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ISBN : 2354081227
Éditeur : Mnémos (18/08/2011)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 72 notes)
Résumé :
Cinq royaumes se font la guerre depuis des générations, ils s’unissent enfin pour détruire le sixième situé en leur cœur, une immense forêt sauvage dont on dit qu’elle abrite toutes les créatures des contes et des légendes. Mais voici six personnages aussi différents que l’eau et le feu qui se découvrent les protecteurs du sixième royaume.

Le roman raconte avec un rythme effréné les destinées de ces héros malgré eux, semées d’embuches, de pièges, de d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  11 août 2016
Du classique mais du solide. Mieux, du plaisant et de l'encourageant !
Et pourtant je ne suis plus un bon client de la fantasy classique… Pour moi elle a fait son temps, désormais trop balisée mais surtout trop usitée, y compris par des quarterons de tâcherons sans imagination dont je vais ici taire les noms. Alors au début j'ai été douché par les élus, les quêtes et les prophéties, les elfes, les nains et le méchant tyran millénaire / le méchant empire oriental...
(oui jouons au bingo de la fantasy classique avec Boulet : http://www.bouletcorp.com/2010/05/21/fantasy/)
Ah ça, on sent bien qu'Adrien Tomas a lu et a aimé JRR Tolkien, David Eddings et Robert Jordan (d'ailleurs on reconnait Théoden, Grima et Eowyn, du coup Nynaeve en sert sa natte de rage ^^) ! Il connaît bien les classiques, leurs codes et leurs thèmes, mais surtout il sait comment en jouer pour s'en détourner tout en leur rendant hommage (ah, il faut voir le sort qu'il réserve au traditionnel adolescent orphelin ^^)…
Mais on sent aussi les Fabrice Colin, Mathieu Gaborit, et autres Pierre Grimbert qui ont fait les beaux jours de la fantasy française, et plus encore on sent l'héritage de l'incontournable magazine "Casus Belli" (on ne se refait pas : comme la plupart de ses confères, il est rôliste évidemment ^^) ! Toutefois je trouve que malgré tout qu'il y avait des similarités avec "Genesia - Les Chroniques pourpres d'Alexandre" Malagoli, autre amoureux du genre (mais au-delà de la bonne volonté et de la bonne humeur ce que propose Adrien Tomas est plus abouti).

De quoi ça parle ? Shalavar le souverain de l'Empire Seï intégriste et suprématiste, parvient à rassembler toutes les nations qui pourtant le haïssent cordialement pour éradiquer la Grande Forêt qu'il présente comme un menace pour le monde libre car abritant des créatures impies complotant la fin de l'humanité… (J'ai trouvé ça aussi gros que le Protocole des Sages de Scion, et IRL cela serait un peu comme si la Russie proposait à l'ONU de partir à l'assaut du Groenland ennemi public n°1. Mais bon, on sait comment cela se passe IRL justement : plus le mensonge est gros et plus il passe, alors si en plus il y a du pognon à profusion à la clé chacun veut une part du gâteau, au à défaut ne pas en laisser une aux autres…)
En fait, il s'agit de la lutte éternelle entre « la Nature » et « Le Progrès », qui s'opposent depuis le commencement du monde malgré leur complémentarité à travers leurs champions selon un ensemble de règles complexes que nous découvrons avec les personnages au fur et à mesure de l'intrigue : pour chaque camp 1 Fille, 5 Hérauts différents (Prophète, Danseur, Soldat, Bête et Dame, dont les pouvoirs psioniques représentent les capacités des cinq sens) et 5 peuples différents pour les appuyer. Écologiste, c'est tout naturellement que l'auteur nous fait partager la cause des défenseurs de la nature et le récit est divisé en trois grandes parties : recrutement, entraînement, affrontement…

