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EAN : 9782916488448
108 pages
Éditeur : Editions La Louve (22/06/2011)
4.62/5   8 notes
Résumé :
Berceau du fauvisme grâce à Henri Matisse et André Derain, tombeau du poète espagnol Antonio Machado, Collioure possède à juste titre une renommée mondiale. À travers ce texte humainement - amoureusement - habité, Brice Torrecillas rend hommage à cette belle cité de la Côte Vermeille et aussi à René Francès, l’ami disparu qui lui a permis d’aller au-delà des clichés touristiques. René habitait Collioure, et Collioure habitait René : passionné de peinture et de tauro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
LydiaB
  18 février 2012
Ce livre me touche particulièrement. J'ai vécu trente ans en Catalogne, dans un petit village à une dizaine de kilomètres de Collioure. Tout comme Brice Torrecillas, je n'en étais pas native, ma famille non plus d'ailleurs. Et même si j'aime cette région, si j'y suis arrivée alors que j'étais encore dans le berceau, je n'ai jamais pu me sentir catalane.

L'auteur rend ici un fabuleux hommage à cette ville, et, à travers elle, à toute cette région où les habitants sont certes coriaces mais chaleureux. Ce que j'aime dans ce texte proche de la prose poétique, c'est que Brice Torrecillas ne mâche pas ses mots. Nous ne sommes pas ici dans l'éloge pur et dur. Non. Il décrit son ressenti, ses émotions telles quelles, sans ménagement. Il n'hésite pas à décrire les points négatifs de ces gens qui vous font ressentir que vous n'êtes pas de chez eux tout en vous acceptant - et c'est là toute l'ambiguïté - mais ces quelques inconvénients sont très vite effacés par la chaleur qui se dégage de ses habitants. Bel hommage à cette ville connue pour ses peintres, cette ville colorée où se mêle mer et montagne, barques et vignes. Bel hommage également à cette figure emblématique qu'était René Francès que je n'ai pas eu l'honneur de connaître mais dont on m'a parlé. René Francès, l'emblème de Collioure, son défenseur acharné, son ambassadeur.

Je le disais au départ, je ne me suis jamais sentie catalane. Pour autant, ceci ne m'a pas empêchée d'apprendre le catalan, de chanter L'Estaca dont parle Brice Torrecillas, "l'hymne" de la région, d'aller même boire un café - au sortir d'un concert avec la chorale dont je faisais partie - avec l'autre grande figure, Jordi Barre... de m'intéresser à la culture régionale, d'aimer les gens de cette région et de m'en faire apprécier. Ce livre a eu, sur moi, l'effet de la madeleine de Proust. Je l'ai refermé avec quelques larmes dans les yeux... émue et nostalgique.

Que dire de plus, sinon un grand merci, un très grand merci à son auteur ?
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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LiliGalipette
  18 juin 2011
Texte de Brice Torrecillas. À paraître le 24 juin.
Au hasard de ses souvenirs et de ses promenades dans la ville, Brice Torricellas, Toulousain, parle de Collioure. Tout commence avec une visite au cimetière : il se recueille sur la tombe d'Antonio Machado, poète espagnol venu mourir dans la citadelle. La sépulture est couronnée d'une boîte aux lettres qui ne désemplit pas. « Une boîte aux lettres sur une tombe. La preuve est faite que les poètes ne meurent jamais. »
Mais celui à qui Brice Torricellas vient vraiment rendre hommage, c'est à son ami René Francès, Colliourenc jusqu'au bout des ongles. « Je voudrais qu'on n'oublie pas René. C'est lui qui m'a livré l'âme de Collioure. Il aimait son village au point que j'ai du mal à les distinguer l'un de l'autre. Je voudrais parler de René. Je voudrais parler de Collioure. » Pour toujours lié à la ville, René était une figure locale, amateur de peinture et de tauromachie, bon vivant et plus généreux que Saint Martin. C'était aussi un caractère. « Sale caillou, le René. À manier comme le camion du Salaire de la peur. le genre de type capable d'exploser en public mais également de battre froid durant des mois voire des années le pauvre bougre qui avait osé lui déplaire une seconde. » À la façon d'Aragon, Brice Torricellas pourrait dire « Il ne m'est Collioure que de René » tant l'homme est indissociable de la ville.
