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EAN : 9782756015804
108 pages
Delcourt (19/11/2008)
3.24/5   68 notes
Résumé :
Ben Tanaka a des problèmes. Non seulement il est cynique, sarcastique et insensible, mais en plus sa relation avec sa copine se passe mal. Miko Hayashi lui reproche d'être attiré par les femmes blanches parce que justement, il est asiatique. Souffre-t-il d'un complexe sexuel ? Voit-il dans la figure nord-américaine typique le moyen de s'intégrer socialement ? Pendant que Ben reste en Californie, Miko s'enfuit à New York. Leur histoire s'inscrit dans l'Amérique multi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
« Jeune prodige », « brillant », « novateur »… Voilà quelques-uns des qualificatifs que j'avais pu lire à propos d'Adrian Tomine. Intriguée par tant de dithyrambes j'ai regardé si ma médiathèque proposait des titres de cet auteur. J'ai donc pu lire « loin d'être parfait » pour me faire ma propre opinion… et c'est peu de dire que je ne partage pas l'engouement général.

Je suis plutôt amatrice de B.D américaines indépendantes à tendance autobiographique, des auteurs tels que Joe Matt ou Chester Brown. le côté intimiste de « loin d'être parfait » ne me rebutait donc pas a priori. Mais ce registre intimiste demande un talent très particulier. A mon avis pour réussir ce genre de récit introspectif il faut soit faire preuve de beaucoup d'humour (comme Matt et Brown) ou bien parvenir à se détacher du simple récit de la petite vie d'un personnage pour emmener l'oeuvre vers quelque chose de plus universel (ce que sait très bien faire Daniel Clowes par exemple). Adrian Tomine n'y parvient jamais. Les problèmes de Ben, son personnage, restent ceux de son personnage. A aucun moment je ne me suis sentie concernée. Pourtant, les thèmes soulevés par ses questionnements identitaires et amoureux auraient pu être intéressants. Mais j'ai trouvé que l'auteur ne parvenait pas à les rendre intéressants. La faute, en premier lieu, à un scénario d'une grande platitude peuplé de personnages fades. C'est tellement mal raconté que ça finit par ne rien raconter du tout. Creux, vide, vain !
L'aspect visuel ne vient pas relever le niveau. le trait de Tomine n'est pas désagréable, les visages sont même particulièrement réussis, très expressifs. Mais le découpage et la mise en scène sont totalement ratés. Que c'est statique ! La plupart des scènes consistent à des discussions entre 2 ou 3 personnages, bien souvent autour d'une table ou dans la rue. du coup, j'ai trouvé l'ensemble très répétitif et manquant cruellement de rythme.

Bref, ce « loin d'être parfait » porte plutôt bien son titre même si ce serait là une litote. Cette découverte d'Adrian Tomine fut donc une grande déception et je ne comprends pas le concert de louanges dont il est l'objet. Ma médiathèque propose un autre titre de cet auteur mais je me suis tellement ennuyée que je n'ai pas envie de lui donner une seconde chance.
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"- Tu te souviens de ce type à la cité U… Elvin, un truc comme ça. […]
- Un type qui mettait tous ses problèmes sur le compte du racisme.
- Parfaitement ! Eh bien, tu en es le parfait opposé. Tu préfères ne rien voir."


