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Alexandre Goy (Traducteur)
EAN : 9782369743651
192 pages
Akata (22/10/2020)
3.73/5   42 notes
Résumé :
L'humanité, ne pouvant plus vivre sur Terre, s'est réfugiée dans l'espace, cloîtrée dans des "Cocoons". Arata, Tara, Caesar et Louis sont des enfants précieux : des " néotènes ", ces êtres qui, malgré leur apparence prépubère, possèdent la maturité d'adultes. Leurs corps se sont adaptés à la vie dans l'espace et, à ce titre, ils incarnent l'espoir et l'avenir de la race humaine. Quand un jour, ces quatre-là rencontrent une mystérieuse femme aux longs cheveux verts, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Tachan
  28 octobre 2020
Je fais partie de la génération de lecteurs qui a découvert le shojo dans les années 90-2000 avec des titres comme RG Veda, X, Please save my earth et autre 7 Seeds. L'aventure et de la science-fiction en particulier avaient une grande place dedans. Malheureusement, cela s'est totalement perdu avec la déferlante des romances lycéennes que nous avons eu après. Pas que je n'aime pas ça, quand c'est bien écrit, je suis bon public, mais mes premières lectures enfants et ados furent plutôt des romans d'aventure, de SF et de Fantasy, alors cette absence me manquait. La fantasy est peu à peu revenue, mais avec des worldbuilding souvent un peu trop légers, la SF, elle, manquait cruellement à l'appel. Alors je remercie Akata d'avoir bien voulu prendre le risque avec Nos étoiles contraires !
Dans ce titre extrêmement complexe qui n'a ici dévoilé qu'un tout petit pan de son univers, l'humanité, ne pouvant plus vivre sur Terre, s'est réfugiée dans l'espace, dans des "Cocoons". Arata, Tara, Caesar et Louis sont des enfants précieux : des "néotènes", comme on les appelle, des êtres qui, malgré leur apparence prépubère, possèdent la maturité d'adultes. Leur corps s'est adapté à la vie dans l'espace, grandissant moins vite, mais n'étant pas parfait pour autant même s'ils incarnent l'espoir et l'avenir de la race humaine. Quand un jour, ces quatre-là rencontrent une mystérieuse femme aux longs cheveux verts, leurs destins basculent à jamais...
J'ai eu un énorme coup de coeur pour le premier tome de cette série. Peut-être parce que je retrouvais enfin un univers de science-fiction dense et sérieux, peut-être parce que j'ai senti que l'autrice ne nous prenait pas pour des idiots et se permettait de prendre le temps de déployer toute la richesse de ce qu'elle avait à offrir, peut-être parce que l'histoire dramatique de ces néotènes a su me toucher. J'en suis en tout cas ressortie avec l'impression d'avoir lu quelque chose de génial et de grandes attentes pour la suite.
La narration, je l'ai sous-entendu, peut être un peu déroutante. Quoique le titre se lise vraiment d'une traite, la quantité d'informations à assimiler au fil des chapitres est assez dense. Si je n'avais pas regardé la vidéo de présentation de Bruno, avant, peut-être d'ailleurs que je n'aurais pas tout aussi bien saisi à l'instant T malgré les nombreuses notes qui parsèment le tome. Au passage, ce sera mon seul reproche, mais j'aurais préféré, pour mon confort de lecture, les avoir en plus grand à la fin que là en tout petit... Car l'univers mis en place par Gin Toriko est vraiment complexe.
Nous sommes dans un univers futuriste où la Terre n'est plus un espace de vie possible pour l'humanité. Une partie d'entre elle (probablement l'élite) a pu émigrer dans des stations dans l'espace, les "cocoons". Ceux-ci correspondent chacun à une grande métropole d'autrefois : Tokyo, New York, New Delhi, Paris... Et les gens qui y vivent descendent de ces peuples. Déjà pour la mixité, on peut repasser... Mais en plus, pour des raisons encore non abordées (peut-être pour limiter l'accroissement de la population), ils vivent sous un régime liberticide qui les empêche de former un couple comme ils veulent avec qui ils veulent. Ils sont sous un régime de contrat que l'on passe à chaque étape de sa vie pour arriver se mettre avec quelqu'un qu'on a quasiment choisi pour eux afin de favoriser un projet légèrement eugéniste !
