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EAN : 9782709656047
416 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (25/01/2017)
  Existe en édition audio
4.16/5   681 notes
Résumé :
"Tout comme mes grands-parents, ma mère parlait peu de la guerre. Ou bien seulement avec d’autres Havrais. Je devinais pourtant qu’ils avaient vécu l’enfer. Un jour, j’ai saisi les raisons de ce silence. La ville n’avait pas seulement été occupée par les Allemands. Nos propres alliés, les Anglais, l’avaient bombardée sans relâche, puis détruite, assassinant nombre de ses habitants. Ce n’était pas une chose à dire.
Alors, j’ai voulu comprendre. Il a fallu ret... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (221) Voir plus Ajouter une critique
4,16

sur 681 notes

marina53
  15 mai 2017
10 juin 1940, aux aurores. Dès qu'Émélie a poussé la porte de la chambre de sa fille, Lucie, cette dernière se doutait bien que cette journée ne serait pas comme les autres. Habillée comme pour un dimanche, une grande valise à la main, elle a déclaré qu'ils devaient partir. Tout de suite. Jean, à peine plus âgé que Lucie, s'est aussitôt levé, à aider sa soeur à se préparer et tous les trois ont attendu patiemment tante Muguette, la soeur cadette d'Émélie. Celle-ci est arrivée peu après, parlant d'une drôle de voix, tenant d'une main un gros sac de toile et de l'autre Marline, toute décoiffée. Pas le temps de faire la vaisselle, les Boches la feront. Il est temps de partir. Joseph, l'aîné de Muguette, était resté dehors, près de son vélo. Tous les six prennent la route, les enfants devant. Il ne faut pas trop tarder car il n'y a pas moins de cinq kilomètres pour rejoindre le bac, d'autant qu'ils ne sont pas les seuls sur la route, ce matin-là, une valise à la main...
Valérie Tong Cuong nous offre un roman choral particulièrement poignant et incroyable de vérité sur la deuxième guerre mondiale. Au travers des portraits de ces deux familles havraises, elle décrit habilement le quotidien d'une population qui subit les attaques, les rationnements, l'occupation nazie mais aussi les bombardements allemands et anglais, détruisant la ville et tuant ses occupants. Une guerre vue et vécue des yeux d'un adulte mais aussi d'un enfant, l'auteur donnant la parole aussi bien à Muguette, Émélie et Joffre qu'à Jean, Lucie, Joseph ou Marline, les enfants. Des parcours extraordinaires de deux familles ordinaires subissant âprement la guerre. Fort documentée et renseignée, pour preuve la liste des ouvrages étudiés et des témoignages individuels recueillis, Valérie Tong Cuong se place au plus près de la vérité, soulignant que ce roman s'inspire de personnes, d'événements et de faits bien réels. du Havre à l'Algérie, elle retrace avec une maîtrise et une précision remarquable, avec une certaine compassion, le parcours de chacun, de 1940 à 1945. Un récit dense, passionnant, profondément humain, habité par des personnages inoubliables et servi par une écriture qui se veut tantôt grave tantôt innocente.
Remarquable...
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Annette55
  20 janvier 2018
Tout a été dit déjà mais j'ajouterai un commentaire malgré tout : Comment qualifier ce récit fort, magnifiquement écrit, peut- être un peu naïf parfois,pétri de grâce et d'amour ?
Un récit choral parfaitement maîtrisé qui reconstitue la vie quotidienne au Havre pendant la 2éme guerre mondiale, les combats journaliers au détriment de la population, les bombardements , les arrestations, les interdictions multiples, les déchirements, les privations, les sinistrés, les victimes, les destructions, la prostration dans les abris, les enfants évacués vers l'Algérie, la Suisse, le Centre, le Sud et autres sites, le martyre de cette cité, sur fond de long travail de documentation historique ........

Nous vivons de façon saisissante le quotidien de deux familles entre 1940 et 1945 .

