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ISBN : 2251381104
Éditeur : Les Belles Lettres (15/09/2011)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Dans la plaine de Carrhes, le 9 juin 53 avant J.-C., une armée de cavaliers venus d'Iran et d'Asie centrale barre la route aux cinquante mille hommes que Rome a envoyés conquérir l'empire rival des Parthes. Accablés sous les flèches des Orientaux, les Romains sont réduits à l'impuissance : plus de la moitié des légionnaires sont tués, beaucoup d'autres seront capturés et déportés. Suprême déshonneur, l'ennemi s'empare de leurs enseignes. Des années seront nécessaire... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Walktapus
  10 mars 2012
Alors que César consolide la domination romaine en Gaule, Crassus entreprend de conquérir la Mésopotamie. Mais à Carrhes, l'armée romaine est anéantie par les Parthes, ses enseignes capturées, les survivants faits prisonniers, et Crassus tué. C'est ce désastre dont Traina se propose de définir l' «anatomie».
Ce livre est court, bien écrit, accessible et pourtant très érudit comme le montre l'impressionnante bibliographie auxquelles renvoient les notes. le début de la campagne est d'abord abordé soigneusement, mettant en lumière la manière dont elle s'inscrit dans le monde romain de l'époque et sa mentalité.
La bataille proprement dite n'est pas très développée, mais comme le rappelle l'auteur, en l'état des sources, très unilatérales, il y a beaucoup de conjectures. Deux armées radicalement différentes et deux tactiques contrastées s'affrontent. L'armée romaine composée principalement de fantassins et alors considérée comme invincible est anéantie par une armée de cavaliers armés d'arcs et de cataphractes.
La fin du livre est consacrée à la manière dont Carrhes a été ensuite considérée à Rome, chez les historiens notamment, à la lumière de la politique des empereurs successifs. La conclusion est consacrée à l'historiographie moderne, jusqu'aux comparaisons stériles avec l'aventure américaine en Irak.
Traina «réhabilite» Crassus, général globalement compétent mais qui a commis des erreurs. Sa défaite serait autant due à l'excellence avec laquelle son adversaire Surena aurait mené la bataille, en gardant notamment les cataphractes en réserve. Ca va à l'encontre d'une tendance, héritée des romains, de minimiser la stratégie militaire et des techniques de combat du monde nomade, qui vont d'ailleurs, comme le rappelle l'auteur, contaminer Rome puis conditionner l'art de la guerre du moyen-âge occidental (voir Chaliand sur ce sujet).
L'appel à un traité stratégique indien pour éclairer la politique pluriséculaire de l'Arménie entre les deux empires est dans le même ordre d'idée. Traina faisait déjà commencer son livre précédent, «428», en Arménie, et j'aimerais bien lire un jour un ouvrage sur l'histoire stratégique de l'Arménie dans l'antiquité.
Loin de tout manichéisme et de tout schématisme flamboyant, Traina met surtout en relief la richesse et la complexité de cette campagne, et comment la manière dont on l'a appréhendée a toujours été conditionnée par le contexte où évoluaient ceux qui la jugeaient.
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LeFeuilleteurDeLivres
  12 mai 2017
Dans la plaine de Carrhes (Haute Mésopotamie), le 9 juin 53 av. J.-C., l'armée romaine connaît l'un des plus grands désastres militaires de son histoire. Les légions romaines menées par Marcus Licinius Crassus, pourtant supérieures en nombre, essuient une défaite cuisante, d'autant plus humiliante que – fait assez rare dans l'histoire de Rome – les enseignes sont prises.
Les textes classiques nous permettant de restituer le déroulement de la bataille n'offrent qu'une vision partielle (occidentale) ; il nous manquera toujours le pendant oriental. En outre, les sources sont en désaccord sur de nombreux points ; elles ne permettent pas de restituer l'ensemble de la bataille, de pénétrer complètement la stratégie de Crassus et encore moins celle des Parthes.
