AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070377075
Éditeur : Gallimard (14/01/1986)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 97 notes)
Résumé :
Comment Jeanne d'Arc, si lucide, au bon sens si fort, a-t-elle pu accepter pour compagnon ce Gilles de Rais dont la monstruosité continue à révolter et à fasciner, un demi-millénaire après son supplice ? À cette question – toujours esquivée ou laissée pendante par les historiens –, Michel Tournier tente de répondre : et si Gilles de Rais n'était devenu un monstre que sous l'influence de Jeanne ? Et s'il avait remis son âme entre ses mains pour le meilleur et pour le... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  26 juillet 2014
Quand Gilles de Rais rencontre Jeanne d'Arc, il n'est qu'un seigneur de province sans ambition, ni grande intelligence. « Il a immédiatement reconnu en elle tout ce qu'il aime, tout ce qu'il attend depuis toujours : un jeune garçon, un compagnon d'armes et de jeu, et en même temps une femme, et de surcroît une sainte nimbée de lumière. » (p. 11) Gilles met son bras et son courage au courage de la Pucelle et la mort tourmentée de celle-ci le transforme. Après trois ans de retraite dans ses domaines, terré comme une bête, il est devenu un monstre sanguinaire qui dévore et supplicie des enfants. « C'est si émouvant, un enfant qui souffre ! C'est si beau un petit corps ensanglanté, soulevé par les soupirs et les râles de l'agonie. » (p. 48) Effrayé par ce qu'il est devenu, il demande de l'aide à son confesseur, l'abbé Blanchet. En Toscane, l'abbé rencontre François Prélat, alchimiste persuadé de pouvoir sauver l'âme de Gilles grâce au feu. Hélas, le destin de l'ogre de Tiffauges est déjà tracé et sa légende est en marche.
Michel Tournier fait parler les silences de l'Histoire et tente de comprendre comment le compagnon de la pure Jeanne a pu devenir ce monstre de cruauté. La rencontre entre la pucelle et la bête est pétrie de contradictions, mais également d'évidences: ces deux-là étaient faits pour se connaître et se reconnaître et c'est peut-être la sainte qui a donné naissance au monstre.
En 1970, Michel Tournier écrivait le roi des Aulnes : Abel Tiffauges y était un descendant direct de Gilles de Rais. Cette figure marque la mythologie de l'auteur. En 1983, en écrivant Gilles et Jeanne, il comble les blancs d'une histoire qui a nourri tant de contes et de légendes. Je ne me lasse pas du style de Michel Tournier, à la fois érudit et poétique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          460
TheWind
  30 juin 2018
Gilles et Jeanne.
Autrement dit, l'ogre et la sainte.
Voilà un couple de compagnons d'armes bien étrange et fort mal assorti qui remue bien des interrogations. Qu'est-ce qui pouvait bien lier ces deux-là ? Qu'est-ce qui a poussé Gilles de Rais à se faire monstre après la mort de Jeanne ?
Michel Tournier nous offre sa version des faits...
J'avoue que la lecture de cet ouvrage m'a plutôt désarçonnée. Ce livre n'est pas un essai historique mais ne ressemble guère non plus à un roman... Michel Tournier cherche avant tout à appréhender le personnage de Gilles de Rais à travers une réflexion sur le bien et le mal.
L'auteur invoque une sort de revanche mystique qui aurait incité Gilles de Rais à s'attribuer tous les maux reprochés à Jeanne la Pucelle lors de sa condamnation : " menteuse, pernicieuse, ..., cruelle, dissolue, invocatrice des diables, apostate, schismatique, hérétique" .
Tout devient alors symbolique jusqu'à l'horreur même.
Le point de vue de Michel Tournier est certes fort intéressant mais je suis ressortie de ce livre avec une sensation de malaise. Je crois qu'il me faudrait lire d'autres biographies de celui qui fut le légendaire Barbe bleue pour que je puisse me faire une réelle opinion sur ce personnage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          412
lecassin
  03 avril 2012
Nous sommes à Chinon. Le 25 février 1429. Une jeune fille, Jeanne, de Domrémy, est venue chercher Charles, le Dauphin, pour bouter les Anglais hors de du pays. Les débuts militaires de Jeanne sont autant de succès : aidée de Gilles de Rais, son compagnon d’armes, elle libère Orléans. Elle écrase l’ennemi à Patay. Plusieurs villes se rallient au Dauphin. Le 17 juillet 1429, il est sacré roi de France (Charles VII) en la cathédrale Notre-Dame-de-Reims.
Gilles et Jeanne sont alors inséparables. Inséparables jusqu’à ce que Jeanne soit blessée devant Paris. Vient Compiègne… Jeanne est capturée. Elle mourra sur le bûcher, à Rouen, le 30 mai 1431…Après avoir crié trois fois Jésus, en présence de Gilles de Rais.
Il se retirera sur ses terres, et quand il réapparaît trois ans plus tard, il est méconnaissable. Il va découvrir le mal absolu et construire sa légende, celle de Barbe Bleue, celle de l'Ogre de Tiffauges, voleur, violeur et assassin d'enfants…
Il sera arrêté après avoir tenté d'étrangler un prêtre et devra répondre « de la triple inculpation de sorcellerie, sodomie et assassinat ». Condamné, le Seigneur de Tiffauges périra dans les flammes, et tel Jeanne criant trois fois Jésus, il criera trois fois Jeanne au moment où les flammes l’atteindront.

