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ISBN : 2070374157
Éditeur : Gallimard (17/11/1982)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 139 notes)
Résumé :
L'épisode des Rois Mages venus d'Arabie Heureuse pour adorer l'Enfant Jésus, s'il ne fait l'objet que de quelques lignes d'un seul des quatre Évangiles, a magnifiquement inspiré la peinture occidentale. Mais qui étaient ces rois ? Pourquoi avaient-ils quitté leur royaume ? Qu'ont-ils trouvé à Jérusalem — chez Hérode le Grand — puis à Bethléem ? L'Histoire et la légende étant également muettes, il incombait à un romancier de répondre à ces questions. C'est ce qu'a te... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
20 octobre 2015
De quelques lignes tirées du seul évangile qui les mentionne, l'auteur invente l'histoire des rois mages. Avant d'arriver devant la crèche et de participer à l'épiphanie, à l'apparition du dieu vivant et incarné, ces trois souverains ont dû partir, prendre la route à la suite d'une comète à la traîne d'or. Chacun poursuivait un but différent sans savoir que le petit enfant couché dans une mangeoire aurait le pouvoir de combler toutes les quêtes.
Gaspard est noir. Son amour pour la blonde Biltine, esclave trop belle, est un constant rappel de sa couleur de peau. « Je ne voulais rien reconnaître encore, mais j'en savais déjà assez pour comprendre que la blondeur était entrée dans ma vie par effraction, et qu'elle menaçait de la dévaster. » (p. 18) Dévasté par la trahison de son amante, empli de sanglots et de rage, Gaspard quitte Méroé pour oublier sa peine, son amour et fuir la blondeur. Sa caravane croise celle de Balthazar : le roi de Nippur est un esthète et un collectionneur d'art. Il cherche les plus belles images confectionnées par l'homme. Et puisqu'il est dit que Dieu a créé Adam à son image et à sa ressemblance, pourquoi est-il donc interdit d'aimer les images ? En les aimant, n'aime-t-on pas Dieu ? Hélas, l'idolâtrie est punie dans la religion de Yahvé. « Je sais maintenant que je ne retrouverai la lumière et le repos que le jour où je verrai se fondre dans la même image l'éphémère et bouleversante vérité humaine et la divine grandeur de l'éternité. » (p. 73) À la recherche de cette image et pour fuir l'étouffante rigueur de son royaume, Balthazar parcourt les rives de la Méditerranée pour collecter les beautés du monde.
C'est dans le palais d'Hérode que Melchior rencontre Gaspard et Balthazar. Prince de Palmyrène, Melchior a été dépouillé de son royaume par son oncle. Pour fuir la mort, il a pris la route avec un vieux domestique. Rêvant vaguement de retrouver son trône et les richesses de son pays, il pense se dissimuler dans la foule qui habite au palais d'Hérode à Jérusalem. Ce roi-là, le roi des Juifs, est majestueux et immensément puissant. « Je suis le roi d'Orient le plus ancien, le plus riche, le plus bénéfique à son peuple. Et en même temps, je suis l'homme le plus malheureux du monde, l'ami le plus trahi, le mari le plus bafoué, le père le plus défié, le despote le plus haï de l'histoire. » (p. 126) Hérode a tué tous ses fils : avançant en âge, il doute d'avoir un héritier. Et voilà qu'un astre chevelu annonce la naissance du nouveau roi des Juifs. le roi de Jérusalem envoie Gaspard, Melchior et Balthazar à la rencontre de cet héritier miraculeux, avec l'ordre impératif de venir lui rendre compte sous peine de représailles terribles. « Ils marchent vers l'étoile qui se hérisse d'aiguilles de lumière dans l'air glacé. » (p. 149) Et le voilà, l'enfant nu couché dans la mangeoire entre l'âne et le boeuf. Les trois souverains se recueillent humblement devant le futur sauveur des hommes, ce nouveau-né qui n'a rien de commun avec l'odieux Hérode. À genoux dans la paille, ils sont frappés par une profonde révélation d'amour. « Si tu attends d'un autre qu'il te donne du plaisir ou de la joie, l'aimes-tu ? Non. Tu n'aimes que toi-même. Tu lui demandes de se mettre au service de ton amour pour toi-même. L'amour vrai, c'est le plaisir que nous donne le plaisir de l'autre, la joie qui naît en moi du spectacle de sa joie, le bonheur que j'éprouve à le savoir heureux. Plaisir du plaisir, joie de la joie, bonheur du bonheur, c'est cela l'amour, rien de plus. » (p. 215)
Sur le chemin du retour, les rois mages rencontrent Taor, prince de Mangalore venu des confins de l'Inde à la recherche de la recette du rahat loukoum à la pistache. Taor est le quatrième roi mage, celui qui est parti trop tard et qui a manqué la rencontre avec l'enfant Jésus, mais celui qui préfigurera le sacrifice christique et qui, transfiguré par la première eucharistie, fera le premier l'expérience de la vie éternelle à ses côtés.
