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ISBN : 270731028X
Éditeur : Editions de Minuit (01/09/1985)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 184 notes)
Résumé :
Une baignoire des plus classiques. Quelqu'un allongé à bord, parfois habillé d'une manière très simple, parfois tout succinctement vêtu, méditant tranquillement, les yeux fermés, avec le sentiment de pertinence miraculeuse que procure la pensée qu'il n'est nul besoin d'exprimer. Lorsque ce dernier, pour quelle raison ? – obscure raison –, commença à passer ses après-midi dans la salle de bain, il ne comptait pas s'y installer.

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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  03 avril 2016
1)Tout a commencé quand je suis entré dans la salle de bain de Jean-Philippe Toussaint. J'ai remarqué tout d'abord qu'il numérotait ses paragraphes dans l'ordre croissant des entiers naturels.
2) Il y avait une musique un peu comme dans ses autres livres.
Il y avait aussi un homme dans la salle de bain. Il semblait même y passer sa vie.
Pourquoi ?
Pourquoi pas.
3)La salle de bain ne serait-elle qu'un lieu réservé à la toilette des humains comme je le pensais avant que je ne me mette moi aussi à placer des nombres devant des phrases ? Il faut être conditionné par tout un tas de clichés absurdes pour l'affirmer. le héros de Jean-Philippe Toussaint ne l'est pas lui, conditionné. Donc il a choisi de vivre dans sa salle de bains, entouré de peintres polonais qui faute de peinture charcutent des poulpes.
5)Puis l'homme quitte sa baignoire et va à Venise vivre dans une chambre d'hôtel.
Venise est en effet une destination touristique très prisée des contemporains de l'homme.
Il joue aux fléchettes dans sa chambre d'hôtel.
Il y est rejoint par sa compagne.
7)Il se retrouve dans un hôpital.
(Je spoilérise un gag)

