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Critiques sur L'urgence et la patience (24)
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Kittiwake
  03 avril 2012
Pour cette lecture, je pense avoir fêté Pâques avant les rameaux!
En effet, j'aurais adoré découvrir ces secrets d'écriture, d'inspiration, de révélations d'extase éprouvé à la découverte de grands auteurs, si ces aveux avaient concernés un de mes écrivains fétiches. Non que je fustige Jean-Philippe Toussaint, c'est juste que je ne le connais pas.




Il n'en reste pas moins que certains passages m'ont conquise, comme cette histoire d'arroseur arrosé, lorsque l'épisode de la première lecture de Proust devient lui-même une madeleine (la relecture suscite le souvenir des circonstances exactes de la lecture initiale!). de même pour la comparaison très adroite des relations analogues entre littérature et cinéma et entre mathématiques et biologie.




Je vais donc devoir faire le chemin à l'envers et aller à la découverte des écrits précédents de l'auteur, pour pouvoir relire cet essai (ce n'est pas un pari intenable, il faut à peine une heure pour le lire) et devenir cette fois complice de ces secrets partagés, du plus matériel ( carnets, stylos, machines à écrire) au plus conceptuel (de l'influence de Beckett) en passant par les rencontres marquantes (Jérôme Lindon, Beckett encore).
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pilyen
  11 mai 2012
Cette petite centaine de pages est un vrai trésor. Ce n'est pas un roman, loin de là, pas vraiment un essai mais plutôt des textes autour de l'écriture, de la lecture, du souvenir, des moments fondateurs pour un écrivain, des rencontres qui illuminent une vie. C'est écrit simplement comme s'il s'adressait directement à celui qui le lit. Il nous parle de ce qui fait l'essence de Jean-Philippe Toussaint, les rencontres qui l'ont rendu écrivain, les lectures qui l'ont foudroyé mais aussi de ce qui le pousse à écrire encore et encore.
Au départ, je pensais lire un vibrant hommage à la littérature, essai (trop) intelligent réservé au milieu littéraire et à quelques initiés érudits. En fait pas du tout. Si vous avez un tout petit aimé lire dans votre vie, si quelquefois vous avez été enthousiasmé par un livre et si vous avez une toute petite curiosité pour ces êtres d'exception que sont ces hommes et ces femmes qui arrivent à traduire si magnifiquement avec des mots, sentiments, émotions, destins, "L'urgence et la patience" est forcément un livre que doit passer entre vos mains. J'y ai trouvé tout d'abord de quoi satisfaire ma curiosité : l'intimité littéraire de Jean-Philippe Toussaint nous y est dévoilée avec pudeur, intelligence et sincérité. Il nous fait approcher au plus près de son processus de création, nous présentant les bureaux qui ont supporté l'écriture de ses romans, évoquant la discipline d'athlète à laquelle il est obligé de s'astreindre, les méandres de la création. Puis, il parle des livres, de ceux qu'on oublie jamais, qui accompagnent une vie, des oeuvres qui nous éblouissent tellement qu'on garde en mémoire l'endroit où on les a lues, les odeurs qui flottaient au moment de leur lecture, la lumière exacte qui éclairait les pages. Ces sensations que tout un chacun a éprouvé dans sa vie sont minutieusement, malicieusement évoquées pour notre plus grand plaisir.
La fin sur le blog
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meyeleb
  23 mai 2012
Il est toujours intéressant d'entrer dans les coulisses de la création. Jean-Philippe Toussaint nous y convie à travers plusieurs textes parus séparément, qui retracent la naissance de l'acte d'écriture, ses influences, ses coups de coeur et la lente maturation, distordue par l'urgence ou la patience, qui préside à l'écriture. J'ai bien aimé la fluidité de sa pensée, sa conscience éclairée du travail d'écrivain, sa façon d'énoncer ses maîtres (dont Beckett, Proust et Dostoïevski).
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alaiseblaise
  01 avril 2012
20 000 lieues sous l'écriture.

