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EAN : 9782253237570
672 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (29/01/2020)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.92/5 (sur 145 notes)
Résumé :
Au début des années 1920, le comte Alexandre Illitch Rostov, aristocrate impénitent, est condamné par un tribunal bolchévique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou, où le comte a ses habitudes, à quelques encablures du Kremlin. Acceptant joyeusement son sort, le comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, restaurants et salles de réception de l’hôtel, et noue des liens avec le personnel de sa prison dorée – officiant bientôt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  09 juillet 2018
En cet an de grâce 1922, la Mère Russie, désormais bolchevique, n'apprécie guère qu'on lui résiste. Le comte Alexander Rostov, aristocrate imperturbable et invétéré, en fait les frais. Refusant de renier sa classe sociale, il n'est condamné ni au peloton d'exécution ni au goulag sibérien, mais est assigné à résidence, et à vie, dans une mansarde du luxueux hôtel Metropol à Moscou. Noblesse oblige, le comte accepte la sentence avec élégance, sans amertume ni esprit de revanche, et prend le parti de régler sa vie comme du papier à musique pour éviter de sombrer dans l'abîme d'ennui qui le menace pour quelques dizaines d'années. Heureusement pour lui, l'hôtel est vaste et peuplé de gens intéressants, des grooms aux clients les plus illustres. A force de déambuler dans les couloirs, boutiques et restaurants du Metropol, il se lie d'amitié avec le chef-cuisinier et le maître d'hôtel; avec Nina, une jeune cliente intrépide de neuf ans (qui, des années plus tard, lui confiera sa fille Sofia); avec Anna, actrice célèbre. Il devient même chef de rang du restaurant, fréquenté désormais par l'élite soviétique et la diplomatie et la presse étrangères. Un poste de choix pour observer l'évolution de la vie politique, de Staline à Khrouchtchev, à travers les conversations et les confidences de ce microcosme. Regarder, écouter, se taire (ou presque), telle est la sainte trinité respectée par le comte, qui n'a pas renoncé à la liberté, et qui comprend qu'en réalité il est "l'homme le plus verni de Russie".
Dieu que ce comte Alexander Rostov est un personnage aimable ! Et comme on aimerait être l'objet de ses attentions! Un gentleman exquis, parfait, raffiné, séduisant,... un vrai prince charmant ! Et il faut reconnaître que cette belle histoire tient un peu du conte, avec des amitiés à toute épreuve d'un côté et de l'autre les sorcières malveillantes du stalinisme, qui tiennent votre vie entre leurs doigts crochus et arbitraires. Un jeu de chat et de souris dans les méandres de la bureaucratie et dans le labyrinthe des couloirs secrets du Metropol, entre des Gentils très attachants et des Méchants dangereux mais qu'on finit par faire tourner en bourriques. Les péripéties ne sont pas toujours très vraisemblables mais qu'importe, on a envie d'y croire et ça fonctionne, avec cocasseries, drames, grande cuisine, amour, amitié et loyauté. Mesdames, ce "gentleman à Moscou" est un pur caviar...
En partenariat avec les éditions Fayard via Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Eve-Yeshe
  17 novembre 2018
Le comte Alexandre Illitch Rostov (Sasha pour les intimes) a été assigné à résidence à vie dans l'hôtel Metropol où il vivait dans une suite.
On lui reproche d'avoir écrit un poème, contre la révolution (1916 !) et d'être revenu d'exil « pour prendre les armes » et "d'avoir succombé de manière irrévocable au pouvoir corrupteur de sa classe", il est donc une menace pour le régime. Il n'échappe au peloton d'exécution que parce qu'il n'a pas été tendre non plus avec le régime tsariste.
Amor Towles fait démarrer son récit alors que la révolution d'octobre vient d'avoir lieu, et on va suivre ainsi le héros de 1922 à 1954 durant toute la période soviétique, on croisera ainsi Staline alias Soso, Khrouchtchev dont on suivra les manoeuvres pour prendre la succession.