En décrivant les destins croisés de ces deux personnages mythiques, Michel Tournier fait cohabiter la sainteté et la monstruosité. On se pose évidemment la question, maintes fois répétée : comment Jeanne, la sainte, a-t-elle pu s’accoquiner avec un monstre tel que Gilles de Rais.
Il faut tout l’art de Michel Tournier pour nous apporter une réponse, certes très teintée Tournier, dans l’inversion maléfique qui lui est chère, mais c’est ce Tournier là, original, iconoclaste et parfois un peu déviant qui me touche.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Marple
  21 avril 2012
Un petit livre qui se lit vite, plutôt avec plaisir, mais qui m'a laissée sur ma faim...
Gilles rencontre Jeanne d'Arc à la cour du roi. Il la suit dans ses batailles pour bouter les Anglais hors de France, et développe pour elle un attachement quasi-religieux. Quand elle est capturée, il ne parvient pas à la sauver du bûcher et perd sa raison de vivre. Après 3 ans de réclusion, il commence à faire le mal autour de lui. Son confesseur s'inquiète et part en Italie chercher un remède. Il en revient avec un jeune mystique un peu alchimiste, qui encourage les mauvais penchants de Gilles. Dès lors, Gille vole, tue et viole jusqu'à sa mort.
Voilà tout ce dont je me souviens, guère plus que de mes cours d'hisoire donc, alors que j'ai lu ce livre il y a 1 mois.
En fait, le livre présente juste des faits, certains d'ailleurs simplement évoqués ou suggérés, sans donner d'épaisseur à ses personnages ni nous donner les clés pour comprendre. Alors que le thème de Gilles de Rai, second de Jeanne d'Arc avant de devenir un monstrueux assassin d'enfants semblait prometteur.
En un mot, petite déception, car la lecture était agréable mais j'espérais plus.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Herve-Lionel
  15 juin 2014

N° 205 - Mai 1999

GILLES & JEANNE - Michel TOURNIER - Editions Gallimard.

Je l'ai souvent dit dans cette chronique, la nouveauté d'un livre n'est pas un critère suffisant pour susciter mon intérêt. J'ai vérifié encore une fois cette évidence avec cet ouvrage.
L'histoire nous enseigne que Gilles de Rais, Maréchal de France, était le compagnon d'armes de Jeanne d'Arc. Les contes nous l'ont également dépeint sous les traits de « Barbe bleue ». J'avoue que le personnage m'avait un temps intéressé et avait éveillé ma curiosité mais j'en étais resté là, sans réelle envie d'en savoir davantage. Les stéréotypes ont parfois la vie dure!
Je savais aussi qu'il était grand amateur d'art et de chants d'église, créateur d'une chorale pour la chapelle de son château de Tiffauges, qu'il était connu pour être l'assassin et le sodomite de jeunes garçons qu'il recrutait notamment pour leur voix. Je connaissais enfin sa mort tragique sur le bûcher à Nantes. Tout cela c'était l'histoire.
La lecture de ce roman pris au hasard sur les rayonnages de la bibliothèque, dans le seul but d'enrichir ma connaissance de l'oeuvre de Michel Tournier m'a émerveillé. Je ne partage pas exactement sa vision des choses, mais enfin ce roman explique à sa manière ce qu'était cet homme et j'avoue que cela m'a bien plu.
A travers un travail d'historien, d'érudit, qui ne commence jamais un livre sans une foule de notes(ce que j'apprécie aussi dans les romans qui sont des oeuvres imaginaires c'est d'apprendre quelque chose, de recevoir un message sous les apparences parfois anodines du conte. J'ai tout loisir de l'interpréter à ma manière selon ma sensibilité du moment.), notre auteur révèle que les meurtres et les crémations d'enfants seraient pour lui une obsession depuis qu'il a assisté à Rouen au supplice de Jeanne d'Arc. Dès lors, pour lui Jeanne étant une sainte, le bûcher et l'odeur qui s'en dégage ne pouvaient être que l'image du Ciel et de la sainteté.
La dévotion qu'il avait pour « Les Saints Innocents », ces enfants qui furent massacrés sur l'ordre du roi Hérode expliquait la quête qu'il menait dans les villages entourant ses châteaux de ces enfants qu'on ne revoyait jamais. Au spectacle d'enfants égorgés, Gilles ressentait une certaine jouissance en se demandant si la pitié qu'il éprouvait pour ces petits êtres procédait de Dieu ou du Diable.
La disparition de Jeanne d'Arc avait été pour Gilles de Rais une épreuve au point qu'il paraissait possédé par son fantôme. Il recherchait son visage, celui d'une femme-garçon dans tous les êtres jeunes qu'il rencontrait. Son âme errante l'obsédait au point de la voir partout.
Toutes ces « turpitudes » seront interprétées par un aventurier toscan fort disert et connaissant bien l'Écriture qu'il interprète à sa manière, entraînant cependant Gille sur les voies de la sorcellerie... pour mieux retrouver Jeanne et son esprit! D'ailleurs ne l'avait-on pas chargée de ce chef d'inculpation?
Puis ce fut le procès conduit par l'évêque de Nantes, Jean de Malestroit où tout fut dit même si cette procédure visait aussi à le déposséder de ses immenses richesses et de son influence politique. C'est vrai aussi que Gilles se métamorphosa, qu'il apparut à la fin comme repentant et soumis, absout certes par son confesseur qu'il avait souvent laissé circonspect à l'énoncé de ses péchés. Était-ce pour retrouver Jeanne qu'il confessa lui même toutes les fautes dont on l'accusait et qui réclama lui-même la sentence du bûcher? A entendre notre auteur, Gilles avait juré de la suivre jusqu'à la mort.
Même si je ne souscris pas à la démarche de Michel Tournier je dois avouer quand même avoir passé un bon moment en sa compagnie.
© Hervé GAUTIER
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
VilloteauVilloteau   09 février 2013
(au sujet de Gilles de Rais)

