AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Qistina Khalidah (Autre)
EAN : 9782354087838
Éditeur : Mnémos (28/08/2020)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Quand la magie, tombe en orage, ceux qu’elle touche ne sont plus jamais les mêmes.

Sof, jeune infirmière courageuse et intelligente, en a tout à fait conscience lorsque son frère, éminent journaliste à la plume acérée, est frappé par un éclair qui le laisse à peine capable de se déplacer, son esprit à jamais perdu dans les méandres de l’Arcane.
Elle décide de l’emmener loin de la cité où ils ont grandi.

Ensemble, il fuient à trav... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  27 août 2020
Après six romans consacrés à l'univers du Sixième Royaume, Adrien Tomas nous propose avec cette nouvelle parution, un diptyque mettant en scène un cadre différent mais pas totalement nouveau car déjà mis en scène dans « Engrenages et sortilèges ». Oubliez donc le medieval-fantastique, les intrigues de cours, les combats à l'épée ou les écoles de mages : pour son nouveau roman, l'auteur opte pour une ambiance steampunk, avec au programme technologie et magie, mais aussi lutte entre différents courants politiques, enquête, course poursuite ou encore découverte de civilisations non-humaines. Tout commence avec Sof, infirmière tout ce qu'il y a de plus ordinaire et menant une vie bien rangée. Ou du moins était-ce le cas jusqu'à ce que son frère, journaliste et opposant farouche au pouvoir en place, ne soit victime d'une décharge d'Arcane, un phénomène magique frappant apparemment aléatoirement et transformant les « Touchés » en coquille vide, pulvérisant leur esprit tout en les dotant de pouvoirs extraordinaires. le sort réservé à ces Touchés est d'ordinaire tout tracé : ils sont enfermés par le gouvernement et leur puissance est canalisée pour alimenter les machines du Grimmark (train, ascenseur…). Un avenir auquel la jeune femme entend bien soustraire son frère, quitte pour cela à se mettre hors-la-loi et se lancer dans un périlleux périple, tout en priant pour que ce dernier ne fasse pas malencontreusement la démonstration de ses pouvoirs. Ce que Sof ne sait pas, c'est que sa situation est encore plus désespérée que prévue puisque le gouvernement a lancé à ses trousses un assassin (ou plutôt « opérateur », il préfère…), sans doute le plus doué de l'Édilat mais aussi le plus insaisissable. D'ailleurs, la mission qu'on lui a confié, compte-t-il vraiment la mener à bien ? Parallèlement aux pérégrinations de ces deux personnages, on suit également l'arrivée d'un tout nouvel ambassadeur chargé de représenter au Grimmark le peuple des Poissons-crânes. Un poste prestigieux mais non sans danger, puisque son prédécesseur a été victime d'un assassinat non revendiqué.
L'intrigue est assez foisonnante mais l'auteur expose habilement et sans empressement les différents éléments qui composent son récit. L'action se déroule dans un Édilat, le Grimmark, autrefois région appartenant à la Tovkie mais dont elle a pris son indépendance suite à la révolution ayant mis fin aux dynasties régnantes et ayant abouti à la constitution d'une république. Les tensions entre le Grimmark et son voisin restent toutefois très fortes, de même qu'avec la frontière nord où s'étend les Hurleuses, territoire sauvage où vivent de petites bandes d'Orcs qui multiplient les raids contre les humains vivant ou voyageant à proximité. le contexte géopolitique est bien exposé et l'univers dans son ensemble paraît plutôt prometteur, moins par les aspects steampunk mis en scène (qui n'ont finalement rien de très originales) que par le bestiaire convoqué et le fonctionnement de la magie évoquée. L'auteur se plaît notamment à réutiliser une créature très traditionnelle en fantasy (l'Orc), tout en prenant le contre-pied des stéréotypes qui lui sont d'ordinaire attachés. Loin des monstres stupides et avides de chaire fraîche généralement mis en scène, Adrien Tomas nous les figure ici comme des amoureux de la nature, entretenant un lien particulier avec la terre et ce qui y pousse et ayant développé leur propre culture, en marge de l'humanité. le peuple des « Poissons-crânes » est lui aussi assez fascinant : créatures des abysses profondément transformés par l'arcanium qui a fini par infiltré l'océan, celles-ci ont développé une intelligence comparable (voire supérieure) à celle de l'humanité. A bord de leur aéroscaphes, ces étranges poissons se sont lancés à la découverte du monde immergé, sans toutefois manifester de velléité de conquête : ils observent, apprennent, explorent. Rien à redire non plus en ce qui concerne le système de magie évoqué qui, s'il est loin d'avoir livré tous ses secrets, reste cohérent. Les zones d'ombre qui persistent devraient pour leur part être éclaircies dans le deuxième volet et je suis assez curieuse d'avoir les réponses aux nombreuses interrogations que ne manquent pas de susciter les événements de ce premier tome.