Ce comte m'a énormément plu par la manière dont il réussit à transformer cet exil intérieur, cette prison qu'est devenue l'hôtel, où il a été relégué sous les combles dans un réduit qu'il va organiser pour le rendre habitable et lui donner une âme. Il fait rapidement le tri dans ce qu'il peut et veut y emporter, ce qui a de la valeur pour lui, pour se souvenir du passé, de sa soeur décédée très jeune : l'horloge de son père qui ne sonne que deux fois par jour : midi et minuit, ce que l'on a fait avant midi prouve que l'on a été efficace sans perdre son temps et quand elle sonne à minuit : il est trop tard…
Il voit défiler les nouveaux "grands du régime" : on est pour le partage, mais on garde le plaisir du bien manger et du confort (Léo Ferré ne disait-il pas : "on peut être anarchiste et aimer le confort") et leur réunionite, il rencontre Nina dont le père est un notable et cette petite fille, par sa curiosité, ses questions, va établir une relation profonde avec lui, lui faisant explorer tous les recoins de l'hôtel, les couloirs cachés, il va ainsi s'approprier un domaine qui lui était étranger.
Amor Towles introduit un autre personnage savoureux avec Ossip, un dignitaire du régime qui veut tout apprendre de l'Europe, et demande à Sasha de lui expliquer la civilisation et la littérature françaises puis anglaises puis américaines ce qui donne des échanges savoureux, clin d'oeil au passage à Humphrey Bogart, au faucon maltais !
J'ai beaucoup aimé Nina et la relation qu'ils tissent tous les deux ; Nina qui veut qu'il lui explique l'éducation des filles sous le tsarisme, ou Nina qui veut vérifier la loi de Newton en faisant tomber divers objets du haut de l'escalier, chronomètre à la main, Nina pleine de fougue et d'idéalisme qui va partir loin dans la campagne participer à la réforme de l'agriculture, Nina qui prend conscience de la réalité…
Sasha évolue tout au long du roman, en même temps que la société bouge, que l'on nomme des gens incompétents mais pistonnés pour servir à table, surveiller les commandes et les stocks… et faire des dossiers sur le personnel… Par exemple l'épisode des vins est extraordinaire : on arrache toutes les étiquettes des bouteilles, et on n'aura plus qu'un seul choix : vin blanc ou vin rouge, où on pourra servir aussi bien un Petrus que de la piquette pour le même prix !
Sasha réussit à s'adapter, à l'imbécillité, à la surveillance à peine voilée, devenant à son tour serveur dans un des restaurants de l'hôtel, en gardant la même élégance, la même maîtrise et forme avec ses deux amis cuisinier et ce qu'ils appelleront le triumvirat
On suit aussi l'évolution d'un autre personnage, Mischka, l'ami de Sasha, écrivain qui peut continuer son métier : il veut publier des lettres de Tchékhov mais manuscrit refusé car la dernière phrase de la dernière lettre porte atteinte au régime ! comme il ne veut pas céder, déportation… il disait que Sasha était un assigné à résidence verni, car plus libre dans sa prison-hôtel que lui en liberté…
D'autres personnages haut en couleur passent aussi dans l'hôtel, véritable lieu de rencontre, avec des Américains, tel Richard avec lequel il échange des idées en partageant un verre au bar…
Pour ne pas spolier, je ne dirai rien d'un autre personnage qui jouera un rôle important dans la vie de Sasha et montrera les ressources de cet homme.
J'ai retrouvé dans ce roman l'âme russe que j'aime tant, j'avais l'impression que l'ami Fiodor n'était pas loin, alors que le régime dégommait la statue de Gogol car pas assez souriant pour la remplacer par celle de Gorki, tout acquis au régime…
On ne s'ennuie pas une seconde en lisant ce roman et on peut l'aborder par différentes clés, la politique, la réforme agraire, la révolte des paysans, le goulag, ou par le côté délation avec l'immonde Fou, ou l'amitié entre ces trois hommes, la relation paternelle, la résilience etc….