Si j'aime tant les textes de Michel Tournier, c'est parce qu'ils extrapolent à partir de textes fondateurs, religieux, païens ou historiques pour devenir de nouveaux textes fondateurs, ceux d'une mythologie littéraire complexe et sublime. Lisez le roi des Aulnes et Gilles et Jeanne. Lisez Vendredi ou les limbes du Pacifique. Et pour rester dans le champ biblique, lisez Eleazar ou la source et le buisson. En s'attaquant à des figures monumentales de la littérature, de l'histoire, de la culture populaire ou des religions, Michel Tournier forme des créatures en les ramenant à un niveau très humain : c'est au travers de leur destin qu'elles accèdent à nouveau au sublime, dépoussiérées et redorées, prêtes à défier une nouvelle fois l'éternité. « Les légendes vivent de notre substance. Elles ne tiennent leur vérité que la complicité de nos coeurs. Dès lors que nous n'y reconnaissons pas notre histoire, elles ne sont que bois mort et paille sèche. » (p. 44) Grâce à Michel Tournier, la légende des rois mages vivra longtemps.
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lecassin
25 mars 2012
Quelques lignes dans l'évangile de Matthieu, la seule des quatre à mentionner l'existence des (Rois) Mages :
Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem, Matthieu, II:1
Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l'enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l'adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe, Matthieu, II:11
« Des mages venus d'Orient ». Combien ? Comment s'appellent-ils ? Plus précisément, d'où viennent-ils ? On l'a vu, l'évangile ne le mentionne pas…
Il faudra attendre l'Évangile arménien de l'Enfance, déclaré ultérieurement « apocryphe » par l'Église catholique romaine, pour découvrir leur nombre et leurs noms Gaspard, Melchior et Balthazar , et qui resteront dans la tradition populaire…
Michel Tournier n'est pas homme a se satisfaire de si peu… Aussi laisse-t-il libre cours à son imagination et nous dévoile leur histoire, telle qu'il l'imagine. Il nous entraîne comme dans un voyage initiatique au travers de l'Orient, à la rencontre de rois arabes, de Cléopâtre, d'Antoine… On franchit le Nil, l'Euphrate…Mais aussi et surtout, on fait connaissance avec trois Rois victimes chacun d'une catastrophe :
Gaspard est roi de Méroé en Afrique noire. Tombé amoureux fou d'une de ses esclaves, Blitine, une phénicienne qui le mènera aux confins du désespoir, il décidera de s'éloigner pour un temps de son royaume.
Balthazar, souverain de Nippur en Chaldée. Inconsolable après la destruction du musée auquel il a consacré sa vie, il part en expédition et rencontre Gaspard.
Melchior vient de perdre son père, roi de Palmyrène, dans des circonstances douteuses. Il est évincé de la succession par son oncle. C'est la fuite avec son précepteur et pour seul bien, une pièce d'or à l'effigie de son père.