L'aspect du roman qui m'a le plus enthousiasmée reste malgré tout la présence très marquée de considérations d'ordre politique qui font échos à des problématiques actuelles. Difficile de ne pas faire le parallèle avec « Olangar » de Clément Bouhélier, diptyque paru en 2018 et qui mettait en scène un soulèvement populaire dans une cité imaginaire, avec là aussi de nombreuses références à notre propre société (problèmes écologiques, corruption, accroissement des inégalités au profit d'une minorité…). le phénomène est certes de moindre ampleur ici, mais il n'empêche qu'on retrouve la même volonté de ne plus mettre en scène un univers de fantasy classique et totalement déconnecté des problématiques de notre temps. Et ça fait du bien ! L'auteur n'hésite ainsi pas à mentionner le lobbying pratiqué par des industries de l'armement auprès des hommes et femmes au pouvoir, mais aussi l'essor de mouvements révolutionnaires de plus en plus radicaux, les manigances électorales et les scandales qui agitent la classe politique, ou encore les conditions de travail des ouvriers. le choix de mettre en scène un personnage comme Sof (infirmière harassée par ses conditions de travail et victime de la condescendance des hommes médecins auquel elle est confrontée) n'est pas non plus anodin et permet d'aborder un certain nombre de sujets qui font échos à l'actualité et que je suis ravie de voir enfin questionner dans un roman de fantasy. le système politique en place change également de ce qu'on peut observer d'ordinaire puisqu'on a affaire ici ni à un empire, ni à une monarchie. Un détail qui peut paraître dérisoire mais qui fait l'effet d'une véritable bouffée d'air frais tant il est rare en fantasy de voir autre chose que le traditionnel royaume dirigé par des nobles et dans lesquels les classes populaires ne sont évoquées (quand elles le sont) que pour faire de la figuration ou servir de faire-valoir aux protagonistes (qui, comparés à ces individus braillards et simplets, font évidemment figures de héros exceptionnels). Alors, serait-on en train d'assister à l'émergence d'une « fantasy-politique » ? Voilà qui ne serait pas pour me déplaire !

Un mot, pour terminer, en ce qui concerne les personnages qui sont, eux aussi, tout à fait à la hauteur. Si j'avais déjà pu reprocher à plusieurs reprises à l'auteur dans ses précédents romans consacrés au Sixième Royaume d'alterner entre trop de points de vue, et trop rapidement, je n'ai aucun bémol similaire à formuler ici. L'intrigue se concentre autour de trois protagonistes, l'opérateur aux motivations floues, l'infirmière en fuite et l'ambassadeur des Poissons-crânes, et l'alternance entre l'un et l'autre des points de vue est bien équilibrée, chaque chapitre nous en apprenant davantage sur une facette différente de l'univers ou du passé des personnages. Ma préférence va cela dit à Sof qui, bien que dépassée par les événements, se révèle pleine de ressources. le seul véritable regret que j'aurais à formuler concerne d'ailleurs le traitement qui lui est réservé dans la seconde partie du roman où elle se retrouve davantage dans une position d'observatrice passive. Nym est pour sa part un peu plus stéréotypé, mais le mystère qui entoure ses motivations titille la curiosité du lecteur. L'auteur a également pris soin de doter son roman de toute une galerie de personnages secondaires qui sont également bien campés, qu'il s‘agisse des excentriques assassins du Cénacle, des politiciens du Grimmark, du fiancé de Sof (surprenant jusqu'au bout !), ou encore du personnel ou des magouilleurs qui gravitent autour de l'ambassadeur. L'attachement que l'on éprouve pour la plupart d'entre eux est d'ailleurs renforcé par la volonté de l'auteur de ne pas épargner ses personnages qu'il n'hésite pas à supprimer brutalement, à la plus grande stupéfaction du lecteur qui ne peut que trembler pour ceux qui ont (pour le moment) échappé à ce traitement.