L'écriture est magnifique elle aussi, avec des références littéraires, un éloge des écrivains de Montaigne à Dostoïevski. Et la dernière partie est géniale ! j'ai fait durer le plaisir, car je n'avais aucune envie d'abandonner les personnages…
Bref, j'ai adoré ce livre, dont la couverture est magnifique, c'est mon coup de coeur de cette rentrée, qui hélas est passé beaucoup trop inaperçu à mon goût. En fait je l'ai découvert en lisant quelques critiques sur babelio et je vous engage vivement à le lire… et comme toujours quand j'adore, je suis dithyrambique mais j'assume !
Je remercie vivement les éditions Fayard et NetGalley qui m'ont permis de lire ce roman !
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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nadiouchka
  06 septembre 2018
Pour débuter ma chronique de « Un gentleman à Moscou » (traduit de l'anglais - États-Unis par Nathalie Cunnington) de l'auteur américain Amor Towles, une fois n'est pas coutume, je voudrais signaler l'extrême beauté de l'ouvrage, un livre-bijou :
couverture noire avec des incrustations dorées en relief, représentant par-ci par là, quelques objets ou des personnages présents dans l'histoire. Une vraie merveille que ce livre de 573 pages (pas moins).
Si le contenant est aussi superbe, autant déjà vous dire que le contenu ne l'en est pas moins. Ce que j'ai tout de même remarqué, c'est qu'il s'agit d'un écrivain américain qui s'est penché sur l'histoire de la Russie Soviétique (documentation à l'appui certes mais quel talent et quel investissement).
L'ouvrage est composé de « cinq livres » débutant en 1922 pour en arriver à 1954. Il s'agit de trois décennies que le comte Alexandre Ilitch Rostov va passer à l'hôtel luxueux Metropol, en résidence surveillée, un hôtel qu'il connaît d'ailleurs très bien. Cela aurait pu être bien pire car on aurait également pu l'envoyer en Sibérie et là…
Le comte va se faire un fin observateur de tout ce qui l'entoure, des événements tout simples ou très importants. Au lieu de trouver que cette condamnation va être lourde à supporter, il est plein d'optimisme et organise son tout petit appartement du mieux qu'il peut, trouver pas mal d'astuces pour améliorer sa situation et il va prendre la vie du bon côté : « Il traîna sa malle, la moitié de ses meubles et tous les livres de son père à l'exception d'un seul jusqu'au fond du couloir. Si bien qu'en une heure il avait réduit l'ameublement de sa chambre à l'essentiel (…) et un passage juste assez large pour qu'un gentleman puisse y faire les cent pas en réfléchissant.
L'air satisfait, il se tourna alors vers le chat (installé bien confortablement sur le fauteuil et occupé à lécher les restes de crème sur ses pattes).
- Alors, qu'en dis-tu, vieux pirate ? » (p.34/35).
Des rencontres importantes parsèment son quotidien bien réglé : d'abord la petite Nina (neuf ans) qu'il va prendre sous son aile protectrice – la rencontre avec une très belle actrice, Anna, dont il va tomber fou amoureux. Mais ce n'est pas tout.
C'est la description d'une aristocratie bien lotie qui ne voit que le bon côté de son statut. Les années passent, Rostov devient chef de rang dans un des restaurants de l'hôtel (ce qui va donner l'occasion de parler un peu de gastronomie), où il côtoie des personnages importants. Tout est décrit très minutieusement. Certains diront que c'est un peu dense mais je n'ai jamais eu l'impression de lourdeur, au contraire.
Il y a bien quelques petites invraisemblances mais c'est un roman.
Un autre événement important dans la vie de Rostov, c'est l'arrivée de Sofia, la fille de Nina Koulikova, qui n'a que lui vers qui se tourner afin de garder à l'abri sa fille car elle doit rejoindre son mari exilé dans un camp.