Un chagrin d'amour, la destruction de l'oeuvre d'une vie, un « coup d'Etat »… Amour, Art, Pouvoir…
Et pourquoi ne seraient-ils pas quatre, les trois Rois Mages ?
Michel Tournier, vient de nous montrer avec Gaspard, Melchior et Balthazar que seules quelques préoccupations existentielles peuvent détourner l'homme de son destin : l'amour, l'art et le pouvoir ; ou leur privation.
Foin de privation pour Taor, prince de Mangalore. Rien ne le pousse hors de son royaume : il est gourmand et part en expédition à la recherche de la recette du rahat loukoum à la pistache. Amour, Art, Pouvoir et… Gourmandise. Il partira d'Inde ; c'est loin... Arrivé trop tard, il finira dans les mines de sel du roi Hérode.
Un voyage initiatique à quatre voix d'une très grande beauté, porté par la prose incomparable d'un Michel Tournier au sommet de son art.
« Gaspard, Melchior et Balthazar » est un des chef d'oeuvre de la littérature française du XXème siècle et Michel Tournier un écrivain majeur… Oublié du Nobel ? Dommage.
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Malivriotheque
27 novembre 2016
Bien que la légende soit très prolifique sur la question, la Bible, elle, reste très succincte sur l'histoire des Rois Mages. Michel Tournier nous présente le parcours fictif qu'il imagine que ces trois ambassadeurs ont pris avant d'offrir leurs présents à Jésus...
Il existait un manque, Tournier l'a comblé. Les Rois Mages ont désormais une histoire, plus que de maigres représentations d'eux sur des chameaux censées les illustrer sur leur chemin. Ils ont désormais un nom, une vie, des soucis, des envies et des ambitions. Ils sont, grâce à Tournier, humains.
Chaque partie se concentre sur l'un des trois protagonistes et leur parcours jusqu'à Bethléem, avant que le livre bascule vers le portait d'Hérode, maître féroce des lieux à l'époque, la naissance de Jésus, et surtout le destin manqué d'un quatrième prince fictif, Taor, qui est arrivé trop tard pour rentrer dans le mythe. C'est plutôt bien construit et vraiment bien écrit, mais l'intérêt du lecteur n'est pas constant. Force est de constater que toutes les parties ne se valent pas, et que ça traîne souvent en longueur. J'ai pour ma part plutôt apprécié le récit de Balthazar, animé par le beau et effrayé par la vieillesse.
Cet ouvrage fictif qui cherche à agrémenter un récit biblique souffre néanmoins d'un grand paradoxe : on le lit peut-être parce qu'on s'intéresse à l'histoire des rois mages. Mais dès qu'on quitte l'imaginaire, dès qu'on quitte l'invention de ces trois vies et l'interprétation du règne d'Hérode, personnage historique contrairement aux autres, et qu'on revient dans la pure tradition biblique avec Marie et Joseph qui se cherchent un coin de paille pour accoucher de l'enfant Jésus, le livre perd en saveur car il rentre trop dans le religieux. Question de perception ? Peut-être qu'un lecteur fervent croyant apprécierait plus ce retour à l'essence même du mythe, le fait de laisser derrière soi l'imaginaire pour revenir dans un domaine connu. Pour une personne athée, c'est là que ça devient trop, assez cliché, même si encore une fois le style est magnifique.
Finalement, ce livre a plus de saveurs quand il reste dans l'invention. D'autant plus que les "rois mages" entreprennent tous leur voyage vers Bethléem sans savoir quel est leur but final, et en quittant leurs royaumes respectifs pour des raisons diverses et variées qui n'ont rien à voir avec le fait d'honorer le fils de Dieu. Car même s'ils sont plus ou moins mus par l'arrivée de la comète, ils ne prennent pas cela comme un signe divin. Ils la suivent, mais sans vraiment savoir pourquoi...
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Frunny
04 avril 2016
L'épisode des Rois Mages venus d'Arabie pour adorer l'enfant Jésus ne fait l'objet que de quelques lignes dans les Evangiles mais a magnifiquement inspiré la peinture occidentale.
