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Claire Cayron (Traducteur)
EAN : 9782714305077
348 pages
Éditeur : José Corti (30/11/-1)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 14 notes)
Résumé :

"Je serais capable de vivre loin de ma patrie dans la situation d’un immigrant qui gagne son pain. Je l’ai déjà fait d’ailleurs. Mais je ne pourrais jamais vivre loin d’elle en tant qu’écrivain. Il me manquerait le dictionnaire de la terre, la grammaire du paysage, l’Esprit Saint du peuple" écrivait Miguel Torga dans La Création du monde (Aubier, 1985). Ces Contes et nouveaux contes de la montagne pro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Tandarica
  20 février 2015
Miguel Torga était un auteur portugais, plus contemporain qu'on aurait tendance à le penser, puisqu'il est mort en 1995. Comme le dit sa traductrice, c'était donc un classique de son vivant. Il est, comme d'autres, assez étrangement méconnu en France, ce d'autant plus que sa femme, Andrée Crabbé était belge et a été décorée de l'ordre national du mérite en France. Sa fille a enseigné à la Sorbonne. Un francophile de plus et des liens avec la montagne, puisque son nom est celui d'une plante montagnarde. Pour la suite de cette analogie, cela devient plus nébuleux : Torga était médecin, a beaucoup publié à compte d'auteur, a vécu au Brésil, a participé de près à la reconstruction du Portugal immédiatement après 1975, avait un cabinet à Coimbra, a été proposé pour le Nobel. Ces contes, ce qu'il y a de plus connu de lui en France, ont été écrits dans les années 40, et Dieu sait qu'il était prolifique !
Sur ces contes maintenant, je passe rapidement sur les questions de texte et de traduction, je ne parle pas portugais. Dans l'ensemble, ils sont revêches comme la montagne, qui s'acharne souvent sur ses habitants, abandonnés de Dieu : jusqu'aux prêtres qui manquent souvent de foi ou finissent défaits. L'auteur évolue un peu entre la misanthropie et l'humour, avec un côté anti-académique, où l'on sent la volonté de ne pas enjoliver entre autres le langage des habitants, sans parler bien entendu des actes. Je me souviens aussi d'un court métrage inspiré de ces contes, de Daisy Lamothe vu au festival du court métrage de Clermont-Ferrand (2000 ou 2001 ?) et qui m'avait paru s'apparenter à une forme d'exorcisme (usage brillant du décor naturel, si je me souviens, c'est tourné en Corse), un peu comme si la lecture de ces contes devait nous protéger de les reproduire. Un paradoxe, pour un auteur agnostique, Dieu étant d'ailleurs plutôt absent dans ces contes.
La rudesse est néanmoins équilibrée par l'humour, qui marque aussi un certain nombre de nouvelles (celle sur Gabriel et son troupeau de voleurs par exemple). C'est en quelque sorte : si tu veux espérer parvenir à la paix, sache que d'autres sont en guerre et qu'il te faudra tirer ton épingle du jeu.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
TandaricaTandarica   20 février 2015
Tout voleur de profession qu’il était — car on ne pouvait pas appeler vannier quelqu’un qui juste de temps en temps tressait un panier pour se distraire — Faustino dès qu’il buta sur la chapelle, eut un coup au cœur. Et il s’arrêta. Jamais il n’avait cambriolé un lieu saint. S’agissait malgré tout de voler la Vierge !
Mais l’hésitation ne dura qu’une minute. Trempé de la tête aux pieds, son corps le poussa en avant, vers l’abri d’un toit. Pas de temps à perdre, pas le moindre. Ni le corps ni l’esprit ne pouvaient se permettre de faiblesse, en pareille occasion. Fallait aller de l’avant !
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TandaricaTandarica   20 février 2015
Mensonge. Le prêtre avait raison. C’était dommage de voir tant d’autorité, de vocation, d’habileté innée, au seul service d’animaux. On n’avait pas idée ! Le bélier le plus têtu, le plus bête, le plus mauvais, entre les mains de Gabriel changeait de nature. Il ne lui manquait plus que la parole.
– Qu’est-ce que tu fais aux bêtes, petit ! On dirait que tu les ensorcelles !
– Rien. Je les mène au pré, comme tout le monde.
Il souriait. Et continuer d’éduquer les agneaux avec des mots et des gestes que personne ne savait dire et faire.
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TandaricaTandarica   20 février 2015
Ils riaient aux éclats. Et, une fois la messe dite, ou accomplie quelque autre fonction de son sacerdoce, il sautait sur le dos de sa mule, plein de saudade de ses champs et des âmes fraternelles qu’il gouvernait.
Parmi elles, une seule lui donnait des cheveux blancs : Firmo. Ce diable d’homme était un oiseau migrateur. Et pour quelqu’un comme lui, dont les racines plongeaient dans le sol de Vilarinho, cette réalité était une souffrance.
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Video de Miguel Torga (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Miguel Torga
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Dans la catégorie : Littérature portugaiseVoir plus
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