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ISBN : 2709656043
Éditeur : J.-C. Lattès (25/01/2017)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.13/5 (sur 471 notes)
Résumé :
"Tout comme mes grands-parents, ma mère parlait peu de la guerre. Ou bien seulement avec d’autres Havrais. Je devinais pourtant qu’ils avaient vécu l’enfer. Un jour, j’ai saisi les raisons de ce silence. La ville n’avait pas seulement été occupée par les Allemands. Nos propres alliés, les Anglais, l’avaient bombardée sans relâche, puis détruite, assassinant nombre de ses habitants. Ce n’était pas une chose à dire.
Alors, j’ai voulu comprendre. Il a fallu ret... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (171) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  15 mai 2017
10 juin 1940, aux aurores. Dès qu'Émélie a poussé la porte de la chambre de sa fille, Lucie, cette dernière se doutait bien que cette journée ne serait pas comme les autres. Habillée comme pour un dimanche, une grande valise à la main, elle a déclaré qu'ils devaient partir. Tout de suite. Jean, à peine plus âgé que Lucie, s'est aussitôt levé, à aider sa soeur à se préparer et tous les trois ont attendu patiemment tante Muguette, la soeur cadette d'Émélie. Celle-ci est arrivée peu après, parlant d'une drôle de voix, tenant d'une main un gros sac de toile et de l'autre Marline, toute décoiffée. Pas le temps de faire la vaisselle, les Boches la feront. Il est temps de partir. Joseph, l'aîné de Muguette, était resté dehors, près de son vélo. Tous les six prennent la route, les enfants devant. Il ne faut pas trop tarder car il n'y a pas moins de cinq kilomètres pour rejoindre le bac, d'autant qu'ils ne sont pas les seuls sur la route, ce matin-là, une valise à la main...
Valérie Tong Cuong nous offre un roman choral particulièrement poignant et incroyable de vérité sur la deuxième guerre mondiale. Au travers des portraits de ces deux familles havraises, elle décrit habilement le quotidien d'une population qui subit les attaques, les rationnements, l'occupation nazie mais aussi les bombardements allemands et anglais, détruisant la ville et tuant ses occupants. Une guerre vue et vécue des yeux d'un adulte mais aussi d'un enfant, l'auteur donnant la parole aussi bien à Muguette, Émélie et Joffre qu'à Jean, Lucie, Joseph ou Marline, les enfants. Des parcours extraordinaires de deux familles ordinaires subissant âprement la guerre. Fort documentée et renseignée, pour preuve la liste des ouvrages étudiés et des témoignages individuels recueillis, Valérie Tong Cuong se place au plus près de la vérité, soulignant que ce roman s'inspire de personnes, d'événements et de faits bien réels. du Havre à l'Algérie, elle retrace avec une maîtrise et une précision remarquable, avec une certaine compassion, le parcours de chacun, de 1940 à 1945. Un récit dense, passionnant, profondément humain, habité par des personnages inoubliables et servi par une écriture qui se veut tantôt grave tantôt innocente.
Remarquable...
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palamede
  26 juillet 2017
10 juin 1940 : l'évacuation a été ordonnée.
Tous se jettent sur les routes avec ce qu'ils ont pu emporter d'utile ou de dérisoire.
Le Havre est devenue une ville qu'il faut fuir. Déjà la mort est venue du ciel. Dans les rues les Allemands ne vont plus tarder. On les dit féroces.
Dans ce chaos, une famille se joint à la foule désordonnée. Chacun à sa manière raconte ce qu'il vit : leur détresse pour les mères, qui privées de leurs maris sont seules pour rassurer leurs enfants, et leur mentir - une nécessité pour ne pas ajouter leur peur à leur propre angoisse. Leur perplexité pour les enfants qui, malgré ce qu'on leur cache, n'ignorent rien de la gravité de la situation.
Puis il y a le retour avec la peur, la honte et les incertitudes qu'engendrent l'Occupation, le froid, le rationnement, les réquisitions, la maladie et les enfants envoyés en Algérie. Et il y a aussi, peut-être le plus incompréhensible, les bombardements alliés qui tuent des civils et détruisent presque totalement la ville... Une période qui tous les marquera à jamais.
L'histoire d'une famille havraise dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale qui s'inspire beaucoup de celle de la famille maternelle de Valérie Tong Cuong. Même si son côté naïf m'a parfois gênée, m'empêchant de m'immerger complètement, j'ai trouvé ce récit historiquement très documenté et volontiers émouvant.