Dans tout cela, nous suivons un groupe de jeunes - en apparence - qui sont en fait ce qu'on appelle des néotènes. Ils ont un corps adapté à l'espace qui vieillit bien plus lentement car ils pourront vivre des centaines d'années. Pourtant ils viennent de familles tout à fait normales, ce qui déjà pose des questions et certains problèmes. Et ils ont un statut vraiment à part, limite de star au sein de la population, ce qui fait que leurs faits et gestes sont épiés de partout. Big Brother si tu m'entends ;)
Au début de l'histoire, nous faisons la rencontre de trois d'entre eux, qui forment un groupe dans lequel ils vont devoir se choisir un compagnon ou une compagne de vie. Nous suivons leur quotidien entre retrouvailles, puisqu'ils viennent d'horizons différents, études, vie familiale et virées entre amis. Mais on sent très vite qu'il y a anguille sous roche. Tout bascule quand ils retrouvent le quatrième larron de leur bande et que celui-ci les entraine dans les bas-fonds cachés de Kyoto Cocoon, ou les quartiers de plaisir du coin. Ils y font la rencontre d'une drôle de fille où cheveux et aux yeux verts qui est très mystérieuse.
L'ambiance de Nos temps contraires est vraiment très immersive. L'autrice avec beaucoup de subtilité fait petit à petit basculer son récit de quelque chose de très banal et contemplatif, à un récit plus sombre et mystérieux où l'on sent de nombreuses zones d'ombre. L'univers dans lequel vivent les héros, qu'ils présentent comme quelque chose de tout à fait normal, nous titille peu à peu quand on commence à s'interroger sur la liberté et les contrainte de ceux qui y vivent. L'évolution décrite est malheureusement tout à fait crédible, ce qui fait dangereusement grincer des dents et montre le sérieux avec lequel il a été pensé.
Nous suivons un groupe de quatre jeunes gens : Arata, le japonais qui porte toujours un masque et est très discret, Tara, l'indienne, fidèle à sa tradition qui a du mal à exprimer ses sentiments, Caesar, l'américain très expansif mais qui cache ce qu'il ressent vraiment derrière un masque, et Louis, le français exubérant, l'artiste du groupe qui est handicapé depuis toujours. J'ai beaucoup aimé la variété des personnages, leur caractérisation qui fait écho à ce que l'on imagine de telle ou telle nationalité. Mais surtout, j'ai apprécié le travail plus subtil sur l'intériorité de chacun. Arata n'est pas le type dans sa bulle qu'on imagine, il se rend bien compte des problèmes de ses amis et tente d'y remédier. Tara sera probablement, je l'espère du moins, plus entreprenante et forte que ce que sa culture la pousse à montrer pour le moment. Caesar est celui qui m'a le plus touchée parce qu'il est les deux faces d'une même pièce, solaire et sombre à la fois. Enfin, Louis, le plus fragile, est le héros type des shojos des années 70 qui amèneront au Boys Love qu'on connait, je trouve. Mais j'ai eu du mal avec son grain de folie et sa dramatisation de tout. Cependant, l'autrice a vraiment fait un chouette travail sur la diversité.
L'ambiance graphique est tout aussi réussie. J'appréhendais au début d'avoir la même déception qu'avec Made in Abyss où le design très enfantin des héros m'avait vite déplu. Ici, ce n'est pas le cas. Il se dégage au contraire une grande poésie d'eux mais également un malaise pour nous faire mettre le doigt sur ce qui ne va pas dans cette évolution de notre humanité. Après je ne suis pas toujours fan des yeux vraiment immenses des personnages dans leur petit visage d'enfant, mais je trouve qu'il y a vraiment un charme hors du temps à ses dessins, un peu comme chez Moto Hagio (Le coeur de Thomas, le clan Poe), Keiko Takemiya (Terra E) ou Saki Hiwatari (dans la seconde partie de Please Save my Earth). C'est doux, vaporeux, ensorcelant, envoûtant ! Et les décors dans lesquels ils vivent ne sont pas en reste. Vraiment dépaysant !
Ce premier tome, qui prend son temps pour nous embarquer dans cet univers tellement différent du nôtre, est une belle réussite. Sous ses dehors tranquille, il m'a vraiment remué le cerveau, au point de me donner envie de le relire (ce que j'ai fait) à peine après l'avoir terminé. Il pose des questions très intéressantes sur l'évolution qu'on peut imaginer pour notre société. Mais surtout, il offre des personnages subtils et un récit envoûtant, qui nous achève par une ultime surprise dans les dernières pages, remettant pas mal de choses en question. Excellent !