Comme les champions des deux camps ont un passé commun, qu'ils ne sont pas forcément au courant des enjeux et des règles de leur affrontement, et qu'ils sont loin de remplir de bonnes grâce les rôles qui leurs ont été dévolus, j'ai tout de suite pensé à la saga japonaise "Shinobi" de Fûtarô Yamada, d'autant plus qu'on a une belle historie d'amour shakespearienne à la clé… (plusieurs mêmes, avec un bon vieux triangle amoureux des familles en plus ^^)
Des sylphides plus ou moins insectoïdes fonctionnant comme une colonie de fourmis, les passages de Naorl à la Jack London (remember "Croc-Blanc" et "L'Appel de la forêt"), des dragons de légende transformés en bon vieux dinosaures végétariens, des passages sentant bon le darwinisme et plus encore l'environnementalisme… L'auteur semble ne pas avoir échappé pas à ses études d'écologie et au Green Power…. Mais malgré le recours aux bons vieux archétypes du genre Adrien Tomas ne tombent pas dans le manichéisme : si la science sans conscience n'est que ruine de l'âme, la nature sans morale n'est elle que loi de la jungle. L'un a besoin de l'autre pour trouver un point d'équilibre et éviter la régression, puis à terme l'extinction. Chaque protagonistes a ainsi son rôle à jouer parce que chacun à sa place dans la grande marche du monde… Y compris les Historiens de Sythilborea qui immortels et impartiaux écrivent inlassablement l'éternelle chronique des événements, jusqu'au moment où l'un d'entre eux comprend qu'ils influent sur leur déroulement de par leur seule existence. David Farland avait développé quelque chose d'assez proche avec ses Jours dans "Les Seigneurs des Runes", mais ce que parvient à faire Adrien Tomas du noble Tildor m'a agréablement surpris !
Pendant pas mal de temps, j'ai eu un peu peur qu'avec la multiplication des POVs et des archétypes, ainsi que quelques batailles traitées hors champ et racontées à posteriori, la mayonnaise ne prenne jamais… Oui mais non, passé un cap j'ai compris que quand l'auteur balance la sauce, on retrouve les vibes de David Gemmell à absolument tous les niveaux : la plupart des personnages auraient largement eu leur place dans l'un de ses romans, et l'illusion était parfaite même pour moi qui ai tout lu du maître anglais de l'heroic fantasy. le cahier des charges est bien rempli en intrigues et en complots, en action et en émotion : les combats des paladins d'Eaylia, Olrorian et Zanguin, les batailles d'éléphants de Qaheb, Mwao et Oba, les commandos dryades de Lilthyn, les escarmouches des Robin des Bois d'Auros, le duel au sommet des super sorcières, le dernier combat des dragons de Waurum… Et puis le siège de Mors Daemyn par les prêtres-sorciers de la Déesse Seva, c'est court mais ça envoie du bois hein ! ^^

Evidemment, comme tout premier roman tout est loin d'être parfait :
- quelques tournures modernes dans les dialogues gâchent un peu l'ambiance médiévale-fantastique…
- des préitérations, des ellipses et quelques grosses ficelles viennent un peu tirer l'ensemble vers le bas
- on retrouve encore l'affreux gimmick du mentor magicien qui pousse ses poulains à avancer sans rien leur expliquer, repoussant à tard le pourquoi du comment à grands coups de « on n'a pas le temps », pour ensuite tout exposer artificiellement dans de longs monologues explicatifs pas naturels du tout… Soupirs
- l'auteur veut éviter le manichéisme en offrant à chaque « méchant » sa propre histoire et ses propres motivations, mais comme les antagonistes de ses « gentils » sont un monstre congénital schizophrène, une guerrière loyale mauvaise, un tueur psychopathe, un assassin queutard et un requin en talons aiguilles ce n'était pas gagné du tout hein… ^^
- passé un moment la structure en POVs peut vite devenir soûlante, surtout avec plusieurs dizaines de personnages… Car au bout de 400 pages sur 500, l'auteur parvient encore à introduire de nouveaux POVs… Stop à la fin, surtout qu'on comprend rapidement que ceux de Llir et Maev sont définitivement les plus fournis…