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Annette55
  20 janvier 2018
Tout a été dit déjà mais j'ajouterai un commentaire malgré tout : Comment qualifier ce récit fort, magnifiquement écrit, peut- être un peu naïf parfois,pétri de grâce et d'amour ?
Un récit choral parfaitement maîtrisé qui reconstitue la vie quotidienne au Havre pendant la 2éme guerre mondiale, les combats journaliers au détriment de la population, les bombardements , les arrestations, les interdictions multiples, les déchirements, les privations, les sinistrés, les victimes, les destructions, la prostration dans les abris, les enfants évacués vers l'Algérie, la Suisse, le Centre, le Sud et autres sites, le martyre de cette cité, sur fond de long travail de documentation historique ........

Nous vivons de façon saisissante le quotidien de deux familles entre 1940 et 1945 .

Émélie et Joffre, concierges d'école durs au mal , lui, droit , honnête, loyal, intègre, fidèle à ses convictions politiques, obligé d'afficher un double jeu.......
Elle, énergique,inventive, forte, droite, indestructible, protégeant les siens , surtout sa soeur cadette ....
Muguette, la petite soeur, d'une nature légère , joyeuse, insouciante, chantant tout le temps, bientôt confrontée doublement à la maladie et à la douleur ........
Cette famille écartelée, meurtrie , disloquée où chacun s'efforcera de survivre à sa façon, combattive, en proie à la résignation ou à l'amertume mais oú l'amour et une solidarité sans faille, le courage , la bravoure , une profonde humanité affleurent !
Une fresque familiale historique touchante et marquante! Chacun protégera l'autre malgré les non- dits, les mensonges, les regards de plomb, les privations, les douleurs, les alertes , le chagrin incommensurable, le désarroi........
Un bel hymne à l'amour et au courage dans l'adversité .Chacun tient debout, donne le meilleur de lui même , se surpasse face à la Grande et à la petite histoire , guidé par une force qui donne du sens à la vie .
J'avais lu de cet auteur " L'atelier -des-miracles " il y a quelque temps déjà.
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diablotin0
  16 décembre 2017
L'histoire se passe au Havre durant la seconde guerre mondiale. Nous suivons la vie d'une famille dans son quotidien durant l'occupation jusqu'à la libération.
Par amour, chacun va prendre des décisions qui vont parfois être douloureuses.
Valérie Tong Cuong, a choisi d'écrire un roman choral ce qui nous permet de vivre intensément ce que chaque personnage ressent et perçoit durant ces moments de guerre.
Ce livre est écrit avec une grande délicatesse qui nous bouleverse.
Je dirais que tout en étant un roman historique sur la seconde guerre mondiale vécue par toute une famille, c'est un roman où l'amour y est omniprésent. L'amour filiale, l'amour amoureux, l'amour d'autrui, l'amour de la liberté, de la vie mais on ne tombe jamais dans la niaiserie. Valérie Tong Cuong nous décrit au contraire avec beaucoup de finesse la complexité de l'amour et des relations humaines. C'est un livre que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire. Je remercie Marina car c'est grâce à sa critique que j'ai noté ce livre dans mon pense bête !
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Pancrace
  16 février 2019
Parfois en littérature, exhiber sa sensibilité débordante, ouvrir son coeur, exprimer ses sentiments premiers, ceux qui montent aux yeux est souvent périlleux voire imprudent par crainte de tomber dans la grandiloquence et la dramatisation exagérées.
Dans ce roman, je serais le premier à vénérer « Pathos », le quatrième mousquetaire, celui qui, à la fin de l'envoi, touche le coeur.
Vous m'avez touché Valérie, par les voix déchirantes de franchise et de sincérité d'Émélie, Joffre, Muguette, Lucie, Jean, Marline, Joseph et les autres. On dirait le titre à rallonge d'un film de Sautet, dont Piccoli disait de lui qu'il était un médecin de l'âme.
Dans mon cas, c'est vous qui avez soigné par vos mots la peine que vous avez générée par votre histoire.
Votre livre débute comme un « route-film » sur les chemins de l'exode avec un vélo où une carriole y est accrochée, juin 40, et se poursuit dans les entrailles de l'occupation, dans les décombres de vies broyées tant par les bombes que par la maladie et les accidents.
Du contenu, des péripéties, je n'en dirai pas plus. Je me tairai, je ne voudrai pas être malhabile en dévoilant des rebondissements inattendus ou par une emphase déplacée attirer trop fort votre pitié ou votre profonde compassion.
