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ISBN : 2843045746
Éditeur : Zulma (05/01/2012)

Note moyenne : 3.08/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Instituteur et marathonien, aussi vindicatif qu’idéaliste, Matus rêve de reprendre le Texas aux Gringos et nous embarque ainsi dans le plus tardif et le plus désopilant épisode de la guerre du Mexique – la reconquête de Fort Alamo – à la tête d’une armée improvisée, cinq adolescents un peu simplets convaincus de leur devoir : le Gros Comodoro, espèce de Sancho Pança tourneboulant, la très lunatique Azucena, et trois autres Illuminés tout aussi persuadés de la nobles... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
Sando
  24 janvier 2012
Matus, prof d'histoire et ancien marathonien aux rêves de gloire, n'a qu'une idée en tête : reprendre le Texas aux « gringos » pour le rendre aux mexicains. Pour cela, il décide de partir à la conquête de Fort Alamo, là où s'est jouée l'indépendance du Texas en 1836. Sauf que notre histoire ne se déroule non pas au début du XVIIIème siècle, mais plus de cent ans après, en 1968 ! Dans son projet fou, Matus entraîne avec lui cinq jeunes gens un peu simplets, qui rêvent d'autre chose que leur quotidien infantilisant, dans lequel tout ce que l'on attend d'eux est de faire de beaux dessins, savoir compter jusqu'à dix et connaître son alphabet…
Ainsi, cette drôle d'armée se compose du gros Comodoro, jeune homme plein de bravoure et de fantasmes, d'El Milagro, « le miraculé », seul rescapé d'un accident de voiture, du jeune Cerillo, enfant couvé par sa mère, qui part faire la guerre dans sa tenue du dimanche… Il y a aussi Ubaldo, l'artiste de la bande et le seul à prendre sa mission vraiment au sérieux et la jolie Azucena, tour à tour maîtresse, mère et infirmière du petit groupe. Menée par l'autoproclamé « général » Matus, cette armée singulière va tenter de marquer l'histoire par sa bravoure et son patriotisme invétéré…
« L'armée illuminée » est un roman rendu extrêmement drôle par son décalage permanent entre les grandes idées de gloire et de batailles de ses personnages et la réalité, souvent brutale, des faits. Toutefois, l'extravagance de certaines situations contribue grandement à rendre nos improbables héros plus humains et plus attachants que tous les autres personnages, dénués de fantaisie et de charisme. L'aberration de la guerre est dénoncée de façon originale, par l'absurdité même de ses soldats. Néanmoins, comme dans tout récit de bataille, celui-ci n'échappe pas à une certaine part de drame, car, si cette parodie de guerre amuse et séduit le lecteur par son surréalisme, elle n'en reste pas moins un affrontement armé, qui implique son lot de blessés et de tués… La force de ce récit réside donc dans son habileté à mélanger les genres et les tons, habileté qui charme et interpelle le lecteur à chaque instant. L'écriture de David Toscana est lumineuse, parfois grinçante et ne laissera personne indifférent. Une très jolie découverte pour ma part!