(et pas mal de coquilles au niveau de la ponctuation et un texte tassé avec des marges réduites et une police de caractère trop petite dans la 1ère édition de 2011…)
C'est dense, c'est touffu et cela aurait sans doute mériter à être développé et/ou retravailler, mis il est ô combien appréciable que l'auteur n'ait pas cédé comme bien d'autres aux sirènes de la machinlogie, et en un seul livre il nous offre une histoire complète, une galerie de personnage très fournie et un univers complet auquel il a su donner une jolie profondeur : la guerre des peuples de la nature contre les peuples du progrès, la révolte des humains contre les elfes, les quêtes de la reine Ithaen puis de son descendant Cyslan pour libérer leur royaume d'Evondar (ah ! on vous a reconnu les Eorlingas du Rohan ^^), les magiciens sans âge arpenteurs du monde Belunith et Aphae (ah ! on vous a reconnu Belgarath et Polgara ^^), les batailles et la chute de Mors Daemyn (ah ! on t'as reconnu forteresse Dros Delnoch ^^), la naissance des monastères des Etoiles Grises, la trahison du peuple nain par les humains, la chute de la monarchie sélénire et la légende de l'ange de fer…
J'avoue sans honte qu'en dépit du worldbuilding déterministe à la David Eddings ou à chaque peuple correspond une religion spécifique, un régime politique spécifique, une manière de combattre spécifique de donc au finale une mentalité spécifique (marre du combo despotisme oriental / théocratie intégriste), j'ai eu envie de galoper avec les barbares des plaines de Kara ou les nomades du désert du Wael'Jad, d'arpenter les marches du nord, de parcourir les sentes de la Grande Forêt, de visiter les Cités-Etats sélénires ou les forteresses naines, et de descendre le Fleuve Noir à la découverte du peuple du rêve…

Oui ce premier roman d'Adrien Tomas ne révolutionnera pas le genre… Et alors ??? Nous ne sommes pas des hipsters qui pensent que tout nouvel ouvrage a vocation à tout chambouler sur son passage n'est-ce pas ? blink
Je souhaite une belle et longue carrière à l'auteur : il s'avère être un véritable amoureux de la Fantasy qui assume fièrement et pleinement ses influences, et malgré quelques maladresses il offre à son genre de prédilection un bien bel hommage quelque part entre "La Belgariade" et "Les Chroniques de la Guerre de Lodoss" (qui a reçu le Prix Imaginales en 2012, et qui été noté 5,5/10 sur Elbakin.net le site censément de référence… Je ne dis rien mais je n'en pense pas moins)…

Challenge Pavés 2015-2016
Lien : http://david-gemmell.frbb.ne..
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Crossroads
  09 janvier 2014
Une 4e de couv' alléchante, un zoli marque-ta-page agrémenté d'un sympathique petit mot des éditions Mnémos que je remercie au même titre que Babélio, La Geste du Sixième Royaume pourrait s'annoncer sous de plus sombres augures...
Le temps du chaos est venu . Cinq royaumes se livrant bataille depuis des temps immémoriaux décident de se liguer contre un sixième, totalement enclavé, et abritant en son sein toutes les créatures des contes et des légendes . le seul défaut de cette forêt luxuriante, constituer un véritable havre de paix et de sérénité verdoyant face à l'inéluctabilité du progrès en marche . Cinq contre un, qu'imaginer d'autre qu'une boucherie sans nom ! La boucherie Sanzot, peut-être...Mais ce serait faire injure aux six champions méticuleusement recrutés qui n'ont désormais d'autre ambition que de vaincre ou périr . Chaque camp fourbit ses armes, avance stratégiquement ses pions et défend chèrement sa peau dans cette guerre désormais totale...
Et comme le disait l'éminent philosophe estampillé « t'es fin » : à la fin, il n'en restera qu'un !
