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EAN : 9782266327534
304 pages
Pocket (29/09/2022)
4.07/5   36 notes
Résumé :
« J’ai toujours envie de te gifler… Continue à écrire et on va continuer à faire l’amour puisqu’il n’y a que ça qui marche entre nous. Tu vas signer la paperasse de mon père… Je vais avoir une autre vie, Jean, mais, dans cette autre vie il y aura un tiroir secret, et dans ce tiroir il y aura toi. Et si un jour tu as quelque chose à me proposer, dis le-moi. Ne regarde pas mes larmes, elles ne veulent pas dire grand chose, écris, mon Jean, surtout n’arrête pas, j’aime... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
montmartin
  08 septembre 2021
Certains lecteurs retiendront la filiation, que revendique Philippe Torreton, avec la poésie de la nouvelle de Jean Giono « l'homme qui plantait des arbres », pour d'autres ce roman est une histoire d'amour, une passion improbable entre deux êtres que tout oppose. Pour ma part, j'ai été très sensible à la qualité de la plume de Philippe Torreton qui m'a rappelé deux auteurs, l'un contemporain, Pierre Lemaitre et son inoubliable « Au revoir là-haut », l'autre le grand Emile Zola, la même écriture vivante, réaliste avec des descriptions précises qui font mouche à chaque fois.
Beaucoup de romans ont été consacrés aux ravages physiques et psychologiques de la Grande Guerre sur les soldats survivants, mais c'est vraiment la première fois que j'entends parler de la guerre comme ça, Philippe Torreton m'a totalement subjugué avec le portrait de Jean Fournier, cinq ans de guerre, deux bras et deux jambes valides, une tête avenante épargnée par l'obus et la baïonnette, Jean est un miracle, mais cette guerre dont il est revenu physiquement intact, va le vandaliser en une longue et violente destruction de chaque jour. Une guerre qui s'invite en permanence dans sa tête, son avenir s'est fracassé à Verdun. Il est revenu de parmi les morts et là est son erreur. Même son épouse pense qu'elle est la seule veuve de guerre dont le mari est vivant. Un homme dont l'unique planche de salut est d'écrire, pour les morts, pour ses morts.
Un portrait ineffaçable, espérons que les jurys des prix littéraires ne passeront pas à côté de ce grand roman.
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thisou08
  09 février 2022
C'est un livre qui m'a marquée au fer rouge.
Et qui a suscité en moi cette interrogation : comment un homme, né en 1965, peut-il retranscrire avec un tel réalisme la douleur insoutenable du traumatisé qui a vécu la guerre 14/18 dans sa chair et son âme ?
Le talent, peut-être, et même sûrement.
Car Philippe Torreton, que j'ai déjà rencontré avec "mémé", a une écriture ébouriffante et, parfois, effrayante.
Son texte est parsemé d'expressions inattendues qui interpellent comme « tousser une cigarette » ou « laisser le cours d'eau de sa mémoire reprendre son lit ».
Quant à son non héros, Jean...
Revenu sain et sauf de cette guerre affreuse alors que tant d'autres sont soit morts soit atrocement mutilés, quelle chance !
Et bien non, car dans sa tête, la guerre continue, nuit et jour, elle ne lui laisse aucun répit. Il n'a jamais quitté cette guerre, cette guerre ne l'a jamais quitté. Elles est là, toujours présente, oppressante, brutale, atroce, inhumaine, avec ses odeurs pestilentielles, ses corps déchiquetés, ses hurlements d'agonie.
Son seul répit, c'est lorsqu'il fait l'amour avec Alice. Un bref instant, un court instant, il échappe à l'horreur, l'étau se desserre. Ils s'aiment éperdument mais la guerre se dresse entre eux dans toute sa noirceur. Et Alice, malgré tout son amour, sa joie de vivre, ne peut rien faire pour le soulager, sauf se donner à lui.
Il s'apaise aussi lorsqu'il part rejoindre, dans les montagnes, le berger qui plante des arbres et qu'il a rencontré avant guerre.
Un sacré réquisitoire contre la guerre écrit avec brio, une balade un peu décousue, mais non dépourvue de charme, au travers des années 1920 à 1947.
Une postface ainsi que les remerciements explicitent la genèse du livre.
A découvrir absolument.
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Lilubelle
  09 septembre 2021
J'avais beaucoup aimé Mémé et le regard de Philippe Torreton dans Nous qui sommes devenus le mauvais temps. On suit ici le parcours de Jean, dramaturge dont la première vient de se dérouler avec succès à Paris. Rescapé de la Grande Guerre, il est la seule personne connue d'un berger récemment décédé. Quel lien les unit ? Jean va alors écrire leur histoire en qualité de « seul témoin direct ». Les chapitres de ce livre ne se suivent pas chronologiquement ce qui me gêne toujours en lecture. Les images de charniers et les faits de guerre hantent Jean au quotidien. Il reprend néanmoins son travail dans une banque. C'est un véritable conte de fées, il épouse Alice, la fille de son employeur. Taiseux dans la vie, Jean devient un bûcheron des mots encouragé avec le soutien sans faille de sa femme. Il écrit de la poésie, du théâtre sans relâche et devient même biographe. de l'entretien de ce jardin thérapeutique souffre son mariage avec Alice. Je n'ai pas cru au personnage de Jean, à l'existence de ce couple si rare dans ce contexte social, « exceptionnel » justement comme Jean qualifie ce berger au début de son histoire. Je suis néanmoins ravie d'avoir lu un livre qui prône l'absolue nécessité de planter des mots et des arbres plutôt que des croix dans le sol.
