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ISBN : 2752905939
Éditeur : Phébus (15/09/2011)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 75 notes)
Résumé :

Un jeune homme emménage dans un appartement dont l'ancienne locataire vient de se suicider. Il est calme, timide, poli. Pourtant ses étranges voisins déclenchent aussitôt contre lui une guerre sournoise. Dans quel but ? Les effrayants mystères auxquels il peut assister de sa fenêtre existent-ils ailleurs que dans son imagination morbide ? Le propriétaire est-il sincère lorsqu'il affirme : " C'est un immeuble calme, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
CorinneCo
  03 novembre 2015
L’écriture impertinente, absurde, fantasque, drôle et douloureuse de Roland Topor pose les fondations d’une histoire délicieusement aberrante et noire. Un conte fantastique et cruel. Trelkovsky gravit les marches de l’immeuble qui le conduit à son appartement. Il bâtit son délire mental. Chaque marche le rapproche un peu plus de ses angoisses, de son désarroi. Possédant et possédé, il n’arrive pas à se défaire de cet immeuble où tous le persécutent. Car ils veulent son expulsion, sa mort ; il finit par s’en persuader. Ils complotent contre lui, ils le harcèlent. Et pourtant ils sont quasiment invisibles. Ayant repris l’appartement de Simone Choule, locataire précédente, suicidée et mourante dans un hôpital parisien, il affronte peu à peu son espace mental. Simone Choule l’accompagne, goule invisible et incompréhensible. Trelkovsky finit par s’identifier à elle tout en essayant de la combattre. Mais que peut-on contre son destin ?
Lui, le petit employé banal essayant de se fondre dans les murs de la ville ; l’étranger ne voulant pas se faire remarquer, soupçonneux et soupçonné, se retrouve embarqué dans une histoire délirante, cauchemardesque.
Il est ridicule Trelkovsky quand il tente de descendre ses poubelles sans faire de bruit, sans se faire remarquer mais il est aussi pathétique face à l’adversité. Justement qui sont ses adversaires ? Tout le monde, les cloisons, les bruits, les ombres, la vie en somme. Qui est Simone Choule ? Sa conscience ? Son aliénation ? Sa fuite ? Préoccupé par le regard des autres, préoccupé par sa sexualité, Trelkosky s’enferme au sens propre comme au sens figuré. Rien ne semble pouvoir le faire dévier de son abyssale plongée dans les ténèbres. Pauvre Trelkovsky ! On peut le trouver grotesque, même méchant. Il est un naufragé à qui n’est promise aucune terre d’accueil.
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Luniver
  03 septembre 2014
Contraint de partir de chez lui, Trelkovsky est bien content de retrouver un nouvel appartement. Certes, les commodités sont réduites au strict minimum, et il n'est pas encore tout à fait libre, puisque l'ancienne locataire, qui a tenté de se suicider en sautant de la fenêtre, est toujours en train d'agoniser, mais dans le besoin, on prend ce qui vient !
Dès la pendaison de crémaillère, ses relations avec ses voisins se compliquent. le bruit des discussions provoque la colère de tous les autres locataires, qui ne manquent pas de faire savoir leur mécontentement. Trelkovsky vit désormais dans la crainte de leur déplaire, persuadé que l'immeuble entier épie ses moindres faits et gestes pour le prendre en défaut. Sa paranoïa s'accentue au fil des mésaventures qu'il rencontre : cambriolage, disparitions mystérieuses d'objet, personnes inconnues qui rôdent dans les couloirs, ...
L'ambiance de ce roman devient vite oppressante : le lecteur oscille sans cesse entre l'impression que les voisins lui préparent en effet un sale coup, comme à tous les nouveaux arrivants, et de se retrouver face à un personnage en proie à des délires paranoïaques de plus en plus importants. Cette indécision ne sera tranchée qu'à la toute fin du roman, qui apporte son lot de surprise.
Si vous aimez les histoires kafkaïennes, dans lesquelles la réalité vous file quoi que vous fassiez entre les doigts, lancez-vous dans ce court roman, vous ne serez pas déçus du voyage !
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Lybertaire
  06 janvier 2014
Connaissez-vous vos voisins ? Ont-ils déjà frappé à votre porte ou au plafond parce que vous faisiez trop de bruit ? Trelkovsky, qui vient d'emménager dans un petit appartement payé au prix fort, sans cuisine ni salle de bains, vient d'être prévenu par le proprio : pas de bruit, pas de fête, pas d'enfant, pas d'animal. Trelkovsky n'a pas eu le choix, il vient d'être mis à la rue et ne peut qu'accepter toutes les conditions.