Il y a des bouquins que l'on déteste ou que l'on adore sans réserves et puis il y a ceux, beaucoup plus rares, qui, sans vraiment que vous puissiez vous l'expliquer, vous laissent dubitatif .
Sous couvert d'un récit estampillé Fantasy à forte teneur écolo, Tomas, pour son premier bouquin, a vu grand . L'objet est costaud, massif et demande une certaine persévérance . M'entêter, pas de problème . Là où cela devient problématique, c'est que l'obstination perdure sur près de 700 pages . J'ai beau être matinal, ça pique...
Les moments de bravoure sont légion . Les moments de solitude itou .
Des protagonistes judicieusement dépeints en préambule . Certains attachants, d'autres beaucoup moins . Quoi qu'il en soit, une liste de personnages pléthorique nécessitant une attention plus que soutenue de la part du lecteur voulant s'y retrouver et qui pourrait logiquement louer le Dieu café, un allié taille XXXXL, dans une telle démarche volontariste .
Le récit se tient de A à Z mais y aurait peut-être gagné en nervosité à être élagué ça et là . Nico le jardinier, si tu m'écoutes...
Des Garous, des sorcières, des dragons, des schtroumpfs, des nains féroces...L'auteur a pris le pari de fusionner pas mal d'univers emblématiques du genre et en cela, chapeau bas, aucune faute de goût à l'horizon .
Mais que le temps me parut long parfois au point de multiplier les coups d'oeil furtifs en bas de page et de me dire dans la foulée " La vache , j'ai fait un micro coma ou le temps a dû suspendre son vol, c'est pas possib' autrement ! "  .
Bref, un sentiment mi-figue mi-molette persistant et, oserais-je le dire, un certain soulagement, au final, que de pouvoir passer à autre chose...
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Megadonut
  22 décembre 2016
Excellent premier roman de Adrien Tomas !
Un roman épais mais qui se dévore très vite tant l'histoire vous prend (en tout cas pour moi). L'auteur français nous entraîne dans un récit à l'intrigue plutôt simple : les deux forces majeures du monde, la nature et le progrès, se battent à l'aide de hérauts les représentant. Mais ce récit est tellement bien raconté que ce roman restera pour moi une référence dans la fantasy française.
Donc, comme mentionné ci-dessus, les deux grandes puissances du monde s'affrontent représentées par des humains. C'est en fait un combat entre la nature et l'homme. La nature, concentrée en seul lieu, le sixième royaume, est menacée par les cinq royaumes des hommes dont les armées se préparent au combat. Une petite force donc, qui a l'avantage du terrain, cernée par une force beaucoup plus importante. Ceci m'a rappelé Légende où les Drenaïs de la Dros ont un demi-million de nadirs à leurs portes. Bref, et ces puissances donc, sont représentées par des hérauts qui se battent pour elles. les Hérauts de la nature sont peu entraînés et éparpillés dans les royaumes tandis que les Hérauts du progrès se sont déjà retrouvés et sont ténébreux, impitoyables. On pourrait y retrouver un rapport avec notre monde : la nature, en déclin lutte désespérément pour survivre à la présence humaine. Ces allusions à notre monde se retrouvent un peu partout dans le livre, comme à la découverte des dragons. Car oui, ce roman comporte des dragons. Mais pas des dragons comme l'on se le représente dans les mythes et les légendes, mais un peuple en déclin, que je me suis représenté comme étant des diplodocus, qui ne vivent pas mais qui survivent.
Tout ceci m'a vraiment fait beaucoup apprécier ce roman et fait réfléchir, je vous le conseil vivement !
Nb :
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Soleney
  18 octobre 2017
La Geste du Sixième Royaume a reçu le prix Imaginales en 2012. Ayant déjà lu et adoré La Maison des Mages, évidemment, je me suis jetée dessus dès que l'occasion s'est présentée.