Lire Jean-Philippe Toussaint, ça passe ou ça casse.
Ecrivain fétiche des fameuses Editions de Minuit au style minimaliste et à l'humour décalé.
J'avais beaucoup aimé lire ses romans «La Salle de bain» (1985), «La Télévision» (1997, Prix Victor Rossel) et «Fuir» (2005, Prix Médicis).

Ici, dans «L'Urgence et la Patience», il nous plonge 20 000 lieues sous l'écriture.
Respirez !
Ecrivain comme si vous l'étiez ! Immersion totale !
Le livre, ce «rêve de pierre» (Baudelaire).
Le rêve de liberté, de l'inconnu, de l'audace, du risque et du fantasme.
La pierre solide et ferme du travail inlassable.
L'urgence de l'impulsion, de la fougue, de la vitesse et de la fragilité. Rimbaud et Dostoïevski.
La patience de la lenteur, la constance et l'effort. Flaubert et Kafka.
Il FAUT lire le «Journal» de Kafka, authentique et presque maladive déclaration d'écriture pour comprendre le dur labeur de l'écrivain. Non le génie ne tombe pas du ciel !
L'écrivain pousse sa charrue dans l'éreintante terre des mots. En serrant les dents. Souvent.
«L'urgence est un état d'écriture qui ne s'obtient qu'au terme d'une infinie patience.»
Descente en scaphandrier dans les fonds de l'écriture.
Respirez.
«Il faut plonger, très profond, prendre de l'air et descendre, abandonner le monde quotidien derrière soi et descendre dans le livre en cours, comme au fond de l'océan."
Secret intime d'écrivain : «Il faut éteindre beaucoup de vie réelle pour obtenir le concentré d'une seule page de fiction."
La méthode Toussaint vaut bien la méthode Dunkan !
C'est un livre sur la lecture aussi.
Lire les fabuleux 8 000. Où comment le lecteur téméraire devient un alpiniste accompli.
Lire «Ulysse» de Joyce, «Au-dessous du volcan» de Malcolm Lowry, «L'Homme sans qualités» de Musil ou «Le quatuor d'Alexandrie» de Durrell. Bon courage pour certains que ne citerai pas !
Faut s'accrocher ferme. Pas peur du vertige. de la chute.
De l'abandon.
(Non, cherchez pas, y'a pas le livre de Dunkan dans les 8 000 !)
Des conseils : lire Proust en commençant par la deuxième partie de «Du côté de chez Swann» en sautant «Combray» et en allant directement à «Un amour de Swann». J'approuve !
La pente (ou la montée) semble plus douce. Descendre (ou remonter) par «Combray». Avec rappel. Aller plus haut comme dirait Tina Arena ! (Non, cherchez pas, y'a pas de livre de Tina Arena ! Non, cherchez pas, vous dis-je, même sur la morne plaine, y'a pas !)
Lire Dostoïevski. Un autre 8 000. A couper le souffle. Paliers de décompression obligatoires. Retour sur le plancher des vaches difficile. J'approuve aussi !
Des citations.
«Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous.» Kafka.
J'adore.
«J'ai l'amour du mot, les mots ont été mes seuls amours, quelques uns.» Beckett. J'adore aussi.
Des hommages. Beckett. Jérôme Lindon le directeur emblématique des Editions de Minuit, décédé en 2001.
Un livre qui donne envie de lire et...d'écrire...Un livre qui donne envie est toujours un bon livre !
Pour moi, ça passe...
Ecrire c'est «Fermer les yeux en les gardant ouverts.»
Expirez ! Remontez à la surface...
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brigittelascombe
  01 avril 2012
L'urgence et la patience aura eu l'avantage de me faire découvrir un célèbre inconnu (Mea culpa! Mea culpa!): Jean-Phillipe Toussaint (romancier ayant par ailleurs obtenu le prix Médicis général pour Fuir en 2005) et de m'envoyer illico découvrir ses autres oeuvres car, m'étant fourvoyée sur le tître (évocateur d'un rapport au temps), je n'ai pas vraiment apprécié la lecture de ses secrets d'écriture.
De ses souvenirs (du premier vrai livre lu tardivement alors que ses intérêts le portaient vers le dessin et le cinéma, des premiers mots tapés à deux doigts jusqu'aux phrases plus rythmées pour rejoindre une musique, de ses multiples bureaux de Paris et d'ailleurs cocons inspirateurs jusqu'aux hôtels inventés de ses livres); de ses confidences d'écriture paradoxale entre urgence(qui requiert l'impulsion) et patience(qui "requiert l'effort") et de sa confession d'admiration-fascination pour Samuel Beckett; j'avoue n'avoir retenu que quelques pages (sur 106 de ce bref essai autobiographique) celles qui s'attachent aux "pouvoirs de la littérature".
C'est en effet grâce à Crime et châtiment de Dostoïevski (lu à 20 ans sur "les conseils avisés de sa soeur") que Jean-Philippe Toussaint a ressenti sa première impulsion d'écriture.Il est vrai que le lecteur s'identifie plus ou moins fort aux personnages principaux (ici à Raskolnikov qui commet un crime) et que la lecture (par une curieuse alchimie) peut entraîner une catharsis libératrice. Désolée pour le reste du livre. Peut-être que si j'avais connu l'auteur... son portrait....Bon....Autre avis sollicité!
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liratouva2
  14 juin 2012
L'écrivain parle ici des deux qualités opposées nécessaires à l'écriture: d'abord l'urgence, l'impulsion, la fougue, la vitesse qu'il faut pour se lancer, ensuite la patience, la lenteur, la constance, l'effort pour accoucher.
Pour lui qui se voudrait aérien mais qui est très organisé avec un côté monacal, tout importe: la condition physique, l'alimentation, ses lectures. S'il mettait un an pour écrire un livre à ses débuts, en y consacrant tout son temps, il lui en faut maintenant trois, en écrivant tous les jours et dans un lieu neutre, un appartement loué, en Corse ou à Ostende. Travailler chez lui, à Bruxelles, lui est impossible.
Il n'hésite pas à entrer dans les détails les plus matériels: sa préférence pour les carnets Muji sur lesquels il écrit exclusivement. (Il est très lu par les Japonais) et les marques de ses stylos préférés, «avec bille en carbure de tungstène, pointe fine ou micro»
«Je croyais aimer la littérature mais c'est l'amour de la papeterie que j'ai, ma parole!»
Ses chapitres s'intitulent: le jour où j'ai commencé à écrire – Mes bureaux - Dans le bus 63 où il a lu «Malone meurt» de Beckett, en fin d'après midi – Moi, Rodion Romanovitch Raskolnikov où il avoue s'être complètement identifié au meurtrier de Dostoïewski.