Merci Akata d'avoir redonné sa chance aux shojos de SF.
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FMK
  29 novembre 2020
J'avais déjà entendu parler de ce manga, et j'étais intrigué par son titre et sa belle illustration de couverture. Aussi, quand j'ai vu qu'il figurait dans la sélection de la dernière Masse Critique Jeunesse de Babelio, j'ai tenté ma chance… Et je l'ai reçu ! Merci donc aux éditions Akata et à Babelio pour cette chance, je suis vraiment content d'avoir pu découvrir cette série !
Dans un futur indéterminé, la vie sur Terre est devenue impossible. Les survivants de l'humanité vivent à présent dans plusieurs stations spatiales, baptisées « Cocoons », qui sont ancrées à la surface du globe. Dans un souci de préservation de l'espèce humaine, des expériences génétiques ont été menées et ont abouti à la création des « néotenes », des humains dont le développement est ralenti, ce qui les rend plus aptes à cette vie dans l'espace. Arata, Caesar, Tina et Louis ont ainsi une vingtaine d'années, mais leurs corps sont semblables à ceux d'enfants de 12 ans. Ces quatre individus sont «partenaires primaires" depuis leur enfance, et sont de véritables célébrités dont les moindres faits et gestes sont commentés sur les réseaux. Issus des familles les plus influentes de quatre « Cocoons » différents, ils sont destinés à un grand avenir. Mais dans cette société où les rapports humains sont ultra-codifiés et où les systèmes d'informations sont omniprésents, il est très difficile pour eux d'avoir une vie privée.
Une nuit, Louis, le plus extraverti des quatre néotènes, embarque Arata et Caesar dans une de ses virées secrètes dans le quartier des plaisirs de Kyoto Cocoon. Alors qu'ils errent au milieu des projections holographiques des humains du passé qui peuplent cet endroit malfamé, une jeune femme légèrement vêtue vient à leur rencontre. Cette femme, prénommée Gion, va éblouir Louis par la beauté de ses yeux verts et de ses longs cheveux ondulés de la même couleur. Ils vont même aller jusqu'à partager un repas, assis l'un à côté de l'autre, alors qu'ils ne sont pas «partenaires secondaires» ! Qui est donc cette jeune fille, pour avoir des manières aussi légères ? Louis serait-il en train, ce qui serait totalement immoral et scandaleux, de tomber « amoureux » ?
Il fallait que je passe par cette longue introduction pour vous présenter cette chronique, sans quoi vous auriez été aussi déboussolé que moi lorsque j'ai commencé ma lecture. En effet, on dispose d'assez peu d'explications à ce sujet, mais dans cette société le sentiment amoureux est devenu, depuis longtemps, quelque chose d'inconcevable et de tabou. Il est même interdit de faire simplement mention des histoires des temps anciens, et les ouvrages qui les contiennent sont, bien entendu, proscrits. Sous prétexte d'un souci de préservation de l'espèce humaine, les relations humaines sont régies par un code moral extrêmement strict, et y déroger est tout bonnement inconcevable. Ainsi, le moindre regard ou compliment sur le physique d'une personne par un autre que son « partenaire secondaire » (aussi appelé « kissing partner ») est considéré comme du harcèlement sexuel. Cependant, dans cette société, le genre semble ne pas avoir d'importance : le tout est de trouver son « partenaire », et cela est exposé d'une manière très naturelle, ce qui est très appréciable et sort des clichés habituels.
Difficile de le dire avec certitude après ce premier tome, mais ce côté social sera sans doute au coeur de la série, et les personnages principaux s'interrogeront sans doute sur la signification de « l'amour » et les raisons pour lesquelles il est désormais interdit. En tout cas, moi, j'ai envie d'en savoir plus !
Une autre source d'interrogation pour le lecteur est l'existence des néotenes. On ne sait pas par qui ils ont été créés (même si la famille d'Arata semble y avoir joué un rôle important) et dans quelles circonstances, et leur rôle est également assez flou. En tout cas, c'était assez déroutant dans ce tome de voir des enfants avoir des conversations d'adulte sur les relations de couple, le sentiment amoureux, le plaisir sexuel, etc. L'ellipse à la fin du tome nous montre un Arata plus adulte, cette impression sera donc moins présente par la suite.