Il a quand même fêté sa crémaillère, pas plus de cinq ou six personnes, mais grand mal lui a pris ! le voilà pris de toutes parts par les coups de balais, les cris à la porte et les regards de travers. Sa nouvelle vie va devenir un enfer. Les premiers jours, il fait état de quelques bizarreries, mais au fur et à mesure que le temps passe, il observe carrément des phénomènes étranges dans son immeuble. Les premiers avertissements se sont transformés en menaces, puis en tyrannie du silence. Trelkovsky rase les murs et n'écoute plus la radio ; il se contente de lire, éteint la lumière à 10 heures du soir et glisse ses pieds dans des pantoufles silencieuses. Peu à peu, il s'efface, s'efface, jusqu'à devenir invisible. [...] La descente aux enfers ne fait que commencer.
Délirant, grotesque, violent, cauchemardesque, jubilatoire ! le Locataire chimérique frappe par son réalisme, en apparence un locataire discret dans un immeuble banal, sous lequel se cache l'absurdité et l'horreur. Très vite, on devient Trelkovsky, on devient le martyr de ses infâmes voisins. Si le roman paraît loufoque, il est terrifiant parce qu'il dit quelque chose en dessous : il parle de nos pulsions, meurtrières et scatologiques, il parle de l'indifférence, de la mort invisible.
Le Locataire chimérique est à l'image de l'oeuvre de son auteur, fascinante et dérangeante à la fois. D'abord fascinante parce qu'elle est esthétique, et dérangeante parce qu'elle est terriblement transparente : elle est humaine, dans ses contradictions et ses horreurs. Roland Topor fait partie de ces artistes qui savent s'exprimer à travers un art limpide et accessible à tous ; nul besoin de médiateur pour comprendre et ressentir son oeuvre. Roland Topor, volontiers provocateur, a peut-être été là où il ne fallait pas, en tout cas, son oeuvre est passée à la trappe. Il est toujours temps, notamment grâce au travail de Buchet-Chastel et de Phébus, de découvrir au moins ses textes.
Lisez l'article en entier sur mon blog :
http://www.bibliolingus.fr/le-locataire-chimerique-roland-topor-a105679232
Lien : http://www.bibliolingus.fr/l..
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jmb33320
  01 juin 2018
J'ai lu hier soir, d'une traite, ce court roman qui a servi à Polanski de base pour son film "Le locataire" (que je n'ai jamais vu) et aussi indirectement à David Bowie pour son album "The Lodger" que j'ai par contre beaucoup écouté ! L'atmosphère rappelle celle de Kafka, puisqu'il s'agit de l'histoire assez effrayante d'un locataire persécuté par ses voisins. Il finit par se prendre (être possédé ?) pour/par la locataire précédente, dont il a pris l'appartement alors qu'elle était mourante (suicide par défenestration). le récit est prenant, fort, avec beaucoup d'images violentes, scatologiques ... le style, quoi que très honorable, n'est pas tout à fait à la hauteur du sujet. Mais je lirai volontiers autre chose de Topor si l'occasion se présente.
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Sycorax
  12 juillet 2015
Un court roman â l'écriture simple et accessible qui permet de faire facilement entrer le lecteur dans l'esprit du personnage principal.
Le simple fait d'emménager dans l'appartement d'une femme qui s'est défenestrée va conduire le "héros" à déformer lentement mais inexorablement son regard sur la réalité environnante.
Le lecteur assiste donc aux événements qui sont vus et analysées à travers un prisme devenant peu à peu dèformant, au fur et à mesure que la contagion mentale s'empare du personnage, par petites touches narratives subtiles qui amènent à accepter les événements les plus illogiques.
C'est souvent inquiétant (parfois désopilant) car l'effet de dislocation de la réalité est très bien rendu par une narration progressive et insidieuse.
Lorsqu'on a vu au préalable l'adaptation cinématographique très réussie qui a été faite de ce roman, l'esprit du lecteur est "pollué" par les images que l'on a des personnages et de l'atmosphère bien restituée, mais la lecture de cette oeuvre est - à mon avis - incontournable pour peu que l'on soi fans du film de Polanski ou simplement amateur d'une certaine forme de fantastique "mental" rendu avec subtilité.
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critiques presse (2)
Lexpress   25 novembre 2011
Grinçant et grave, l'art de Topor est là, déjà, dans toute sa splendide noirceur
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   28 septembre 2011
Le Locataire chimérique dépeint un monde clos, paranoïaque, où le rire organique de Topor résonne à chaque page.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
SycoraxSycorax   12 juillet 2015
- Ah ! monsieur, vous avez vu ! Elle a fait signer une pétition. Elle a réussi. Je vais être obligée de m'en aller. Quelle méchante femme ! Et ils ont tous signé ! Sauf vous monsieur. Je viens vous dire merci. Vous êtes bon. [...]