L'auteur ne cherche pas à expliquer pourquoi il aime la cité. « Je ne pourrais pas dire que j'ai appris à aimer Collioure puisqu'elle m'avait conquis sur-le-champ (elle : le féminin m'est venu tout naturellement. Chaque ville a un sexe et je sais que Collioure est une femme. Sa tenue de combat n'y change rien ; Collioure est une Jeanne Hachette, une Jeanne d'Arc...). » Avec humilité, il reconnaît qu'il ne sera jamais Colliourenc, mais il ne peut se défendre d'un sentiment profond pour cette ville fière qui ne se donne pas au premier venu.
Généreuse et accueillante avec les artistes (Braque, Ernst, Matisse, Dali et tant d'autres), Collioure est une ville de couleur et elle sait ce qu'elle doit aux peintres, notamment aux fauvistes. « Les Colliourencs ne sont pas stupides, ils ont fini par comprendre que ces curieux bonshommes pouvaient les aider à aimer encore plus leur village, à le regarder différemment. À présent ils savent qu'une plage peut être rouge, un ciel vert et violet, qu'ils ne vivent pas dans un décor de carte postale mais bel et bien dans un tableau de maître. » Collioure n'est pas faite pour les touristes avides de plage et de plaisirs faciles. Collioure a l'élégance des villes qui ont traversé les âges et qui portent haut leurs rides, comme autant de nouveaux atours.
À l'issue de cette lecture, j'ai bien envie, comme l'auteur, de m'essayer à quelques hasardeux ricochets avec les galets de la plage ou de m'asseoir à une table du restaurant Les Templiers et de m'y soûler les yeux de toutes les toiles qui couvrent ses murs. J'aimerais, le 31 décembre, fêter le 16 août une nouvelle fois. Puisqu'on naît Colliourenc et qu'on ne le devient pas, j'aimerais juste goûter quelques anchois de là-bas et lever mon verre (de Banyuls) à la cité.
Un grand merci à Jean-Louis Marteil, des éditions de la Louve pour m'avoir envoyé ce texte. de la même collection, j'avais également apprécié Oradour-sur-Glane aux larmes de pierre. Ces petits carnets de voyage rendent de beaux hommages à des villes chargées d'histoire et de mémoire, où les habitants ont le sentiment d'être nés quelque part.
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dedanso
  21 octobre 2016
Ce livre m'a été prêté par ma mère, colliourencque d'adoption après avoir épousé mon père. Lui n'était pas un "étranger" mais un colliourenc pure souche depuis de nombreuses générations.
J'ai moi-même vécu à Collioure les six premières années de ma vie et y suis retournée bien souvent en pélerinage depuis. Collioure, que l'on a dû quitter, reste pour nous comme le souvenir des plus belles années familiales. Et c'est toujours avec plaisir que j'écoute mon père ou mon parrain me raconter des anecdotes sur la vie au village, sur les amis, les "bagarres" entre les jeunes du faubourg et ceux de la ville, les mauvais tours joués par les enfants à leurs voisins (la Guerre des boutons n'est pas loin).
C'est tout cela que j'ai retrouvé dans ce livre-témoignage : des lieux forts (la tombe de Machado qui se trouve à quelques mètres de celle de ma mémé, la Chapelle Saint-Vincent - symbole de la rencontre de mes parents, les Templiers où sont accrochés des portraits de mon pépé...), des personnes connues, des plats typiques (nous mangeons toujours des boles de picolat ou boulettes à la catalane, des poivrons aux anchois, des bougnettes), des événements (la Procession de la Sanch qui me faisait un peu peur et lors de laquelle je cherchais à reconnaître les chaussures de mon père sous l'habit rouge ou noir, les fêtes de la Saint-Vincent et le feu d'artifice du 15 août...), des musiques et des danses (ah la sardane !) et les exilés du franquisme dont faisaient partie ma grand-mère et sa soeur.
