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EAN : 9782919186181
192 pages
WOMBAT EDITIONS (20/09/2012)
3.31/5   8 notes
Résumé :
Café Panique, ce sont trente-huit histoires, loufoques & véridiques, récoltées par Topor dans les bistrots, où anecdotes, légendes urbaines et mythologies de comptoir s’entrelacent, et où la réalité toujours dépasse la fiction. Café Panique, ce sont trente-huit contes grotesques, burlesques et tragi-comiques distillés par l’imagination panique de Topor, fables cruelles sur lesquelles plane l’ombre de Gogol, Kubin, Ambrose Bierce et Damon Runyon.
Café Panique,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
VACHARDTUAPIED
  26 avril 2013
Le « Café Panique » est, comme tous les bistrots d'habitués, un lieu de rencontres, de discussions – celles du « Café du Commerce » et les autres – le théâtre de brèves de comptoir. Pourquoi « Panique » ? Non pas en référence direct à l'effroi, mais en hommage au dieu Pan, dieu de la confusion au physique de bouc, dont les Stoïciens firent le symbole de la vie universelle. Au début des années 1960, trois allumés, Topor, Arrabal et Jodorowsky, créèrent le mouvement « panique », qui n'avait pas à l'origine vocation à s'étendre, mais dont les traces subsistent dans les écrits des fondateurs : La Panique, d'Arrabal, Les Nouvelles paniques de Jodorowsky et Café Panique, de Roland Topor. Ce dernier texte vient d'être réédité (Wombat, 187 pages, 16 €).
Le titre « Café bachique » eut également convenu, car les habitués désaltèrent la conversation (plus qu'ils ne la nourrissent) à grandes lampées de Brouilly ou de Montrachet. Ce livre témoigne d'une époque révolue de liberté, où l'on pouvait décrire des libations sans ajouter les désormais inévitables mentions légales et où l'on fumait dans les estaminets et les taxis sans risquer le ban ou le bagne.
Une quarantaine de textes composent ce recueil, textes loufoques, absurdes, poétiques. A leur lecture on rit – parfois jaune, car l'humour le plus noir n'est jamais très loin – et on prend un plaisir que seule une écriture littéraire et imaginative sait procurer.
Les habitués qui racontent leurs histoires au narrateur portent tous des surnoms improbables : Double-Face, Frisée-aux-Lardons, Verre-en-Main, Gros-Bide, Cou-Farci ou Peut-Mieux-Faire. Des histoires à dormir debout, comme celles d'un homme qui rate son permis de conduire les chiens, d'un officier de l'ONU qui tente de rétablir la paix dans un couple ou celle, redoutable, d'un joueur d'échecs malheureux qui trouve un subterfuge diabolique pour se venger de grands joueurs soviétiques. Autant de petits tableaux décapants, ironiques, tendres, vitriolés.
S'y joignent, dans ce volume, quinze « Taxi stories », autres scénettes grinçantes dont les chauffeurs de taxi ne sortent guère grandis, mais qui rappelleront sans doute des souvenirs aux habitués des courses parisiennes. En refermant ce livre, consommé sans modération, on a envie de prononcer cette phrase, aujourd'hui si politiquement incorrecte : « Garçon, la même chose ! »
Lien : http://savatier.blog.lemonde..
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YvPol
  16 octobre 2012
Roland Topor a tout fait : écrivain, humoriste, dessinateur, cinéaste, acteur, et j'en passe. Il a notamment collaboré à l'écriture de Palace ou de Merci Bernard et co-créé Téléchat ! Cette ré-édition de ces histoires est une brillante idée pour entrer ou rentrer dans son monde de douce folie, de délire, d'humour noir, de décalage total, d'absurdité. On ne rit pas à gorge déployée, mais on sourit très très souvent et parfois même des éclats de rire fusent. Pour décrire son univers, j'en appellerai à plusieurs références, certaines qui lui sont antérieures et qu'ils l'ont sans doute nourri et d'autres qui lui sont postérieures et qu'il a sûrement nourries. La première qui me vienne à l'esprit c'est Alphonse Allais, et son humour noir et absurde, référence évidente pour moi. Ensuite, je peux parler évidemment des Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio (qui signe d'ailleurs la préface) : les histoires de R. Topor sont des brèves de comptoir, version longue. Plus récemment, j'ai lu le bar parfait de JB Pouy, qui sent bon comme le livre de R. Topor, les déambulations pour trouver le meilleur bar de Paris, les virées entre copains de beuverie, ... et je retrouve la camaraderie, l'amitié que R. Bohringer décline dans son bar Au bout du monde (Les nouveaux contes de la cité perdue). Que du beau monde !
