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ISBN : 2213704449
Éditeur : Fayard (22/08/2018)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 56 notes)
Résumé :
Au début des années 1920, le comte Alexandre Illitch Rostov, aristocrate impénitent, est condamné par un tribunal bolchévique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou, où le comte a ses habitudes, à quelques encablures du Kremlin. Acceptant joyeusement son sort, le comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, restaurants et salles de réception de l’hôtel, et noue des liens avec le personnel de sa prison dorée – officiant bientôt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  09 juillet 2018
En cet an de grâce 1922, la Mère Russie, désormais bolchevique, n'apprécie guère qu'on lui résiste. Le comte Alexander Rostov, aristocrate imperturbable et invétéré, en fait les frais. Refusant de renier sa classe sociale, il n'est condamné ni au peloton d'exécution ni au goulag sibérien, mais est assigné à résidence, et à vie, dans une mansarde du luxueux hôtel Metropol à Moscou. Noblesse oblige, le comte accepte la sentence avec élégance, sans amertume ni esprit de revanche, et prend le parti de régler sa vie comme du papier à musique pour éviter de sombrer dans l'abîme d'ennui qui le menace pour quelques dizaines d'années. Heureusement pour lui, l'hôtel est vaste et peuplé de gens intéressants, des grooms aux clients les plus illustres. A force de déambuler dans les couloirs, boutiques et restaurants du Metropol, il se lie d'amitié avec le chef-cuisinier et le maître d'hôtel; avec Nina, une jeune cliente intrépide de neuf ans (qui, des années plus tard, lui confiera sa fille Sofia); avec Anna, actrice célèbre. Il devient même chef de rang du restaurant, fréquenté désormais par l'élite soviétique et la diplomatie et la presse étrangères. Un poste de choix pour observer l'évolution de la vie politique, de Staline à Khrouchtchev, à travers les conversations et les confidences de ce microcosme. Regarder, écouter, se taire (ou presque), telle est la sainte trinité respectée par le comte, qui n'a pas renoncé à la liberté, et qui comprend qu'en réalité il est "l'homme le plus verni de Russie".
Dieu que ce comte Alexander Rostov est un personnage aimable ! Et comme on aimerait être l'objet de ses attentions! Un gentleman exquis, parfait, raffiné, séduisant,... un vrai prince charmant ! Et il faut reconnaître que cette belle histoire tient un peu du conte, avec des amitiés à toute épreuve d'un côté et de l'autre les sorcières malveillantes du stalinisme, qui tiennent votre vie entre leurs doigts crochus et arbitraires. Un jeu de chat et de souris dans les méandres de la bureaucratie et dans le labyrinthe des couloirs secrets du Metropol, entre des Gentils très attachants et des Méchants dangereux mais qu'on finit par faire tourner en bourriques. Les péripéties ne sont pas toujours très vraisemblables mais qu'importe, on a envie d'y croire et ça fonctionne, avec cocasseries, drames, grande cuisine, amour, amitié et loyauté. Mesdames, ce "gentleman à Moscou" est un pur caviar...
En partenariat avec les éditions Fayard via Netgalley.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Eve-Yeshe
  17 novembre 2018
Le comte Alexandre Illitch Rostov (Sasha pour les intimes) a été assigné à résidence à vie dans l'hôtel Metropol où il vivait dans une suite.
On lui reproche d'avoir écrit un poème, contre la révolution (1916 !) et d'être revenu d'exil « pour prendre les armes » et "d'avoir succombé de manière irrévocable au pouvoir corrupteur de sa classe", il est donc une menace pour le régime. Il n'échappe au peloton d'exécution que parce qu'il n'a pas été tendre non plus avec le régime tsariste.
Amor Towles fait démarrer son récit alors que la révolution d'octobre vient d'avoir lieu, et on va suivre ainsi le héros de 1922 à 1954 durant toute la période soviétique, on croisera ainsi Staline alias Soso, Khrouchtchev dont on suivra les manoeuvres pour prendre la succession.

Ce comte m'a énormément plu par la manière dont il réussit à transformer cet exil intérieur, cette prison qu'est devenue l'hôtel, où il a été relégué sous les combles dans un réduit qu'il va organiser pour le rendre habitable et lui donner une âme. Il fait rapidement le tri dans ce qu'il peut et veut y emporter, ce qui a de la valeur pour lui, pour se souvenir du passé, de sa soeur décédée très jeune : l'horloge de son père qui ne sonne que deux fois par jour : midi et minuit, ce que l'on a fait avant midi prouve que l'on a été efficace sans perdre son temps et quand elle sonne à minuit : il est trop tard…
Il voit défiler les nouveaux "grands du régime" : on est pour le partage, mais on garde le plaisir du bien manger et du confort (Léo Ferré ne disait-il pas : "on peut être anarchiste et aimer le confort") et leur réunionite, il rencontre Nina dont le père est un notable et cette petite fille, par sa curiosité, ses questions, va établir une relation profonde avec lui, lui faisant explorer tous les recoins de l'hôtel, les couloirs cachés, il va ainsi s'approprier un domaine qui lui était étranger.