Elle se crispa tout d'un coup.
- Mais je me suis vengée ! La concierge aussi est une méchante femme, ce sera bien fait pour elle !
Elle regarda autour d'elle pour s'assurer que personne ne pouvait l'entendre, puis elle reprit en baissant la voix :
- Avec sa plainte et sa pétition elle m'a donné la colique. Alors vous savez ce que j'ai fait ?
La jeune infirme fixait intensément Trelkovsky. Il fit signe qu'il ne savait pas.
- J'ai fait dans l'escalier !
Elle s'esclaffa.
- Oui, j'ai fait caca tout le long de l'escalier.
Ses yeux étaient malicieux comme ceux d'une petite fille.
- À tous les étages, tout le long. C'est de leur faute, après tout, ils n'avaient pas à me donner la colique. Mais je n'ai pas fait devant chez vous, ajouta-t-elle, je ne veux pas vous causer d'ennuis.
Trelkovsky était horrifié. En un éclair, il se rendit compte que l'absence de souillure devant chez lui, loin de l'innocenter, ne ferait que le condamner plus sûrement.
D'une voix rauque, il s'enquit :
- Il... il y a longtemps ?
Elle gloussa.
- Maintenant. Juste à la minute. Quand ils le verront demain, ils vont en faire une tête ! Et la concierge qui sera obligée de tout nettoyer ! Bien fait pour eux, bien fait.
Elle battit des mains. Il l'entendit encore glousser pendant qu'elle descendait l'escalier avec précaution. Il se pencha par-dessus la rampe pour vérifier. Elle n'avait pas menti. Une traînée jaunâtre zigzaguait le long des marches.
Il porta la main à son front.
- Il vont sûrement dire que c'est moi ! Il faut que je trouve un moyen, il le faut.
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LuniverLuniver   03 septembre 2014
Personne pour s’occuper de lui, pour le dorloter, pour lui passer une main fraîche sur le front afin d’évaluer sa fièvre. Il était seul, absolument seul, comme s’il était en train de mourir. Si cela se produisait, au bout de combien de jours découvrirait-on son cadavre ? Dans une semaine ? Dans un mois ? Qui pénétrerait le premier dans le sépulcre ?

Les voisins, sans doute, ou le propriétaire. On ne se souciait pas de lui mais il en allait autrement pour le loyer. Même mort, on ne lui permettrait pas de jouir gratuitement de ce logement qui ne lui appartenait pas.
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SycoraxSycorax   12 juillet 2015
Trois jeunes gens tentaient d'accoster une femme devant lui. Elle jeta un mot bref et s'éloigna à grandes enjambées peu gracieuses. Il rirent très fort en s'envoyant de grandes claques dans le dos. La virilité aussi le dégoûtait. Il n'avait jamais apprécié cette façon de revendiquer son corps, son sexe et d'en être fier. Ils se vautraient comme des porcs dans leurs pantalons d'homme, mais ils restaient des porcs. Pourquoi se déguisaient-ils, quel besoin éprouvaient-ils de s'habiller puisque toutes leurs façons d'agir suaient le bas-ventre et les glandes qui y étaient accrochées ?
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PsychikFabPsychikFab   27 juin 2017
Derrière l'armoire, il fit une découverte. Sous la poussière floconneuse qui recouvrait le mur, il aperçut un trou. Une petite excavation située environ à un mètre trente du sol, au fond de laquelle il discerna une boule d'ouate grise. Intrigué, il alla chercher un crayon, à l'aide duquel il parvint à extraire le coton. Il y avait encore quelque chose. Il farfouilla une ou deux minutes avec le crayon avant de ramener l'objet qui vint rouler dans sa main gauche, entrouverte: c'était une dent. Une incisive plus précisément.
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MyrabelleMyrabelle   12 janvier 2013
Trelkovsky maudit la panique qui le submergeait. Il entendait le bruit de son coeur qui faisait écho à celui qui provenait de la porte. Il fallait pourtant faire quelque chose. Un flot d'injures et d'imprécations étouffées jaillit de sa bouche.
Ainsi il allait encore être nécessaire de se justifier, s'expliquer, se faire pardonner de vivre !
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Vidéo de Roland Topor
Journal in Time de Roland Topor Lu par Bernadette Lafont Émission spéciale lectures au théâtre du Rond-Point A l’occasion des fêtes de Noël, France 5 propose une émission exceptionnelle de "La Grande Librairie" le 22/12/2011, enregistrée en public au théâtre du Rond-Point. De grands comédiens viennent lire, sur scène, quelques-uns des textes les plus beaux et les plus savoureux de la littérature classique et contemporaine. Des livres, des voix et beaucoup d’humour pour donner envie de lire ou de relire...
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