Et c'est ainsi que Sofia va prendre une place de plus en plus importante et ce, jusqu'à la fin.
Avec cette histoire sur l'aristocratie et la Russie, il est important de noter que s'y mêlent aussi, bien des faits historiques car il s'en passe énormément pendant ces trente ans. 
Par exemple : évocation de l'opération Barbarossa « offensive au cours de laquelle plus de trois millions de soldats déployés d'Odessa à la Baltique traversèrent la frontière russe. » (p.348). On rencontre Staline (Soso), Khroutchev... on voit l'arrivée de centrales nucléaires (donc du progrès), tout cela sous l’œil averti de notre gentleman.
On assiste à des aventures si nombreuses que je laisse le soin au futur lecteur de les découvrir.
L'écriture est tellement simple, élégante, poétique, avec un brin d'humour que cet ouvrage se lit très facilement. Les références littéraires et culturelles ne manquent pas et même quelquefois des allusions au cinéma.
Cette grande histoire de la Mère Russie est tellement foisonnante d'indications, qu'en raconter plus serait une gageure et ce n'est pas le but. Je reconnais que c'est dommage mais le risque est d'en dire trop.
Ce que je peux révéler, c'est que ce livre dont « UN MILLION D'EXEMPLAIRES VENDUS », se trouve sur la liste des best-sellers du New York Times. « Distingué comme l'un des meilleurs livres de l'année 2016 par le Chicago Tribune, le Washington Post, le Philadelphia Inquirer et le San Francisco Chronicle ». Rien que ça !
Nul doute qu'il fera parler également de lui en France (si ce n'est déjà fait) car il figure dans la rentrée littéraire 2018.
Entre nous, « Un gentleman à Moscou » recèle de nombreux secrets (à découvrir) mais également une foule de renseignements touchant à TOUT.
Un livre que j'ai dégusté du début à la fin, d'autant plus qu'il concerne la Russie...
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Annette55
  13 août 2019
Condamné le 21 juin 1922 à l'exil intérieur l'aristocrate et sémillant Comte Alexandre Ilitich Rostov se retrouve contraint de vivre désormais dans le grand hôtel Métropol de Moscou où il avait ses habitudes , puisqu'il y séjournait déjà .....
Quittant sa luxueuse suite 217, aux dimensions grandioses il emménage dans un vulgaire bout de grenier, mansarde étroite avec deux fauteuils Voltaire, deux lampes de table en forme d'éléphant, la vaisselle en porcelaine de Limoges de sa grand-mère , un portait de sa soeur Helena disparue en 1916, deux bouteilles de cognac et surtout , surtout ses chers livres . ...
Sans amertume , en gentilhomme, reclus et décidé , il accepte la sentence et son huit- clos de bonne grâce .
Il consacre son énergie ——ni à la soif de vengeance , ni aux lamentations , ni aux aigreurs —— mais à «  la gestion des détails pratiques «  autrement dit : «  Continuer à vivre » .
Quelle belle histoire !
Où l'on côtoie les Essais de Michel de Montaigne—— Tolstoi , Techekhov, Guerre et paix, Tchaïkovski, Pouckhine , Gogol et les âmes mortes , Nicolaïsme Boukharme , directeur de la Pravda ——-et bien d'autres âmes Russes.
J'ai adoré déambuler sous les ors et les tentures épaisses ,au sein des couloirs feutrés du grand hôtel, monter les escaliers avec Alexandre ou les descendre avec lui de sa chambre à la lingerie, aux cuisines et au sous- sol qui regorge de tant de trésors , à la cave ——côtoyer femmes de chambre, couturières, serveurs polis et zélés, sans être serviles, le maître d'hôtel solennel et précis tout en retenue, les grooms , le directeur ——-
Accompagner Nina Koulikova , une fillette de neuf ans qui bouleversera le cours de la vie bien rangée d' Alexandre Rostov. ...