Amor Towles introduit un autre personnage savoureux avec Ossip, un dignitaire du régime qui veut tout apprendre de l'Europe, et demande à Sasha de lui expliquer la civilisation et la littérature françaises puis anglaises puis américaines ce qui donne des échanges savoureux, clin d'oeil au passage à Humphrey Bogart, au faucon maltais !
J'ai beaucoup aimé Nina et la relation qu'ils tissent tous les deux ; Nina qui veut qu'il lui explique l'éducation des filles sous le tsarisme, ou Nina qui veut vérifier la loi de Newton en faisant tomber divers objets du haut de l'escalier, chronomètre à la main, Nina pleine de fougue et d'idéalisme qui va partir loin dans la campagne participer à la réforme de l'agriculture, Nina qui prend conscience de la réalité…
Sasha évolue tout au long du roman, en même temps que la société bouge, que l'on nomme des gens incompétents mais pistonnés pour servir à table, surveiller les commandes et les stocks… et faire des dossiers sur le personnel… Par exemple l'épisode des vins est extraordinaire : on arrache toutes les étiquettes des bouteilles, et on n'aura plus qu'un seul choix : vin blanc ou vin rouge, où on pourra servir aussi bien un Petrus que de la piquette pour le même prix !
Sasha réussit à s'adapter, à l'imbécillité, à la surveillance à peine voilée, devenant à son tour serveur dans un des restaurants de l'hôtel, en gardant la même élégance, la même maîtrise et forme avec ses deux amis cuisinier et ce qu'ils appelleront le triumvirat
On suit aussi l'évolution d'un autre personnage, Mischka, l'ami de Sasha, écrivain qui peut continuer son métier : il veut publier des lettres de Tchékhov mais manuscrit refusé car la dernière phrase de la dernière lettre porte atteinte au régime ! comme il ne veut pas céder, déportation… il disait que Sasha était un assigné à résidence verni, car plus libre dans sa prison-hôtel que lui en liberté…
D'autres personnages haut en couleur passent aussi dans l'hôtel, véritable lieu de rencontre, avec des Américains, tel Richard avec lequel il échange des idées en partageant un verre au bar…
Pour ne pas spolier, je ne dirai rien d'un autre personnage qui jouera un rôle important dans la vie de Sasha et montrera les ressources de cet homme.
J'ai retrouvé dans ce roman l'âme russe que j'aime tant, j'avais l'impression que l'ami Fiodor n'était pas loin, alors que le régime dégommait la statue de Gogol car pas assez souriant pour la remplacer par celle de Gorki, tout acquis au régime…
On ne s'ennuie pas une seconde en lisant ce roman et on peut l'aborder par différentes clés, la politique, la réforme agraire, la révolte des paysans, le goulag, ou par le côté délation avec l'immonde Fou, ou l'amitié entre ces trois hommes, la relation paternelle, la résilience etc….
L'écriture est magnifique elle aussi, avec des références littéraires, un éloge des écrivains de Montaigne à Dostoïevski. Et la dernière partie est géniale ! j'ai fait durer le plaisir, car je n'avais aucune envie d'abandonner les personnages…
Bref, j'ai adoré ce livre, dont la couverture est magnifique, c'est mon coup de coeur de cette rentrée, qui hélas est passé beaucoup trop inaperçu à mon goût. En fait je l'ai découvert en lisant quelques critiques sur babelio et je vous engage vivement à le lire… et comme toujours quand j'adore, je suis dithyrambique mais j'assume !
Je remercie vivement les éditions Fayard et NetGalley qui m'ont permis de lire ce roman !
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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nadiouchka
  06 septembre 2018
Pour débuter ma chronique de « Un gentleman à Moscou » (traduit de l'anglais - États-Unis par Nathalie Cunnington) de l'auteur américain Amor Towles, une fois n'est pas coutume, je voudrais signaler l'extrême beauté de l'ouvrage, un livre-bijou :
couverture noire avec des incrustations dorées en relief, représentant par-ci par là, quelques objets ou des personnages présents dans l'histoire. Une vraie merveille que ce livre de 573 pages (pas moins).
Si le contenant est aussi superbe, autant déjà vous dire que le contenu ne l'en est pas moins. Ce que j'ai tout de même remarqué, c'est qu'il s'agit d'un écrivain américain qui s'est penché sur l'histoire de la Russie Soviétique (documentation à l'appui certes mais quel talent et quel investissement).
L'ouvrage est composé de « cinq livres » débutant en 1922 pour en arriver à 1954. Il s'agit de trois décennies que le comte Alexandre Ilitch Rostov va passer à l'hôtel luxueux Metropol, en résidence surveillée, un hôtel qu'il connaît d'ailleurs très bien. Cela aurait pu être bien pire car on aurait également pu l'envoyer en Sibérie et là…
Le comte va se faire un fin observateur de tout ce qui l'entoure, des événements tout simples ou très importants. Au lieu de trouver que cette condamnation va être lourde à supporter, il est plein d'optimisme et organise son tout petit appartement du mieux qu'il peut, trouver pas mal d'astuces pour améliorer sa situation et il va prendre la vie du bon côté : « Il traîna sa malle, la moitié de ses meubles et tous les livres de son père à l'exception d'un seul jusqu'au fond du couloir. S bien qu'en une heure il avait réduit l'ameublement de sa chambre à l'essentiel (…) et un passage juste assez large pour qu'un gentleman puisse y faire les cent pas en réfléchissant.