Celui que j'ai préféré cependant, c'est celui sur Proust, un des rares auteurs à commencer par la patience et à terminer par l'urgence. Il prend tout son temps. Il n'existe pas de première version de son oeuvre. Il se contente de vivre.
«C'est sa vie, la patience et l'urgence, c'est son oeuvre.»
Proust est pour lui, le sommet de la littérature. C'est le livre non pas le plus lu mais le plus relu. Sur les conseils de sa mère il a sauté tout Combray la première fois, pour commencer par «Un amour de Swann» et ça lui a bien réussi.
Ses livres préférés ensuite :
Au-dessus du volcan
L'homme sans qualités
Le quatuor d'Alexandrie
J'aime bien cette réflexion :
«Les meilleurs livres sont ceux dont on se souvient du fauteuil dans lequel on les a lus.»
J'ai aimé lire ce livre et le conseille à tous ceux qui s'intéressent aux méthodes, manies, voire névroses de ceux qui font de l'écriture leur métier.
Lien : http://liratouva2.blogspot.f..
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vincentf
  12 janvier 2016
Ecrire. Verbe intransitif. Jean-Philippe Toussaint raconte, avec la précision et l'humour qu'on lui connaît, ses premiers pas dans l'écriture, ses habitudes d'écrivain, les lectures qui l'ont forcé à écrire, les bureaux où il se mit à la tâche et les hôtels qu'il a bâtis dans ses romans. Il montre l'entreprise de longue haleine qu'est l'écriture, les jours et les années de patience qu'il faut pour trouver le rythme d'un texte, seul critère véritable pour le styliste, et les instants où écrire va tout seul, où il faut courir après le texte qui fuit comme un cheval dans un aéroport japonais. le lecteur prend plaisir à s'attarder quelques minutes dans l'atelier de l'artiste, qui déjà a pris le bus pour d'autres mots, d'autres mystères, d'autres pluviers et d'autres ravanastrons.
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paroles
  08 janvier 2013
Comment devient-on écrivain ? Jean-Philippe Toussaint nous livre sa recette.
Une recette parmi d'autres et une recette que je ne referai pas !
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Actulitteraire
  20 mai 2012
Dans cet essai de 107 pages, Jean-Philippe TOUSSAINT explique son travail d'écriture et tente de dresser une partie de son autoportrait à travers les mots. Il nous parle également de ses rencontres avec Samuel Beckett, Jérôme Lindon, mais également avec Proust ou Dostoïevski, entraînant avec lui le lecteur. Malgré son titre éllitiste et inaccessible, le livre nous emporte avec une subtilité pleine d'humilité.