Graphiquement, c'est assez réussi. Les traits de ces enfants âgés d'une vingtaine d'années sont fins, et leurs visages très expressifs. Les regards, en particulier, sont profonds et en disent plus que tout dialogue. Il y a un joli travail sur les corps, les cheveux, sur les vêtements qui flottent du fait de l'apesanteur quasi-permanente et sur le vide spatial derrière les vitres des stations « Cocoon » qui renforce le sentiment de solitude ressenti chez les néotènes dont la condition particulière les isole naturellement des autres terriens. Les décors des différentes stations « Cocoon » aperçues dans ce tome sont assez détaillés, chaque station possédant des éléments architecturaux différents selon la ville terrienne qu'elle représente.
La narration est bien menée, et alterne de longues phases de dialogue avec des moments plus contemplatifs. Mais pour ce qui est du scénario global, ce tome sert vraiment de prologue, on ne peut donc pas vraiment envisager clairement vers où elle va se diriger. Je ne peux pas en dire plus, au risque de faire un gros spoil, mais cela tournera sans doute autour d'Arata, et des recherches qu'il a décidées d'entreprendre suite aux événements décrits ici.
Cette lecture m'a intriguée par son univers et les questionnements qu'elle pose sur les relations humaines, mais aussi par sa qualité graphique. Je pense donc continuer cette série qui a su éveiller mon intérêt, et j'espère vivement ne pas être déçu. Si vous avez envie de lire un manga de SF loin des méchas et des guerres interplanétaires, mais plutôt centré sur les émotions et la réflexion que sur l'action, vous pouvez, vous aussi, tenter l'expérience !
Lien : https://lesaffamesdelecture...
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Rickola
  06 novembre 2020
Le cadre particulier de ce titre, les fameux « Cocoons » (en fait des sortes de grandes stations spatiales) est déjà très intéressant en lui-même, en plus de conférer au titre une esthétique des plus réussies. On comprend que ces Cocoons reproduisent assez fidèlement des lieux qui existaient sur Terre, et si on ne sait pas exactement quelle est l'étendue de celui dans lequel vivent nos personnages, on comprend que c'est au moins une partie du Japon qui a servi d'inspiration, alors qu'il en existe d'autres qui se basent sur d'autres lieux terrestres (Arata est d'ailleurs le seul japonais, ses autres amis ont tous d'autres nationalités). Comme si l'humanité ne pouvait pas couper tout lien avec sa planète d'origine, et qu'il y avait une forme de continuité culturelle et civilisationnelle.
Mais plus intéressant encore, les personnages principaux, les fameux Néotènes, charrient avec eux toute une richesse thématique. Ils vieillissent lentement, leur permettant de vivre plusieurs siècles, et ont l'air de jeunes enfants alors qu'ils ont déjà la vingtaine. Ils savent qu'ils verront leurs parents et leurs proches mourir, et grandissent avec cette perspective particulière. Ils semblent admirés des gens qui les entourent, mais vivent un peu en cercle restreint, avec comme perspective de s'unir à une personne comme eux. Il y a un côté eugéniste à tout ça, puisqu'ils ne peuvent pas choisir leur avenir eux-mêmes, devant perpétuer leurs gènes.
Et à côté de ça, il y a cette fameuse jeune fille que l'on voit sur la jaquette, atteinte de la « maladie de Daphné ». Je ne développerai pas ce point car je ne veux pas trop vous en révéler. Mais elle aura un rôle important dans ce premier tome et transporte avec elle une grosse forme de mélancolie, peut-être liée à sa condition, ou peut-être pour une autre raison. de très belles scènes auront d'ailleurs lieu avec elles.
Un autre point qui m'a particulièrement plu vient de la façon dont la mangaka a réfléchi le rapport des personnages à certains points qui sont au coeur de nos sociétés et qui semblent avoir évolué. Je pense notamment à la question du harcèlement des femmes. Les dialogues entre les personnages, et en particulier chez Arata, laissent à penser que la question centrale du harcèlement a évolué pendant toutes ces années, et est intégrée comme quelque chose de naturel. On le ressent notamment quand le garçon s'excuse si des choses qu'il a dit peuvent être assimilables à une forme de harcèlement. Je ne saurai l'expliquer plus en détails, mais à la lecture du titre, le travail sur l'évolution de certaines problématiques sociales est vraiment frappant et m'a semblé tout à fait pertinent.