J'ai été un peu déçue de ce premier roman. Pour moi, le style est moins maitrisé, certaines phrases étaient maladroites, un peu lourdes ou sujettes à pléonasme. Clairement, j'ai senti une évolution d'écriture. La plume de la Maison des Mages est parfaite. Vraiment. Pas un mot de trop, pas une expression mal placée, pas une révélation mal amenée.
Du coup, je suis surprise que ce soit le premier tome qui ait eu le prix et non le second.
Mais au-delà de la plume, il y a l'histoire. Celle-ci présente des similarités avec La Maison des Mages : rebondissements, personnages, intrigues… La destruction du Cloître des Masques, la réhabilitation d'Aevar, Eorr et Naorl, Tiul et Llir, Qiruë et Maev, Anthalus et Corius… Peut-être la trop grande ressemblance a été fatale au second volume ?
J'ai cependant beaucoup aimé les problématiques soulevées, et notamment la question de la fatalité, du destin, du bien et du mal, de la Nature et du Progrès (nature/culture, dirait ma prof de philosophie). Oubliez le manichéisme propre aux romans de fantasy. Les deux Aspects, comme le yin et le yang, sont des opposés complémentaires sur lesquels le monde repose. Ils se battent continuellement, mais ne peuvent le faire directement : ils doivent élire des Hérauts et des Peuples pour s'affronter à leur place (c'est une des Règles auxquelles ils obéissent). La Nature du Père n'est pas le bien : elle ignore le principe de l'honneur puisque les faibles doivent mourir pour nourrir les forts. le Progrès du Maître n'est pas le mal : il cherche l'amélioration constante et respecte les faibles. Mais tous deux sont cruels avec les pions qu'ils manipulent.
Les personnages en bavent. Vraiment. Je ne m'y attendais pas – c'est satisfaisant. Ce n'est pas parce que ce sont des Héros que les protagonistes ne sont pas à l'abri de la mort. Llir, tout particulièrement, en apprend beaucoup sur la raison de son statut, et la Vérité lui fera beaucoup plus mal que toute douleur physique.
Mais malgré les révélations qui sont faites, j'ai trouvé qu'ils restaient un peu plats. Prévisibles.
Mais ce n'est qu'un petit bémol. Ce roman a beaucoup de qualités à mes yeux, et notamment l'originalité du monde imaginé : un continent circulaire divisé en cinq royaumes humains, et un sixième, logé en son centre. Une forêt dont on dit qu'elle abrite des créatures surnaturelles. Beaucoup répliquent que ce ne sont que des contes de bonnes femmes.
Les races sont très intéressantes : les sylphides sont tellement connectées entre elles qu'elles ne connaissent pas l'individualité. Elles sont comme des neurones dont le cerveau serait l'Esprit de Ruche.
Les dragons ne sont pas ces grands lézards carnivores et cracheurs de feu, mais des espèces de diplodocus qui, comme les koalas, passent leur vie à manger parce que leur nourriture est hypocalorique. Cela fait des décennies que plus un oeuf n'a été pondu, faute d'énergie.
Mais mes préférés sont les Chroniqueurs. Des hommes aux pouvoirs spéciaux qui apparaissent dès qu'il se produit un Événement digne d'entrer dans l'histoire et le consignent sur une orbe. Cette orbe est destinée à être incrustée sur le Mur des Connaissances de Sithylboréa, leur capitale. La neutralité est leur valeur la plus absolue. Un Historien ne doit certainement pas interférer avec le déroulement des choses, ni émettre le moindre jugement de valeur en consignant l'Événement. Pour les humains, en voir un signifie que la décision qu'on s'apprête à prendre aura des conséquences historiques.
À l'image de la neutralité de ces personnages, Adrien Tomas s'efforce de nous donner les points de vue des héros, mais aussi de leurs opposants. J'ai beaucoup aimé les chapitres qui leur étaient consacrés.