Toutefois, en replaçant les textes dans leur contexte de production, en analysant la position politique et les intentions des auteurs (en ayant à l'esprit, par exemple, que la principale source sur le sujet, la Vie de Crassus de Plutarque est une oeuvre « biographique » et non « historiographique », genres nettement distincts dans l'esprit des Anciens), il semble qu'on puisse trouver, sinon matière à une reconstitution précise des évènements, l'occasion d'explorer « certains aspects historiques et historiographiques (…) d'une complexité fascinante ». C'est à ce formidable voyage que nous convie Giusto Traina.
Si les sources accablent Crassus, l'auteur propose – sans nier la part de responsabilité du général – de pousser plus loin la reconstitution de cette campagne militaire, bien plus complexe qu'elle n'apparaît sous la plume des Anciens.
Carrhes, dans la mémoire des Romains, figurait à la fois comme la preuve de la nécessité d'arrêter l'expansion vers l'est pour la gloire et le pouvoir, entreprise nulla belli causa, et comme un outrage à effacer, une vengeance à consommer.
La description de la bataille n'occupe qu'une quinzaine de pages. Tout l'intérêt de ce livre – outre l'analyse de la bataille proprement dite et des forces en présence – est de présenter brillamment l'« avant » et l'« après » Carrhes, replaçant cette défaite historique dans le contexte de la fin de la République, avec tous les bouleversements que les Romains connurent alors, et même au-delà, avec une analyse de la mémoire de la bataille sous le Principat.
La lecture de ce livre est en outre enrichie par une quinzaine de figures, dont des cartes et des schémas de la bataille.
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SCOman
  22 octobre 2013
En 53 avant J.-C., deux importantes armées s'affrontent sur les plaines de Mésopotamie. À Carrhes, les forces parthes menées par le général Surena sont venues faire barrage aux ambitions impérialistes du consul Marcus Licinius Crassus et de ses légions. Cette bataille, qui ne fait étrangement pas partie des événements les plus connus de l'histoire romaine antique, marque pourtant un revers à la hauteur du futur désastre du Teutobourg (9 après J.-C.). le bilan de l'affrontement se solde en effet par un désastre côté romain : « sur les quarante mille légionnaires attestés par Plutarque, vingt mille tombèrent sur le champ de bataille et seuls dix mille survécurent, organisés en deux légions » (p. 94). Infamie suprême et rarissime, les aigles des légions romaines sont capturées par les Parthes, en sus de nombreux prisonniers. Sur le plan tactique, Carrhes oppose l'infanterie légionnaire romaine à la cavalerie parthe, le glaive à l'arc composite, la discipline à la mobilité. Et Giusto Traina de citer Gastone Breccia, mettant en perspective cette supériorité tactique pour le moins surprenante – aux yeux des militaires romains – de l'archer monté sur l'homme de troupe : « Provoquer, frapper à distance, éluder le choc frontal, provoquer de nouveau, attirer l'ennemi loin de ses bases, dans une vaste étendue, hostile, impropre à la concentration de l'effort, à ce paroxysme de violence décisive qu'est le combat en ordre serré : tels sont les principes auxquels doivent obéir la stratégie et la [...]
Lien : http://leslecturesdares.over..
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critiques presse (1)
NonFiction   14 décembre 2011
La finalité de cet ouvrage est bien de montrer que la bataille de Carrhes a été décisive et non un "simple épisode atypique" . Elle a bien mis un frein à la conquête romaine vers l’Est et contribué décisivement à faire de l’Empire parthe un des ennemis les plus tenaces de l’Empire romain.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SCOmanSCOman   22 octobre 2013
Provoquer, frapper à distance, éluder le choc frontal, provoquer de nouveau, attirer l’ennemi loin de ses bases, dans une vaste étendue, hostile, impropre à la concentration de l’effort, à ce paroxysme de violence décisive qu’est le combat en ordre serré : tels sont les principes auxquels doivent obéir la stratégie et la tactique de l’archer ; bien appliqués, ils sont potentiellement fatals aux armes lourdes, typiques de l’Occident, comme en témoignent à travers les siècles une série de désastres, de Carrhes au Viêt Nam.
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