Avec ce premier tome de « Vaisseau d'Arcane », Adrien Tomas nous offre un nouveau roman qui change de ses précédents parutions mais qui se révèle d'aussi bonne qualité. Outre un univers qui comporte plusieurs touches d'originalité bienvenues, on peut surtout saluer la volonté de l'auteur d'aborder dans son récit des problématiques actuelles qui renforcent l'immersion du lecteur et l'invite à se questionner sur des sujets de société. Que les amateurs d'aventure se rassurent, le roman comporte également son lot de scènes d'action et de rebondissements qui rendent la lecture particulièrement dynamique et agréable. Vivement la suite !
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
AmeliaChatterton
  13 septembre 2020
Quand j'ai su qu'Adrien Tomas publiait un nouveau roman dans le même univers qu'Engrenages et Sortilèges, et qu'en plus les Editions Mnémos me proposaient de le lire en service presse, j'ai sauté sur l'occasion… et je n'ai pas été déçue. En plus de nous faire découvrir une nouvelle partie de ce monde magique et technologique très riche, il a su instiller des questions importantes derrière son récit. Voici mon retour sur ce premier tome…
Une intrigue aux ramifications complexes
Adrien Tomas nous emmène encore une fois dans un univers associé à la magie. Mais cette fois-ci, elle peut être meurtrière, au sens où les Touchés par la foudre de l'Arcane voient leur personnalité s'effacer au profit de l'entité surnaturelle et devenir des sortes d'handicapés mentaux. Récupérés au service exclusif de l'Etat, pour le Bien Commun, ils deviennent une main d'oeuvre gratuite, au grand dam de leur familles.
C'est dans ce contexte que de Sofena, infirmière décide de s'enfuir avec son frère Solen, touché par la foudre magique. Elle refuse de laisser l'Etat lui voler sa seule famille. Qui plus est quand elle comprend que la personnalité de son frère est encore là, quelque part et que le destin n'est peut-être pas le seul acteur de son malheur.
L'auteur nous emporte dans une course-poursuite haletante, où les personnages vont croiser la route de plusieurs protagonistes dont l'espion-assasin Nym, au service du gouvernement, mais aussi des orcs, des assassins, et des soldats grimmnois.
Aidés de Nym, les deux fugitifs iront se perdre dans les Hurleuses, un territoire dominé par les Orcs et les chercheurs d'Arcanium, mais surtout au centre d'un conflit entre le Grimnark et la Tovkie, les deux pays limitrophes, ce qui ne sera pas sans leur poser quelques problèmes.
Pendant ce temps, au Grimnark, l'évasion de Solen a fait grand bruit et la chasse au Touché est lancée. D'autres agents de l'Etat vont se lancer à leurs trousses, mais si Nym est plutôt sympa, les autres ne feront pas dans la dentelle.
En parallèle, un nouveau diplomate est nommé pour la délégation des Abysses au Grimnark, afin de remplacer le précédent assassiné. le poisson-Ambassadeur Gabba Do est curieux des humains et surtout très soucieux de faire ses preuves, alors que ses supérieurs souhaitent qu'il fasse profil bas. Malheureusement la curiosité l'emportera sur les devoirs diplomatiques…
Les deux intrigues vont se mêler étroitement avec de nombreux rebondissements et du suspense à revendre pour une conclusion complexe, qui m'a agréablement surprise.
Un univers bien ancré sur fond politique
L'univers de Vaisseau d'Arcane est identique à celui d'un autre roman d'Adrien Tomas pour la jeunesse, et dont j'ai déjà réalisé la chronique : Engrenages et Sortilèges. Malgré quelques clins d'oeil à ce roman à travers les pérégrinations éthérées de Solen et de l'Arcane, l'auteur nous dévoile une ambiance plus sombre dans une autre partie de l'univers : le Grimnark, qui ne bénéficie pas de l'Arcanium, la source d'énergie magique, comme à Celumbre.
