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EAN : 9782742769537
186 pages
Actes Sud (15/08/2007)
3.75/5   100 notes
Résumé :

Née française de parents vietnamiens, élevée et protégée comme une fille unique, Lam est devenue une adolescente effacée et studieuse, aimant s’évader par la lecture.

A l’occasion d’un séjour linguistique, elle se lie avec Nam, jeune Vietnamien récemment arrivé en France. Il est beau, indépendant, aussi assuré qu’elle se sent insignifiante. Et il vient de ce pays qu’elle ne connaît qu’allusivement, par quelques contes qu’elle tient de sa gran... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
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ordinary_reader
  06 avril 2018
Une émouvante histoire de rencontre et de quête d'identité, de pudeur et de non-dits, de drames et de mélancolie.
Deux adolescents, aussi fusionnels que dissemblables.
Un passé qui les hante, tous deux différemment. Les racines, le poids du secret, la douleur de l'exil, l'horreur de la guerre, l'impossible deuil...
Un récit tout en sobriété et sensibilité, ponctué de belles références littéraires et de contes traditionnels vietnamiens.
Une plume introspective et poétique, que je découvre avec plaisir à travers le premier roman de l'auteure !
(dès la 3e-2nde)
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Annette55
  25 mai 2019
Voici une bien belle histoire , entre conte cruel moderne , traditions , fuite, non- dits, guerre et mort, silence, amitié et amour déçu , voyage de la mémoire et souvenirs de retour au Vietnam, le pays que Nam, boat people , beau garçon réfugié en France a fui sans aucune garantie et la narratrice Lam, née en France, élevée et protégée comme une fille unique , très attachée à sa grand- mère , triste et digne, détentrice d'un passé douloureux , déposant le mince anneau d'or blanc dans la corbeille du bonze , .à l'instinct aiguisé par ses années vietnamiennes ....
Ils se rencontrent lors d'un voyage linguistique en Angleterre , sympathisent, deviennent amis et passent beaucoup d'heures ensemble .
Mais l'exil n'est pas seulement la fuite d'un pays .Quelque chose entre eux les retient ——des différences —— Lam s'attache au jeune homme ——, croit voir en lui son premier amour .
Les secrets affleurent, et les rencontres dévoilent parfois des tragédies qu'ont connues les siens .
Le récit , simple, sobre, retenu , émouvant , faussement candide regorge de références littéraires entrelacées de contes traditionnels vietnamiens qui font office de fil rouge ..
Une bien belle découverte où les questions d'identité et de racines sont traitées avec finesse , imprégnées de mélancolie ....Une part de l'histoire de ce pays où le temps et l'amitié adolescente , si fragile sont mis en exergue ...
L'écriture est douce, sensible et délicate , poétique et profonde...
«  Vivre c'est se lancer en solo tout en apprenant à chanter : tenir le rôle principal d'une pièce un soir de première sans jamais avoir répété , rédiger une histoire d'une traite , sans possibilité de retour en arrière . Il n'y a pas de deuxième prise. »
Je trouve que c'est un premier roman réussi qui m'avait échappé à la médiathèque, paru en 2007. déniché par hasard ...
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ceciloule
  17 juillet 2022
Déjà plein de la délicatesse qui caractérise la plume de Minh Tran Huy, ce premier roman dit le déracinement, le gouffre entre parents d'ailleurs et enfants d'ici. Entremêlé à des bribes de contes vietnamiens, ce livre est aussi un récit initiatique tendre et attachant, subtile, où planent les non-dits et les silences incompris, inconsolés (plus de détails : https://pamolico.wordpress.com/2022/07/17/la-princesse-et-le-pecheur-minh-tran-huy/)
Lien : https://pamolico.wordpress.c..
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Lucilou
  15 novembre 2020
Durablement fascinée, profondément séduite par "Les Inconsolés" , je n'ai eu de cesse, depuis ce rapt, de vouloir prolonger ma découverte des oeuvres de Minh Tran Huy et j'ai jeté mon dévolu sur "La Princesse et le Pêcheur", fascinant à sa manière lui aussi, d'une déchirante mélancolie et d'une cruauté contenue, comme le conte qui enserre le roman et en ouvre les chapitres.
Lan et Nam se rencontrent sur le ferry qui les emmène en Angleterre pour un séjour linguistique. Ils ont seize ou dix-sept ans peut-être et sans doute se rapprochent-ils d'abord parce qu'ils se ressemblent et que leurs traits reflètent le Viêt-Nam.
Elle, elle est née en France de parents vietnamiens qui ne lui ont jamais dit grand chose de leur passé, lui est réfugié depuis peu et sur le pont du ferry ils se chuchotent des légendes du pays qu'elle ne connaît pas et qu'il a quitté.
De promenades en séances de cinéma, de chocolat chaud en discussions interminables, de contes en confidences, les adolescents se rapprochent et se lient l'un à l'autre, d'autant plus intensément que cette relation demeure discrète, tue, comme secrète.
Lan ne tarde pas à tomber amoureuse de son ami, si beau, apparemment si sûr de lui parfois, si mystérieux aussi et si doux mais cet amour et ce désir même restent silencieux et pour cause Nam semble considérer la jeune fille davantage comme une petite soeur que comme une amante.
Et puis, il y a ses silences, tout ce qu'il ne dit pas et les murs qu'il semble avoir bâti autour de lui. Cette gêne qui le saisit parfois, cet inexplicable malentendu qui plane souvent autour d'eux comme un fantôme. Et la disparition.
Plus tard, Lan partira en voyage au Viêt-Nam avec ses parents où ils retournent pour la toute première fois et de secrets dévoilés en révélations douces-amères, elle comprendra peut-être. Elle comprendra enfin.
"La Princesse et le Pêcheur", c'est le roman d'une non-rencontre, d'un amour manqué et le roman du silence. le roman d'une mélodie poignante, déchirante égrenée sur un piano.
C'est aussi un roman sur l'exil et ses traumatismes, sur sa violence et sur l'impossibilité de l'exprimer. Dire sa souffrance est inconvenant et douloureux, alors il vaut mieux se taire et avancer. Se taire pour avancer. Quitte à en être hanté. Quitte à en mourir.
C'est enfin un roman sur la fin de l'enfance et de son innocence, sur les renoncements et les douleurs qu'impose l'âge adulte, sur ses deuils, comme en témoignent sa construction qui laisse la place aux légendes et aux contes, qui sont comme un dernier cadeau avant que tout passe et se termine.
Il en ressort un livre aux accents déchirants, teinté d'une bouleversante mélancolie qui poignarde et serre le coeur; une histoire douloureuse, cruelle mais évanescente comme un rêve, comme un pan de brume. de ces histoires où on ne sait plus, quand on les a vécu, distinguer la part de réel et la part de fantasme.
Une histoire comme un sanglot, comme le Clair de Lune de Debussy.