Ben Tanaka, d'origine japonaise, nie l'existence de toute considération raciste vis-à-vis des gens de sa communauté -peut-être pour se donner le droit, à son tour, de tenir des propos de même nature. Les japonais sont pour lui des gens communs qui ne méritent pas la moindre attention. Victime de la mondialisation ? il rêve devant les images d'occidentaux, son canon de beauté n'étant autre que la femme blanche, aux yeux et aux cheveux clairs. Autant le dire tout de suite, mauvaise pioche puisqu'il partage sa vie avec la très japonaise Miko. Leur couple est sur la mauvaise pente, et on se demande ce qui a pu un jour les rapprocher. Certainement pas leurs opinions politiques, encore moins leurs goûts artistiques, ni leurs conceptions de la race ou de la culture. le caractère de Ben n'arrange pas les choses : éternel insatisfait, il déploie tout son cynisme à critiquer ce qui le rattache au Japon, mais voue au contraire une admiration illimitée –pour ainsi dire, ridicule et naïve- au monde occidental. Il est malheureux et met en cause l'étroitesse du milieu japonais dans lequel il évolue. Se sentant l'âme d'un occidental sans jamais sembler se souvenir qu'il est lui aussi japonais, il rejette sa petite amie et se lance dans la quête avide de son fantasme.

Loin d'être parfait répartit d'une manière juste les différentes étapes de la trajectoire de Ben de façon à la rendre crédible du point de vue du personnage. Toutefois, Adrian Tomine n'oublie pas de mettre en avant les failles de son raisonnement. Sans doute pour cette raison, il ne nous semble jamais sympathique, mais plutôt veule et prétentieux. Il cherche des coupables à son malheur et s'acharne à détruire le bonheur à chaque fois qu'il le voit apparaître chez les autres. le titre de l'ouvrage est totalement justifié : Ben Tanaka dénigre les failles de chacun, mais ne semble jamais se souvenir un instant que lui aussi est loin d'être parfait

Dans la forme longue, Adrian Tomine a réussi à fonder un ouvrage plus dense qu'à son habitude. Son ton est juste et au-delà de l'aspect dramatique réussi, Loin d'être parfait permet également au lecteur de prendre du recul sur sa propre manière d'agir et sur l'influence que peut avoir son comportement vis-à-vis des autres. A méditer à chaque fois que l'envie nous prendrait de faire l'apologie de son propre comportement…




Lien : http://colimasson.over-blog...
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Voilà me genre de lecture prise de tête. Parfaite lecture après une dispute avec sa compagne. On ne s'évade pas. On subit le quotidien et les petits problèmes existentialistes des autres après une séance de cinéma. Il est question du mal-être social d'un jeune asiatique vivant en Californie. Visiblement, le soleil et la mer ne règlent pas tous les soucis psychologiques.

A noter que cela a été écrit avant l'ère de Donald Trump où ces jeunes déracinés ne se retrouvait pas dans ce pays multiracial. Je pense que les choses ne vont pas s'arranger dans le bon sens pour eux. L'intégration demande un peu d'effort.

C'est vrai qu'il n'y a rien à faire et que je n'apprécie pas le style de récit d'Adrian Tomine car je m'ennuie fermement. Pour le dessin, cela passe encore. Mais bon, c'est loin d'être parfait !
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L'histoire de fond de ce one-shot de la collection Outsider des éditions Delcourt, est une histoire d'amour somme toute assez banale entre Ben Tanaka et Miko Hayashi. Si cette relation sentimentale est décrite avec beaucoup de justesse, l'intérêt de cette histoire se situe cependant ailleurs.

Tout comme l'auteur du récit, Adrian Tomine, les deux personnages centraux sont d'origine asiatique et vivent leur condition de manière diamétralement opposée. Alors qui Miko cherche à entretenir ses origines et à les mettre en valeur, Ben, lui, les rejette totalement. Croyant que son intégration dans la société américaine passe par le rejet de ses origines, il en arrive même à ne plus supporter les yeux bridés de sa copine et à se tourner vers les femmes à peau blanche. Mais, en reniant ses origines il éprouve finalement beaucoup plus de mal à se trouver et se retrouve finalement isolé d'une société qu'il cherche à intégrer à tout prix.

Le dessin réaliste et dépouillé se met entièrement au service de ce récit qui aborde des thèmes tels que la relation de couple et l'homosexualité, ainsi que le fait qu'il ne faut pas renier ses origines quand on est à la recherche d'une identité et d'une vie heureuse.

