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EAN : 9782070372294
352 pages
Éditeur : Gallimard (14/10/1980)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 124 notes)
Résumé :
"Au fond de chaque chose, un poisson nage.
Poisson de peur que tu n'en sorte nu,
je te jetterai mon manteau d'images".

Ces vers de Lanza del Vasto placés en épigraphe de ce recueil de contes et récits définissent en peu de mots toute son esthétique. Comme des oiseaux dans les feuillages ou des crabes sous des rochers, des vérités sont en effet embusquées sous nos objets les plus familiers, tues sous la langue des gens que nous côtoyons ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  24 mars 2012
Un somptueux recueil de contes et nouvelles - et pourtant, je ne suis pas fan du genre, étant parfois persuadé que chez certains nouvelles signifie recyclage de coupes sombres - parfois comiques, quelquefois tragiques où défilent quantité de personnages qui font naître chez le lecteur, compassion et tristesse, mais aussi bonheur et divertissement.
Voyez vous mêmes : le père Noël donnerait le sein à l'Enfant Jésus, l'Ogre du Petit Poucet serait un hippie, un nain deviendrait un surhomme, le citron donnerait un avant-goût du néant… Quant à Sainte Véronique, photographe, elle tue avec son appareil photo …
Michel Tournier aime à « revisiter » les grands mythes. Au faîte de son art, il nous livre ce « Coq de bruyère », tendrement iconoclaste et drôle. Un régal.
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candlemas
  20 octobre 2016
Le Coq de bruyère est un recueil de nouvelles, particulièrement bien adapté pour ceux qui, comme moi, souffrent de narcoleptie vespérale intermittente. On y trouve en effet des nouvelles ne faisant pas plus de deux ou trois pages, au milieu d'autres plus charpentées. Chacun de ces nouvelles est porteuse d'un message, d'une morale, que l'auteur nous laisse le soin de déduire. Chacun est développée avec sensibilité, subtilité et humour, souvent par les yeux d'enfants -ainsi ceux de Tupik, du petit Poucet et d'Amandine-, mais aussi parfois avec la cruelle lucidité d'un regard adulte sur la vie et ses choses : ainsi l'histoire de Tupik est horrible, et oblige à se questionner sur l'éducation donnée à nos enfants, en rapport avec l'identité sexuelle . La réécriture de mythes bibliques ou de contes, prétexte à de nouvelles histoires en fait sans rapport, nous porte sur des chemins complètement nouveaux. Bref, j'ai beaucoup aimé ces nouvelles. Un écrivain philosophe de qualité, qui nous a quittés au début de cette année 2016.
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herve_bleiz
  24 avril 2016
J'ai souvent un problème matériel avec les recueils de nouvelles. Trop souvent de qualités inégales, ils me placent devant le dilemme de la conservation de l'ouvrage.
A partir de quelle niveau de déception faut-il se débarrasser du livre ? Au nombre de pages ? Au nombre de nouvelles ?
Pour celui-ci, la question ne m'effleure pas. Et la relecture de la table des matières m'a conforté dans cet avis. Pas un des récits ne m'a paru faible. Aucune envie de passer au suivant lors de la lecture. Faut-il y voir via 14 récits bien troussés et variés la réécriture moderniste de mythes intemporels . Ce second niveau de lecture est sans doute possible mais il n'étouffe pas la simplicité de ce qui peut être aussi lu comme de simples histoires distrayantes.
En tout cas au vu de la qualité de conteur et de la fluidité du style, je vais me pencher sur cet auteur dont l'aspect 'Statue du Commandeur' m'avait jusqu'ici effrayé.
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LiliGalipette
  02 juillet 2016
Impossible de réduire ces textes à des nouvelles. Il y a des contes, des historiettes et des récits presque légendaires. Dans ce recueil, vous trouverez :
Le petit-fils chez qui Dieu décide de prendre sa retraite,
Robinson Crusoé qui ne retrouve plus son île,
Le père Noël qui allaite le petit Jésus,
Une petite fille qui suit un chat farouche dans un jardin inconnu,
Le petit Poucet qui fait une fugue,
Un petit garçon qui découvre avec horreur la différence entre les hommes et les femmes,
Un pianiste soliste qui ne vit pas comme il voudrait de son art,
Un nain qui accepte sa taille et embrasse son destin,
De nombreux clowns et des veilles de Noël,
Un animateur radio qui fascine les femmes,
Un photographe et son modèle,
Une jeune fille qui s'ennuie à mourir,
Un vieux baron qui aime trop les femmes et son épouse qui ne le supporte pas,
Deux routiers et une aire d'autoroute
Un homme fasciné par la lingerie féminine.
De mythes bibliques en mythes littéraires, Michel Tournier explore l'imaginaire collectif et le complète de nouvelles histoires, avec un humour discret et un peu taquin, sans aucun doute érudit, mais jamais pédant.
De cet auteur, j'aime surtout les longs romans qui déploient des histoires fabuleuses, comme le roi des Aulnes, Vendredi ou les limbes du Pacifique ou Gaspar, Melchior et Balthazar, mais j'ai apprécié ces très jolies histoires qui m'ont, d'une certaine façon, rappelé Les nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar.
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bdelhausse
  15 juin 2019
Recueil de nouvelles dont le titre est fourni par la nouvelle éponyme, la plus longue (mais la moins intéressante en ce qui me concerne) du recueil.