L'air satisfait, il se tourna alors vers le chat (installé bien confortablement sur le fauteuil et occupé à lécher les restes de crème sur ses pattes).
- Alors, qu'en dis-tu, vieux pirate ? » (p.34/35).
Des rencontres importantes parsèment son quotidien bien réglé : d'abord la petite Nina (neuf ans) qu'il va prendre sous son aile protectrice – la rencontre avec une très belle actrice, Anna, dont il va tomber fou amoureux. Mais ce n'est pas tout.
C'est la description d'une aristocratie bien lotie qui ne voit que le bon côté de son statut. Les années passent, Rostov devient chef de rang dans un des restaurants de l'hôtel (ce qui va donner l'occasion de parler un peu de gastronomie), où il côtoie des personnages importants. Tout est décrit très minutieusement. Certains diront que c'est un peu dense mais je n'ai jamais eu l'impression de lourdeur, au contraire.
Il y a bien quelques petites invraisemblances mais c'est un roman.
Un autre événement important dans la vie de Rostov, c'est l'arrivée de Sofia, la fille de Nina Koulikova, qui n'a que lui vers qui se tourner afin de garder à l'abri sa fille car elle doit rejoindre son mari exilé dans un camp.
Et c'est ainsi que Sofia va prendre une place de plus en plus importante et ce, jusqu'à la fin.
Avec cette histoire sur l'aristocratie et la Russie, il est important de noter que s'y mêlent aussi, bien des faits historiques car il s'en passe énormément pendant ces trente ans. 
Par exemple : évocation de l'opération Barbarossa « offensive au cours de laquelle plus de trois millions de soldats déployés d'Odessa à la Baltique traversèrent la frontière russe. » (p.348). On rencontre Staline (Soso), Khroutchev... on voit l'arrivée de centrales nucléaires (donc du progrès), tout cela sous l'oeil averti de notre gentleman.
On assiste à des aventures si nombreuses que je laisse le soin au futur lecteur de les découvrir.
L'écriture est tellement simple, élégante, poétique, avec un brin d'humour que cet ouvrage se lit très facilement. Les références littéraires et culturelles ne manquent pas et même quelquefois des allusions au cinéma.
Cette grande histoire de la Mère Russie est tellement foisonnante d'indications, qu'en raconter plus serait une gageure et ce n'est pas le but. Je reconnais que c'est dommage mais le risque est d'en dire trop.
Ce que je peux révéler, c'est que ce livre dont « UN MILLION D'EXEMPLAIRES VENDUS », se trouve sur la liste des best-sellers du New York Times. « Distingué comme l'un des meilleurs livres de l'année 2016 par le Chicago Tribune, le Washington Post, le Philadelphia Inquirer et le San Francisco Chronicle ». Rien que ça !
Nul doute qu'il fera parler également de lui en France (si ce n'est déjà fait) car il figure dans la rentrée littéraire 2018.
Entre nous, « Un gentleman à Moscou » recèle de nombreux secrets (à découvrir) mais également une foule de renseignements touchant à TOUT.
Un livre que j'ai dégusté du début à la fin, d'autant plus qu'il concerne la Russie...
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Archie
  12 novembre 2018
Porté par un franc succès outre Atlantique, Un gentleman à Moscou se présente aux lecteurs francophones, derrière une très belle couverture noir et or, illustrée symboliquement par quelques thèmes du roman. Un bien beau volume de presque six cents pages, auquel on reprochera juste son poids. L'auteur, un Américain du nom d'Amor Towles, est devenu romancier sur le tard, après une carrière d'analyste financier.
J'ai toujours aimé les histoires d'aventuriers gentlemen. Leur élégance, leur sang-froid, leur humour, dissimulant des qualités intellectuelles et physiques exceptionnelles, ont nourri mes rêves d'enfant et d'adolescent : Phileas Fogg, le so british héros de Jules Verne, m'a fasciné ; j'aurais voulu être Arsène Lupin, le génial gentleman-cambrioleur ; j'ai été ébloui par James Bond, l'agent très spécial et très séducteur au service secret de Sa Majesté. Un gentleman à Moscou m'a donc ramené à ma jeunesse et m'a fait penser à un best-seller des années soixante, que je me souviens d'avoir lu et relu avec enthousiasme à l'époque : On n'a pas toujours du caviar, de Johannes Mario Simmel.