Par contre, ce roman est en phase avec une intimité bien placée dans cette époque tourmentée où toutes les émotions étaient exacerbées.
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   19 juin 2017
Valérie Tong Cuong s’est inspirée en partie de récits et d’histoires qui lui ont été racontées, puis d’un travail de documentation minutieux, pour reconstruire cette période sous forme romanesque.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeFigaro   09 février 2017
Le nouveau roman de l'écrivain français raconte le destin de deux familles prises sous les bombardements du Havre en guerre.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (103) Voir plus Ajouter une citation
armand7000armand7000   02 octobre 2019
C’était arrivé le jour d’après la mobilisation, d’un seul coup : elle n’avait plus répondu à sa mère et à sa maîtresse d’école autrement que par oui ou par non. Et pour les autres, c’est-à-dire le reste du monde, elle ne les avait même plus regardés, ou alors en se cachant derrière ses cheveux et toujours en silence, comme si elle était enfermée à l’intérieur d’elle-même – si bien que beaucoup pensaient qu’elle était folle. La vérité, selon Joseph, c’est que Marline avait peur de vivre, et ça, personne ne pouvait le comprendre parce que tout le monde autour de nous avait peur de mourir, alors elle préférait se taire.
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armand7000armand7000   02 octobre 2019
Maman a verrouillé avec soin les portes et les fenêtres. Jean et Joseph ont grimpé sur les bicyclettes qui disparaissaient presque sous leurs chargements et Marline s’est blottie dans la carriole avec le baigneur aux yeux bleus que tante Muguette et oncle Louis lui avaient offert pour ses sept ans. Puis maman a recommandé aux garçons de pédaler doucement pour ne pas prendre trop d’avance et nous nous sommes mis en route.

C’est seulement à ce moment-là que j’ai compris la signification exacte du mot « évacuation ». La rue Demidoff était remplie de gens qui marchaient ou roulaient dans la même direction. On aurait dit que la ville se vidait d’un seul coup, comme l’eau emporte chaque miette dans l’évier, et des miettes il y en avait des centaines, des milliers, jusqu’à l’horizon et même plus loin encore, et le pire, c’est qu’il n’y avait pas que nous autres, les Havrais, ou bien les réfugiés du Nord, il y avait aussi des Anglais !
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armand7000armand7000   02 octobre 2019
Je ne lui en voulais pas. Moi aussi, je trouvais papa exceptionnel, même s’il était dur avec nous, plus dur encore que monsieur Vevey. S’il trouvait notre chambre en désordre ou bien que nous nous levions en retard, il nous faisait recopier cinquante fois « La discipline peut remplacer bien des qualités, aucune ne remplace la discipline1 ». Il affirmait que c’était pour notre bien, que « la bonne éducation ouvrait la porte et que l’instruction éclairait la route ». Papa avait commencé à travailler à l’âge de treize ans juste après le certificat d’études, il avait embauché à la Transat sur l’Île-de-France à peler les patates, il avait fait son chemin dans la brigade et fini chef dans les cuisines du Normandie, ça c’était sa gloire, « Croyez-vous qu’on devient chef seulement parce qu’on sait lier une sauce, les enfants ? »
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marina53marina53   15 mai 2017
Le temps et l'absence n'ont rien à voir avec l'amour, Muguette, ce qui compte, c'est ce qui le fonde. Parfois il se fonde sur une erreur d'appréciation, on croit aimer une personne, mais on aime un rêve, un désir, un idéal, quelque chose que l'on porte en soi depuis toujours et on affuble l'autre qui, souvent, s'y prête volontiers. C'est si flatteur ! Seulement à la première occasion, au premier effort, lorsque les masques tombent, l'autre apparaît tel qu'en lui-même, et rarement celui que l'on croyait aimer, l'amour devient alors sans objet, l'amour devient désillusion.
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marina53marina53   15 mai 2017
J'ignorais qu'il faut traverser ce genre d'événements tragiques – la perte de ce que l'on a de plus précieux au monde -, pour mesurer ce que le corps et l'âme ressentent, ce trou indescriptible au milieu de soi-même.
J'ignorais que lorsque cela arrive, il ne reste plus qu'à constater combien les efforts pour s'y préparer ont été inutiles.
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Vidéo de Valérie Tong Cuong
Rencontre avec Vale?rie Tong Cuong à la librairie la Galerne, pour la parution de "Les guerres intérieures".
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