Pour moi, le meilleur moment pour retourner là-bas reste l'hiver, lorsque les touristes désertent le village et que la mer se déchaîne. Car l'été, à Collioure "on pêche avant tout le touriste", "ces barbares étaient si nombreux qu'ils me cachaient sa beauté. Sous leurs pieds ou sous leurs culs, on pouvait tout aussi bien imaginer une station balnéaire coulée dans le béton" comme le dit si bien l'auteur.
Les Colliourencs apprécieront l'hommage, les adoptés ou exilés pourront faire comme si Collioure était vraiment chez eux, et les autres pourront peut-être un peu mieux comprendre ce village de catalans au caractère fort, joyeux, pur et pudique.
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PaulMer
  19 juin 2019
Un vrai bonheur pour tous ceux qui aiment cette ville et une occasion de la découvrir pour les autres.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   18 février 2012
Faire corps. Rester groupés pour lutter contre les menaces.
Le code de conduite peut paraître quelquefois pesant, comme on me l'a confié avec une certaine gêne. Difficile sinon impossible de sortir du rang, de mettre en avant sa singularité. Celui qui essaie de vivre selon des normes qui n'épousent pas exactement celles du village risque à tout moment d'en payer le prix. En poussant le bouchon un peu loin, on doit être Colliourenc avant d'être soi-même.
En revanche, les gens venus d'ailleurs qui seraient tout prêts à respecter le règlement ne pourront jamais vraiment s'intégrer. J'ai entendu ironiser sur ces anciens touristes qui s'installent ici pour leur retraite ou pour changer de vie. C'est vrai qu'ils sont un peu ridicules dans leurs tentatives effrénées de parler le catalan sans parvenir à gommer leur accent lyonnais ou parisien, de danser la sardane comme des petits chiens savants. Tant d'efforts si mal récompensés... Les artistes jouissent bien sûr d'un statut particulier (on sait ce qu'on leur doit et dans leur cas le processus s'inverse, tout peintre est un peu de Collioure, quand bien même n'y aurait-il jamais mis les pieds) mais si on accueille les autres avec hospitalité, si on les respecte pour ce qu'ils sont, ils resteront toujours des étrangers. Avant d'ouvrir leur manuel du parfait petit Catalan, pourquoi n'ont-ils pas ouvert simplement les yeux ? Ils se seraient aperçus qu'on ne devient pas Colliourenc, on l'est par la naissance. Le contraire des anchois, en somme : ce n'est pas la préparation qui importe, c'est la provenance.
On peut le regretter. On peut aussi tenter de comprendre. Leur identité a subi tellement de coups que les Colliourencs se méfient même des caresses.
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 mai 2011
« Les Colliourencs ne sont pas stupides, ils ont fini par comprendre que ces curieux bonshommes pouvaient les aider à aimer encore plus leur village, à le regarder différemment. À présent ils savent qu’une plage peut être rouge, un ciel vert et violet, qu’ils ne vivent pas dans un décor de carte postale mais bel et bien dans un tableau de maître. »
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 mai 2011
« Je voudrais qu’on n’oublie pas René. C’est lui qui m’a livré l’âme de Collioure. Il aimait son village au point que j’ai du mal à les distinguer l’un de l’autre. Je voudrais parler de René. Je voudrais parler de Collioure. »
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 mai 2011
« Je ne pourrais pas dire que j’ai appris à aimer Collioure puisqu’elle m’avait conquis sur-le-champ (elle : le féminin m’est venu tout naturellement. Chaque ville a un sexe et je sais que Collioure est une femme. Sa tenue de combat n’y change rien ; Collioure est une Jeanne Hachette, une Jeanne d’Arc…). »
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LiliGalipetteLiliGalipette   20 mai 2011
« Sale caillou, le René. À manier comme le camion du Salaire de la peur. Le genre de type capable d’exploser en public mais également de battre froid durant des mois voire des années le pauvre bougre qui avait osé lui déplaire une seconde. »
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