Cet ouvrage nous dévoile un homme charmeur .
Il a du coeur, aime se distraire, à force de vodka, de charme et d'esprit sait obtenir des confidences en nouant des liens étroits avec le personnel. ....
Ses aventures sont relatées en évoquant par petites touches la situation politique de la Russie au long cours , durant trente ans ....N'en disons pas trop !
Quel personnage!
Cet ouvrage est un maelström subtil , original, de drôlerie ,fantaisie , insondable et gravité .
L'auteur a su reconstituer avec habileté le côté historique et la personnalité de cet homme : hédoniste ,flegmatique parfois, méditatif, typiquement un anti - héros .
L'écriture colle parfaitement au personnage et à l'histoire : riche, raffinée, posée, réfléchie , soignée dans les détails .
L'on quitte à regret les couloirs de l'hôtel Métropol, les déambulations et les réflexions d'Alexandre Rostov ....
Un récit enlevé et original.
Je tiens à signaler la première de couverture stylisée, soignée , sur fond noir et ses motifs emblématiques de l'âme Russe !


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Archie
  12 novembre 2018
Porté par un franc succès outre Atlantique, Un gentleman à Moscou se présente aux lecteurs francophones, derrière une très belle couverture noir et or, illustrée symboliquement par quelques thèmes du roman. Un bien beau volume de presque six cents pages, auquel on reprochera juste son poids. L'auteur, un Américain du nom d'Amor Towles, est devenu romancier sur le tard, après une carrière d'analyste financier.
J'ai toujours aimé les histoires d'aventuriers gentlemen. Leur élégance, leur sang-froid, leur humour, dissimulant des qualités intellectuelles et physiques exceptionnelles, ont nourri mes rêves d'enfant et d'adolescent : Phileas Fogg, le so british héros de Jules Verne, m'a fasciné ; j'aurais voulu être Arsène Lupin, le génial gentleman-cambrioleur ; j'ai été ébloui par James Bond, l'agent très spécial et très séducteur au service secret de Sa Majesté. Un gentleman à Moscou m'a donc ramené à ma jeunesse et m'a fait penser à un best-seller des années soixante, que je me souviens d'avoir lu et relu avec enthousiasme à l'époque : On n'a pas toujours du caviar, de Johannes Mario Simmel.
Le propre du gentleman est de s'en tenir scrupuleusement à une éthique et à des règles de comportement qui lui sont propres, sans se préoccuper de l'air du temps, sans se soucier de l'opinion du commun, sans chercher non plus à en imposer. Tel est bien le personnage imaginé par l'auteur, le comte Alexandre Ilitch Rostov, membre de l'ordre de Saint-André, membre du Jockey Club, et j'en passe. Ce comte Rostov, Sasha pour les intimes, n'est ni français, ni british, mais russe, profondément russe, russe jusqu'au bout des ongles, russe de la première à la dernière ligne du roman.
Mais en 1922, du seul fait de sa naissance, cet homme se trouve hors des normes bolcheviques, un crime qui dans le régime soviétique, mérite la peine de mort, ou à minima, la déportation au fin fond de la Sibérie. Heureusement, grâce à un poème dont on lui attribue – à tort (*) – la paternité, le comte Rostov n'est condamné qu'à une assignation à perpétuité à son domicile, le luxueux hôtel Metropol, en plein centre de Moscou, où il réside depuis la Révolution et la perte de la propriété familiale.
Pendant plus de trente ans, le comte ne franchira pas les portes de l'hôtel, où l'on lui attribue une minuscule mansarde sous les toits, un lieu qu'il saura agrémenter à sa façon, à l'insu de ses geôliers. Pendant toutes ces années, son ingéniosité, son entregent et son humour lui permettront de tirer les ficelles d'intrigues et de manipulations en tout genre, pour la plupart avec bienveillance. Il influera sur le fonctionnement de l'établissement, notamment celui des restaurants, qui conserveront grâce à lui un niveau de qualité apprécié par les nouveaux maîtres du Kremlin et leurs visiteurs étrangers.
