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ISBN : 2070372294
Éditeur : Gallimard (14/10/1980)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 111 notes)
Résumé :
"Au fond de chaque chose, un poisson nage.
Poisson de peur que tu n'en sorte nu,
je te jetterai mon manteau d'images".

Ces vers de Lanza del Vasto placés en épigraphe de ce recueil de contes et récits définissent en peu de mots toute son esthétique. Comme des oiseaux dans les feuillages ou des crabes sous des rochers, des vérités sont en effet embusquées sous nos objets les plus familiers, tues sous la langue des gens que nous côtoyons ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  24 mars 2012
Un somptueux recueil de contes et nouvelles - et pourtant, je ne suis pas fan du genre, étant parfois persuadé que chez certains nouvelles signifie recyclage de coupes sombres - parfois comiques, quelquefois tragiques où défilent quantité de personnages qui font naître chez le lecteur, compassion et tristesse, mais aussi bonheur et divertissement.
Voyez vous mêmes : le père Noël donnerait le sein à l'Enfant Jésus, l'Ogre du Petit Poucet serait un hippie, un nain deviendrait un surhomme, le citron donnerait un avant-goût du néant… Quant à Sainte Véronique, photographe, elle tue avec son appareil photo …
Michel Tournier aime à « revisiter » les grands mythes. Au faîte de son art, il nous livre ce « Coq de bruyère », tendrement iconoclaste et drôle. Un régal.
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candlemas
  20 octobre 2016
Le Coq de bruyère est un recueil de nouvelles, particulièrement bien adapté pour ceux qui, comme moi, souffrent de narcoleptie vespérale intermittente. On y trouve en effet des nouvelles ne faisant pas plus de deux ou trois pages, au milieu d'autres plus charpentées. Chacun de ces nouvelles est porteuse d'un message, d'une morale, que l'auteur nous laisse le soin de déduire. Chacun est développée avec sensibilité, subtilité et humour, souvent par les yeux d'enfants -ainsi ceux de Tupik, du petit Poucet et d'Amandine-, mais aussi parfois avec la cruelle lucidité d'un regard adulte sur la vie et ses choses : ainsi l'histoire de Tupik est horrible, et oblige à se questionner sur l'éducation donnée à nos enfants, en rapport avec l'identité sexuelle . La réécriture de mythes bibliques ou de contes, prétexte à de nouvelles histoires en fait sans rapport, nous porte sur des chemins complètement nouveaux. Bref, j'ai beaucoup aimé ces nouvelles. Un écrivain philosophe de qualité, qui nous a quittés au début de cette année 2016.
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LiliGalipette
  02 juillet 2016
Impossible de réduire ces textes à des nouvelles. Il y a des contes, des historiettes et des récits presque légendaires. Dans ce recueil, vous trouverez :
Le petit-fils chez qui Dieu décide de prendre sa retraite,
Robinson Crusoé qui ne retrouve plus son île,
Le père Noël qui allaite le petit Jésus,
Une petite fille qui suit un chat farouche dans un jardin inconnu,
Le petit Poucet qui fait une fugue,
Un petit garçon qui découvre avec horreur la différence entre les hommes et les femmes,
Un pianiste soliste qui ne vit pas comme il voudrait de son art,
Un nain qui accepte sa taille et embrasse son destin,
De nombreux clowns et des veilles de Noël,
Un animateur radio qui fascine les femmes,
Un photographe et son modèle,
Une jeune fille qui s'ennuie à mourir,
Un vieux baron qui aime trop les femmes et son épouse qui ne le supporte pas,
Deux routiers et une aire d'autoroute
Un homme fasciné par la lingerie féminine.
De mythes bibliques en mythes littéraires, Michel Tournier explore l'imaginaire collectif et le complète de nouvelles histoires, avec un humour discret et un peu taquin, sans aucun doute érudit, mais jamais pédant.
De cet auteur, j'aime surtout les longs romans qui déploient des histoires fabuleuses, comme le roi des Aulnes, Vendredi ou les limbes du Pacifique ou Gaspar, Melchior et Balthazar, mais j'ai apprécié ces très jolies histoires qui m'ont, d'une certaine façon, rappelé Les nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar.
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Vermeer
  29 novembre 2017
Michel Tournier était philosophe de formation, ce qui transparaît dans ses romans et nouvelles.
La famille Adam ou la Genèse revisitée, La fin de Robinson Crusoé qui ne peut retrouver son île représentant sa jeunesse perdue, la Mère Noël et Tupik sur la construction de l'identité sexuelle, Amandine qui quitte le jardin calme de l'enfance pour en découvrir un autre plus dangereux mais plus attirant aussi, le coq de bruyère, hommage grinçant et cynique à la fidélité conjugale, Les suaires de Véronique ou la nouvelle mort du Christ, Tristan Vox, le nain rouge, réflexions sur l'identité.