Le propre du gentleman est de s'en tenir scrupuleusement à une éthique et à des règles de comportement qui lui sont propres, sans se préoccuper de l'air du temps, sans se soucier de l'opinion du commun, sans chercher non plus à en imposer. Tel est bien le personnage imaginé par l'auteur, le comte Alexandre Ilitch Rostov, membre de l'ordre de Saint-André, membre du Jockey Club, et j'en passe. Ce comte Rostov, Sasha pour les intimes, n'est ni français, ni british, mais russe, profondément russe, russe jusqu'au bout des ongles, russe de la première à la dernière ligne du roman.
Mais en 1922, du seul fait de sa naissance, cet homme se trouve hors des normes bolcheviques, un crime qui dans le régime soviétique, mérite la peine de mort, ou à minima, la déportation au fin fond de la Sibérie. Heureusement, grâce à un poème dont on lui attribue – à tort (*) – la paternité, le comte Rostov n'est condamné qu'à une assignation à perpétuité à son domicile, le luxueux hôtel Metropol, en plein centre de Moscou, où il réside depuis la Révolution et la perte de la propriété familiale.
Pendant plus de trente ans, le comte ne franchira pas les portes de l'hôtel, où l'on lui attribue une minuscule mansarde sous les toits, un lieu qu'il saura agrémenter à sa façon, à l'insu de ses geôliers. Pendant toutes ces années, son ingéniosité, son entregent et son humour lui permettront de tirer les ficelles d'intrigues et de manipulations en tout genre, pour la plupart avec bienveillance. Il influera sur le fonctionnement de l'établissement, notamment celui des restaurants, qui conserveront grâce à lui un niveau de qualité apprécié par les nouveaux maîtres du Kremlin et leurs visiteurs étrangers.
Un gentleman à Moscou, c'est trente ans d'anecdotes romanesques plaisantes, drôles, parfois émouvantes, mêlées de commentaires philosophiques de bon aloi, émaillées de références culturelles brillantes et d'évocations de l'âme russe, le tout sur fond d'histoire de l'Union Soviétique, depuis la rédaction de sa Constitution, jusqu'à l'habile prise de pouvoir par Khrouchtchev en 1954.
Les déviations absurdes du régime sont illustrées dans leurs applications les plus ridicules. L'exemple le plus cocasse est l'arrachage systématique des étiquettes sur les bouteilles de la somptueuse cave à vins de l'hôtel, afin de mettre un terme à une inégalité contraire aux idéaux de la Révolution. Désormais, au Boyarsky, le meilleur restaurant de Moscou, ce sera rouge ou blanc, à prix unique.
Le livre est très agréable à lire, même si le texte français aurait peut-être mérité un peu plus de fignolage. Il faut saluer la cohérence globale des nombreuses péripéties. Je m'interroge juste sur une paire de chaussures disparue dans la dernière partie du livre, sans que j'aie vraiment compris l'intérêt de cette disparition. Ce n'est qu'un détail sans importance.
(*) L'histoire du poème en prologue est dévoilée dans les dernières parties du livre. Si tu veux la connaître, chère lectrice, cher lecteur, tu devras lire le roman jusqu'au bout.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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ZeroJanvier79
  02 septembre 2018
Les lectures en service de presse sont parfois décevantes, mais elles permettent aussi de découvrir de petits bijoux. C'est le cas avec ce roman d'Amor Towles, dont j'ai eu la chance de lire en avant-première la traduction en français, qui sera publiée cette semaine, le 22 août précisément.
Le résumé m'avait tout de suite attiré :
Au début des années 1920, le comte Alexandre Illitch Rostov, aristocrate impénitent, est condamné par un tribunal bolchévique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou, où le comte a ses habitudes, à quelques encablures du Kremlin. Acceptant joyeusement son sort, le comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, restaurants et salles de réception de l'hôtel, et noue des liens avec le personnel de sa prison dorée – officiant bientôt comme serveur au prestigieux restaurant Boyarski –, des diplomates étrangers de passage – dont le comte sait obtenir les confidences à force de charme, d'esprit, et de vodka –, une belle actrice inaccessible – ou presque –, et côtoie les nouveaux maîtres de la Russie. Mais, plus que toute autre, c'est sa rencontre avec Nina, une fillette de neuf ans, qui bouleverse le cours de sa vie bien réglée au Metropol.
Trois décennies durant, le comte vit nombre d'aventures retranché derrière les grandes baies vitrées du Metropol, microcosme où se rejouent les bouleversements la Russie soviétique.
La promesse, parcourir la Russie soviétique des années 1920 à 1950 par l'intermédiaire d'un aristocrate assigné à résidence dans un grand hôtel moscovite, était tentante. Je ne vais pas ménager le suspense plus longtemps : la promesse est largement tenue.
Le roman oscille entre humour très fin, réflexions intéressantes sur la société, critique de la bureaucratie soviétique, et fresque pseudo-familiale, puisque le comte Alexandre Rostov n'a plus de famille biologique mais construit la sienne au fil des années au sein du personnel et des clients de l'hôtel Metropol où il est condamné à rester.