Le Grimnark est pays un peu royaliste sur les bords : le peuple est dévoué aux dirigeants et peu soucieux de se rebeller. Son nom fait penser aux pays nordiques, tout comme son climat. Ici, les orages d'Arcanium frappent sans arrêt et au hasard, obligeant la capitale à activer un dôme de protection en cas de changement climatique soudain et les puissants contrôlent le pays.
Comme la magie est trop instable pour être contrôlée, ce pays s'en est passé pour se développer, en faisant progresser la science et la technologie, et en considérant la magie comme objet d'étude. Mais quand la Tovkie, son ennemi juré, commence à utiliser l'Arcanium comme source d'énergie afin d'alimenter sa technologie, le Grimnark se résout à utiliser le potentiel magique des Touchés, afin de garder sa supériorité scientifique.
C'est dans ce contexte qu'évoluent les personnages : Sofena est infrmière et s'est intéressée aux études sur les Touchés, Solen écrit des articles qui dénonce les manigances des dirigeants de son pays, Gabba Do essaie de comprendre les moeurs Grimnoises, Nym manigance pour les politiques.
Le roman met en lumière les tensions politiques entre le Grimnark avec les pays limitrophes concernant l'utilisation de l'Arcanium, mais pas uniquement.
La Tovkie, sorte de russie communiste apparaît comme un idéal pour certains ouvriers grimnois. Son organisation menace le système politique du Grimnark. On le verra à travers le personnage de Garolf de Wise qui essaie d'expliquer, à sa manière, le système politique inégalitaire de son pays au diplomate des Abysses. Mais aussi de manière plus fugace, à travers un médecin qui pose des prothèses mécaniques aux soldats grimnois et qu'on soupçonne d'être un espion.
Les Hurleuses, no man's land mi-désertique mi-sauvage est dominé par les orcs. Ces créatures vivent en tribus, sont connectées à la nature et se rapprochent de certaines représentations des elfes en faisant pousser des plantes. Les bannis finissent dans les grandes villes comme jardiniers et croque-morts car ils se nourrissent des nutriments présents dans les corps humains, en dehors de leur forêt d'origine. Comme ils traînent cette mauvaise réputation, les humains les considèrent comme des parias ou des bêtes sauvages. le mystère qui entoure leur mode de vie n'aide pas à les blanchir pour autant. Pour ma part, j'ai trouvé qu'ils se rapprochaient beaucoup des Indiens d'Amériques par leur mode de vie et leur histoire, car les « êtres civilisés » grimnois et tovkien grignotent peu à peu leur territoire, les obligeant à se battre ou à voler pour survivre. On verra aussi que la haine est réciproque avec la tentative d'un humain de s'intégrer à une tribu, ce qui cause des dissensions parmi les orcs. Ce sont les seuls à vraiment comprendre comment fonctionne l'Arcane, contrairement aux autres cultures, à travers leurs croyances liées à la Nature et aux Esprits.
Quant aux poissons des Abysses, les guerres humaines semblent être le cadet de leur souci. Sorte de Suisse observatrice du conflit, ils ont plutôt la curiosité de comprendre les relations et mode de vie humains sans s'impliquer outre mesure. On sent chez eux une supériorité intellectuelle et technologique qu'ils gardent pour eux. Et même si Gabba Do est plutôt curieux, il représente un spectateur très naïf des ambitions humaines.
L'Arcanium les réunis tous mais pour des raisons et des utilisations différentes : magie, mécanique, source de pouvoir ou religion.
A travers cette histoire, j'ai trouvé que l'auteur émettait une critique forte des guerres provoquées par l'attrait d'une ressource, et leurs conséquences désastreuses.
Des personnages intéressants et bien construits
L'action est menée par des personnages à la psychologie travaillée, qui évoluent au fil de l'histoire. Car rien n'est blanc ou noir dans Vaisseau d'Arcane !
Pour lire la suite de ma chronique, rendez-vous sur :
Lien : https://lestribulationsdemis..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
celindanae
  12 septembre 2020
Pour la rentrée littéraire, les éditions Mnémos ont misé sur un nouveau roman d'Adrien Tomas qui a déjà pas mal de romans à son actif chez eux. Cette nouvelle série Vaisseau d'arcane dont voici le premier tome Les Hurleuses sera en en deux tomes. Elle a la particularité de se dérouler dans le même univers que Engrenages et Sortilèges paru chez Rageot en jeunesses. Cette fois l'auteur explore une autre région et situe son roman en fantasy plus adulte. L'illustration de couverture est signée Qistina Khalidah.