On en sait peu sur ces rois ? Pourquoi avaient-ils quitté leur royaume ? Qu'ont-ils trouvé à Jérusalem - chez Hérode le Grand - puis à Bethléem ? L'Histoire et la légende étant également muettes, il incombait à un romancier de répondre à ces questions. C'est ce qu'a tenté Michel Tournier avec ce récit naïf et violent qui plonge aux sources de la spiritualité occidentale.
L'invention d'un quatrième Roi Mage montre le goût de Tournier pour la subversion humoristique.Taor, prince de Mangalore, retardataire à la recherche de la recette du loukoum, vient troubler et vivifier le mythe en devenant le premier à consommer l'eucharistie.
Un roman qui se lit comme un conte. Nous avons tous à l'esprit la scène des Rois Mages assistant à la naissance de Jésus dans l'étable.
Mais, nous en savons peu sur le parcours de ces 3 personnages aux trajectoires distinctes.
Michel Tournier mêle savamment histoire évangélique et récit romanesque (l'intervention d'un 4 ième Roi Mage) .
on se laisse prendre par le récit qui bascule rapidement vers la quête initiatique.
Un fantastique roman qui se dévore.
Grand moment de lecture !
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Chouchane
31 mars 2010
C'est un livre grandiose et violent ! On traverse le monde antique de part en part. Les descriptions sont si précises qu'il suffit de fermer les yeux pour embarquer avec le Prince de Mangalore ses éléphants et ses pétales de rose. Mais c'est aussi un livre brutal et émouvant car il raconte un épisode "matrice" de notre civilisation dans une période troublée et mystique qui s'étend de la naissance à la mort du christ. A lire indiscutablement.
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Citations & extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
TREMAOUEZANTREMAOUEZAN04 janvier 2017
Nous autres, nomades du désert, nous avons choisi la frugalité la plus extrême, jointe à la plus spirituelle des activités physiques : la marche à pied. Nous mangeons du pain, des figues, des dattes, des produits de nos troupeaux, lait, beurre clarifié, fromages très rarement, viande encore plus rarement. Et nous marchons. Nous pensons avec nos jambes. Le rythme de nos pas entraîne notre méditation. Nos pieds miment la progression d'un esprit en quête de vérité, une vérité certes modeste, aussi frugale que notre alimentation. Nous remédions à la cassure entre nourriture et connaissance en nous efforçant de les maintenir l'une et l'autre dans leur plus extrême simplicité, convaincus qu'on ne fait qu'aggraver leur divorce en les élaborant toutes deux. Certes nous n'espérons pas les réconcilier par nos seules forces. Non. Il faudrait pour cette régénération un pouvoir plus qu'humain, divin en vérité. Mais justement, nous attendons cette révolution, et nous nous plaçons par notre frugalité et nos longues marches à travers le désert, dans la disposition la plus propre, croyons-nous, à la comprendre, à l'accueillir et à la faire nôtre, si elle se produit demain ou dans vingt siècles.
Taor ne comprit pas tout ce discours, tant s'en faut. C'était pour lui comme un amoncellement de nuages noirs, menaçants et impénétrables, mais labourés d'éclairs qui révélaient un bref instant des fragments de paysages, des perspectives abyssales. Il ne comprit pas l'essentiel de ce discours, mais il le conserva tout entier dans son cœur, soupçonnant qu'il prendrait pour lui un sens prophétique à mesure que son voyage se déroulerait.
("Taor, prince de Mangalore", page 196)
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN04 janvier 2017
Nous avons attendu dix jours avant d'apercevoir le roi Hérode pour la première fois, mais sa présence oppressante nous environnait depuis notre arrivée. Ce palais a beau être immense et son personnel innombrable, nous n'avons pu oublier un instant que nous étions dans l'antre du grand fauve, qu'il était là, tout près, qu'il respirait le même air que nous, que nous respirions son souffle chaud, jour et nuit. Quelquefois on voyait des hommes courir, des appels fusaient, des portes tournaient sur leurs gonds, des soldats se rassemblaient au son d'un buccin : le monstre invisible avait bougé, et son geste se propageait en ondes formidables qui devaient atteindre les confins du royaume. Malgré son confort, ce séjour aurait été insupportable si nous n'avions pas été soutenus par une ardente curiosité, constamment entretenue et exacerbée par tout ce qu'on nous rapportait sur son passé et son présent.