Le roman est assez long, avec près de 600 pages, mais il est passionnant et bien rythmé dans l'ensemble, malgré quelques longueurs peut-être inévitables au milieu du récit. Quand on l'ambition de raconter trois décennies de l'Histoire de l'Union Soviétique, on n'échappe pas à quelques moments de flottement mais cela vaut largement le coup car le résultat est à la hauteur : captivant, parfois émouvant, souvent drôle, et intelligent dans sa façon d'aborder les choses.
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, et je ne peux pas m'empêcher de vous laisser avec quelques citations qui m'ont marquées pendant la lecture et qui vont permettront sans doute de goûter au style, à l'humour et à l'intelligent du propos de l'auteur :
Sur l'aristocratie et la bourgeoisie :
L'histoire a démontré que le charme est l'ambition ultime de la classe des rentiers.
Sur l'importance des duels dans la Russie tsariste :
Pourquoi donc notre pays s'est-il autant passionné pour le duel ? demanda-t-il à la cage d'escalier sans espérer de réponse.
Certains auraient sans doute répondu par facilité que le duel était un dérivé de la barbarie. Étant donné les longs hivers cruels de la Russie, sa familiarité avec la famine, son sens approximatif de la justice et ainsi de suite, il était naturel à l'aristocratie du pays d'adopter comme moyen de résoudre les conflits un acte d'une violence absolue.
Or selon l'opinion mûrement réfléchie du comte, si le duel avait emporté les faveurs des gentlemen russes, c'était uniquement en vertu de leur passion pour tout ce qui était éclatant et grandiloquent. Certes, par convention, les duels avaient lieu à l'aube dans des lieux isolés afin de garantir l'anonymat des gentlemen impliqués. Mais se déroulaient-ils pour autant derrière un tas de cendres ou dans une décharge ? Bien sûr que non ! Ils se déroulaient dans une clairière recouverte d'une fine couche de neige au coeur d'une forêt de bouleaux. Ou bien sur la berge d'un ruisseau sinueux. Ou encore en lisière d'un domaine familial sous les fleurs des arbres agitées par la brise… En d'autres termes, dans des décors qu'on n'aurait pas été surpris de découvrir au deuxième acte d'un opéra. En Russie, quel que soit le spectacle, tant que le décor a de l'éclat et le ténor de la grandiloquence, il trouvera son public.
De fait, au fil des années, à mesure que les lieux de duels gagnaient en pittoresque et les pistolets en raffinement, les hommes les plus distingués affichèrent une disposition à défendre leur honneur pour des offenses de moins en moins graves. Si bien qu'en 1900 la tradition du duel, qui était peut-être bien née en réponse à des crimes de la plus haute gravité – traîtrise, trahison, adultère –, avait peu à peu abandonné toute raison, et l'on se battait pour l'inclinaison d'un chapeau, l'insistance d'un regard, ou l'emplacement d'une virgule.
Sur le destin et les amitiés inattendues :
Les deux jeunes gens paraissaient donc peu voués à devenir amis. Pourtant, le destin n'aurait pas la réputation qu'on lui prête s'il ne faisait que ce à quoi on s'attendait.
Sur l'évolution technologique, spirituelle et politique des civilisations :
En tant qu'archéologue, lorsque Thomsen divisa l'histoire de l'humanité entre âge de la pierre, du bronze et du fer, il le fit tout naturellement en se fondant sur les outils physiques qui définissent chaque époque. Mais quid du développement spirituel de l'humanité ? Et de son développement moral ? Crois-moi, ils ont progressé dans le même sens.
À l'âge de la pierre, l'homme des cavernes avait les idées aussi rudimentaires que sa massue, aussi basiques que le silex d'où il tirait des étincelles.
À l'âge du bronze, lorsque quelques petits malins découvrirent la science de la métallurgie, combien de temps leur fallut-il pour fabriquer des pièces, des couronnes, des épées ? Cette trinité impie à laquelle l'homme du peuple s'est ensuite retrouvé asservi pendant mille ans. Michka se tut un instant, les yeux au plafond, avant de reprendre.
Ensuite vint l'âge du fer, et avec lui la machine à vapeur, la presse, le fusil. Une trinité complètement différente, en effet. Car si ces outils ont été mis au point par la bourgeoisie afin de servir ses propres intérêts, c'est à travers la machine à vapeur, la presse et le fusil que le prolétariat a commencé à se libérer de l'exploitation, de l'ignorance et de la tyrannie.
Michka commenta cette trajectoire historique – ou peut-être ses propres tournures de phrase – d'un signe de tête appréciatif.
– Eh bien, cher ami, nous conviendrons je pense qu'un nouvel âge a commencé : l'âge de l'acier. Nous avons maintenant la capacité de construire des centrales électriques, des gratte-ciel, des avions.
Puis, se tournant vers le comte : – Tu as vu la tour Choukhov ?
Le comte répondit que non.
– C'est un bien bel objet, Sasha. Une spirale en acier de deux cents mètres de haut depuis laquelle nous diffusons les toutes dernières nouvelles et informations – mais également, eh oui, les mélodies sentimentales de ton cher Tchaïkovski –jusque dans chaque foyer, dans un rayon de cent soixante-dix kilomètres. Et à chaque fois, la morale russe progresse au même rythme que ces avancées. Il se peut que nous assistions de notre vivant à la fin de l'ignorance, de l'oppression et à l'avènement de la fraternité des hommes.
