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ISBN : 2709661799
Éditeur : J.-C. Lattès (21/08/2019)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Comédien de seconde zone, Pax Monnier a renoncé à ses rêves de gloire, quand son agent l’appelle : un grand réalisateur américain souhaite le rencontrer sans délai. Passé chez lui pour enfiler une veste, des bruits de lutte venus de l’étage supérieur attirent son attention – mais il se persuade que ce n’est rien d’important. À son retour, il apprend qu’un étudiant, Alexis Winckler, a été sauvagement agressé.
Un an plus tard, le comédien fait la connaissance d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
migdal
  05 octobre 2019
Toujours aussi économe en personnages et en mots, Valérie Tong Cuong publie un bel ouvrage marquant cette rentrée littéraire. Menacés dans leurs conforts, les acteurs y sont minés par leurs lâchetés et leurs mensonges, avant que l'explosion finale ne les révèle à eux mêmes.
Pax Monnier, intermittent du spectacle, alterne les cachets en séries B avec des jeux de rôles en entreprises commercialisés par un cabinet de coaching. Sa vie de couple est morte depuis longtemps sous les coups assénés à sa compagne et à leur fille Cassandre. Une vie banale, hélas, jusqu'au jour où Alexis, son voisin du dessus, est agressé à domicile. Pax pratique la politique de l'autruche et livre un faux témoignage aux enquêteurs sur cette concommitance, en « oubliant » notamment de révéler qu'il a vu l'agresseur.
Emi Shimizu, RRH d'une société de transport, est née de l'union d'un japonais et d'une européenne ; métissée et bi-culturelle, elle projette une image rassurante, élégante et hiératique qui lui a permis de s'imposer et réussir dans un secteur plutôt « viril ». Brièvement mariée, elle élève seule son fils au parfait profil de « premier de classe », destiné aux grandes écoles et, si tout va bien, à Sup Aéro. Une vie paisible jusqu'à ce que sa société soit acquise par Demeson, un leader du secteur qui décide d'améliorer les résultats en éliminants les maillons faibles … contexte de harcèlement … Christian P en meurt … accidentellement … conclut l'enquête, durant laquelle Emi cache un courriel que Christian P lui a adressé en évoquant ses projets suicidaires. Ami, elle aussi, pratique la politique de l'autruche, en cachant la causalité, et son « oubli » la ronge en arrangeant son employeur.
Pax et Emi mènent deux vies parallèles, qui, par définition, ne doivent jamais se rencontrer. La romancière contourne l'axiome et imagine une coïncidence qui va réunir Pax, Alexis et Emi. La tragédie débute, fondée sur ce trépied concomitance, causalité, coïncidence, qui est riche de non dits et d'intrigues et s'achève, comme dans l'évangile de Saint Jean (8;31-47), par la démonstration que « la vérité vous rendra libres ». Roman superbe, écrit dans une langue épurée et émouvante.
Mais si la romancière connait les codes de la vie en entreprise, si elle en maitrise parfaitement les tics de langage, elle méprise le contexte politique, légal et réglementaire qui encadre l'achat d'une prestation de formation du personnel, ignore les arcanes administratifs d'un accident du travail (ou à fortiori d'un suicide sur le lieu de travail) et oublie le rôle de l'inspecteur du travail, du médecin du travail, des institutions représentatives du personnel (IRP) et des partenaires sociaux.
Là se situe la limite de ce roman. Car dans la « vraie vie », en 2019, ce qui est décrit en termes de processus d'achat d'une prestation ou de l'accompagnement de la mort d'un salarié est totalement farfelu (virtuel ou romanesque). Ce livre n'est pas solidement ancré dans la réalité, sans doute par manque d'enquête sur ces contingences.
Un beau roman donc, mais un cran sous « Ferdinand et les iconoclastes » ou l'immortel chef d'oeuvre « par amour ».
PS : ma critique de "par amour"
Lien : https://www.babelio.com/livr..
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Kittiwake
  06 septembre 2019
C'est à travers trois personnages forts que Valérie Tuong Cuong nous offre un roman qui gravite autour du thème du remords, de la culpabilité, celle qui ronge les jours et les nuits, quand l'irréparable poursuit sa lente érosion du mental.
Les si rétrospectifs sont les plus cruels : si Pax avait prêté attention à l'inquiétant remue-ménage provenant de l'appartement du dessus, si Emi n'avait pas isolé son fils dans un cocon faussement sécurisant. Si Alexis ne s'était pas trouvé là, au mauvais endroit….A l'oubli inconcevable, s'ajoutent les frasques du destin qui crée l'opportunité d'une rencontre qui va verser du sel sur la plaie.