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Mimimelie
  24 octobre 2018
C'est ma foi un réel plaisir de relire un livre, surtout quand le souvenir s'en est complètement évanoui… la plupart du temps on y rechigne sachant qu'on en a des dizaines et des dizaines qui attendent leur première visite… mais leur oubli en fin de compte, ne leur rend-il pas leur virginité ?
Autant en effet avais-je gardé de cet auteur le souvenir vivace de son « Vendredi », dans les limbes du pacifique ou de la vie sauvage, autant ces nouvelles s'étaient perdues dans d'autres limbes.
En fait pour être tout à fait sincère, je n'ai pas sauté à pieds joints pour la totalité de ces récits (ceci explique peut-être en partie l'oubli), même si chacun d'eux apporte sa petite note philosophique, à part peut-être pour « Amandine et les deux jardins », conte initiatique qui nous encourage à escalader les murs de nos jardins pour naître (ou peut-être renaître, à tout ce que vous voudrez)…
Mais au fond ma plus grande satisfaction est de pouvoir maintenant replacer ce Coq de bruyère sur son étagère en ayant plus cet agacement de ne plus savoir ce qu'il racontait.
Pour celui-ci c'est fait.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
candlemascandlemas   20 octobre 2016
Ce qui intéressait particulièrement Tupik, c'était la division de l'espace intérieur du chalet en deux parties rigoureusement opposées. Il y avait à gauche le domaine des hommes avec ses urinoirs malodorants, parcimonieusement irrigués, et, derrière les portes qui fermaient mal, des latrines turques formées d'un trou cynique, encadrées par deux semelles de ciment striées pour poser les pieds. Rien de plus avenant au contraire que le domaine des dames. Les lieux, qui fleuraient le désinfectant au lilas, étaient décorés de porcelaines figurant des paons aux queues largement déployées. Des serviettes fraîches et neigeuses s'empilaient sur une console entre deux lavabos immaculés. Mais ce qui enchantait surtout Tupik, c'était les petits cabinets bien clos par des portes d'acajou, les sièges haut perchés, le papier hygiénique soyeux, insonore et imprégné d'essence de violette.
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candlemascandlemas   20 octobre 2016
Voilà, lui dit Adam. Il y a deux êtres en moi. L'un voudrait se reposer sous les fleurs. Tout le travail se ferait alors dans son ventre, où se forment les enfants. L'autre ne tient pas en place. Il a des fourmis dans les jambes. Il a besoin de marcher, marcher, marcher. Dans le désert de pierre, le premier est malheureux. Le second était heureux. Ici, au paradis, c'est le contraire.
- C'est, lui dit Jéhovah, qu'il y a en toi un sédentaire et un nomade (...) Maintenant, je vais te couper en deux, dors ! ...
Quand Adam vit Eve endormie, il demanda :
"Qu'est ce que c'est ?
- C'est ta moitié, répondit Jéhovah.
- Comme je suis beau ! s'écria Adam.
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lecassinlecassin   24 mars 2012
La messe de minuit avait lieu pour des raisons pratiques le 24 décembre à six heures du soir. A la même heure, l'instituteur déguisé en Père Noël, distribuait des jouets aux enfants de l'école laïque. Ainsi le Père Noël devenait par ses soins un héros païen, radical et anticlérical, et le curé lui opposait le Petit Jésus de sa crèche vivante - célèbre dans tout le canton - comme on jette une ondée d'eau bénite à la face du Diable.
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crapettecrapette   23 décembre 2018
On vit le Père Noël en personne faire irruption dans l'église. Il se dirigea à grands pas vers la crèche. Puis il écarta sa grande barbe de coton blanc, il déboutonna sa houppelande rouge et tendit un sein généreux au Petit Jésus soudain apaisé. (La Mére Noël : Conte de Noël) p.29-31
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lecassinlecassin   24 mars 2012
Au commencement il n'y avait sur terre ni herbe ni arbre. Partout s'étendait un vaste désert de poussière et de cailloux.
Jéhovah sculpta dans la poussière la statue du premier homme. Puis il lui souffla la vie dans les narines. Et la statue de poussière s'anima et se leva.
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Videos de Michel Tournier (50) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Tournier
Enseignante à l'Institut Universitaire Tous Âge d'Amiens, Micheline Foré avait invité Michel Tournier à présenter une conférence dans ce lieu. En raison de problèmes de santé, celui-ci lui proposa plutôt une rencontre chez lui au Presbytère de Choisel. S'en suivirent des échanges amicaux entre l'écrivain et l'enseignante. Leur rencontre eut lieu en mai 2008 en compagnie de sa fille Blandine et de deux amis, Françoise et Jean-Claude Leleux qui filma l?entretien. La librairie du Labyrinthe les remercie tous de lui avoir confié ces images afin de les monter et de les diffuser pour le plaisir de tous.
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>Coutumes, savoir-vivre, folklore>Folklore>Littérature populaire orale (601)
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