La mort de Jean de Craon, grand-père et tuteur de Gilles, survenue à Champtocé le 15 novembre 1432, le met à la tête d’une immense fortune et lui laisse le champ libre.

Les relations entre le vieillard et l’enfant étaient complexes, car si le vieux forban avait longtemps voulu voir un disciple trop timide dans son héritier, il découvrit peu à peu quelle pâle figure il faisait lui-même en regard des abîmes que hantait habituellement l’âme du jeune homme.

Il ne renonça pas cependant à vouloir le sermonner une dernière fois avec l’autorité que confère un lit d’agonie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
LiliGalipetteLiliGalipette   26 juillet 2014
« C’est si émouvant, un enfant qui souffre ! C’est si beau un petit corps ensanglanté, soulevé par les soupirs et les râles de l’agonie. » (p. 48)
Commenter  J’apprécie          140
GleskerGlesker   30 décembre 2012
[...] je n'ai jamais tué personne sans que mon intérêt l'exige absolument. Tandis que ceux qui tuent pour des motifs désintéressés ! Pourquoi s'arrêteraient-ils ? La rapacité est mille fois moins meurtrière que le fanatisme. Ainsi donc ma rapacité va mettre d'immenses moyens au service de ton fanatisme.
(Jean de Craon à Gilles de Rais)
Commenter  J’apprécie          50
LiliGalipetteLiliGalipette   26 juillet 2014
« Il a immédiatement reconnu en elle tout ce qu’il aime, tout ce qu’il attend depuis toujours : un jeune garçon, un compagnon d’armes et de jeu, et en même temps une femme, et de surcroît une sainte nimbée de lumière. » (p. 11)
Commenter  J’apprécie          50
Xian_MoriartyXian_Moriarty   21 février 2016
Et il expliquait à Gilles ce goût invétéré de Barron pour la chair venait de loin, venait de haut. Dès les premières pages de la Bible, ne voyait-on pas Yahvé repousser les céréales que lui offre Caïn et se régaler au contraire des chevreaux et agneaux d'Abel ? Cela voudrait bien dire, n'est-ce pas, que Dieu a horreur des légumes et raffole de la viande ?
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Michel Tournier (50) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Tournier
Enseignante à l'Institut Universitaire Tous Âge d'Amiens, Micheline Foré avait invité Michel Tournier à présenter une conférence dans ce lieu. En raison de problèmes de santé, celui-ci lui proposa plutôt une rencontre chez lui au Presbytère de Choisel. S'en suivirent des échanges amicaux entre l'écrivain et l'enseignante. Leur rencontre eut lieu en mai 2008 en compagnie de sa fille Blandine et de deux amis, Françoise et Jean-Claude Leleux qui filma l?entretien. La librairie du Labyrinthe les remercie tous de lui avoir confié ces images afin de les monter et de les diffuser pour le plaisir de tous.
+ Lire la suite
autres livres classés : jeanne d'arcVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

vendredi ou la vie sauvage

qui est le personnage principal

vendredi
robinsson
dimanche
samedi

4 questions
292 lecteurs ont répondu
Thème : Vendredi ou La Vie sauvage de Michel TournierCréer un quiz sur ce livre
.. ..