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Marc Petit (Traducteur)Jean-Claude Schneider (Traducteur)
ISBN : 2070326020
Éditeur : Gallimard (13/11/1990)

Note moyenne : 4.56/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Crépuscule

Toute souffrance te saccage, te déchire
Et tremble du désaccord de toutes les mélodies
Toi harpe brisée - pauvre cœur
d’où fleurissent les fleurs malades de la mélancolie

Qui a convoqué ton ennemi, ton meurtrier
Qui a volé la dernière étincelle à ton âme,
comme il enlève le divin de cette terre mesquine
Et l’a fit putain, détestable, malade, en dissolution.

Tu es dans l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
dbacquet
  06 octobre 2011
J'ai lu ce livre en pleine crise et tout son silence qui envahit la nuit, dans un monde qui se meurt, me fit l'effet d'un immense feu.
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JAsensio
  11 septembre 2011
«Qui peut-il avoir été ?» s'interroge Rilke alors que, face à l'oeuvre de Georg Trakl, n'importe quel lecteur est en droit de se demander, plutôt, comment a-t-il pu écrire, comment a-t-il pu écrire cela, comment, après Baudelaire, Nerval et Lautréamont, un poète a-t-il pu s'enfoncer aussi profondément dans l'obscurité d'une langue irrémédiablement hantée par le Mal, et hantée puissamment, poétiquement, je veux dire réellement, sans les afféteries d'un Baudelaire et les jeux parodiques d'un Ducasse ? Comment, jour après jour, inlassablement, celui qui fait profession d'écriture peut-il à ce point tenter de donner corps et parole à ce qui n'a pas de visage ni de bouche, à ce qui n'a pas de nom, à l'horreur ? Je sais bien quelle réponse, bêtement trouvée, platement trouvée, les mauvais lecteurs, les lecteurs qui arrosent copieusement le lichen de la clarté intellectuelle me donneront : si Trakl a écrit une oeuvre pareillement fascinée par le Mal qu'il a tenté de dire par une multitude d'images de pourrissement, de déclin, d'obscurité et de meurtres anonymes, c'est tout simplement qu'il était bien obligé, à l'époque où triomphait l'expressionnisme allemand, lui aussi hanté par les villes noires, les cités de crasse et de souffrance de Georg Heym et les cadavres décomposés de Benn, d'employer un réseau d'images susceptibles de décrire la décadence du vieil empire austro-hongrois. Trakl ne sortirait donc pas de ce que nous pourrions appeler avec ironie un «cercle de Vienne» littéraire, un horizon intimement pénétré de références parfaitement lisibles par les universitaires moyennant quelques gesticulations intellectuelles.
Lien : http://stalker.hautetfort.co..
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NMTB
  20 décembre 2014
Ce livre est une anthologie des écrits de Georg Trakl : Deux recueils de poésie, quelques poèmes publiés ou non et les fragments d'un drame. Georg Trakl était un poète de langue allemande, influencé par les poètes français. On retrouve un assez grand nombre de réminiscences ou de références à Baudelaire et Rimbaud. Des poèmes de ces deux auteurs, comme « une charogne » ou « le dormeur du val » ont dû profondément l'impressionner.
Dans le recueil de ses premiers poèmes on retrouve des thèmes récurrents : les paysages sombres et humides de fins de journée, les villageois, les groupes d'oiseaux, migrateurs souvent, partants, partis, et peut-être auguraux, le gibier, la pourriture, les venaisons et l'ombre pesante, languissante, comme endeuillée d'elle-même de la religion, transpercée par de discrètes apparitions sororales. Ces premiers poèmes font souvent l'effet d'un patchwork d'images et de couleurs qui rappellent les tableaux de Millet, pour l'esprit, pour l'attachement à la terre, et ceux de van Gogh pour l'explosion de couleurs. Des couleurs primaires, des bleus crépusculaires, pourrissants et sacrés, des rouges vespéraux, mais aussi des bruns mortels et des ors solaires et inaccessibles. Peut-être que l'image qui correspondrait le mieux à ces poèmes serait « les saules têtards au coucher du soleil » de van Gogh.
A partir de 1913, Trakl change de manière, même s'il garde une continuité thématique, et n'écrit presque plus de rimes pour se tourner vers des poèmes en prose. le sensitif y perd un peu au profit du spirituel. Il y a davantage de noirs et de blancs. L'ambiance est plus glaciale ; l'argent de la lune d'hiver est plus présent que le soleil couchant de l'automne. le sentiment de déclin et de décadence s'accentue encore et, il faut bien l'avouer, jusqu'à l'insoutenable. Trakl s'est suicidé à vingt-sept ans et tous ses poèmes ne semblent en être qu'une longue prédiction. L'oracle d'une fin de race.
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Wozniaksandy
  31 mars 2018
Génial. Tout simplement. La poésie de Trakl est sublime et nous plonge dans la noirceur de son âme torturée.
La poésie de Georg Trakl, d'inspiration expressionniste signe la modernité d'avant 1914. Sébastien en rêve s'apparente à une «douce folie». L'existence entière se révèle être celle d'un martyr : souffrance et douleur, angoisse et mort.
Le verbe poétique de Georg Trakl, comme une sorte de caverne platonicienne d'images colorées et sensorielles, frappe les esprits. Avec des scènes fortes : mort, enfance perdue, cauchemar expressionniste… le poète avance sans relâche mais erre dans le froid et le givre où il se sent très seul. Rêve et Folie témoigne de cette persévérance à être, et à exister, en dépit de tout.
Le lyrisme noir, macabre de Trakl nous entraîne dans la poétique délirante d'un écrivain tourmenté. J'ai aimé me perdre dans ces méandres obscures, voire infernales de cette poétique très fluide.
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Medulla
  25 juin 2018
Ce recueil m'a été recommandé par une artiste peintre qui travaille sur la thématique du paysage pour sa résonance à la matière, la couleur, la touche.. Les poèmes de Georg Trakl ont une charge picturale très forte et témoigne comment au tournant du 19/20 ème siècle, littérature, arts plastiques, musique s'embrassent dans un grand tourbillon généreux.
On sent dans sa perception de la nature la même inquiétude et la même sensualité que certains tableaux de Gustav Klimt ou Egon Schiele. Un très beau moment de lecture!
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   12 août 2011
Crépuscule