9,1) J'ai ri.
10) Il s'aperçoit que d'autres humains s'adonnent au tennis le dimanche.
12)Puis il revient à Paris.
Il dit quelque chose qu'il a déjà dit au début du récit : « [...]il n'était peut-être pas très sain, à vingt-sept ans, bientôt vingt-neuf, de vivre plus ou moins reclus dans une baignoire. Je devais prendre un risque, disais-je les yeux baissés, en caressant l'émail de la baignoire, le risque de compromettre la quiétude de ma vie abstraite pour. Je ne terminai pas ma phrase. »
-1) fait longtemps que j'ai pas lu un Toussaint. Jamais été déçu. Une écriture toujours juste, un rythme à la mesure du récit, un ton, des réflexions originales. Je pourrais même écrire une critique si j'en ai le.
√2)J'ai déménagé mon lit dans le couloir. C'est bien plus pratique, il n'y a pas à le traverser (le couloir) avant de se coucher.
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Marti94
  17 septembre 2014
Vraiment très surprenant ce roman et très belle lecture de vacances. C'est à la fois une histoire d'une étrange immobilité (un homme ne veut pas quitter sa salle de bain) et un voyage entre Paris et Venise. Jean-Philippe Toussaint fait évoluer le héros et Edmondsson, sa femme, dans des lieux identifiés mais sans repère temporel.
Le roman est composé de trois parties, il commence à Paris dans le nouveau logement que partagent le narrateur et Edmondsson, puis à Venise où il est à l'hôtel seul et demande à sa femme de le rejoindre (mais sans que l'on sache si cela se passe après ou avant) et, enfin, le livre se termine à Paris dans le même appartement et la boucle est bouclée.
Le personnage est difficile à cerner, il n'agit pas et il raconte les évènements sans émotion, de façon passive et surtout dégagée, comme s'il y avait une distance entre les autres et lui. Et puis, il y a l'humour de Jean-Philippe Toussaint, auteur Belge qui écrit là son premier roman et ça vaut le détour.
Il y a une scène sur le dépeçage des poulpes par des peintres polonais qui vaut son pesant de cacahouètes. Je regrette de ne pas avoir vu le film (je crois d'ailleurs qu'il n'existe pas en DVD) avec Tom Novembre, que j'adore et que j'imagine parfaitement dans le rôle du personnage principal.
Lu en août 2014
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Herve-Lionel
  29 mai 2015
N°915– Mai 2015
LA SALLE DE BAIN- Jean-Philippe TOUSSAINT – Les éditions de Minuit.
Le narrateur, 27 ans, vaguement universitaire, semble éprouver du plaisir à garder la salle de bain comme on garde la chambre quand on est malade, mais apparemment il n'est pas malade ! Dans son appartement où il vit avec Edmondsson, sa femme, la vie se déroule au jour le jour et où nous assistons, avec un luxe de détails et même une certaine lenteur au dépeçage de poulpes de la part de Polonais venus en réalité pour repeindre la cuisine ! Sans qu'on sache pourquoi, il reçoit une lettre de l'ambassade d'Autriche. Puis, dans une deuxième partie, le lecteur finit par comprendre que le narrateur se retrouve à Venise où il part précipitamment et s'installe dans un hôtel où il passe son temps à jouer au fléchettes et où sa femme le rejoint. Il est là sans but précis. Ils forment un couple assez bizarre et l'ambiance qui se dégage de leurs relations est étonnante un peu comme ils étaient des étrangers incapables cependant de vivre loin l'un de l'autre mais qui s'ignorent quand ils sont ensemble, un peu comme un vieux couple ! A Paris, ils semblent s'aimer mais quand son épouse le rejoint à Venise où il était impatient de la retrouver, ce qu'on peut aisément comprendre, c'est pour mener deux vies séparées pendant toute la journée, farniente et jeu de fléchettes pour lui, visites culturelles pour elle. Il se passe quelques temps et sans raison particulière, elle repart pour Paris tandis que lui demeure dans la Sérénissime alors qu'il aurait toutes les raisons de la quitter puisqu'il a contracté une sinusite. Il choisit même de s'y faire soigner dans un hôpital dont il peut sortir aussi aisément que s'il y était à l'hôtel. On se demande bien ce qui le retient à Venise, et ce n'est sûrement ni le tourisme ni son métier (historien?) et, sans être spécialiste, c'est sans doute la dernière ville où il faut séjourner quand on a une sinusite, surtout quand on n'a rien a y faire de particulier. Donc une succession de sketches où si la salle de bain ne joue pas forcément le rôle central mais n'en n'est pas moins présente au début et à la fin du récit et symbolise sans doute toute l'aberration de cette situation.
Le personnage lui-même reste une énigme, à la fois hypocondriaque, inattendu et surpris lui-même de se trouver dans la position dans laquelle il se trouve. Il raconte son histoire, qui est aussi une histoire d'amour, mais sans aucune passion et même avec un certain détachement. de tout cela il ressort une idée de vide, soulignée par la présentation du texte en paragraphes numérotés qui n'ont parfois rien à voir les uns avec les autres
Je ne sais toujours pas quoi penser des romans de Toussaint en général et de celui-ci en particulier. En tout cas, il distille une petite musique quotidienne qui est le reflet de nos vies et cela me plaît, je m'y retrouve même si je m'y perds un peu mais je dois avouer qu'elle est quand même captivante quoiqu'un peu absurde.
Je n'ai que très récemment croisé les romans de cet auteur. Après une période d'étonnement sans doute légitime, j'avoue que je suis entré complètement dans cet univers où il en se passe rien, ou le hasard tient une grande place et sert de boussole à des personnages qui ont l'épaisseur du quotidien et de l'éphémère et sont même un peu étrangers à ce monde, un peu comme moi peut-être ? de plus les relations entre les gens me paraissent bien rendues, aussi hypocrites et temporaires que dans la vie courante.
C'est le premier roman publié de Jean-Philippe Toussaint paru en 1985. A sa sortie, alors qu'il était complètement inconnu, la critique a parlé de « Nouveau »nouveau roman à cause de l'originalité de son expression et a présenté son auteur comme un révolutionnaire de l'art romanesque. Il est assurément un auteur inclassable, plus sûrement intéressé à s'attacher son lecteur par les situations décalées du texte et sa qualité de rédaction que par le thème général volontairement déroutant et qu'on peine à comprendre. Paradoxalement peut-être ce fut pour moi un agréable moment de lecture.
©Hervé GAUTIER – Mai 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Sivoj
  17 février 2016
Le héro-narrateur m'a rappelé celui de L'étranger d'Albert Camus ; il semble aussi apathique et on retrouve un certain genre de remarques désinvoltes, faussement naïves, qui créent un décalage comique avec la neutralité du reste du texte.
Il y a comme une tristesse inexprimée dans ce qui nous est raconté : le héro à l'air déprimé et, comparé à son état, le côté joyeux de sa femme sonne faux. On voit plus tard que leur relation est d'une morose banalité, mais il y a une tension sous-jacente qui va s'exprimer avec dureté dans une certaine scène de fléchettes, avant d'être dissimulée à nouveau et que tout reprenne son état, comme si de rien n'était. Ce court passage change la vision du lecteur pour le narrateur ; celui-ci parait renfermer plus de colère et d'amertume qu'on ne s'y attendait ; les évènements redeviennent sérieux l'espace d'un temps, avant de reprendre le ton détaché et décalé qui caractérise ce roman.
Au fond je me demande si, comme L'étranger, il ne s'agit pas d'une histoire sur l'absurdité de l'existence. le héro dirait que "rien n'a d'importance" que je n'en serais pas surpris ; et la situation à la fin imite celle du début, comme si de toute façon rien ne changeait. Je me demande d'ailleurs si la frustration du personnage principal vient du temps qui passe et le rapproche de la mort, comme il le déclare au début, ou de cette répétition de cycles.
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Lali
  08 février 2011
Jean-Philippe Toussaint, romancier et cinéaste belge, a sûrement écrit avec La salle de bain, un des romans les plus désopilants des derniers 25 ans. Si l'histoire commence en effet dans une salle de bain, où le narrateur décide de passer ses journées, elle se poursuit à Venise, dans une chambre d'hôtel, puis dans une chambre d'hôpital. Impossible de résumer ce roman. On y entre, on se laisse surprendre. On s'abandonne aux déplacements du narrateur.
Jean-Philippe Toussaint, gagnant du prix Médicis 2005 pour Fuir, ne pouvait faire les choses comme tout le monde. Ce n'est pas dans sa nature. Pari réussi. Avec La salle de bain, enfin en poche, il ouvre les portes d'un monde dont seul lui a les clés… Quel voyage que d'accepter d'entrer dans som monde, de s'y perdre, de s'y retrouver, de se laisser gagner par les questions et l'hypocondrie du narrateur. Je le redis, on ne résume pas Toussaint, on le lit.
Pour découvrir davantage Toussaint (dont la mère était libraire), voir http://www.jean-philippe-toussaint.de/
Lien : http://lalitoutsimplement.co..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
ElianorElianor   07 décembre 2013
Il y a deux manières de regarder tomber la pluie, chez soi, derrière une vitre. La première est de maintenir son regard fixé sur un point quelconque de l'espace et de voir la succession de pluie à l'endroit choisi ; cette manière reposante pour l'esprit ne donne aucune idée de la finalité du mouvement. La deuxième, qui exige de la vue davantage de souplesse, consiste à suivre des yeux la chute d'une seule goutte à la fois, depuis son intrusion dans le champ de vision jusqu'à la dispersion de son eau sur le sol. Ainsi est-il possible de se représenter que le mouvement, aussi fulgurant soit-il en apparence, tend essentiellement vers l'immobilité, et qu'en conséquence, aussi lent peut-il parfois sembler, entraîne continûment les corps vers la mort, qui est immobilité. Olé.
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Beatrice64Beatrice64   26 février 2011
« 4) Un matin, j’ai arraché la corde à linge. J’ai vidé tous les placards, débarrassé les étagères. Ayant entassé les produits de toilette dans un grand sac poubelle, j’ai commencé à déménager une partie de ma bibliothèque. Lorsque Edmondsson rentra, je l’accueillis un livre à la main, allongé, les pieds croisés sur le robinet.

