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Critiques sur L'appareil-photo (8)
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Loutre_des_Rivieres
  13 novembre 2012
Un style minimaliste, ironique et drôle mais aussi subtil et presque pessimiste au service d' une histoire volontairement insignifiante (selon l'auteur), qui nous embarque dans les pensées d'un homme lambda, dont on ne sait pratiquement rien, qui décide d'apprendre à conduire, s'inscrit dans une auto école et y débute une relation avec la secrétaire.
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luis1952
  15 juin 2013
Très court roman, à peine 127 pages;
Le narrateur, un homme d'une trentaine d'années peut-être raconte. Des passages de sa vie, sa rencontre avec une fille, une amitié qui s'est formée. Un court séjour à Londres, une traversée en ferry, la trouvaille d'un appareil photo abandonné sur un siège. A chaque fois des ambiances, une cabine téléphonique en pleine campagne à un carrefour, la travesrée de la Manche la nuit, au milieu des flôts. A chaque fois des passages où le narrateur assis sur un cabinet de toilette, ou par terre dans une cabine téléphonique réfléchit à l'instant présent, arrête le temps, fixe le moment présent comme pour en faire une photo, pour en garder un souvenir, jouir de l'instant.
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Herve-Lionel
  27 mai 2015
N°914– Mai 2015

L'APPAREIL PHOTO- Jean-Philippe TOUSSAINT – Les éditions de Minuit.

J'aborde actuellement les romans de Jean-Philippe Toussaint. J'en retiens une impression bizarre comme une succession de scènes sans forcément de rapport les unes avec les autres, une sorte de récit où il ne se passe rien d'important, une somme d'actions décrites dans le détail avec des mots agréables à lire mais sans davantage de cohérence. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est question de vide, mais presque, un peu comme si le narrateur se laissait porter par les événements de sa vie courante sans vouloir réagir, s'abandonnant au hasard, supportant et assumant l'absurde de cette situation. Cette vacuité qui ne me gêne pas puisqu'elle peut être regardée comme l'image de notre vie à tous, superficielle, banale, joue une petite musique mélancolique assez agréable quand même.

Ici le prétexte du début est une séries de leçons de conduite (pourquoi pas?) qu'il se propose de suivre dans une école puis, rapidement, le narrateur, dont on ne sait pas grand-chose (mais peu importe) nous invite, sur le ton de la confidence à partager le début d'une liaison avec la secrétaire de cette officine. L'action est lente, s'égare dans l'évocation d'un passé plus ou moins immédiat. Cette lenteur est soulignée par des phrases démesurément longues et même délicatement festonnées. Cette histoire un peu incertaine va devenir une histoire d'amour sans qu'on sache très bien la part qu'y prend le hasard et celle de la volonté individuelle. La jeune femme , Pascale, qui est aussi peu réactive que lui face à sa propre vie va le laisser s'installer dans son existence, lui laisser en quelque sorte jouer le rôle du père face à son jeune fils dont le véritable géniteur a préféré un divorce dont elle se remet mal. Elle disparaît néanmoins à la fin du roman et donne l'impression d'avoir quitté la vie du narrateur aussi facilement qu'elle y entrée. C'est étonnant de la part de cet homme qui ne semble pas être un Don Juan, d'avoir réussi à séduire aussi facilement cette femme mais on peut douter de cet amour partagé puisque, si lui semble beaucoup l'aimer, elle en revanche donne l'image d'une dormeuse apathique quand elle est avec lui !

Au cours de ce récit, le narrateur en profite, on se demande bien pourquoi, pour nous décrire avec un luxe de détails, l'achat d'un paquet de chips qu'il va ensuite consommer dans les toilettes tout en laissant son esprit vagabonder au gré de ses pensées, les moments anodins d'une leçon de conduite, la constitution volontairement lente de son dossier, la délicieuse et intemporelle aventure autour de l'achat d'une bouteille de gaz…
Le style n'est pas désagréable, bien au contraire puisqu'il adopte le rythme et surtout le ton de la confidence, de l'ironie parfois et même du burlesque

Quid de l'appareil photo dans tout cela ? Eh bien c'est le narrateur lui-même qui le trouvera dans le ferry qui le ramène d'Angleterre et il en profitera pour fixer sur la pellicule des instants fugaces de sa vie, autant dire qu'il va servir à photographier le néant. C'est sans doute un peu le message que veut nous délivrer l'auteur puisque, lorsque les clichés seront développés, ils ne représenteront que ce que le propriétaire précédent avait choisi de photographier. Les scènes que le narrateur avait voulu immortaliser n'ont laissé aucune trace !

Je distingue quand même deux parties d'inégale longueur dans ce roman. Si la légèreté semble baigner la première, le ton se fait plus grave dans la seconde, la pensée du narrateur devient profonde et prend le pas sur l'anecdote quotidienne et banale du début. J'y vois personnellement une certaine marque de désespoir, de solitude, une difficulté d'être, le narrateur semblant vivre dans un microcosme personnel.

Alors, autodérision de la part d'un quidam qui ne laissera aucune trace de son passage sur terre? Peut-être mais cet homme me paraît à moi tout particulièrement sympathique, à cause d'une éventuelle parenté entre nous peut-être ? En tout cas, j'ai bien aimé autant l'histoire (ou l'absence d'histoire) que le style, à la fois subtil, simple, mélancolique et poétique. C'est un « roman minimaliste » et même infinitésimal suivant l'expression choisie par la critique, une sorte de manière de s'inscrire entre deux mondes, entre deux infinis, et c'est peut-être là que se trouve l'inspiration créatrice, allez savoir ?.