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traversay
  28 août 2012
Parfois, quand un lecteur a du mal à restituer ses impressions vis à vis d'un livre qu'il a, disons, moyennement apprécié, il emploie le qualificatif très pratique d'inégal. Avec le mexicain David Toscana, qui joue avec le réel et l'imaginaire comme d'autres avec le feu, c'est le lecteur qui se sent "inégal". Dans L'armée illuminée, certains passages sont très réussis, dans une veine comico-tragique ou encore héroïco-pathétique, et d'autres, malheureusement, laissent non seulement de marbre mais totalement décontenancés. de quoi parle ce livre ? D'une épopée donquichottesque, celle d'une poignée de "guérilleros" mexicains décidés à aller reconquérir le Texas, dût-il y avoir du sang impur de gringos versé. le décalage entre le récit minutieux de cette aventure et le grotesque de la situation donne lieu à des scènes savoureuses et grandioses. D'autant qu'on peut y voir tout un tas de métaphores sur le ridicule des guerres quelles qu'elles soient, sur l'arrogance yankee, sur le nationalisme exacerbé. Malgré quelques dérapages oniriques et/ou virtuels, il est assez aisé de suivre Toscana sur cette route. Mais l'auteur mexicain est du genre à multiplier les sous-intrigues, moyennant quoi on se retrouve piégé dans un récit aux allures de dédale. 1968 est l'année charnière du roman : celle où est entreprise cette dérisoire expédition, celle aussi du massacre des étudiants de Tlatelolco, celle enfin des Jeux olympiques de Mexico. Mateus, à la tête de l'armée illuminée, est aussi coureur de marathon, et a participé à celui des J.O de Paris de 1924, façon de parler puisqu'il n'y était pas, mais il l'a couru malgré tout, au même moment, en solitaire, dans sa bonne ville de Monterrey. Et il remet ça, 44 ans plus tard, l'esprit vif (?) et les jambes flageolantes. le roman commence et se termine sur l'exploit dérisoire et vain de ce héros aux grands idéaux. Il faut le lire pour le croire et après l'avoir lu, on n'est plus très sûr de ce qu'il faut croire. C'est tout l'art de David Tosacana que de brouiller les pistes et d'embrouiller l'esprit. Plus épuisant que d'avaler 42,195 km en petites foulées, pour dire la vérité.
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le-mange-livres
  11 avril 2013
"C'est justement la mère d'Arechavaleta qui m'a appelé, interrompt le directeur, vous vous êtes enflammé un peu trop durant votre cours d'histoire, vous auriez dû vous limiter à donner des dates, des noms, des évènements, tout ce qui n'est pas dans le manuel scolaire est politique, et les enfants ne viennent pas à l'école faire de la politique. Madame Arechavaleta vous a accusé de faire de l'école un nid de communistes. Il n'était pas nécessaire de leur parler de cette guerre, ni de faire passer les Etats-Unis pour nos ennemis. Il suffisait de leur rapporter que Santa Anna leur avait vendu le territoire, il est plus sain de haïr un président mort que nos voisins du Nord".
Et voilà, c'est encore arrivé. Après avoir une nouvelle fois défendu une version très partiale et personnelle de la guerre du Mexique, Matus se retrouve à la porte de l'école ... mais il a su toucher quelques jeunes esprits enflammés par ses discours patriotiques et romanesques. Don Qichotte d'opérette et marathonien borné, il entraîne alors ses ouailles, une bande débraillée d'écoliers à peine capables de jouer aux dominos, dans un périlleuse reconquête du Nouveau-Mexique où le besoin de héros valeureux se fait impérieusement sentir, une aventure résolument décalée qui laissera des traces indélébiles.
"Nous sommes peu, dit Comodoro, mais la patrie préfère une poignée de vaillants à une cohue de poltrons. Gardez sur notre but le plus grand secret jusqu'à recevoir des ordres d'en haut. Azucena n'e peut plus, elle se dirige vers Comodoro et l'embrasse. On entend des applaudissements. L'institutrice de retour demande le silence".
Illuminée, cette armée, elle l'est ! Dans un récit aussi farfelu que drôlatique, Toscana entraîne son lecteur sur les pistes poussiéreuses du Nord du Mexique, au rythme haletant d'aventures picaresques sans cesse renouvelées, le jeune âge des protagonistes confrontés à une situation qui les dépasse fournissant un réservoir inépuisable de rebondissements.
"Comment gagne-t-on une guerre, Matus ? demande Azucena d'un air distrait, en crachant dans ses doigts pour nettoyer une tache sur la chaussure de Cerillo, il faut tuer tous les Gringos ?"
Le ton est divertissant ; les aventures rocambolesques comme on les aime ; les personnages touchants de maladresse, et si attachant (même le chef de meute totalement barré). Séduisant sur le principe, plutôt déjanté, mais fatigant et à la longue assez triste, L'armée illuminée laisse une impression mitigée et le sentiment de ne pas avoir suivi complètement David Toscana dans ses délires.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Charybde2
  17 mars 2013
Baroque épopée de la reconquête mexicaine du Texas par 5 enfants et leur mentor marathonien...
Paru en 2006 (en 2012 chez Zulma pour la belle traduction française de François-Michel Durazzo), le septième roman du Mexicain David Toscana est un étrange régal.