Un univers explosif
L'univers proposé dans ce roman n'est pas un univers de fantasy traditionnel. C'est un monde qui est en plein essor industriel et cela se voit au niveau des véhicules utilisés comme des trains ou des bateaux d'un nouveau genre. En effet, il existe une énergie magique très puissante et grâce à laquelle on peut faire fonctionner des trains par exemple ou un ascenseur. Cette énergie a permis à certaines villes du Grinmark de s'enrichir et de considérablement se développer. Cependant, le contrôle de cette énergie est difficile et elle passe par des humains qu'on appelle « les touchés » qui sont des humains frappés par la foudre. Ces être sont changés à jamais, perdant leurs mémoire et personnalité au détriment de l'Arcane. C'est ce qui va arriver à Solal, éminent journaliste à la plume acérée et frère de Sof, une jeune infirmière. Cette dernière décide de tout tenter pour soustraire son frère à ce sort en l'amenant loin de la cité où ils vivent.
L'utilisation et l'origine de la magie sont originaux dans cet univers. Pourtant, ce n'est pas le seul point fort de ce monde. En effet, il n'est pas uniquement peuplé d'humain, on peut croiser des représentants du peuple des Abysses, les Poissons-crânes vivant dans une région sous marine mais pouvant faire des incursions sur terre grâce à un système technologique perfectionné. On peut aussi rencontrer des Orcs. Ces derniers ne sont pas vraiment du même type que ceux que l'on croise dans Donjons et dragons ou la Terre du milieu. Ils ont la peau verte car ils sont proches de la nature, si ils sont de fiers guerriers ils sont aussi très attachés à leurs traditions ancestrales et habitent les Hurleuses.
Une narration éclatée
Adrien Tomas reprend à nouveau le principe d'une narration chorale qu'il semble beaucoup apprécier. Les chapitres sont ainsi consacrés à un narrateur particulier, et racontés selon son point de vue. Ce mode de narration rend le récit dynamique et permet de savoir ce qu'il se passe aux différents endroits de l'univers et concernant les différents personnages. Cela fait également évoluer les multiples intrigues, et, celles-ci étant assez nombreuses dans ce premier tome, ce mode de narration permet au lecteur d'être au plus près de l'action.
Le personnage principal du roman est Sofena Gyre, jeune femme travaillant comme infirmière et vivant dans l'ombre de son séduisant frère Solal. Elle va se révéler courageuse et intrépide au fur et à mesure que l'action se met en place. Hiéronymus Vénoquist alias Nym est un personnage complexe, agent double, personnage extrêmement secret et intelligent (peut-être un peu trop), il se lance à la recherche de Sofena et Solal. On suivra également les pas des membres du cénacle, des assassins redoutables aux sombres desseins. Enfin, personnage original mais non moins important, Gabba Do, diplomate abysséen fraîchement nommé, très heureux de pouvoir aller à la surface, mais dont la naïveté va lui jouer des tours. Ces différents personnages font évoluer les différentes intrigues dans un récit contenant son lot de rebondissements, abordant la thématique de la corruption et de la justice sociale.
Ce premier tome du diptyque Vaisseau d'arcane propose ainsi un univers très riche et novateur mêlant subtilement fantasy et steampunk. Il présente le monde, les personnages et les différents arcs narratifs. Cependant, il garde suffisamment d'atouts dans son sac pour qu'on ait très envie de lire la suite.
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Roadreader
  28 août 2020
Alors que la rentrée se profile à grands pas certains d'entre nous ressentent peut-être le besoin de s'évader loin, très loin de cette morosité ambiante matinée de crise sanitaire persistante. Ça tombe bien l'auteur français Adrien Tomas et les éditions Mnémos nous ont concoctés un voyage dépaysant qui vous laissera le souffle court et les cheveux aux vents.