Les personnages de ce livre ont tous des noms particuliers qui se retrouvent dans les titres : par exemple et dans aucun ordre particulier : Histoire de Pas-de-Bol, Histoire de Gros-bide, Histoire de Goût-Bulgare, Histoire de Double-Face et de Frisée-aux-Lardons ou encore Histoire de Chaussettes-Humides, ... Certaines sont vraiment excellentes, comme celle de Pas-de-Bol, un dompteur qui cumule les ennuis (d'où son nom) et qui est obligé de se recycler. L'histoire est triste et drôle et la chute inattendue m'a fait éclater de rire.
Pour finir, un mot sur le livre en lui-même : belle mise en page (pour les gens âgés comme moi, n'oubliez pas vos lunettes, la police est un peu petite), des illustrations de Nicolas et Roland Topor et une couverture avec une tranche rouge qui imite les anciennes tranches en tissu des vieux bouquins ; le reste de la couverture est très beau également, la première, la quatrième et les rabats. Très bel effet !

Lien : http://www.lyvres.over-blog...
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   26 avril 2013
C'était Sans-moi qui venait d'arriver. Il rentrait de chez le dentiste :
"Malgré ma trouille des dentistes, je me suis enfin décidé à prendre rendez-vous. Convaincu par cette nuit blanche qui m'avait laissé sur les genoux...
- Je vois ce que c'est. Une vieille carie dans la molaire. Je vais tuer le nerf, ensuite vous ne sentirez rien...
Il enfonce une longue aiguille pour sonder ma carie.
- Hum, profond en tout cas !
Moi, bouche bée, je transpire à grosses gouttes. La main du dentiste pénètre dans la carie à la suite de l'aiguille... puis le bras... et finalement, le dentiste lui-même disparaît à l'intérieur de la dent, comme s'il allait à la cave. J'entends l'écho de ses pas décroître, puis je me retrouve tout bête dans mon fauteuil, plus solitaire que dans la salle d'attente. Au bout d'une petite heure...
-Ohé ! Y'a quelqu'un?
Une voix lointaine me répond comme si j'étais ventriloque :
- C'était vraiment une vieille et très vaste carie. Maintenant que la dent est insensibilisée, je vais l'arracher. Vous ne sentirez rien.
- On ne peut pas mettre une couronne? je lui demande.
Mais l'autre répond que ce n'est pas possible et, Crac ! il arrache la molaire d'un seul coup.
Par la suite, j'ai appris la vérité. En explorant la dent, cet escroc de dentiste a découvert des peintures rupestres. Il a fait classer le site, et maintenant on peut le visiter dans son cabinet à condition de ne pas fumer et de payer son ticket.
Je vous le dis, la moralité se perd aussi vite que les dents."
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YvPolYvPol   16 octobre 2012
J'ai connu un type qui était dompteur. Je n'ai jamais su comment il se nommait en réalité, mais nous, on l'appelait Pas-de-Bol parce qu'il collectionnait les tuiles. Le pauvre vieux avait des cicatrices partout. Je dis vieux, mais sa cinquantaine était encore toute neuve. Son truc favori consistait à fourrer la tête à l'intérieur de la gueule d'un lion, et crac ! régulièrement le lion éternuait, ou rotait, ou lui balançait un coup de queue, enfin bref, Pas-de-Bol se retrouvait à l'hôpital où bien entendu tout le monde l'accueillait à bras ouverts. (p.61)
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YvPolYvPol   16 octobre 2012
[Certains Lecteurs] avaient envoyé des lettres ulcérées pour dire que j'étais une ordure d'une bassesse pas possible, et tout ça à cause de ce pauvre Peut-Mieux-Faire, parce qu'il avait raconté la vie du Christ de travers. Bon, je me dis, c'est de sa faute, c'est à lui de répondre à la critique. (...) Il lut attentivement les lettres, un étrange sourire aux lèvres. Quand il eut terminé, il vida sa Suze cul sec.
- Tu veux que je te dise, ces gens-là, moi, je les trouve pas très catholiques. (p.129)
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