Enfin, il y a un réel aspect romance au titre. Un couple se forme déjà dans ce premier volume, mais surtout, on se rend rapidement compte que la jeune Tara ressent des sentiments forts pour Arata, le personnage principal. Nul doute que cet aspect sera central pour le reste du récit. Ce qui est d'autant plus intéressant que le travail sur les sentiments des différents personnages est des plus réussis. Parler de cet aspect est une bonne occasion pour aborder la notion de « contrat » dans cette société.
Les rapports sociaux passent par ces fameux contrats, et une partie de l'histoire se focalise sur la notion des partenariats de couple, qui semble un peu déconnecté des notions de sentiments. Mais les contrats sont surtout là pour formaliser les liens sociaux entre les gens et les contrôler. Car au-delà de caméras de surveillance qui permettent d'avoir un oeil sur les allés et venues de tous les individus, ces contrats permettent de contrôler la façon dont les liens entre chacun évoluent, et permettent notamment de contrôler les naissances. Cet aspect est important puisque les Cocoons sont des lieux fermés, et il faut donc contrôler l'évolution de la population et des rapports humains, en particulière pour les néotènes.
Vous l'aurez compris je l'espère en me lisant, dès le premier tome, on comprend que l'on est face à une oeuvre très très riche, et je n'ai finalement abordé qu'une partie de la profondeur du titre. C'est bien simple, j'ai même déjà envie de le relire tant j'ai le sentiment qu'il faut plusieurs lectures pour en saisir la portée. Et ce n'est pas la seule force de ce récit, car ce qui m'a le plus transporté, c'est l'ambiance magnifique que Gin Toriko a réussi à poser. Une ambiance pleine d'émotions alors même que cet univers semble assez aseptisé, et qui évolue jusqu'à une fin mélancolique et très amère, qui ouvre vers une suite qu'on imagine encore plus forte en émotions.
Ainsi, ce premier tome de Nos Temps Contraires, que j'attendais énormément, fut un énorme coup de coeur pour moi. On est totalement dans la science fiction que j'aime, porteuse d'une ambiance vraiment propre que seule la SF peut avoir, avec une richesse thématique qui fonctionne en parallèle de nos sociétés. Gin Toriko a pris à bras le corps le genre et l'a traité avec le soin et la précision indispensable à la réussite d'une bonne histoire de science fiction. Ainsi, ce premier volume, d'une grande richesse, appelle déjà à une relecture pour moi, et appelle, évidemment, à être suivie durant les huit tomes qu'elle comptera. Un premier tome à lire absolument selon moi, au moins pour vous faire une idée de la profondeur et de la qualité du titre, car mes mots sont insuffisants je pense.
Lien : https://apprentiotaku.wordpr..
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Scaldie
  29 novembre 2020
C'est avec curiosité et enthousiasme que j'ai découvert ce nouveau titre du catalogue des éditions Akata. Il faut dire que j'ai plaisir à suivre les publications de cette maison, à la fois pour la qualité des mangas proposés, pour la diversité des thématiques abordées et pour la maturité des histoires publiées. Toutefois, je ne me serais peut-être pas arrêtée sur cet ouvrage en particulier si je n'avais pas eu une bonne opinion des éditions Akata et si je n'avais pas lu les critiques élogieuses des autres lecteurs, car la couverture et le résumé ne me parlaient pas plus que ça. Je dois même avouer que si je m'étais arrêtée à la couverture, je n'aurais pas été plus loin car elle ne me plaît vraiment pas... Même si je lui reconnais un petit côté intriguant.

Pourtant, j'ai bien fait d'être curieuse et de me laisser tenter. J'ai passé un très bon moment de lecture avec Nos temps contraires et j'ai été surprise d'apprécier les graphismes intérieurs alors que la couverture n'était pas à mon goût. Les personnages, notamment, sont très réussis. le dessin n'est pas la seule réussite, car l'écriture des protagonistes est elle aussi brillamment exécutée. Les quatre héros – jeunes adultes coincés dans un corps pré-adolescent – possèdent chacun une personnalité travaillée (quoique versant légèrement dans le stéréotype culturel) qui ne demande qu'à se complexifier encore davantage dans les tomes suivants.

Car ce premier tome est avant tout une introduction, certes bien réalisée, mais qui n'en reste pas moins une sorte de prologue. En effet, ce qui me semble être la « vraie intrigue » se dessine dans les dernières pages de ce volume (apportant quelques explications à la couverture par ailleurs...)