Sur les révolutions :
Un soulèvement populaire, des troubles politiques, le progrès industriel – la combinaison de ces trois facteurs peut faire évoluer une société si rapidement qu'elle sautera des générations entières, balayant ainsi des aspects du passé qui autrement auraient peut-être survécu plusieurs décennies. Et il ne peut qu'en être ainsi lorsque les hommes nouvellement arrivés au pouvoir se méfient de toute forme d'hésitation ou de nuance et placent les certitudes au-dessus de tout.
Sur l'exil en Russie :
Oui, l'exil était aussi vieux que l'humanité. Mais les Russes furent le premier des peuples à maîtriser la notion d'exil dans leur propre pays. Dès le XVIIIe siècle, les tsars, plutôt que de chasser leurs ennemis du pays, choisirent de les envoyer en Sibérie. Pourquoi ? Parce qu'ils avaient décidé qu'exiler un homme de la Russie comme Dieu avait exilé Adam du jardin d'Éden ne constituait pas un châtiment suffisamment sévère ; car dans un autre pays, un homme peut se jeter à corps perdu dans le travail, construire une maison, fonder une famille. En d'autres termes, recommencer une nouvelle vie.
Mais lorsque vous exilez un homme dans son propre pays, il lui est impossible de recommencer à zéro. Pour l'exilé intérieur – que ce soit en Sibérie ou à travers la Moins Six –, l'amour du pays ne sera jamais flou ou dissimulé par le brouillard du temps qui passe. En fait, comme notre espèce a, au fil de l'évolution, appris à accorder la plus grande attention à ce qui se trouve hors de sa portée, ces exilés rêveront des splendeurs de Moscou selon toute probabilité plus que n'importe quel Moscovite qui peut en profiter librement.
Sur le cinéma américain comme instrument de propagande :
Mais les films américains, dit-il, méritaient de leur part un examen soigneux, pas simplement en tant que fenêtres offrant une perspective sur la culture occidentale, mais également en tant que mécanismes inédits de répression de classe. Car avec leur cinéma, les Yankees avaient semblait-il découvert comment calmer une classe ouvrière tout entière pour la modique somme de cinq cents par semaine.
Leur Dépression, expliquait-il. Elle a duré dix ans en tout. Une décennie complète, pendant laquelle ils ont laissé le prolétariat se débrouiller tout seul en fouillant dans les poubelles et en mendiant à la sortie des églises. S'il y a bien une période pendant laquelle les travailleurs américains auraient dû secouer le joug, c'est celle-là. Pourtant, ont-ils rejoint leurs frères d'armes ? Ont-ils pris leurs haches et défoncé les portes des grandes demeures ? Jamais. Tant s'en faut. Ils se sont traînés jusqu'au cinéma le plus proche, où on a fait miroiter sous leurs yeux la dernière fantaisie en date.
Tel un scientifique chevronné, Ossip disséquait froidement ce qu'ils venaient de regarder. Les comédies musicales ? Des « pâtisseries conçues pour calmer les pauvres avec des rêves de bonheur inaccessible ». Les films d'horreur ? Des « tours de passe-passe dans lesquels les ouvriers voyaient leurs peurs supplantées par celles de jolies jeunes filles ». Les comédies légères ? de « grotesques narcotiques ». Et les westerns ? La pire propagande qui soit. Des fables dans lesquelles le mal était représenté par des masses criminelles et voleuses de bétail tandis que le bien apparaissait sous les traits d'un individu solitaire qui risquait sa vie pour défendre le caractère sacré de la propriété privée. En somme, « Hollywood est la force la plus dangereuse qui soit dans toute l'histoire de la lutte des classes ».
Sur les différences entre les modèles américain et soviétique :
Comme le Faucon maltais. Qu'est-ce que cet oiseau noir, sinon un symbole du patrimoine culturel occidental ? Cette sculpture d'or et de pierres précieuses façonnée par des chevaliers des croisades pour rendre hommage à un roi, c'est un emblème de l'Église et des monarchies – ces institutions rapaces sur lesquelles toute la vie artistique et intellectuelle de l'Europe s'est construite. Qui sait, peut-être leur amour de ce patrimoine est-il tout aussi peu judicieux que celui que le Gros porte à son faucon ? Peut-être est-ce cela précisément dont il faut se débarrasser pour que leurs peuples puissent espérer progresser.
« Les bolcheviques, poursuivit Ossip d'une voix adoucie, ne sont pas des Wisigoths, Alexandre. Nous ne sommes pas des hordes de barbares fondant sur Rome pour détruire tout ce qui est beau, simplement par ignorance et jalousie. Bien au contraire. En 1916, la Russie était un État barbare. La nation la plus illettrée d'Europe, dont la majorité des habitants vivaient en quasi-servage, travaillaient les champs avec des charrues en bois, battaient leurs femmes le soir à la chandelle, s'effondraient sur un banc ivres de vodka, avant de se lever à l'aube pour se prosterner devant leurs icônes. En d'autres termes, vivaient exactement comme leurs ancêtres cinq cents ans auparavant.
