critique. le croisement des nombreux témoignages rassemblés par les journalistes montre que si Donald Crowhurst a dévoilé un petit bout de lui-même à chacun, nul ne peut dire qu'il le connaissait réellement. le navigateur savait manier le langage avec dextérité, tenir un discours, se montrer convaincant.
Le moment de bascule s'étire sur de longues semaines. La descente aux enfers prend forme sous la plume des auteurs et celle du navigateur – de nombreux extraits des journaux retrouvés à bord du Teignmouth Electron sont retranscrits dans le livre. Alors même qu'il sombre, seul au milieu de l'Atlantique, il tente de maintenir les apparences. Incapable de prendre une décision sur la conduite à tenir – continuer à mentir ou renoncer – il semble jouer la montre, attendant désespérément un miracle.
Une lueur d'espoir apparaît, pourtant, lorsque Donald Crowhurst réalise que, s'il ne gagne pas la course, la supercherie ne sera jamais mise au jour. Il lui suffisait donc de perdre. Mais rien ne se passe comme prévu. Bernard Moitessier ne se décide pas à rentrer en Europe et repart pour un tour du monde en solitaire, et Nigel Tetley, alors qu'il se trouve en tête, fait naufrage. La seule option possible s'effondre. le dix-septième chapitre du livre s'intitule "L'inévitable triomphe"…
J'ai fermé le livre avec l'impression que cette histoire continuera à résonner en moi. Car, au-delà du contexte maritime et donc de certains détails techniques qui, bien qu'instructifs, m'ont échappé, la tragédie vécue par Donald Crowhurst et ses proches touche à la fois à l'intime et à l'universel. Il y a dans ce livre quelque chose de troublant et d'émouvant que seule une lecture du livre permet véritablement d'appréhender.
Lien : http://lecalepindunelectrice..
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zoccat
  21 mars 2018
Merci à Nicolas Hecht de Babelio et aux Editions Arthaud pour m'avoir gracieusement donné la possibilité de découvrir le récit de Ron Hall & Nicholas Tomalin par l'intermédiaire de l'opération "Masse Critique". Lorsqu'il m'a fallu faire un choix dans cette interminable liste, ce livre m'a tout particulièrement interpellé. Pas que je sois fan de voile (je n'y connais rien d'ailleurs) mais je fus attiré par l'exploit et la malice de l'aventurier tel que décrit sur la quatrième de couverture. Comme les auteurs le stipulent dans leur préface, il ne s'agit pas d'un roman. Ils ont cherché à rassembler les témoignages des proches et des personnes qui ont joué de près ou de loin un rôle prépondérant dans l'aventure tout en laissant le récit se dérouler selon une chronologie strictement documentée, appuyée sur les copieux écrits de Donald Croshurst. le cours des événements réels a pris alors la forme inexorable d'une tragédie imaginaire. L'histoire porte sur des faits héroïques mais sans héros, sans méchant non plus. Crowhurst était un homme courageux et intelligent et seules des circonstances intolérables l'ont conduit à se comporter comme il l'a fait. Les auteurs ont su mettre en avant son autorité, sa capacité de persuasion, sa bravoure stupéfiante, son incroyable détermination, son entêtement et son refus de l'humiliation d'avoir à confesser un échec. La lecture devient par la suite beaucoup plus difficile lorsque Donald Crowhurst se renferme dans son monde intérieur et, poussé par une certaine forme de paranoïa, il couche sur papier son long testament philosophique. L'explication de sa thèse, exprimée en langage mathématique, entremêlée de phrases visionnaires à la limite de la folie qui lui permit de libérer son esprit de son existence physique, est ardue et demande un effort de concentration intense. Cette aventure reste néanmoins un mythe extrêmement bien détaillé par les auteurs qui ont su s'appuyer des faits tout en permettant au lecteur de se faire sa propre idée, sans jugement. Si parfois, pour mieux suivre le fil des événements, quelques spéculations ont été permises, elles ont toujours été clairement entendues. Enivrant et somptueux !
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
ArtelodeArtelode   07 mars 2018
Il [le bateau] était encore encombré de matériel entassé. Ils en firent le tri tant bien que mal puis rentrèrent à l’hôtel sur le coup de 2 heures du matin. Une fois couché, Donald demeura silencieux à côté de Clare. Après avoir paru se battre pour chercher ses mots, il déclara finalement d’une voix calme : « Chérie, je suis très déçu par ce bateau. Il n’est pas bien. Je ne suis pas prêt. Si je pars avec les choses dans cet état désespéré, comment pourrez-vous libérer votre esprit de ce souci ? »
Clare, à son tour, ne sut répondre que par une autre question : « Si vous abandonnez maintenant, serez-vous malheureux tout le reste de votre vie ? »
Donald ne répondit pas mais se mit à pleurer.
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ArtelodeArtelode   07 mars 2018
Nous avons laissé le récit se dérouler selon une chronologie strictement documentée, appuyée sur les copieux écrits de Donald Crowhurst lui-même. Si parfois, pour mieux suivre le fil des événements, nous nous sommes permis quelque spéculation sur l’état d’esprit de Crowhurst, voire sur l’un de ses faits et gestes, nous nous sommes toujours ingéniés à le laisser clairement entendre, sans jamais nous permettre de conclusions fermes sauf lorsque celles-ci s’imposaient à l’évidence.
Il se peut que malgré cette approche rigoureuse ce récit ait quelque chose du roman, mais ce sera seulement parce que le cours des événements réels a pris ici la forme inexorable d’une tragédie imaginaire.
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BazartBazart   06 mars 2018
Cette histoire , nous l'avons dit, ne comporte pas de héros. Mais elle a certainement une héroïne, c'est Clare Crowhurst.
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ArtelodeArtelode   07 mars 2018
Ses messages radio se bornaient au strict minimum pour cadrer avec un voyage autour du monde. C’est comme s’il avait voulu se réserver la possibilité de fabriquer ce faux voyage sans vouloir pour autant s’engager irrévocablement. Mais le choix ne pourrait demeurer ouvert pour toujours ; si réservés qu’ils fussent, ses télégrammes ambigus devraient bien donner quelques indications sur ses progrès. À mesure que les jours s’écoulaient, il devenait de moins en moins plausible d’arriver tout simplement dans un port quelconque et de se retirer honorablement de la course. À la fin, c’est le temps qui prendrait la décision pour lui.
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zoccatzoccat   27 février 2018
L'aventure ne vaut que par ce qu'on risque, et c'est la seule chose qui nous fasse comprendre réellement quelle chose merveilleuse est la vie et comment on peut la vivre merveilleusement... Celui qui ne risque rien ne gagne jamais. Il vaut mieux tenter l'aventure et échouer que rester couché devant l'âtre comme un chat qui ronronne en dormant. Seuls les insensés se rient de ceux qui échouent. Les hommes sages se moquent des paresseux, de ceux qui sont pleins d'eux-mêmes ou alors de ceux qui sont si timides qu'ils n'osent jamais rien entreprendre.
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