Aucune difficulté pour adhérer rapidement aux tourments de ces personnages, atteints dans leur corps ou dans leur coeur, et dont on suit l'inexorable dérive avec empathie.
L'auteur évite avec adresse l'écueil de l'écriture moralisatrice, pour analyser avec finesse et sans jugement les tourments des acteurs du drame. le fait divers qui s'étale jour après jour sur les unes de nos quotidiens a des conséquences intimes bien au delà d'un article voué à l'oubli à peine lu, et c'est cette trace durable et délétère qui est ici disséquée et soumise à notre réflexion.
Dans la lignée des romans intimistes qui sont la marque de fabrique de Valérie Tuong Cuong, Les Guerres intérieures ne démérite pas.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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alexb27
  19 septembre 2019
Un roman sur la culpabilité : celle de Pax, trop pressé, qui n'a pas réagi quand il a entendu des bruits suspects dans l'appartement de son voisin ; celle d'Emi et d'Alexis qui ont aussi leurs propres regrets. Mais, qui n'a jamais fait preuve de lâcheté ? Et surtout comment vivre avec ? Le roman questionne avec brio ces interrogations. Comme dans « par amour », l'écriture assez clinique, factuelle de l'auteure ne m'a pas permis d'avoir une grande empathie pour les personnages. Néanmoins, j'ai trouvé que ce roman était pensé intelligemment et mené efficacement. A lire sans regrets.
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Valmyvoyou_lit
  24 août 2019
Pax Monnier est un acteur qui n'a jamais percé. Pour gagner sa vie, il fait des interventions en entreprise à la demande des services de DRH. Mais un jour, son agent l'appelle : il a rendez-vous avec un grand réalisateur pour un rôle qui pourrait donner une impulsion à sa carrière. Pax minute son trajet, il a à peine le temps de passer chez lui pour mettre se changer. Alors qu'il est dans son appartement, il entend des bruits à l'étage supérieur. Est-ce un déménagement ? Une bagarre ? Pax tranche, influencé par son timing : quelqu'un bouge des meubles. Quelques jours plus tard, il est convoqué par la Police et apprend que son voisin a été agressé sauvagement. Il mesure les conséquences de son choix : il a privilégié son entretien au détriment de son intuition qui lui soufflait qu'une personne était en danger.

Depuis ce jour, Pax jongle avec sa culpabilité. Est-ce la lâcheté, l'individualité de notre époque, la pression de décrocher un rôle qui l'a rendu coupable de cette non-assistance à personne à danger ? Alors qu'il se débat avec sa conscience, il rencontre une femme, Emi. Cette femme lutte, elle aussi, avec ses guerres intérieures. Responsable des ressources humaines, elle aussi n'a pas été là pour un salarié. Elle vit avec son fils qui a vu ses rêves s'effondrer, à la suite d'un drame.

Ces personnages forment une relation triangulaire, avec au centre, la question : « Et si… ». A travers eux, Valérie Tong Cuong décrypte nos lâchetés ordinaires, celles dont on ne mesure pas les conséquences puisqu'on ne les apprend pas. Elle décrit la spirale du mensonge lorsque l'on est torturé par les remords. C'est un roman qui fait réfléchir sur la pression du temps, sur l'individualité de notre époque, sur le déni qui consiste à étouffer notre intuition pour coller à notre désir, mais aussi sur le dépassement de soi pour tenter de réparer en partie.

Conclusion

J'ai eu un gros coup de coeur pour ce roman intimiste qui parle de chacun d'entre nous : de nos choix ou encore des répercussions de ceux des autres. Il parle d'humains, les personnages sont comme nous. Avec une très grande sensibilité, Valérie Tong Cuong analyse ces attitudes qui semblent anodines et qui peuvent être déterminantes. Elle dépeint admirablement le remords qui peut en découler. C'est un livre qui continue à vivre en nous longtemps après la lecture.