Ne se remettant pas d'un échec de jeunesse dans un étonnant "marathon à distance", n'acceptant pas l'historique remise du Texas aux Américains, un Mexicain se lance à la reconquête de Fort Alamo, avec son armée de... cinq pré-adolescents gentiment "illuminés", qui le suivent dans cette baroque équipée...
Récit d'une folle tentative guerrière, où l'ironie la plus pince-sans-rire côtoie en permanence le tragique le plus obsédant, rythmé par les obsessions sportives du chef comme par les doutes et les abnégations des enfants, cette croisade provoque d'abord une certaine incrédulité chez le lecteur, avant que la force de conviction de ses protagonistes n'emporte la décision, et fasse partager pleinement cette épopée lunatique...
Du grand art, une fois que l'on est entré dans la danse.
"Comodoro s'empare de la carabine et dit que c'est son tour. Il sait qu'il doit éliminer l'ennemi parce qu'il n'aurait pas autant de chance que Cerillo, il deviendrait sur-le-champ une boule de matière grasse en feu sans un seul volontaire qui s'offre pour l'éteindre, son destin serait aussi indigne que celui de la femme aux concombres, ou pire, parce que cette nuit ses amis la passeraient à griller des saucisses et à chanter autour de l'inextinguible flambée de son corps."
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fabifi
  06 avril 2013
D'une lecture exigeante, mais un bonheur quand on y est entré. Fantaisie, héroïsme pathétique, poésie, c'est un roman picaresque qui me donne envie de lire les autres titres de cet auteur mexicain.
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Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
le-mange-livresle-mange-livres   11 avril 2013
C'est justement la mère d'Arechavaleta qui m'a appelé, interrompt le directeur, vous vous êtes enflammé un peu trop durant votre cours d'histoire, vous auriez dû vous limiter à donner des dates, des noms, des évènements, tout ce qui n'est pas dans le manuel scolaire est politique, et les enfants ne viennent pas à l'école faire de la politique. Madame Arechavaleta vous a accusé de faire de l'école un nid de communistes. Il n'était pas nécessaire de leur parler de cette guerre, ni de faire passer les Etats-Unis pour nos ennemis. Il suffisait de leur rapporter que Santa Anna leur avait vendu le territoire, il est plus sain de haïr un président mort que nos voisins du Nord.
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AnasseteAnassete   22 février 2013
Au 467 de la rue Degollado se trouve un cabinet médical. La façade a été rénovée de telle sorte qu'il est impossible de reconnaître la vieille maison où vécurent Ignacio Matus et le gros Comodoro. Aujourd'hui elle est peinte en bleu et blanc, un panneau lumineux indique qu'on y soigne les maladies respiratoires.
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le-mange-livresle-mange-livres   11 avril 2013
Comment gagne-t-on une guerre, Matus ? demande Azucena d'un air distrait, en crachant dans ses doigts pour nettoyer une tache sur la chaussure de Cerillo, il faut tuer tous les Gringos ?
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le-mange-livresle-mange-livres   11 avril 2013
Son expression trahit un mélange de tristesse et d'ivresse. Il n'y a personne d'autre sur la photo, l'effet de solitude est accentué par toutes ces bouteilles sur la table, par le cendrier plein. C'est, sans nul doute, l'image d'un homme défait.
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le-mange-livresle-mange-livres   11 avril 2013
Nous sommes peu, dit Comodoro, mais la patrie préfère une poignée de vaillants à une cohue de poltrons. Gardez sur notre but le plus grand secret jusqu'à recevoir des ordres d'en haut. Azucena n'e peut plus, elle se dirige vers Comodoro et l'embrasse. On entend des applaudissements. L'institutrice de retour demande le silence.
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Videos de David Toscana (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Toscana
David Toscana - L'Armée illuminée .À l'occasion du Festival America 2012, qui s'est déroulé du 20 au 23 septembre à Vincennes, David Toscana vous présente son ouvrage "L'Armée illuminée" aux éditions Zulma.http://www.mollat.com/livres/david-toscana-armee-illuminee-roman-9782843045745.htmlNotes de Musique : 2 Bernstein/ Symphonic Dances From West Side Story - Prologue
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