L'univers inventé par l'autrice révèle sa complexité par petites touches, et on devine que seule une petite portion nous est livrée dans ce volume-ci : la vie dans l'espace et le renoncement à la vie sur Terre ; les contrats régissant les interactions sociales et affectives ; la surveillance ; les manipulations génétiques et l'émergence de nouveaux êtres humains ; etc. Je demande donc à voir ce que ça va donner dans la suite !

Le background de Nos temps contraires est donc ambitieux. le début de la lecture peut d'ailleurs se révéler un peu difficile, ou plutôt déroutant (notamment parce que les héros sont de jeunes adultes, mais avec l'apparence de jeunes ados) Mais après quelques pages, la lecture devient plus fluide et plus haletante. le manga se lit d'une traite, malgré la densité de son propos et de son texte.

J'espère que les différents aspects introduits ici seront creusés par la suite car les thèmes soulevés par ce premier volume ont un potentiel énorme. Il serait fort dommage qu'après une telle mise en bouche le manga se contente de rester dans les schémas classiques du Shojo, catégorie à laquelle il appartient ; fort dommage qu'il se concentre sur la dimension romantique au détriment de la dimension SF...

C'est donc avec un enthousiasme réservé que je conclus cette critique : si les prochains tomes sont à la hauteur des promesses faites par ce premier volume, et que la dimension romantique n'efface pas l'intrigue plus globale, je serai vraiment ravie. Pour l'heure, même si j'ai été enthousiasmée par ma lecture, je ne peux pas prédire comment le manga va évoluer et c'est toujours un peu délicat quand on ignore la tournure que va prendre la suite... Dans tous les cas, je lirais le tome 2 avec plaisir (même si la couverture me plaît encore moins que celle du tome 1 - argh !)

J'ai reçu ce manga dans le cadre de l'opération Masse Critique. Je remercie donc Babelio et les éditions Akata pour l'envoi de ce premier tome.
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Lesvoyagesdely
  10 décembre 2020
« Nos temps contraires » est une nouvelle série d'Akata qui sera en 8 tomes et de science-fiction. J'avais un bon a priori dessus, mais quelle tuerie et ceux à différents niveaux.
Non seulement, le manga nous en met plein les yeux, mais en plus il nous fait réfléchir, et aborde une science-fiction de qualité.
Le tout en gardant des airs mystérieux et poétiques.
Le graphisme est magnifique, prodigieux, surtout sur certaines pleines pages et tout ce qui met en avant l'espace, la vue sur la Terre, l'effet est vraiment très fort et nos yeux sont totalement happés et restent là à regarder, à profiter.
La couverture est magnifique elle aussi, la façon dont ressort le titre, avec la planète bleue, notre Terre juste derrière. Et ces personnages mystérieux de la couverture, dont les cheveux dégagent vraiment quelque chose.
Nous allons faire la connaissance de jeunes gens attachants : Arata, Tara, Caesar, et Louis, qui ont une grande particularité. On nous dit qu'ils ont 20 ans, mais ils encore un corps d'enfant, le décalage fait vraiment bizarre. Apparemment, ils sont privilégiés, ce sont des néotènes. Ils pourront vivre longtemps, bien plus que leurs propres parents. Ils ont également une famille qui leur permet d'être à l'abri du besoin.
C'est à travers leurs regards, leurs expériences, que nous apprenons à connaître ce monde, son fonctionnement, et que nous nous interrogeons plus largement sur la société.
Arata est adorable, attachant, mais assez discret, et nous voyons que c'est du coup celui qui a le moins de succès, car il ne sait pas plaire, faire le « show ». Bien que Tara, elle le défende de tout son coeur.
Arata a également toujours le visage masqué. C'est étrange, n'est-ce pas ? Ça m'a immédiatement frappé. Nous avons plus ou moins des débuts d'explications sur le sujet.
Cela m'a d'autant plus frappé vu la situation actuelle avec le coronavirus, et tout le monde masqué.
La relation entre ces quatre jeunes gens est intéressante, forte, ils ont traversé beaucoup de choses ensemble. Ils sont liés. Ce sont des partenaires. Je vous laisse découvrir la notion de partenaire et de contrats, mais également, et en toile de fond, des implications qui portent fortement à questionnement.