Lien : https://valmyvoyoulit.com/
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montmartin
  17 septembre 2019
« La lâcheté était peut-être le caractère le mieux partagé dans ce monde. »
Pax, acteur raté aura toujours sur la conscience sa lâcheté de ce 23 septembre. Un bruit de meubles, des corps qui chutent, une lutte sauvage dans l'appartement au-dessus de lui. Dans l'escalier, il aperçoit le dos d'un homme qui dévale les marches. Un gamin de dix-neuf ans, littéralement massacré, laissé pour mort. Si Alexis avait été pris en charge rapidement, son oeil aurait pu être soigné, il ne serait pas devenu ce garçon sauvage, sans joie et sans désir. Mais Pax n'a alerté personne et maintenant il a peur d'être accusé de non-assistance à personne en danger. Tourmenté par ses remords, Pax a la sensation lorsqu'il rencontre Emi d'une renaissance.
« L'une ignore ce qu'est l'amour, l'autre en a expérimenté la pire version. »
Dans ce roman, Valérie Tong Cuong explore les dégâts intérieurs que peut provoquer la culpabilité d'avoir briser la vie d'un jeune homme qui rêvait d'être pilote. Ce qui fait la force de ce récit c'est sans aucun doute le personnage de Pax un homme ordinaire qui pourrait être vous, qui pourrait être moi. La construction est originale, l'écriture fluide, l'intensité dramatique se maintient jusqu'à la fin. L'auteur explore à travers les personnages de Pax, d'Alexis et d'Emi, l'humanité dans sa faiblesse, mais aussi dans sa force. Valérie Tong Cuong nous parle aussi des employés qui donnent tout à leur entreprise, sans aucune reconnaissance, sans que personne détecte leur détresse qui peut conduire à un geste fatal. Ce roman est donc très actuel, il m'a touché même si je n'ai pas ressenti un vrai coup de coeur.
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
migdalmigdal   24 septembre 2019
Emi est âgée de quarante-quatre ans. Il y a longtemps qu'elle a analysé la logique inexorable qui a pesé sur sa famille et engendré ce sentiment épuisant d'un monde disharmonique. Le mécanisme s'est enclenché très en amont de sa naissance, lors de la fracture brutale survenue entre son père et ses propres parents, après qu’Izuru a choisi de quitter les bureaux de Honda à Hamamatsu pour rejoindre l’usine de Belgique, puis d'épouser Sonia. Le brillant ingénieur destiné aux plus hautes responsabilités était tombé amoureux de la fille d'un concessionnaire de deux-roues français en visite commerciale à Alost. Tombé, était le mot qui convenait selon Issey et Akiko Shimizu, l'un fonctionnaire à l’hôpitâl public, l'autre fonctionnaire à la bibliothèque municipale de Toyooka. Ils refusèrent d'assister aux noces et même de recevoir leur belle-fille. Ils écrivirent à Izuru, « tu es le poignard qui déchire le rêve », faisant allusion à une devise de Soichiro Honda — « évoquer le rêve » — qu’Izuru avait peinte sur le mur de sa chambre lorsqu'il était encore un étudiant studieux aux résultats remarquables. Ce qui avait fasciné leur fils chez Sonia leur était inaccessible.
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migdalmigdal   25 septembre 2019
Quelque chose s'était brisé, mais plutôt que se confronter à la fin de leur histoire, tous deux se sont laissé porter par les événements et ont organisé leur mariage, juste après la nalssance d'Alexis. Lors de la cérémonie, Emi a fait lire ce court extrait de Noces, d'Albert Camus : « On a vu des mariages se conclure ainsi, et des vies entières s’engager sur un échange de bonbons à la menthe. » L'assistance a trouve cela adorable, une vie entière !
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migdalmigdal   23 septembre 2019
Elle a d'ailleurs été surprise de découvrir qu'il s'agissait d'une femme au hasard d'un accord de participe passé : les premiers courriers étaient signés E. Shimizu et elle était convaincue d'avoir affaire à un homme. Cela l’a agacée, cette emprise d'une culture sexiste qui l'a menée à un tel raccourci - domaine du déménagement, donc homme - elle, une femme libre, indépendante, entrepreneuse, portant haut des valeurs progressistes.
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migdalmigdal   18 septembre 2019
Incipit :
« Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y. »
Victor HUGO, Les Contemplations, préface.
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ValdeMontparnasseValdeMontparnasse   15 juillet 2019
Douze ans plus tard, Pax est une terre calcinée, épuisée, nourrie seulement de quelques pluies d'été, avec en son noyau, profondément enfouie, cette boue visqueuse déposée par les événements des derniers mois. Pourtant, voici qu'une eau souterraine sourd et l'irrigue. Voici que malgré sa croute encore sèche, la vie pourrait s'y déployer à nouveau,
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Rencontre avec Vale?rie Tong Cuong à la librairie la Galerne, pour la parution de "Les guerres intérieures".
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