("Melchior, prince de Palmyrène", page 100)
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Malahide75Malahide7528 mai 2013
L'enfant de la Crèche est devenu noir pour mieux accueillir Gaspard, le roi mage africain. Il y a là plus que dans tous les contes d'amour que je sache. Cette image exemplaire nous recommande de nous faire semblable à ceux que nous aimons, de voir avec leurs yeux, de parler leur langue maternelle, de les respecter, mot qui signifie originellement regarder deux fois. C'est ainsi qu'à lieu l'élévation du plaisir, de la joie et du bonheur à cette puissance supérieure qui a nom : amour.
Si tu attends d'un autre qu'il te donne du plaisir ou de la joie, l'aimes-tu ? Non. Tu n'aimes que toi-même.
L'amour vrai, c'est le plaisir que nous donne le plaisir de l'autre, la joie qui naît en moi au spectacle de sa joie, le bonheur que j'éprouve à le savoir heureux. Plaisir du plaisir, joie de la joie, bonheur du bonheur, c'est cela l'amour, rien de plus.
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richar_salmonrichar_salmon22 janvier 2016
Richard Lucien Salmon dans "Le Grand Livre Apocryphe des Rois Mages" à la page 101, rend hommage à Michel Tournier: : ".... Beaucoup ont cru que le personnage de Taor et le pays du Mangalore étaient nés de l’imaginaire de Michel Tournier. En réalité, ce roi a bel et bien existé. Même la plus célèbre épopée indienne du Grand Bharata en fait état. Et ce n’est du pas du baratin ! Le nom de ce maharadja était trop compliqué pour que le prix Goncourt l’ait imposé à ses lecteurs. Lisez plutôt : « Porvaikko Perunarkilli » ! Il régnait sur le Cholamandalam qu’il administrait à partir de ses deux capitales, Mangalore et Tiruchirapalli. Cette dernière était à l’époque nommée Uraiyur. Quant à Mangalore, elle a été rebaptisée Bangalore, « la ville des haricots bouillis », tant Taor en était friand !
La contrée bénéficiait des longues côtes du Coromandel qui comptaient une myriade de ports d’où les marins tamouls d’origine dravidienne partaient commercer, en suivant et s’aidant des moussons, jusqu’en Chine ou dans l’empire romain. Afin d’améliorer l’agriculture de son pays, le roi entreprit la construction de barrages sur le fleuve Kaveri, un des plus importants de l’Inde du Sud.... "
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Claire_PClaire_P07 juillet 2016
Et brusquement, en un instant, un évènement formidable s’est produit. Un tressaillement de joie irrépressible a parcouru le ciel et la terre. Un froissement d’ailes innombrables a attesté que des nuées d’anges messagers s’élançaient dans toutes les directions. Le chaume qui nous couvrait a été illuminé par l’éblouissante coulée d’une comète. On a entendu le rire cristallin des ruisseaux et celui majestueux des fleuves. Dans le désert de Juda, un friselis de sable a chatouillé les flancs des dunes. Une ovation montant des forêts de térébinthes s’est mêlée aux applaudissements ouatés des hiboux. La nature tout entière a exulté.

Que s’est-il passé ? Presque rien. On avait entendu, sortant de l’ombre chaude de la paille, un cri léger, et ce cri ne venait à coup sûr ni de l’homme, ni de la femme. C’était le doux vagissement d’un tout petit enfant. En même temps une colonne de lumière s’est posée au milieu de l’étable : l’archange Gabriel, l’ange gardien de Jésus, était là désormais, et prenait en quelque sorte la direction des opérations.
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