Notre vénération pour toutes ces statues, cathédrales et institutions antiques ne pourrait-elle pas justement avoir été cela même qui nous empêchait d'avancer ?
Et au fait, où en sommes-nous maintenant ? Jusqu'où avons-nous avancé ? En mariant le tempo américain et les objectifs soviétiques, nous sommes près d'atteindre le taux d'alphabétisation maximum. Les endurantes femmes russes, elles aussi esclaves autrefois, ont été élevées au rang d'égales. Nous avons construit de nouvelles cités, et notre production industrielle dépasse celle de la majeure partie des pays européens.
– Mais à quel prix ? Ossip frappa du plat de la main sur la table.
– À un prix exorbitant ! Vous pensez que les réussites des Américains – que le monde entier leur envie – ne leur ont rien coûté ? Demandez un peu à leurs frères africains ! Vous pensez que les ingénieurs qui ont conçu leurs illustres gratte-ciel ou construit leurs routes ont hésité une seconde avant d'aplatir les charmants petits quartiers qui leur barraient le chemin ? Je vous garantis, Alexandre, qu'ils ont posé les bâtons de dynamite et appuyé sur le détonateur eux-mêmes. Comme je vous l'ai déjà dit, les Américains et nous serons les nations dirigeantes de ce siècle parce que nous sommes les seules nations à avoir appris à balayer le passé plutôt que de nous incliner devant lui. Seulement eux ont agi de la sorte au nom de leur cher individualisme, alors que nos efforts à nous sont au service du bien commun.
Sur les grands hôtels internationaux :
Certains pourraient s'étonner que deux hommes se considèrent comme de vieux amis alors qu'ils ne se connaissaient que depuis quatre ans ; mais la solidité d'une amitié ne se mesure pas au passage du temps. Ces deux-là auraient eu l'impression d'être de vieux amis même quelques heures après s'être rencontrés. Cela était dans une certaine mesure dû au fait qu'ils étaient âmes soeurs – le genre à se découvrir au cours d'une conversation parfaitement fluide de multiples points communs et des raisons de rire. Mais il s'agissait aussi très certainement d'une question d'éducation. Élevés dans de grandes demeures au sein de villes cosmopolites, sensibilisés aux arts, jouissant de longs moments d'oisiveté et exposés aux plus beaux objets, le comte et l'Américain, pourtant nés à dix ans et six mille cinq cents kilomètres d'écart, avaient plus de choses en commun l'un avec l'autre qu'avec la majorité de leurs compatriotes respectifs.
C'est pour cette même raison, bien sûr, que les hôtels prestigieux des capitales du monde se ressemblent tous. le Plaza à New York, le Ritz à Paris, le Claridge à Londres, le Metropol à Moscou – construits dans la même période de quinze ans : eux aussi étaient des âmes soeurs, les premiers hôtels de la ville équipés du chauffage central, de l'eau chaude et du téléphone dans les chambres, avec la presse internationale à disposition des clients dans le grand hall, une cuisine cosmopolite et des bars américains juste à côté de la réception. Ces hôtels avaient été construits pour des gens comme Richard Vanderwhile et Alexandre Rostov, afin qu'ils puissent lors de leurs voyages dans des villes étrangères se sentir tout à fait chez eux, en compagnie de gens de leur milieu.
Sur la mort de Staline :
Pourquoi, se demandèrent maints observateurs occidentaux, un million de citoyens étaient-ils prêts à faire la queue pour voir le cadavre d'un tyran ? Certains désinvoltes expliquèrent que c'était pour s'assurer qu'il était bien mort. Mais une telle remarque ne rendait pas justice aux hommes et aux femmes qui attendaient en pleurant. de fait, ils furent des millions à pleurer la perte de celui qui les avait menés à la victoire dans la Grande Guerre patriotique contre les forces hitlériennes ; et ils furent tout aussi nombreux à pleurer la perte de l'homme qui avait de manière aussi résolue hissé la Russie au rang de puissance mondiale ; tandis que d'autres sanglotaient simplement en comprenant qu'une nouvelle ère d'incertitudes commençait.
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critiques presse (3)
Bibliobs   13 décembre 2018
Amor Towles raconte avec une constante et communicative bonne humeur la vie d'Alexandre à l'hôtel Metropol. Il se lie d'amitié avec les gars de la cuisine, devient «camarade chef serveur» du Boyarski, le somptueux restaurant du palace, converse avec un client américain pour lui transmettre un courrier secret en partance pour Paris, tombe sous le charme de l'actrice Anna Urbanova et enseigne à un colonel de l'Armée rouge l'art d'être un gentleman.
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LeFigaro   12 octobre 2018
Dans la Russie soviétique, un aristocrate, qui a échappé au peloton, est assigné à résidence dans un palace.