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luparahlam
  25 avril 2022
J'ai eu l'immense privilège de rencontrer Philippe Toretton au salon du livres de Bondues. Un moment doux devant un homme plein de tendresse. J'ai acheté 3 livres dont celui-ci. Sa dédicace : "merci très chère Ahlam de repartir avec Alice et Jean. Passez du bon temps avec eux, je les aime !" Eh bien je plussoie fort et haut ! J'ai passé un temps de lecture immersive et j'ai senti à quel point P.Torreton avait de l'amour pour eux et qu'il avait eu, certainement, du mal à les quitter en écrivant le mot Fin. D'ailleurs, sa postface s'en ressent et ses remerciements de fin, principalement à Jean Giono, dont le livre en est empreint le prouve.
Si la construction peut perdre, on navigue entre 1920 et 1947, les années se chevauchant sans ordre, ça n'enlève rien à l'histoire !
Jean, qui revient de la grande guerre "désespérément beau" physiquement intacte alors que son âme est restée là-bas dans les charniers et la boue à "fréquenter les ombres". Jean qui rencontre Alice à l'inauguration d'un ascenseur dans une banque et c'est le coup de foudre immédiat, absolu, irréel.
Lui le taiseux, poète, de milieu rural et elle, la flamboyante, l'amoureuse, d'un milieu aisé. Tout les oppose sauf l'amour. Et Jean ne peut revenir à la surface qu'en pensant à ce berger, Elzéard, qu'il a connu avant que la guerre ne l'abîme. Jean ne peut revenir à la surface que dans les bras d'Alice qui dit "Je suis la seule femme de soldat à vivre auprès de mon mari absent". Jean qui s'acharne à monter sa pièce de théâtre. Alice qui l'attend.
C'est un livre fort, beau par l'écriture, par les personnages, par ses 2 guerres mondiales que l'auteur a su mettre en perspective, c'est un livre aussi sur les arbres, la persévérance, l'amour et les silences.
C'est une belle histoire. C'est un beau roman.
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Delivresenaiguilles
  15 juin 2021
C'est une histoire de vie, une vie abimée, une vie amochée, celle du protagoniste principal de cette histoire.
On suit la dure reconstruction de Jean, estropié par la 1ière Guerre mondiale. Il est revenu indemne physiquement mais broyé psychologiquement. Grand timide, il reste au second plan, fuit le contact et les conflits au péril de son bonheur.
A travers le temps, on découvre le Chaos qu'il vit, mais aussi l'impact sur ses proches, notamment Alice, son coup de foudre. Cette fille de bonne famille, folle amoureuse de lui, mais contrainte à être séparée de lui par son père et à reconstruire une autre vie avec un homme plus « politiquement correct ».
Ce récit de vie est captivant, le personnage de Jean est très touchant. L'auteur a su par les mots retranscrire ses sentiments à la perfection et nous emmener avec lui dans sa reconstruction non sans une certaine leçon de vie.
Un roman poignant sur les effets collatéraux de la Grande Guerre
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
thisou08thisou08   08 février 2022
Cet homme simple avait su, sans doute sans le vouloir, caler son rythme sur celui de la nature, et la nature n'a aucune intention, elle pousse, elle tire, craque et souffle, inonde de pluie ou de soleil, sans projet. Toutes les existences qui la composent subissent cette grande mâchoire en une destinée étroitement imbriquée. Cet homme avait su devenir un rouage de cette pétrisseuse, un simple rouage, comme le vent ou la pluie. Comme si la nature avait ajouté une corde à son grand arc en la simple personne d'Elzéard.
P 25 Robert Laffont
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montmartinmontmartin   07 septembre 2021
La paix, notion ridicule que l’on vénère après les massacres mais que l’on piétine à l’aube du moindre bruissement métallique, cette paix qu’il voulait maintenir, cette mauvaise paix dont il n’avait pas honte car la plus mauvaise des paix valait plus à ses yeux que la plus juste des guerres, cette paix le suivait comme un chien jaune collé à ses semelles fatiguées. 
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thisou08thisou08   09 février 2022
Tout passe, les heures, les nuages dans le ciel, emportés de la naissance vers la mort.
Ne t'attache pas à la chronologie affective des choses. C'est une très mauvaise manière de voir le monde.
Fais de chaque seconde une expérience enrichissante, sans t'inquiéter du temps qui fuit et des matins qui ne reviennent plus.
Le présent est la seule chose qui n'ait pas de fin.

Proverbe amérindien
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montmartinmontmartin   07 septembre 2021
 — Cette France-là, tu la reconnais toi ? Moi non. Regarde les comédiens, ils travaillent, ça rouspète un peu contre les coupures d’électricité, les privations mais à part ça… j’ai le sentiment que rien ne les dérange vraiment. Ils veulent jouer, les gens s’engouffrent dans les théâtres, ils veulent rire et ça tombe bien, Vichy n’autorise que ça. Si les gens avaient de quoi bouffer et se chauffer, y seraient même heureux, ces cons-là ! 
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montmartinmontmartin   06 septembre 2021
Une grande solitude l’avait envahi depuis toujours. Malgré les efforts de ses parents, la nature n’avait pas souhaité lui tresser un frère et une sœur. Il avait donc poussé seul, sans tristesse d’aucune sorte, mais sans stridences joyeuses non plus, préférant infiniment regarder et se taire à la frange du monde. 
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