Un gentleman à Moscou, c'est trente ans d'anecdotes romanesques plaisantes, drôles, parfois émouvantes, mêlées de commentaires philosophiques de bon aloi, émaillées de références culturelles brillantes et d'évocations de l'âme russe, le tout sur fond d'histoire de l'Union Soviétique, depuis la rédaction de sa Constitution, jusqu'à l'habile prise de pouvoir par Khrouchtchev en 1954.
Les déviations absurdes du régime sont illustrées dans leurs applications les plus ridicules. L'exemple le plus cocasse est l'arrachage systématique des étiquettes sur les bouteilles de la somptueuse cave à vins de l'hôtel, afin de mettre un terme à une inégalité contraire aux idéaux de la Révolution. Désormais, au Boyarsky, le meilleur restaurant de Moscou, ce sera rouge ou blanc, à prix unique.
Le livre est très agréable à lire, même si le texte français aurait peut-être mérité un peu plus de fignolage. Il faut saluer la cohérence globale des nombreuses péripéties. Je m'interroge juste sur une paire de chaussures disparue dans la dernière partie du livre, sans que j'aie vraiment compris l'intérêt de cette disparition. Ce n'est qu'un détail sans importance.
(*) L'histoire du poème en prologue est dévoilée dans les dernières parties du livre. Si tu veux la connaître, chère lectrice, cher lecteur, tu devras lire le roman jusqu'au bout.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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critiques presse (3)
Bibliobs   13 décembre 2018
Amor Towles raconte avec une constante et communicative bonne humeur la vie d'Alexandre à l'hôtel Metropol. Il se lie d'amitié avec les gars de la cuisine, devient «camarade chef serveur» du Boyarski, le somptueux restaurant du palace, converse avec un client américain pour lui transmettre un courrier secret en partance pour Paris, tombe sous le charme de l'actrice Anna Urbanova et enseigne à un colonel de l'Armée rouge l'art d'être un gentleman.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   12 octobre 2018
Dans la Russie soviétique, un aristocrate, qui a échappé au peloton, est assigné à résidence dans un palace.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   23 août 2018
L'Américain Amor Towles imagine avec humour la longue assignation à résidence d'un noble russe dans un palace moscovite.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   18 novembre 2018
C’est drôle, songea-t-il, comme il s’apprêtait à abandonner sa suite. Dès notre plus jeune âge, nous apprenons à dire au revoir aux amis et à la famille. Nous accompagnons nos parents et nous frères et sœurs à la gare ; nous rendons visite à nos cousins, nous allons à l’école, entrons au régiment ; nous nous marions, voyageons à l’étranger…

… Mais l’expérience est moins susceptible de nous apprendre à dire adieu à nos biens les plus chers. Et à supposer que cela s’apprenne ? Nous ne voudrions pas de cet apprentissage. Car, en fin de compte, nous accordons plus d’importance à nos biens qu’à nos amis…
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Annette55Annette55   11 août 2019
«  Dans l’espace des dix-sept années écoulées depuis l’instauration de cette paix ——une génération à peine ——, la Russie avait vécu une guerre mondiale , une guerre civile, deux famines et la prétendue Terreur Rouge.
Bref, le pays avait traversé une période de bouleversements qui n’avaient épargné personne .
Alors, que vous fussiez de droite ou de gauche , Rouge ou Blanc, que votre situation personnelle se fût aggravée ou améliorée, le moment était peut- être enfin venu de boire à la santé de la nation ».