Précisons tout d'abord que cette série s'inscrit dans un cycle plus large se déroulant dans le même univers que la série engrenages et sortilèges mais peut se lire de manière complètement indépendante. Vaisseau d'arcane sera d'ailleurs une série à suivre sur deux tomes uniquement. Un détail que je trouve fort appréciable car cela n'exigera pas au lecteur un degré d'investissement sur plusieurs années comme nombre de saga fantastique.
Plutôt que d'opter pour une phase d'introduction à l'univers et d'exposition des enjeux, une tactique somme toute classique, l'auteur a choisi de nous plonger immédiatement au coeur de l'action. On fera connaissance avec les personnages plus tard, il s'agit d'abord d'échapper au danger. Pourtant ne vous y tromper pas  un charme certain se dégage de la plume de l'auteur lorsqu'il décrit la ville de Mirwald, une merveille technologique à l'ambiance steampunk savoureuse.
Tout le génie de Tomas est d'avoir su intégrer le portrait de ses personnages à l'intrigue. Ainsi leur caractère se révèle au fil du voyage mouvementé qui est le leur. Sof se révèle plus qu'une simple infirmière désespérée, elle est débrouillarde, instinctive et sait se servir de sa tête. Sa détermination et son courage ont tôt fait de lui ouvrir les portes du panthéon des héroïnes fantastiques. Son frère Solal est plus en retrait dans ce premier tome mais nul doute que l'intrigue lui réserve un rôle prédominant par la suite. le personnage de Nym est une autre grande réussite. Ses actions sont clairement machiavéliques, calculatrices et mortelles la plupart du temps pourtant il nous est impossible de le détester tant l'auteur le dépeint comme un idéaliste aigrie, persuadé que sa cause est juste. le gouverneur Gabba do occupe pour sa part le rôle de triste pion, très passif dans ce présent volume, on espère le voir développer un esprit plus retors dans le second volume.
Le seul bémol que je pourrais trouver au choix de l'auteur de nous emporter directement au coeur de l'action est que l'on a du mal à croire au couple formé par Sof et le capitaine Nikolai Magnus. La narration fait que leur romance n'a pas le temps d'exister et ce personnage a du mal à dépasser le cadre du gentil héros brave et confiant. Un défaut mineur au milieu d'un voyage enchanteur et extrêmement bien rythmé.
En plus d'un système de magie complexe oscillant entre don et malédiction, l'auteur a réussi à  bâtir une intrigue politique qui, bien que previsible pour qui a l'habitude de ce genre de récit, se révèle plaisante à suivre. Depuis la saga du trône de fer, j'ai tendance à trouver les intrigues de pouvoir poussives et forcés là il n'en est rien. le recit se met en place naturellement, bien que je le répète, les twists n'ont rien de renversant non plus.
Une saga rafraîchissante, qui s'adresse à un large public, connaisseur de la fantasy ou curieux qui souhaite s'initier. L'écriture dynamique et fluide de l'auteur permet à des lecteurs de tous âges de s'immerger dans cet univers passionnant.
Culturevsnews.com
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
JessieL
  21 juillet 2020
Pour la rentrée des Indés de l'Imaginaire, les éditions Mnémos ont choisi la plume d'Adrien Tomas pour mettre en valeur la fantasy.
Après le succès d'Engrenages et Sortilèges publié chez Rageot éditeur, l'auteur a décidé de poursuivre l'exploration de son univers.
Avec les années, Adrien Tomas s'est imposé comme un nom incontournable de la fantasy française. Inventeur d'univers, il a déjà prouvé qu'il excellait dans ce domaine. Et pourtant, avec Vaisseau d'Arcane il arrive au sommet de son art tant l'univers qu'il a imaginé est cohérent et fabuleux. Alors que certains se contentent d'agrémenter leurs récits de petites touches, lui, l'a modelé à la sauce steampunk. En effet, dans ce livre il n'est pas seulement question de déplacements en dirigeable ou de l'emploi d'un personnel d'automates : il va beaucoup plus loin. Ainsi, au Grinmark, certaines cités se sont enrichies grâce à l'exploitation de l'Arcane, une énergie magique capable, par exemple, d'animer des trains ou de mécaniser toutes sortes de fabriques. Ce monde s'industrialise et marche donc vers le progrès. Mais, cette énergie est volatile et pas toujours maîtrisable. En effet, en dépit de tous les paratonnerres dont dispose le Grinmark, la foudre tombe parfois sur des humains, les changeant à jamais. C'est ce que l'on appelle des dommages collatéraux dont Solal va faire les frais.