L'urgence, qui appelle l'impulsion, la fougue, la vitesse - et la patience, qui requiert la lenteur, la constance et l'effort. Mais elles sont pourtant indispensables l'un et l'autre à l'écriture d'un livre [...] (sic) Ainsi pourrait se définir la vision qu'à Toussaint de son travail d'écriture. À l'instar de Marguerite Duras dans Écrire, il évoque ses débuts, son acte d'écriture, ses inspirations, etc. Dans le deuxième temps du livre, il finit par évoquer plus précisément ses entrevues, notamment avec Samuel Beckett, dont il parle avec beaucoup d'émotion. de par une écriture spontanée, on s'identifie rapidement au narrateur; à notre échelle, et avec notre histoire littéraire.



Cette écriture, habile, concise, incisive, marquées d'imprécisions liées à la mémoire et parfois impolitiquement correcte, confère au texte un caractère sincère et authentique, qui est d'ailleurs très plaisant à lire pour le lecteur. On sent l'auteur imprégné de la littérature d'après-guerre : Oulipo, absurde, etc. Il n'hésite d'ailleurs pas à faire l'apologie de Beckett. On pourrait clairement parler de catharsis en évoquant cet essai, de par cet autoportrait de Toussaint écrivain, mais également de Toussaint lecteur, avec toujours pour fil rouge, l'écriture.



Dans ce voyage au coeur de son écriture, Jean-Philippe TOUSSAINT délivre ici un essai réfléchi, enthousiasmant et bien écrit, nivelant auteur et lecteur, et évoquant ses émotions littéraires et sa vision de l'écriture. On pourrait se questionner quant aux raisons de l'existence de cet essai. Quoi qu'il en soit, L'urgence et la patience est un livre totalement réussi, que l'on prend réellement plaisir à lire.

Lien : http://actulitteraire.canalb..
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clairelili
  29 juin 2017
Avec sa distance ironique coutumière, Jean-Philippe Toussaint livre ici son art poétique. Il évoque les chocs littéraires qui l'ont incité à écrire : " Crimes et Châtiments ", Proust, Beckett. Et sa rencontre avec Jérome Lindon, d'une tendresse implacable. passionnant.
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