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IreneAdler
  27 juin 2013
Une histoire d'amour et de silence, de fuite et de guerre, de non-dits et de mort.
Alors que Lam est née en France de parents Vietnamiens, Nam est un boat people, fuyant le pays sans garantie de survie.
Une amitié naît malgré, ou grâce à, ces différences. Cependant quelque chose est entre eux, ils le savent, n'en parlent pas. Puis Nam disparaît.
L'exil n'est pas seulement la fuite d'un pays ; c'est aussi ne pas le connaître, en étant différent de sa terre natale. C'est ne pas pouvoir dire, à un âge où beaucoup de choses changent, évoluent.
Le silence, les émotions contenues et les contes, l'entrelacement avec l'amour, cela forment une toile, celle du Vietnam. Pays perdu ou inconnu, il tient une grande place dans la vie des protagonistes.
Un texte mesuré et subtil, comme une estampe japonaise.
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Citations et extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   16 juin 2013
J'observe mes parents et je me rends compte, ai-je écrit à mon ami, qu'ils ne sont ni vietnamiens, ni français. Ils ont grandi ici mais à présent qu'ils sont revenus, rien n'est plus pareil. On parle de double culture, de racines transplantées dans un autre sol, d'héritage à conserver tout en s'intégrant, mais on oublie qu'en réalité, les êtres nés ici et vivant là ne sont de nulle part. Leur identité oscille entre deux pôles qui tantôt cohabitent, tantôt s'affrontent, plaques tectoniques qui se heurtent et créent séismes, montagnes et ravins, une recomposition du décor que l'on aurait crue impossible quelques instants plus tôt ; alors on avance sur cette terre nouvelle sans trop savoir où l'on va, espérant toujours qu'à la fin, on trouvera une voie qui nous révélera notre place ici-bas...
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ordinary_readerordinary_reader   04 avril 2018
Je n'ai pas de certitude et il me semble parfois même que si j'avais le pouvoir de mettre au jour tout ce que ma mémoire a enfoui, je ne ferais que rouler des cendres entre mes doigts.
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prune42prune42   02 juillet 2015
Dans la vie, on croise des gens précieux, qu'on voudrait garder toujours auprès de soi, mais qui, pour des raisons qui ne tiennent ni à eux, ni à nous, sont forcés de s'en aller. Ce n'est pas qu'ils nous abandonnent de leur plein gré, ni que nous soyons coupables de n'avoir pas su les retenir, c'est juste que, parfois, il ne peut en être autrement.
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ordinary_readerordinary_reader   03 avril 2018
Je n'éprouvais aucun besoin de me rebeller contre qui ou quoi que ce fût et me contentais de raser les murs, sûre que le monde ne m'aimait pas et que je le lui rendais bien.
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Annette55Annette55   25 mai 2019
«  D’un geste de la main il a alors désigné les falaises blanches qui se découpaient sur l’horizon « Tu as vu ? ».
De grandes masses crayeuses , grignotées de verdure, surmontaient les eaux. Des odeurs d’algue et de métal rouillé flottaient dans l’air venteux, fouetté d’eau et de sel. Douvres s’étalait à quelques centaines de mètres devant nous .——les bateaux convergeaient puis s’alignaient peu à peu en rangs serrés ——-»
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Videos de Minh Tran Huy (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Minh Tran Huy
« Il ne s'agit plus d'amener mon fils à parler et à rejoindre les enfants ordinaires : il n'est pas ordinaire et ne le sera jamais. » Minh Tran Huy, **Un enfant sans histoire**
Plus d'informations sur le livre de Minh Tran Huy, **Un enfant sans histoire**, en librairie le 17 août 2022 : https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/un-enfant-sans-histoire
#rentréelittéraire #rl2022
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