Émélie et Joffre, concierges d'école durs au mal , lui, droit , honnête, loyal, intègre, fidèle à ses convictions politiques, obligé d'afficher un double jeu.......
Elle, énergique,inventive, forte, droite, indestructible, protégeant les siens , surtout sa soeur cadette ....
Muguette, la petite soeur, d'une nature légère , joyeuse, insouciante, chantant tout le temps, bientôt confrontée doublement à la maladie et à la douleur ........
Cette famille écartelée, meurtrie , disloquée où chacun s'efforcera de survivre à sa façon, combattive, en proie à la résignation ou à l'amertume mais oú l'amour et une solidarité sans faille, le courage , la bravoure , une profonde humanité affleurent !
Une fresque familiale historique touchante et marquante! Chacun protégera l'autre malgré les non- dits, les mensonges, les regards de plomb, les privations, les douleurs, les alertes , le chagrin incommensurable, le désarroi........
Un bel hymne à l'amour et au courage dans l'adversité .Chacun tient debout, donne le meilleur de lui même , se surpasse face à la Grande et à la petite histoire , guidé par une force qui donne du sens à la vie .
J'avais lu de cet auteur " L'atelier -des-miracles " il y a quelque temps déjà.
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palamede
  26 juillet 2017
10 juin 1940 : l'évacuation a été ordonnée.
Tous se jettent sur les routes avec ce qu'ils ont pu emporter d'utile ou de dérisoire.
Le Havre est devenue une ville qu'il faut fuir. Déjà la mort est venue du ciel. Dans les rues les Allemands ne vont plus tarder. On les dit féroces.
Dans ce chaos, une famille se joint à la foule désordonnée. Chacun à sa manière raconte ce qu'il vit : leur détresse pour les mères, qui privées de leurs maris sont seules pour rassurer leurs enfants, et leur mentir - une nécessité pour ne pas ajouter leur peur à leur propre angoisse. Leur perplexité pour les enfants qui, malgré ce qu'on leur cache, n'ignorent rien de la gravité de la situation.
Puis il y a le retour avec la peur, la honte et les incertitudes qu'engendrent l'Occupation, le froid, le rationnement, les réquisitions, la maladie et les enfants envoyés en Algérie. Et il y a aussi, peut-être le plus incompréhensible, les bombardements alliés qui tuent des civils et détruisent presque totalement la ville... Une période qui tous les marquera à jamais.
L'histoire d'une famille havraise dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale qui s'inspire beaucoup de celle de la famille maternelle de Valérie Tong Cuong. Même si son côté naïf m'a parfois gênée, m'empêchant de m'immerger complètement, j'ai trouvé ce récit historiquement très documenté et volontiers émouvant.
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diablotin0
  16 décembre 2017
L'histoire se passe au Havre durant la seconde guerre mondiale. Nous suivons la vie d'une famille dans son quotidien durant l'occupation jusqu'à la libération.
Par amour, chacun va prendre des décisions qui vont parfois être douloureuses.
Valérie Tong Cuong, a choisi d'écrire un roman choral ce qui nous permet de vivre intensément ce que chaque personnage ressent et perçoit durant ces moments de guerre.
Ce livre est écrit avec une grande délicatesse qui nous bouleverse.
Je dirais que tout en étant un roman historique sur la seconde guerre mondiale vécue par toute une famille, c'est un roman où l'amour y est omniprésent. L'amour filiale, l'amour amoureux, l'amour d'autrui, l'amour de la liberté, de la vie mais on ne tombe jamais dans la niaiserie. Valérie Tong Cuong nous décrit au contraire avec beaucoup de finesse la complexité de l'amour et des relations humaines. C'est un livre que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire. Je remercie Marina car c'est grâce à sa critique que j'ai noté ce livre dans mon pense bête !
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BurjBabil
  07 septembre 2021
Très commenté, beaucoup d'amis l'ayant lu, je vais faire court. Merci.
Merci Mme Tong Cuong d'avoir donné la parole à ces victimes tellement oubliées dans l'écriture (réécriture parfois devrais-je dire ?) de l'histoire de la seconde guerre mondiale.
Je suis Normand. Une partie de ma famille a vécu ce que vous décrivez, sanatorium compris, et j'ai eu l'impression dans ce roman de retrouver une part des histoires familiales de mon enfance. Histoires cachées ou déformées car en plus, pardon, mais la tuberculose était une maladie honteuse...
Inexprimable également ce double ressentiment envers les « boches », l'occupant honni, et les « salopards d'anglais » venus raser notre bonne ville du Havre sans raison stratégique, semant la mort dans les rangs de nos familles.
Votre roman, Mme Tong Cuong, rend justice à ces français sans destin particulier, ni héros ni collabos, qui ont traversé dans la souffrance ces années terribles. Et qui ont tout perdu.