Michel Tournier sait écrire. Il manie la langue de toutes les manières possibles et sait produire ses effets. Les nouvelles sont de facture très classique, avec le nécessaire emballement de l'action en fin de nouvelle et la chute de circonstance. Avec en plus un potentiel poétique très plaisant.
Les nouvelles sont tour à tour fantastique, gothique, historique, humoristique, initiatique, philosophique, érotique, caustique, horrifique... Songeons par exemple à la nouvelle Tupik et sa fin glauque, hyper rapide et qui laisse un goût amer.
Le Coq de bruyère raconte le destin d'un militaire vieillissant, séducteur de bonnes... c'est bien vu mais moins intense que le Nain rouge, nouvelle érotisante mettant en scène un nain qui n'est pas nain en toutes choses... Comprenne qui veut.
Que ma joie demeure met en scène un pianiste classique qui se révèle en comique de cabaret. Amandine ou la fugue du Petit Poucet sont des contes initiatiques à l'érotisme latent et sensible.
D'autres nouvelles lorgnent vers la nouvelle gothique au double sens, à la Le Fanu ou à la Thomas Owen. La Mère Noël est humoristique, avec sa référence à la laïcité et à l'école publique. La fin de Robinson Crusoë est également un pied de nez à un des romans les plus connus de Tournier, avec une fin plus philosophique.
En ce qui me concerne, rien à jeter dans ce recueil très diversifié. le seul bémol est l'hyper classicisme de l'écriture. Mais est-ce un défaut?
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Jean-DanielJean-Daniel   28 novembre 2019
L'étonnement fut à son comble quand on apprit que Mme Oiselin prêtait son bébé au curé pour faire le petit Jésus de sa crèche vivante.
Au début tout alla bien. Le petit Oiselin dormait à poings fermés quand les fidèles défilèrent devant la crèche, les yeux affûtés par la curiosité. Le bœuf et l'âne - un vrai bœuf, un vrai âne - paraissaient attendris devant le bébé laïque si miraculeusement métamorphisé en Sauveur.
Malheureusement il commença à s'agiter dès l’Évangile, et ses hurlements éclatèrent au moment où le curé montait en chaire. Jamais on n'avait entendu de voix de bébé aussi éclatante.
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candlemascandlemas   20 octobre 2016
Ce qui intéressait particulièrement Tupik, c'était la division de l'espace intérieur du chalet en deux parties rigoureusement opposées. Il y avait à gauche le domaine des hommes avec ses urinoirs malodorants, parcimonieusement irrigués, et, derrière les portes qui fermaient mal, des latrines turques formées d'un trou cynique, encadrées par deux semelles de ciment striées pour poser les pieds. Rien de plus avenant au contraire que le domaine des dames. Les lieux, qui fleuraient le désinfectant au lilas, étaient décorés de porcelaines figurant des paons aux queues largement déployées. Des serviettes fraîches et neigeuses s'empilaient sur une console entre deux lavabos immaculés. Mais ce qui enchantait surtout Tupik, c'était les petits cabinets bien clos par des portes d'acajou, les sièges haut perchés, le papier hygiénique soyeux, insonore et imprégné d'essence de violette.
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candlemascandlemas   20 octobre 2016
Voilà, lui dit Adam. Il y a deux êtres en moi. L'un voudrait se reposer sous les fleurs. Tout le travail se ferait alors dans son ventre, où se forment les enfants. L'autre ne tient pas en place. Il a des fourmis dans les jambes. Il a besoin de marcher, marcher, marcher. Dans le désert de pierre, le premier est malheureux. Le second était heureux. Ici, au paradis, c'est le contraire.
- C'est, lui dit Jéhovah, qu'il y a en toi un sédentaire et un nomade (...) Maintenant, je vais te couper en deux, dors ! ...
Quand Adam vit Eve endormie, il demanda :
"Qu'est ce que c'est ?
- C'est ta moitié, répondit Jéhovah.
- Comme je suis beau ! s'écria Adam.
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lecassinlecassin   24 mars 2012
La messe de minuit avait lieu pour des raisons pratiques le 24 décembre à six heures du soir. A la même heure, l'instituteur déguisé en Père Noël, distribuait des jouets aux enfants de l'école laïque. Ainsi le Père Noël devenait par ses soins un héros païen, radical et anticlérical, et le curé lui opposait le Petit Jésus de sa crèche vivante - célèbre dans tout le canton - comme on jette une ondée d'eau bénite à la face du Diable.
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crapettecrapette   23 décembre 2018
On vit le Père Noël en personne faire irruption dans l'église. Il se dirigea à grands pas vers la crèche. Puis il écarta sa grande barbe de coton blanc, il déboutonna sa houppelande rouge et tendit un sein généreux au Petit Jésus soudain apaisé. (La Mére Noël : Conte de Noël) p.29-31
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Videos de Michel Tournier (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Tournier
Enseignante à l'Institut Universitaire Tous Âge d'Amiens, Micheline Foré avait invité Michel Tournier à présenter une conférence dans ce lieu. En raison de problèmes de santé, celui-ci lui proposa plutôt une rencontre chez lui au Presbytère de Choisel. S'en suivirent des échanges amicaux entre l'écrivain et l'enseignante. Leur rencontre eut lieu en mai 2008 en compagnie de sa fille Blandine et de deux amis, Françoise et Jean-Claude Leleux qui filma l?entretien. La librairie du Labyrinthe les remercie tous de lui avoir confié ces images afin de les monter et de les diffuser pour le plaisir de tous.
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>Coutumes, savoir-vivre, folklore>Folklore>Littérature populaire orale (601)
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