5) Edmondsson a fini par avertir mes parents.

6) Maman m’apporta des gâteaux. Assise sur le bidet, le carton grand ouvert posé entre ses jambes, elle disposait les pâtisseries dans une assiette à soupe. (…) »
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AlodiaAlodia   16 décembre 2013
Nous étions remontés dans la chambre et assis de chaque côté du lit, nous ne disions plus rien. Nous nous étions tout dit, nous n'étions pas d'accord. Edmondsson, pour profiter du temps ensoleillé, voulait aller flâner dans les rues, se promener, visiter les musées. Selon elle, nous jouerions aussi bien au tennis en fin d'après-midi, si ce n'est mieux, disait-elle, car nous n'aurions pas le soleil dans les yeux. Devant tant de mauvaise volonté, je n'avais rien à dire ; non, je ne disais plus rien.
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yv1yv1   29 novembre 2013
Lorsque j'ai commencé à passer mes après-midi dans la salle de bain, je ne comptais pas m'y installer ; non, je coulais là des heures agréables, méditant dans la baignoire, parfois habillé, tantôt nu. Edmondsson, qui se plaisait à mon chevet, me trouvait plus serein ; il m'arrivait de plaisanter, nous riions. Je parlais avec de grands gestes, estimant que les baignoires les plus pratiques étaient celles à bords parallèles, avec dossier incliné, et un fond droit qui dispense l'usager de l'emploi du butoir cale-pieds. (p.11)
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mandarine43mandarine43   26 juillet 2011
[ Incipit ]

1) Lorsque j’ai commencé à passer mes après-midi dans la salle de bain, je ne comptais pas m’y installer ; non, je coulais là des heures agréables, méditant dans la baignoire, parfois habillé, tantôt nu. Edmondsson, qui se plaisait à mon chevet, me trouvait plus serein ; il m’arrivait de plaisanter, nous riions. Je parlais avec de grands gestes, estimant que les baignoires les plus pratiques étaient celles à bord parallèles, avec dossier incliné, et un fond droit qui dispense l’usager de l’emploi du butoir cale-pieds.

2) Edmondsson pensait qu’il y avait quelque chose de desséchant dans mon refus de quitter la salle de bain, mais cela ne l’empêchait pas de me faciliter, subvenant aux besoins du foyer en travaillant à mi-temps dans une galerie d’art.
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