Bravo et encore merci.
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   19 juin 2017
Valérie Tong Cuong s’est inspirée en partie de récits et d’histoires qui lui ont été racontées, puis d’un travail de documentation minutieux, pour reconstruire cette période sous forme romanesque.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeFigaro   09 février 2017
Le nouveau roman de l'écrivain français raconte le destin de deux familles prises sous les bombardements du Havre en guerre.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (124) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   15 mai 2017
Le temps et l'absence n'ont rien à voir avec l'amour, Muguette, ce qui compte, c'est ce qui le fonde. Parfois il se fonde sur une erreur d'appréciation, on croit aimer une personne, mais on aime un rêve, un désir, un idéal, quelque chose que l'on porte en soi depuis toujours et on affuble l'autre qui, souvent, s'y prête volontiers. C'est si flatteur ! Seulement à la première occasion, au premier effort, lorsque les masques tombent, l'autre apparaît tel qu'en lui-même, et rarement celui que l'on croyait aimer, l'amour devient alors sans objet, l'amour devient désillusion.
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marina53marina53   15 mai 2017
J'ignorais qu'il faut traverser ce genre d'événements tragiques – la perte de ce que l'on a de plus précieux au monde -, pour mesurer ce que le corps et l'âme ressentent, ce trou indescriptible au milieu de soi-même.
J'ignorais que lorsque cela arrive, il ne reste plus qu'à constater combien les efforts pour s'y préparer ont été inutiles.
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prune42prune42   20 août 2017
Nous avons quitté l'Algérie au mois d'août. J'ai cru que je ne survivrais pas à la déchirure, quitter Pa et Ma, Djaouida, Youssef, Yasmine, Balek, ma chambre, les eucalyptus, les ifs, les oliviers, les champs d'orangers et de citronniers, ceux d'absinthe et d'héliotropes, les nèfles et les bougainvillées, les cigognes perchées en haut des minarets, le bleu si particulier du ciel et celui si particulier de la mer, la terre sèche, brûlée, jaune et ocre, les colliers de piments rouges et les guirlandes de jasmin, les plaintes du muezzin, les bavardages des femmes qui étendaient leur linge de muret en muret, les vendeurs de bonbons et de gâteaux qui cassaient les blocs de nougat de leurs petits marteaux, les galettes de seigle parfumé au cumin, les joueurs de dominos, le thé à la menthe, la limonade, les jeux sur la place.
Je voulais que maman vienne, qu'elle vive avec nous, je lui aurais fait une place dans ma chambre, elle aurait adoré ce pays de couleur, de douceur, de bonheur, ces robes longues et brodées, ce soleil piquant, elle ne serait plus jamais tombée malade.
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Annette55Annette55   19 janvier 2018
"Je ne voulais plus me battre pour cette existence de douleur, vivre sans vivre, tousser, cracher, s'asphyxier, vomir, pleurer, souffrir, souffrir, souffrir !
Tout cela pour reculer de quelques jours ou quelques mois l'inévitable conclusion et expirer sans avoir serré mes petits, senti leur chaleur , sans cette immense consolation, tout juste entrevue, que je savais désormais due aux hallucinations ."
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mimifasolamimifasola   10 avril 2017
Il l'avait choisie, l'avait fait savoir chez nous, je crois qu'il aimait sa rugosité, sa persévérance, son absence de frivolité, mais aussi cette solidité qui émanait d'elle, qui la rendait si rassurante, et elle avait décidé de l'aimer à son tour, simplement parce que c'était dans l'ordre des choses.

J'avais observé ses sentiments croître mois après mois sans que je puisse me l'expliquer, comment l'amour pouvait-il survenir après le mariage et non le précéder (ou bien ne jamais se produire), cela me semblait tellement étrange, presque suspect, un amour qui grignotait discrètement, mais inexorablement l'espace, qui s'imposait et nous volait Émilie, à moi (sa sœur), à ses enfants, pas entièrement bien sûr, elle nous aimait toujours, elle nous aimait aussi, elle nous aimait assez, sans doute, elle mourrait même pour nous s'il le fallait, car c'était aussi dans l'ordre des choses, mais seulement en seconde position: Joffre resterait à jamais le centre de son système solaire, et nous, ses satellites.


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Vidéo de Valérie Tong Cuong
A l'occasion du "Livre sur la Place" 2021 à Nancy, Valérie Tong Cuong vous présente son ouvrage "Un tesson d'éternité" aux éditions Lattès. Rentrée Littéraire automne 2021.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2550369/valerie-tong-cuong-un-tesson-d-eternite
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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