Je repense au tome 2 et je réalise qu'il y avait quelques détails qui m'avaient échappés. Comme l'identité de la Mère Supérieure des Masques, par exemple. Comme la véritable nature de la chamane qui éduque Moineau. C'est plaisant. Ça me donne envie de le relire.
En revanche, je trouve la Malédiction du Traître pas si affreuse. Non seulement elle rend les gens immortels, mais aussi suffisamment puissants pour qu'ils puissent influer le cours des choses. En quoi cela peut-il être à craindre ?
Bref : bonne série, bon auteur, affaire à suivre !
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Aelynah
  28 septembre 2016
Je remercie tout d'abord le blog Book-en-stock et les éditions Mnemos pour cette découverte.
Je dois dire que cela a été une lecture fantasy comme je n'en ai pas eu depuis longtemps. Je me suis retrouvée dans ce roman comme dans mes séries fantasy préférée: la trilogie des joyeux ou la Belgariade du couple Eddings par exemple. J'y retrouve d'ailleurs des similitudes sur certains personnages comme Moineau qui me fait penser à Talen l'un de mes préférés de par son rôle de petit voleur rusé, agile et intelligent.
J'y ai aussi retrouvé des éléments de base et presque obligatoires pour ce genre de récit.
Deux factions en opposition.
Des "héros" ici plutôt hérauts formant une équipe pour chaque faction.
Des personnages au caractère complexe et surtout aux compétences diverses.
Des paysages magnifiques et dépaysants, des royaumes divers et variés de race, couleur de peau et croyance, des complots sournois et perfides mais surtout des héros au coeur pur et empli de bon sentiment.
Oui j'ai trouvé dans la Geste du sixième royaume un grand moment de fantasy.
Mais l'originalité principale de ce roman est dans le fait que la lutte ici n'est pas simplement entre le Bien et le Mal, entre les Ombres ou la Lumière mais bien entre deux Aspects distincts de la Vie. Pas de vrais « méchants », ni de vrais « gentils », mais des personnages fragiles et forts à la fois au passé torturé ou tortueux que la destinée à positionner dans l'un des camps.
En fait, nous allons suivre l'affrontement quasi-séculaire de deux entités au travers de leurs "pions".
D'un côté, le Père, il est le protecteur des rêveurs, des peuples mystérieux et des amoureux de la nature. Il règne sur des concepts comme la primitivité, les monstres, l'inconnu, la sauvagerie et les mauvais rêves. Ses peuplades forment ce que nous appellerions habituellement les peuples féeriques : dryades, dragons, sylphides, elfes, nains, garous et autres surnaturels. Son royaume : le sixième royaume, la Grande Forêt.
En face il y a L'Autre. Il est ce qui ressemble le plus au concept de Nature maîtrisée, de progrès, de changement, de réalité. Ses peuples sont les Hommes et leurs besoins de conquête, d'expansion et de développement. Nulle magie ici, les découvertes sont du fait de l'homme, armes, machines, artisanat...
Dans chaque camp, six personnages distincts et semblables à la fois: la Fille et ses cinq hérauts (Le Danseur, le Prophète, la Dame, La Bête et le Soldat).
Chacun possède un Don, un pouvoir particulier qui fait d'eux ces Hérauts et est sensé les aider dans leur mission. Chacun devra faire face à son avenir mais aussi à son passé pour réaliser les souhaits de son entité. Ce sera un combat de chaque instant contre l'ennemi et parfois contre soi-même. Car certaines notions comme l'honneur ou la survie ne sont pas de prime abord attribuée au bon Aspect. Comme on peut le découvrir au travers des mots de l'auteur, l'honneur et les obligations morales sont des concepts relevant du progrès et de l'évolution des moeurs. Alors que la survie du plus fort est un concept de la Nature sauvage.
Adrien Tomas nous emporte alors dans un scénario à la fois épique et très actuel. Les scènes de bataille sont magistrales, les scènes d'émotion touchent le lecteur mais ce qui m'a surtout transportée ce sont les messages qu'il nous envoie.