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moussk12moussk12   03 avril 2020
Ce soir de 1946, lorsque le comte et Richard avaient fait connaissance autour de la concoction rose d'Audrius, l'Américain avait défié le barman de créer plusieurs cocktails, chacun reprenant l'une des couleurs de la cathédrale Saint-Basile. Ainsi étaient nés le Solidago, le Bleu Tiffany, le Mur de briques, ainsi qu'une potion vert foncé du nom de Sapin de Noël. Ajoutons que pratiquement tout le monde au bar savait que si vous arriviez à boire ces quatre cocktails à la suite, vous gagniez le droit au titre de "Patriarche de toutes les Russies" - après avoir repris connaissance.
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moussk12moussk12   02 avril 2020
Camarade procureur Vychinski : Votre nom.
Rostov : Comte Alexandre Ilitch Rostov, membre de l'ordre de Saint-André, maître de la Chasse.
Vychinski : Vous pouvez garder vos titres; personne ne vous les disputera. Cependant, pour qu'il n'y ait pas de confusion, êtes-vous bien Alexandre Rostov, né à Saint-Pétersbourg le 24 octobre 1889 ?
Rostov : Soi-même.
Vychinski : Avant toute chose, je dois dire que je ne me souviens pas d'avoir vu une veste décorée d'autant d'insignes.
Rostov : Merci.
Vychinski : Ce n'était pas un compliment.
Rostov : En ce cas, j'exige réparation sur le terrain.
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Eve-YesheEve-Yeshe   19 novembre 2018
Reconnaissant qu’un homme devait maîtriser le cours de sa vie s’il ne voulait pas en devenir le jouet, le comte songea qu’il serait avisé de réfléchir à la manière d’atteindre ce but quand on a été condamné à passer sa vie, enfermé.
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Vidéo de Amor Towles
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 11 janvier 2019 :
Sérotonine de Michel Houellebecq aux éditions Flammarion https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=135899&id_rubrique=341
Rompre de Yann Moix aux éditions Grasset https://www.lagriffenoire.com/136551-divers-litterature-rompre---roman.html
Femme qui court de Gérard de Cortanze aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/136399-divers-litterature-femme-qui-court.html
Darnand, le bourreau français tome 1 de Perna Patrice et Bédouel Fabien aux éditions Rue de Sèvres https://www.lagriffenoire.com/103195-bd-darnand-tome-1---le-bourreau-francais.html
Violette Morris (Tome 1): À abattre par tous moyens de Javi Rey et Bertrand Galic aux éditions Futuropolis https://www.lagriffenoire.com/128145-achat-bd-violette-morris-tome-1-premiere-comparution---a-abattre-par-tous-moyens.html
La Goûteuse d'Hitler La Goûteuse d'Hitler de Rosella Postorino et Dominique Vittoz aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=135848&id_rubrique=338
Corruption de Don Winslow aux éditions HarperCollins Noir https://www.lagriffenoire.com/131679-meilleures-ventes-polar-corruption.html
Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/136576-romans-historiques-ces-reves-qu-on-pietine.html
Simple de Yotam Ottolenghi aux éditions Hachette Pratique https://www.lagriffenoire.com/129299-livres-de-cuisine-simple.html
Cuisinez-moi ! de Dave aux éditions Le Cherche Midi https://www.lagriffenoire.com/130414-livres-de-cuisine-cuisinez-moi----le-livre-de-r.html
Fantazmë de Niko Tackian aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/136526-nouveautes-polar-fantazme.html
Audiolib
Devenir | Version intégrale de Michelle Obama et Marie Bouvier aux éditions Audiolib
Astérix le Gaulois/Astérix, La serpe d'or | Enregistrement original de René Goscinny et Albert Uderzo aux éditions Audiolib
Un gentleman à Moscou | Version intégrale de Amor Towles et Thibault de Montalembert aux éditions Audiolib
La culture décontractée !!!!! ABONNEZ-VOUS A NOTRE CHAINE YOUTUBE ! http://www.youtube.com/user/griffenoiretv/featured (merci) La boutique officielle : http://www.lagriffenoire.com
#soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre amitié qui nous sont inestimables. @Gérard Collard @Jean-Edgar Casel
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