Ainsi, Adrien Tomas a imaginé un monde empreint de modernisme qui s'oppose à certains de ses voisins, davantage attachés à leurs rites et à leurs traditions comme c'est le cas dans les Hurleuses où vivent les Orcs qui défendent ardemment leur territoire, n'hésitant pas à multiplier les incursions à la frontière pour démontrer leur puissance. Dans Vaisseau d'Arcane, il n'y a d'ailleurs pas que des royaumes terrestres qui sont décrits puisqu'il y est aussi question des Abysses, le sanctuaire d'une population sous-marine dont on rencontre des représentants avec la délégation diplomatique des Poissons-crânes, envoyée à Mithrisias. On découvre une nation puissante qui a développé des innovations technologiques lui permettant ainsi d'explorer la terre.
En outre, parmi les héros d'Adrien Tomas, il y a de fortes personnalités qui se distinguent. La première d'entre toutes est bien évidemment Sofena Gyre qui se révèle être une âme aussi aventureuse que courageuse. La timide infirmière a laissé la place à une femme forte et pleine de ressources. Hiéronymus Vénoquist incarne la figure du héros ambivalent. Ce personnage, c'est l'agent double du roman d'espionnage. Il s'est donné pour mission de retrouver Sofena et Solal, mais on prend conscience au fur et à mesure des pages qu'il agit dans un but bien précis que lui seul connaît. Très secret, il n'en demeure pas moins un homme très avenant et au charme indéniable. Quant à Gabba Do, le diplomate abysséen, il est encore jeune et naïf. Il voit dans sa nomination une chance de faire ses preuves et de représenter au mieux les intérêts des siens, mais il va surtout très vite revoir ses ambitions à la baisse. L'auteur nous propose une pléiade de héros très différents mais néanmoins tous très attachants qui nous donnent juste l'envie de nous plonger dans leurs histoires.
Or, Vaisseau d'Arcane est aussi un roman riche d'intrigues bien ficelées au suspense maîtrisé. On y retrouve des thématiques que le genre se plaît à aborder. Ici, la lutte se cristallise autour de puissants édiles corrompus par l'argent et le profit et ceux qui veulent changer le système pour une meilleure équité. On peut donc s'attendre à une multitude de rebondissements, à des retournements de situation et à de nombreuses trahisons. Avec un tel programme, croyez-moi que l'on ne résiste pas au charme du nouveau roman d'Adrien Tomas... plus sur Fantasy à la Carte.
Lien : https://fantasyalacarte.blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40

Citations et extraits (3) Ajouter une citation
boudiccaboudicca   27 août 2020
Nym, au fait des réalités de la politique, dut admettre que la plupart des accusations de Solal Gyre tombaient juste : collusion avec les industries de l’armement, musellement des intellectuels, protection des plus riches au détriment des plus fragiles, limitations des candidatures à l’Édilat aux seuls citoyens capables de s’acquitter des exorbitants droits de campagne...
Commenter  J’apprécie          50
Dionysos89Dionysos89   02 septembre 2020
Comme toutes les infirmières, elle n’avait que rarement le temps de relire ce qu’elle écrivait, tout en ayant conscience que la moindre faute de frappe pouvait mettre en danger la vie de ses patients.
Commenter  J’apprécie          50
YuyineYuyine   13 novembre 2020
Une plaine infinie, battue par les vents. Un océan d’herbe, parcourue de vagues d’air. Des ondulations frénétiques, impulsées par le souffle implacable et chaotique. Un ciel d’orage chargé de nuages mordorés, comme un dôme de cuivre fondu. De minuscules éclairs bleutés courent entre les brumes, comme si des fées jouaient à cache-cache dans les nuées.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Adrien Tomas (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Adrien Tomas
A l'occasion du festival "Imaginales" à Epinal, rencontre avec Adrien Tomas autour de son ouvrage "Engrenages et sortilèges" aux éditions Rageot.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2284635/adrien-tomas-engrenages-et-sortileges
Notes de Musique : Youtube Audio Library.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : steampunkVoir plus
Notre sélection Imaginaire Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox







.. ..