Ils ont des caractères très différents. Celui qui va faire fondre toutes les filles : Caesar. Celui qui est un artiste et aussi un rebelle, et qui les amène également à s'interroger tout en risquant de les mettre en danger : Louis (celui avec qui j'ai le plus de mal). La seule fille du groupe : Tara.
A travers eux, nous nous interrogeons également sur la Terre, sur ce qui s'est passé. Eux ne l'ont pas connu, mais ils voient des anciens en être nostalgique, rêvaient d'y retourner, mais ironiquement ce sera sans doute impossible pour eux, peut-être pour une génération future et/ou les néotènes.
Ils vont d'ailleurs faire une séance de cinéma très spéciale, c'était vraiment un sacré moment et loin d'être comme nous le connaissons.
Au niveau des thématiques intéressantes : il y a l'espérance de vie, la vie ailleurs que sur Terre, l'amour qui semble être prohibé, malsain, et où il y a plutôt des partenaires, contrats, le cas spécifique des néotènes, le fait d'être en permanence observé et du coup à ne pas vraiment pouvoir être soi-même, le fait d'être au sens de toute l'attention, le fait de devoir répondre à certaines attentes, être aimé pour son physique, être avec quelqu'un pour son statut, etc.
En bref, c'est d'une grande richesse, pour notre plus grand plaisir.
Mais là, où leurs vies vont basculer à jamais, c'est quand une jeune femme est introduite, ainsi que l'endroit de la rencontre, et le fait que ce soit différent de tout ce qu'ils connaissent. Un personnage mystérieux, étrange, d'une beauté troublante, etc.
Un tome qui nous emporte, nous transporte, nous intéresse, un avant-goût de la suite qui est prometteur, et où ils auront grandi. C'est fascinant, intrigant, avec un graphisme qui y participe, et beaucoup d'interrogations intéressantes. Akata a fait fort, et quel plaisir de pouvoir découvrir ce manga de science-fiction grâce à eux.
Il y aurait tellement à dire, après lecture c'est une tempête. L'autre chose qui va d'autant plus raisonner en nous actuellement, c'est le côté confiné.
Et nous avons une bonne représentation de la diversité culturelle et autre.
Lien : https://lesvoyagesdely.wordp..
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critiques presse (2)
Actualitte   23 avril 2021
Complexe et envoûtant, Nos Temps contraires vous embarque dans l’oppression silencieuse de ses grands vaisseaux.
Lire la critique sur le site : Actualitte
MangaNews   26 octobre 2020
Nos Temps Contraires a un univers aussi intelligent qu'ambitieux, l'amorce de l'histoire que constitue ce tome amène de manière fluide toutes les subtilité de cette société spatiale, tandis que l'alchimie entre les quatre protagoniste est suffisamment forte pour nous envoûter illico, au même titre que l'ambiance de ces premiers chapitres.
Lire la critique sur le site : MangaNews
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
gwendalgwendal   10 décembre 2020
Pardon, pardon ...
Je parle simplement d'engagement officiel, pas de choses aussi immorales que l'amour ou je ne sais quoi ...
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FMKFMK   29 novembre 2020
Ses membres blancs et élancés, ses longs cheveux onduleux d'un vert pâle, vacillant dans la lumière des lanternes rouges. (...) Elle était si belle qu'elle semblait sortir tout droit d'un de ses contes interdits.
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pommerougepommerouge   03 novembre 2020
Pourquoi les descendants des terriens...Ne croient-ils plus en la pureté et la noblesse du sentiment amoureux ?
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FrednardFrednard   13 avril 2021
Les anciens récits n'ont jamais été numérisés, ils doivent être tenus cachés [...] Ces ouvrages ont toujours été, pour l'humanité, un moyen de partir loin, très loin... Si loin qu'ils ont été proscrits.
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Vidéo de Gin Toriko
"Nos Temps contraires", manga de science-fiction de Gin Toriko et Senta Nakazawa, vient de remporter le Prix Seiun 2021, catégorie manga. Ce prix est décerné annuellement par les membres de la Convention nationale japonaise de science-fiction. A cette occasion, nous vous dévoilons un trailer pour vous plonger dans l'univers de cette oeuvre d'actualité !
Découvrir le premier chapitre en lecture gratuite : http://www.akazoom.fr/nos-temps-contraires-t1
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#NosTempsContraires #InstantShôjo
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