Toute souffrance te saccage, te déchire
Et tremble du désaccord de toutes les mélodies
Toi harpe brisée - pauvre cœur
d’où fleurissent les fleurs malades de la mélancolie

Qui a convoqué ton ennemi, ton meurtrier
Qui a volé la dernière étincelle à ton âme,
comme il enlève le divin de cette terre mesquine
Et l’a fit putain, détestable, malade, en dissolution.

Tu es dans le milieu de la nuit profonde
Un rivage mort à la mer muette,
Un rivage mort:
Jamais plus
Tu es dans le milieu de la nuit profonde

Tu es dans le milieu de la nuit profonde

Le ciel dans lequel, astre, tu brûlas,
Un ciel où nul dieu jamais plus n'éclôt,
Tu es dans le milieu de la nuit profonde

Tu es dans le milieu de la nuit profonde

Un non-né dans un doux sein
Et qui jamais ne fut ni jamais ne sera,
Tu es dans le milieu de la nuit profonde
Silence

Au-dessus des forêts luit blafarde
la lune qui nous fait rêver
Le saule au bord de l’étang sombre
pleure sans bruit dans la nuit;

Un cœur s’éteint - et insensiblement
les brouillards débordent et montent -
Silence, silence!

Au soir, ils portèrent l’Étranger dans la chambre des morts ;
une odeur de goudron, le doux soupir des platanes roux ;
le vol noir des choucas ; sur la place on a relevé la garde,
le soleil aura sombré derrière une toile noire ; toujours reviendra cette soirée enfuie.
Dans la chambre voisine, la sœur joue une sonate de Schubert,
très doucement son rire coule sur la fontaine délabrée.
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coco4649coco4649   20 avril 2016
DANS UN VIEIL ALBUM (septembre 1912)


Toujours tu reviens, mélancolie,
Ô douceur de l’âme solitaire.
Un jour d'or embrase sur sa fin.

Humble se courbe à la douleur le patient
Résonnant d’harmonie et de tendre folie.
Vois ! Le soir déjà s'est assombri.

Revient la nuit, et lamente un destin mortel,
Avec lui un autre endure.

Tressaillant sous les étoiles d’automne
Penche plus profond chaque année la tête.

p.64
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coco4649coco4649   16 avril 2016
GRODEK


Le soir, les forêts automnales résonnent
D’armes de mort, les plaines dorées,
Les lacs bleus, sur lesquels le soleil
Plus lugubre roule, et la nuit enveloppe
Des guerriers mourants, la plainte sauvage
De leur bouches brisées.
Mais en silence s’amasse sur les pâtures du val
Nuée rouge qu’habite un dieu en courroux
Le sang versé, froid lunaire;
Toutes les routes débouchent dans la pourriture noire.
Sous les rameaux dorés de la nuit et les étoiles
Chancelle l’ombre de la sœur à travers le bois muet
Pour saluer les esprits des héros, les faces qui saignent ;
Et doucement vibrent dans les roseaux les flûtes
 sombres de l’automne.
Ô deuil plus fier ! Autels d’airain !
La flamme brûlante de l’esprit, une douleur puissante
 la nourrit aujourd’hui,
Les descendants inengendrés.
(septembre-octobre 1914)

p.208
CHOIX DE POÈMES ÉPARS (1912-1914)
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coco4649coco4649   20 avril 2016
CHANT D’UN MERLE CAPTIF,
                Pour Ludwig von Ficker


Souffle obscur dans les branchages verts.
Des fleurettes bleues flottent autour du visage
Du solitaire, du pas doré
Mourant sous l’olivier.
S’envole, à coups d’aile ivre, la nuit.
Si doucement saigne l’humilité,
Rosée qui goutte lentement de l’épine fleurie.
La miséricorde de bras radieux
Enveloppe un cœur qui se brise.

p.170
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coco4649coco4649   21 avril 2016
L'AUTOMNE DU SOLITAIRE


L’automne sombre s’installe plein de fruits et d’abon-
 dance,
Éclat jauni des beaux jours d’été.
Un bleu pur sort d’une enveloppe flétrie ;
Le vol des oiseaux résonne de vieilles légendes.
Le vin est pressé, la douce quiétude
Emplie par la réponse ténue à des sombres questions.

Et, ici et là, une croix sur la colline désolée ;
Un troupeau se perd dans la forêt rousse.
Le nuage émigre au-dessus du miroir de l’étang ;
Le geste posé du paysan se repose.
Très doucement l’aile bleue du soir touche
Un toit de paille sèche, la terre noire.

Bientôt des étoiles nichent dans les sourcils
 de l’homme las ;
Dans les chambres glacées s’installe un décret silen-
 cieux
Et des anges sortent sans bruit des yeux bleus
Des amants, dont la souffrance se fait plus douce.
Le roseau murmure ; assaut d’une peur osseuse
Quand la rosée goutte, noire, des saules dépouillés.

p.143-144
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Georg Trakl - Crepuscule
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