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Lexpress   23 août 2018
L'Américain Amor Towles imagine avec humour la longue assignation à résidence d'un noble russe dans un palace moscovite.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
TaraxacumTaraxacum   07 janvier 2019
Ce soir de 1946, lorsque le comte et Richard avaient fait connaissance autour de la concoction rose d'Audrius, l'Américain avait défié le barman de créer plusieurs cocktails, chacun reprenant l'une des couleurs de la cathédrale Saint-Basile. Ainsi étaient nés le Solidago, le Bleu Tiffany, le Mur de briques, ainsi qu'une potion vert foncé du nom de Sapin de Noël. Ajoutons que pratiquement tout le monde au bar savait que si vous arriviez à boire ces quatre cocktails à la suite, vous gagniez le droit au titre de "Patriarche de toutes les Russies" - après avoir repris connaissance.
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Eve-YesheEve-Yeshe   18 novembre 2018
C’est drôle, songea-t-il, comme il s’apprêtait à abandonner sa suite. Dès notre plus jeune âge, nous apprenons à dire au revoir aux amis et à la famille. Nous accompagnons nos parents et nous frères et sœurs à la gare ; nous rendons visite à nos cousins, nous allons à l’école, entrons au régiment ; nous nous marions, voyageons à l’étranger…

… Mais l’expérience est moins susceptible de nous apprendre à dire adieu à nos biens les plus chers. Et à supposer que cela s’apprenne ? Nous ne voudrions pas de cet apprentissage. Car, en fin de compte, nous accordons plus d’importance à nos biens qu’à nos amis…
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Eve-YesheEve-Yeshe   19 novembre 2018
Reconnaissant qu’un homme devait maîtriser le cours de sa vie s’il ne voulait pas en devenir le jouet, le comte songea qu’il serait avisé de réfléchir à la manière d’atteindre ce but quand on a été condamné à passer sa vie, enfermé.
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Eve-YesheEve-Yeshe   21 novembre 2018
Une assignation à domicile est une violation claire et nette de votre liberté, certes, mais cela se veut également une humiliation. Si bien que la fierté et le bon sens vous commanderaient plutôt de ne pas marquer l’occasion…
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TaraxacumTaraxacum   25 décembre 2018
Car l'apparat est tenace. Et rusé de surcroît.
Il peut bien incliner la tête avec humilité tandis que l'empereur se fait traîner jusqu'en bas des marches et jeter dans la rue. Mais voilà que, après avoir tranquillement attendu son heure tout en aidant le chef nouvellement nommé à enfiler sa veste, il le félicite pour sa belle allure et suggère le port de deux ou trois médailles. Ou encore, l'ayant servi lors d'un dîner élégant, il se demande tout haut si un siège plus élevé n'aurait pas été davantage adapté à un homme chargé de telles responsabilités.
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Vidéo de Amor Towles
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 11 janvier 2019 :
Sérotonine de Michel Houellebecq aux éditions Flammarion https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=135899&id_rubrique=341
Rompre de Yann Moix aux éditions Grasset https://www.lagriffenoire.com/136551-divers-litterature-rompre---roman.html
Femme qui court de Gérard de Cortanze aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/136399-divers-litterature-femme-qui-court.html
Darnand, le bourreau français tome 1 de Perna Patrice et Bédouel Fabien aux éditions Rue de Sèvres https://www.lagriffenoire.com/103195-bd-darnand-tome-1---le-bourreau-francais.html
Violette Morris (Tome 1): À abattre par tous moyens de Javi Rey et Bertrand Galic aux éditions Futuropolis https://www.lagriffenoire.com/128145-achat-bd-violette-morris-tome-1-premiere-comparution---a-abattre-par-tous-moyens.html
La Goûteuse d'Hitler La Goûteuse d'Hitler de Rosella Postorino et Dominique Vittoz aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=135848&id_rubrique=338
Corruption de Don Winslow aux éditions HarperCollins Noir https://www.lagriffenoire.com/131679-meilleures-ventes-polar-corruption.html
Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/136576-romans-historiques-ces-reves-qu-on-pietine.html
Simple de Yotam Ottolenghi aux éditions Hachette Pratique https://www.lagriffenoire.com/129299-livres-de-cuisine-simple.html
Cuisinez-moi ! de Dave aux éditions Le Cherche Midi https://www.lagriffenoire.com/130414-livres-de-cuisine-cuisinez-moi----le-livre-de-r.html
Fantazmë de Niko Tackian aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/136526-nouveautes-polar-fantazme.html
Audiolib
Devenir | Version intégrale de Michelle Obama et Marie Bouvier aux éditions Audiolib
Astérix le Gaulois/Astérix, La serpe d'or | Enregistrement original de René Goscinny et Albert Uderzo aux éditions Audiolib
Un gentleman à Moscou | Version intégrale de Amor Towles et Thibault de Montalembert aux éditions Audiolib
La culture décontractée !!!!! ABONNEZ-VOUS A NOTRE CHAINE YOUTUBE ! http://www.youtube.com/user/griffenoiretv/featured (merci) La boutique officielle : http://www.lagriffenoire.com
#soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre amitié qui nous sont inestimables. @Gérard Collard @Jean-Edgar Casel
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