La dualité Nature sauvage/Nature maîtrisée est un message très actuel. Mais je l'avoue il ne m'a pas sauté aux yeux de suite. Cependant une fois que j'ai dessillé ceux-ci j'ai pu appréhender la complexité du roman, sa trame profonde et le talent de l'auteur pour nous ouvrir les yeux sur nos erreurs actuelles au travers d'un récit de fantasy.
Ma lecture est alors devenue toujours plus intense et c'est avec une gourmandise accrue que j'ai dévoré les pages.
La conclusion générale quoiqu'attendue a su pourtant me surprendre par son message d'espoir en l'humanité qui semble habiter l'auteur. Mais je l'avoue l'épilogue m'a complètement surprise et j'ai adoré cette chute.
De plus la présence au cours du roman de parties annexes ont su nous ouvrir les yeux sur des éléments extérieurs ou surtout antérieurs afin de nous permettre ensuite d'appréhender plus facilement certains événements primordiaux. J'aurais même tendance à conseiller au lecteur de lire la toute dernière annexe afin de comprendre la complexité des royaumes et des peuples que nous allons suivre tout au long du récit. Elle permet une vision d'ensemble et donne un aperçu du climat social et politique des royaumes.
C'est donc à la fois un coup de coeur et une grosse claque dans la figure que je viens de recevoir. IL va rester ainsi longtemps dans mes pensées pour ce qu'il laisse de marques et de messages. C'est donc un merveilleux roman que je vous conseille de lire pour le plaisir et pourquoi pas une deuxième fois pour changer le monde ;)
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Les critiques presse (1)
SciFiUniverse   05 août 2011
Sans révolutionner le genre, Adrien Thomas propose un monde plein, détaillé et cohérent. C'est sans doute ses personnages qui donnent un certain charme à l'histoire. Ils semblent aussi étonnés que nous de participer à de si grandes aventures. A découvrir.
Lire la critique sur le site : SciFiUniverse
Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
AlfaricAlfaric   29 octobre 2016
Les dieux sont des entraves pour les hommes, des idoles qui se nourrissent de la foi des crédules pour exister et qui, donc, peuvent disparaître et laisser les hommes tranquilles si ces derniers se donnaient la peine d’arrêter de croire en eux.
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BlackWolfBlackWolf   21 décembre 2012
- Le père sera détruit, son peuple massacré et la Grande Forêt brulée, résumé Lilthlyn. Les esprits disparaîtront et avec eux, une bonne partie de ce que vous autres Humains appelez magie. Les rêves des hommes seront vides et ternes, et leurs esprits seront dévoués à la nouvelle Âme du Monde.Il amèneront le progrès jusqu'à un point qu'ils ne pourront plus contrôler, et se détruiront eux-mêmes. Alors l'Autre élèvera une autre race au-dessus des autres - peut-être les Nains-et il recommencera, à l'infini, jusqu'à ce que le soleil s'éteigne.
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CrossroadsCrossroads   22 décembre 2013
- Très bien. Raconte-moi ton histoire.
- Pas ici, chuchota-t-elle. Dehors. Les belles histoires sont encore plus belles sous la Lune.
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BlackWolfBlackWolf   21 décembre 2012
- Tout ira bien Ollorian, coupa Cerg,. Je la protègerai. Je suppose que je suis "l'homme-qui-sent-l'animal" bien que je trouve cela assez vexant - j'ai quand même pris un bain le mois dernier.
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AlfaricAlfaric   02 novembre 2016
Le héros ne trahit pas son camp ou ses idéaux. Le héros combat l’ennemi invincible, et s’arrange pour vaincre… Ou mourir héroïquement en essayant.
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Videos de Adrien Tomas (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Adrien Tomas
Avec Adrien Tomas, Sara Doke, Jean-Claude Dunyach et Audrey Alwett Écoutez l'intégralité de la conférence sur : http://www.actusf.com/spip/Imaginales-2017-La-fantasy-une.html
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