©Hervé GAUTIER – Mai 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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yv1
  03 janvier 2014
JP Toussaint est maître dans l'art de raconter des vies normales (certains diraient banales, mais je n'utilise pas ce mot pour son côté un rien péjoratif). le narrateur et Pascale vivent la naissance de leur histoire. Rien d'exubérant, du concret, du classique. Je ne sais pas vous, mais il me semble que même si la rencontre avec l'Autre et les jours qui suivent restent des moments assez forts dans une vie, force est de constater que (sauf exception) les circonstances ne sont pas souvent exceptionnelles : ami(e) d'ami(e)s, soirées, collègues, ... C'est cela que raconte JP Toussaint avec toute l'ironie, l'humour et le détachement que j'ai déjà évoqués pour La salle de bain et Monsieur.
Je ne cite pas cet extrait au hasard (voir les citations), j'aurais pu en choisir nombre d'autres, comme celui (excellent et assez long) où le narrateur, assis sur une cuvette des toilettes d'une station-service, réfléchit en mangeant des chips (p.31/32), ou d'autres encore. Non, celui que je cite, est d'abord l'incipit du roman et ensuite, il résume une grande partie de ce que l'on y trouvera : humour décalé, télescopage d'idées et des propos, belles phrases longues et travaillées, ...
Pour lire et aimer JP Toussaint il faut aimer tout cela ainsi que le minimalisme des situations, des décors et même des descriptions des personnages, chacun se faisant ses propres images. Par exemple, lorsqu'il décrit la salle des cours de code ou même le moniteur qui fait ces cours et celui qui enseigne la conduite, je me suis revu, enseignant de la conduite -eh oui, dans une autre vie, j'ai fait cela, une douzaine d'années-, je me suis même fait peur rétrospectivement, me disant que mes petites blagues bien pourries -qui ne faisaient rire que moi, et qui continuent d'ailleurs à ne faire rire que moi, mais tant pis, j'insiste, peut-être parviendrais-je à convertir de futurs disciples- devaient faire le désespoir de mes élèves. Parenthèse fermée. Pour lire Toussaint et l'aimer il faut aussi accepter de ne pas avoir forcément une réponse à toutes les questions qu'il aborde, de voir des portes ouvertes dans ces romans ne pas forcément se refermer.
JP Toussaint excelle dans le genre petite vie qui par un détail se trouve bousculée. Ses personnages ne sont ni antipathiques, ni sympathiques, ils sont, simplement. Vivants, ils n'aspirent à rien d'autre qu'à une vie simple, emplie de joies et de bonheurs simples, mais non dénuée de coups durs ou de moments plus difficiles. Des vies ordinaires. Dit comme cela, ce n'est pas vendeur sans doute. Beaucoup de lecteurs n'ont pas envie de lire dans des romans leur quotidien. Qu'ils se rassurent, écrite par JP Toussaint la vie de ses personnages ordinaires prend un ton extraordinaire.
Lien : http://lyvres.over-blog.com/
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vincentf
  26 octobre 2010
Comment se fait-il, alors que ce qui nous est raconté n'est rien, une rencontre amoureuse non peinturlurée de sentiments, des voyages sans but, un appareil-photo jeté à la mer, qu'on soit sous le charme ? Toussaint, même si son oeuvre est reconnaissable parmi mille, demeure un mystère. L'appareil-photo mélange les deux registres de l'auteur, le comique de situation esquissé l'air de rien et le poétique (toujours de situation) révélé dans des détails d'une vie banale et extraordinaire. Les personnages ne sont présents que par leurs actions, hasardeuses, perdues, et ils sont, le narrateur en tête, mais aussi cette Pascale de rencontre qui devient compagne inséparable, foncièrement passifs, laissant la vie passer sur eux et essayant, comme on fait lorsque l'on prend une photo, d'en saisir l'essence. Parfois le narrateur s'enferme (dans des toilettes ou dans une cabine téléphonique, décor délabré, insalubre et banal) pour penser, c'est-à-dire pour laisser le flot de choses défiler dans la tête. Il y trouve le bonheur, peut-être le même bonheur que l'on trouve, on ne sait pas trop pourquoi, en lisant Toussaint.
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jecogite
  24 août 2015
Ouai, pas mal mais bon...
Un de plus !
Un livre de plus de cette nouvelle génération de livres qui prennent une ou des scène(s) des plus anodine(s) pour la(les) décortiquer en profondeur à la manière poétique et mélancolique. Cette littérature est de plus en plus omniprésente dans la littérature contemporaine qui dénote bien une société en mal On finit par se lasser.
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francoisvaray
  21 mai 2013
Jean-Philippe Toussaint est le chantre du nouveau 'Nouveau Roman' .Il continue à effleurer le temps qui passe, les instants ordinaires, d'une leçon de conduite à un appareil photo jeté en mer, avec un style qui oublie l'histoire pour donner vie aux détails, et à en faire le sujet principal du roman. C'est une pure merveille!
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EcureuilBibliophile
  21 juillet 2018
vous reprendrez bien un peu de quotidien dans votre vie ? cette fois vous y trouverez un amour à l'auto-école et un appareil photo sur un bateau
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