Un one-shot introspectif très intelligent !

Lire l'article complet : http://brusselsboy.wordpress.com/2011/04/28/adrian-tomine-loin-detre-parfait/
Lien : http://brusselsboy.wordpress..
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D'Adrian Tomine, j'avais lu il y a quelque temps "Les Intrus", un album de courts récits quelque peu existentiels en bande dessinée, que j'avais plutôt aimé. Ici, l'ambition semble moindre. On suit les pérégrinations d'un jeune homme nippo-américain, directeur de cinéma sur la côte Ouest des Etats-Unis, partagé entre son attachement (routinier ?) pour sa copine qui partage ses origines, son attraction pour les filles blanches, son goût de l'outrance partagé avec une amie étudiante attardée et lesbienne. C'est un marivaudage sans réelle passion, et donc sans grand intérêt, auquel se mêle une réflexion sur le melting-pot, sans doute plus intéressante pour un public américain que français. Pas nul, mais dispensable.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours senti mon père distant. Peut-être à cause de la barrière de la langue. Parfois, je lui donnais un coup de main dans sa vieille usine de biscuits. C'est là que, avec le temps, mon appréciation changea. Finalement, il ressemblait à ce à quoi il avait travaillé toute sa vie. Une coquille bien dure qui renfermait un haïku plein de sagesse.
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- Est-ce que l’expression « seconde guerre mondiale » signifie quelque chose pour toi ? Les gens de ta race ont violé les miens et pillé nos villages.
- Hum…
- Ma grand-mère refuse toujours de mettre les pieds dans un restaurant japonais. La seule chose qui plaide en ta faveur c’est que, à mon avis, ils préfèrent encore me voir sortir avec un garçon japonais qu’avec une fille coréenne.
- Je vois… Les violeurs d’enfants sont plus acceptables que les homos, c’est ça ?
- N’importe quoi est préférable aux homos.
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- Tu sais ce qui est pathétique, Ben ? S’accrocher à quelque chose parce qu’on est inapte au changement.
- Donc c’est ça mon principal crime ? Je laisse jamais tomber, hein ? Oh là là, quel monstre !
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- Tu te souviens de ce type à la cité U… Elvin, un truc comme ça. […]
- Un type qui mettait tous ses problèmes sur le compte du racisme.
- Parfaitement ! Eh bien, tu en es le parfait opposé. Tu préfères ne rien voir.
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Si je voulais, je pourrais être vraiment honnête avec toi. Mais je ne suis pas sûre que tu puisses t’en remettre.
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Videos de Adrian Tomine (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Adrian Tomine
Au sommaire de cette première partie d'émission, deux films à voir en salles :
- "Les Eternels" de Chloé Zhao Dans l'économie narrative des comics Marvel, "Les Eternels" ce sont des super-héros d'avant les Avengers, avant Spiderman, Ironman, Captain America et compagnie. Plus archaïques, ils datent d'avant la création de notre univers, et obéissent à un Dieu cruel et juste, comme il se doit. Il y a Thena, déesse De La guerre, Ikaris, qui vole et qui est très fort, Phastos, grand inventeur, et puis Sersi, l'héroïne, dont on ne sait pas très bien quels sont ses pouvoirs mais elle est au coeur de ce qui se passe.
- "Les Olympiades" de Jacques Audiard Avec Céline Sciamma et Léa Mysius au scénario, ce film est l'adaptation de trois nouvelles graphiques de l'auteur américain Adrian Tomine : "Amber Sweet", "Killing and dying" et "Hawaiian getaway". L'histoire est celle de trois filles et un garçon, quatre amis, parfois amants, souvent les deux, dans le quartier des Olympiades du treizième arrondissement de Paris. Un chassé-croisé cinématographique qui rassemble au casting Lucie Zhang, Makita Samba, Noémie Merlant et Jehnny Beth. le film fut présenté en compétition au Festival de Cannes 2021.
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